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IBM France annule son plan de départ volontaire, au grand dam des salariés concernés

Fin janvier, IBM annonçait se séparer de 10 % de ses effectifs en Europe afin, expliquait Libération, de maintenir sa compétitivité sur les marchés du cloud et de l’IA, d’augmenter sa productivité et de réduire ses coûts. En France, où la société compte plus de 3 000 salariés, un plan de départ volontaire a été négocié puis signé le 8 avril pour permettre aux équipes de se joindre à cette mesure de maîtrise des coûts.

Mais à la fin du mois, le géant états-unien a changé de braquet.
Le 27 avril, lors d’un comité social et économique (CSE) extraordinaire, la direction de la filiale française a indiqué que le plan était annulé. 
Auprès de Libération, certains élus du CSE suspectent que le revirement soit dû à des « raisons budgétaires ».

Délégué central Unsa, Pierry Poquet déplore par exemple les réductions d’effectifs, mais souligne que ce type de plan est apprécié à l’échelle individuelle, lorsqu’il permet à des salariés de se reconvertir ou de terminer leur carrière avant leur retraite. Parmi les 328 postes concernés dans ce cas précis, nombreux sont ceux qui ont contacté leurs délégués syndicaux en se déclarant « dépités ».

La CFDT d’IBM France critique, elle, des « revirements stratégiques » qui épuisent les salariés. Le plan de licenciement initialement annoncé faisait suite à une précédente réduction de 200 postes de cadres, rappelle-t-elle, demandant au groupe de « clarifier sans délai ses intentions en matière d’emploi en France » : « En quelques semaines, ces salariés sont passés du statut de“non indispensables” à celui de ressources à conserver, sans explication claire sur la cohérence de long terme ».

Dessin humoristique de Flock

Commentaires (14)

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Ça me rappelle le PDV de de Drahi après le rachat de SFR par Numericable : Il fallait "dégraisser". Les plus hauts salaires ont touché une prime conséquente et sont parti bosser de l'autre coté de la seine, où Bouygues les attendaient les bras - et le chéquier - ouvert. Ceux qui sont resté, bon... c'est que le PDV n'était pas intéressant, donc l'ancienneté et le salaire non plus.

Après ça, SFR savaient même plus où étaient leurs rocades fibre...
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Mais du coup, les employés restent employés, ou ils sont virés autrement ?
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A priori, ils restent d'après cette phrase du CSE :
« En quelques semaines, ces salariés sont passés du statut de“non indispensables” à celui de ressources à conserver, sans explication claire sur la cohérence de long terme ».
Mais bon, on imagine que certains partiront d'eux-mêmes, soit car déjà en quête d'un nouveau poste depuis qu'ils ont candidaté au PDV, soit car ils ont enclenché une réflexion sur leur carrière pour l'occasion.
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A priori, ils restent d'après cette phrase du CSE :
En même temps, un plan de départ volontaire, c'est pas un licenciement.
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L'opération aurait pu être remplacée par un Plan de Licenciement Économique par exemple.

C'est ce qu'il s'était passé là où je bossais en 2020, un projet de plan de départ volontaire a été officialisé 2 semaines avant l'annonce du confinement.

Entre la grosse baisse d'activité associée à la crise et le risque que personne n'accepte de partir de son plein gré en plein chaos mondial, c'est passé directement à la vitesse supérieure sur la base d'un volontariat désigné.
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Y'a des différences assez importantes entre un PSE et un PDV. Par exemple, la priorité de réembauche pendant un an si le poste est rouvert dans le cadre d'un PSE.

Edit : après je pense qu'il vaut mieux éviter de comparer la période confinement qui a été exceptionnelle.
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Je sais bien qu'il y a des différences, je dis juste que la suite à donner à "on annule le Plan de Départ Volontaire" peut fluctuer entre "On garde les gens" et "On les met dehors autrement" suivant le scénario, mais l'article lui-même laisse penser qu'ils vont effectivement les garder.

Après je connais pas la situation financière d'IBM France en particulier, mais j'avais vu en début d'année qu'ils s'attendaient à une énorme claque liée à Claude Code.

Toutefois, vu que le PDV négocié avec le CSE et son abandon datent tous les deux d'avril, c'est pas ce motif là qui pourrait justifier un changement de décision aussi rapide pour se tourner vers un PSE, justement parce que c'est pas Covid non plus (qui justifiait le revirement stratégique pour accélérer les décisions).

Bref, on sait pas grand chose, mais l'article pour moi indique bien que les postes sont conservés.
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Comme ils disent, c'est sans doute dû à des "raisons budgétaires", car ce genre de plans coûte cher.
Un PSE aussi, d'ailleurs, c'est très cher, avec en plus le risque juridique, parce que ça doit être bien justifié en France.

Ça ne veut pas dire que les postes sont conservés à terme. À court terme, oui, sans doute. Mais pour moi, aucune chance que l'objectif final ait changé.

Il peut très bien avoir un objectif de réduction de postes sans aucun plan de licenciement, ça prend juste plus de temps. Non-renouvellement des départs "naturels" et mesures pour pousser les gens vers la porte : suppression du télétravail, suppression d'avantages financiers, mobilité interne imposée, etc.

Et comme tu l'as dit, une fois que tout le monde sait que tu voulais partir et que t'as commencé à te projeter pour la suite, ça peut être compliqué de continuer à faire carrière dans la boîte.
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mmm... je ne vois pas le lien entre l'article et les trois dames sur la droite de l'image d'illustration (qui ont par ailleurs un fort joli sourire :D ). Les salariés concernés ne trouveraient sûrement pas ça très pertinent.
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Cet ancien dessin faisait à l'époque une autre référence à la surreprésentation de stéréotypes dans l'ia générative. Je n'ai plus l'article ou la brève précisément en tête.
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Ha c'est pas pour dire que la Direction est gonflée de faire un truc pareil ? :-D
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Si le licenciement sec coûte moins cher que le plan de départ volontaire, choisissez le licenciement sec.
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Je pense que c'était un bon moyen pour que les "traitres" se révellent. Après cela, il reste juste à aider les fruits mûrs à tomber tout seuls. :fumer:

Je n'imagine pas un instant qu'IBM "subisse" un truc imprévu.
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D'expérience, ayant bossé pour IBM, je pense que c'est surtout un gros cafouillage dont ils ont le secret. IBM est une gosse boîte avec une grosse inertie dans les décisions, et il est fort possible qu'entre le moment où une décision est prise et le moment où elle est exécutée, le contexte ait tellement changé qu'il faille un freinage d'urgence.