IA : un homme plaide coupable d’avoir détourné des millions de dollars en streams musicaux
2 min
Droit
Droit
Michael Smith, un homme de 52 ans originaire de Caroline du Nord, a plaidé coupable, ce 20 mars, d’avoir détourné des millions de dollars de royalties en inondant les plateformes de streaming musical de morceaux générés par IA.
Non content de fabriquer la musique grâce à des systèmes d’IA générative, il avait promu ces morceaux sur les plateformes à l’aide de robots dédiés à faire grimper leur nombre d’écoutes à plusieurs milliards.
Dans le cadre d’un accord passé avec les procureurs fédéraux de New York, cet homme a plaidé coupable de complot en vue de commettre une fraude électronique, rapporte the Guardian. Cette décision fait de l’affaire l’une des premières pour fraude liée à l’IA qui aboutit.
De fait, le prévenu a « créé des milliers de fausses chansons à l’aide de l’IA », mais les revenus obtenus, eux, « étaient réels », souligne le procureur Jay Clayton dans un communiqué. D’après les termes de son accord, Michael Smith risque maintenant jusqu’à cinq ans de prison et 8 millions de dollars au titre de la confiscation de ses gains lorsque sa peine définitive sera prononcée, en juillet.
En janvier, le magazine Rolling Stones révélait que ce père de famille avait utilisé 1 040 comptes pour diffuser de l’ordre de 636 morceaux générés par IA par jour.
L’affaire illustre une tendance plus large à la diffusion de musique créée automatiquement, dont l’un des effets de bord revient à menacer directement les revenus des artistes. Des plateformes dédiées à la fabrication de ce type de morceaux, à commencer par Udio et Suno, sont ainsi attaquées devant la justice états-unienne.
Commentaires (23)
Abonnez-vous pour prendre part au débat
Déjà abonné ou lecteur ? Se connecter
Cet article est en accès libre, mais il est le produit d'une rédaction qui ne travaille que pour ses lecteurs, sur un média sans pub et sans tracker. Soutenez le journalisme tech de qualité en vous abonnant.
Accédez en illimité aux articles d'un média expert
Profitez d'au moins 1 To de stockage pour vos sauvegardes
Intégrez la communauté et prenez part aux débats
Partagez des articles premium à vos contacts
Abonnez-vousModifié le 23 mars à 12h43
Le 23 mars à 12h49
Modifié le 23 mars à 13h00
Le 23 mars à 13h16
Le 23 mars à 13h41
Le 23 mars à 16h10
En second lieu je pense que ce qui lui est surtout reproché est d'avoir boosté frauduleusement ses statistiques d'écoute via des bots. On peut débattre de la fausseté ou non des musiques, mais la fausseté des écoutes, elle, fait peu de doutes.
Modifié le 23 mars à 16h59
Tout comme j'ai bien compris le boost frauduleux de l'histoire.
Mais si les profils suivis étaient faux, je reste dubitatif sur l'emploi de fake songs utilisé par le procureur cité dans le communiqué. Vu qui s'agit ici d'un représentant de la justice US qui s'exprime, je suppose que la notion de fake songs repose donc sur une définition juridique.
Et c'est ici que je m'interroge : en quoi une chanson ou une musique peuvent être fausses ? (et pas parce que l'interprète ou les musiciens jouent mal)
Le 23 mars à 17h27
Modifié le 23 mars à 17h49
Ton exemple n'est pas pertinent je trouve, parce que la version vulgarisée et réelle ont la même signification. Là où fake song et AI-generated song ne veulent pas dire la même chose.
Le 23 mars à 19h34
Peut-être y a-t-il eu contrefaçon avec volonté de tromper ? Genre "Mickael Jackson - Billy Jean" au lieu de "Michael Jackson - Billie Jean" avec une chanson AI-generated très proche de l'originale ?
Le 23 mars à 19h46
Pour l'aspect contrefaçon, à voir aux USA ce qu'il en est. Si les chansons sont originales, pour moi ça n'en est pas en dehors du fait qu'il ne peut pas les déposer au bureau du copyright.
Par contre, quand je vois l'exemple Stromae que j'ai cité plus bas où Universal a acquis les droits d'une reprise d'un de ses titres générés par IA, je m'interroge.
Le 23 mars à 13h35
Il n'a fait que respecter l'esprit d'entreprise du capitalisme.
Je ne comprends pas pourquoi on le poursuit
/mode avocat_du_diable off
Le 23 mars à 14h11
Bon, après la blague, je crois que le reproche principal ici, ce n'est pas d'avoir généré de la musique par IA mais d'avoir simulé des heures d'écoute de ces mêmes musiques pour être payé par les plate-formes. Au passage, si dommages et intérêts il y a, je doute qu'il soit redistribués par ces mêmes plate-formes au vrais artistes...
Le 23 mars à 13h40
Le 23 mars à 13h59
https://www.radiofrance.fr/franceinfo/podcasts/bientot-chez-vous/etats-unis-pour-generer-des-royalties-un-escocq-cree-des-centaines-de-milliers-de-chansons-grace-a-l-intelligence-artificielle-2606806
Le 23 mars à 14h32
Le 23 mars à 17h42
Ces 1040 comptes, il faut bien les payer, avec un abonnement spotify pour chacun. Même en les faisait écouter des morceaux h24, ils doivent rapporter beaucoup moins d'argent au "compositeur" que le coût de leur abonnement (ou alors je ne comprend pas comment Spotify fait des bénéfices).
Ce serait juste pour faire monter les morceaux parmi les titres suggérés a d'autres utilisateurs. Ces utilisateurs écoutent ils vraiment ces morceaux jusqu'au bout au lieu de les zapper ?
Bref, il y a un truc qui m'échappe...
Le 24 mars à 11h17
Il me semble que c'est une "astuce" classique pour arriver à faire écouter ces chansons à plus de monde
Le 23 mars à 20h53
Modifié le 24 mars à 09h43
C'est un truc qui a l'air de sortir de l'esprit des gens mais à la base, les arts (qu'ils nous plaisent ou non) sont des activités créatrices : musique, chant, peinture, sculpture, poésie, roman, théâtre, cinéma, etc, etc, etc.
Ça va peut-être te surprendre mais certains artistes vont même jusqu'à produire une œuvre pour exprimer quelque chose de personnel, de profond, de révoltant ou que sais-je encore.
Quand quelqu'un arrive à chier 600 morceaux de musiques ou peintures par jour, est-ce qu'on peut encore qualifier cette production de chanson ou de peinture ?
Est-ce qu'Ikea peut être considéré comme un fabriquant de meubles ?
Ça ressemble à une table, ça a la forme d'une table, ça a la couleur d'une table mais c'est du carton avec un peu de copeaux pressés et 4 vis.
Ça tombe en ruine au bout de quelques années (à condition de pas s'appuyer dessus trop souvent). Ça ressemble à un meuble mais ça n'est pas un meuble.
Comme dit en début de message, chacun ses goûts et si je n'ai jamais écouté les Spice Girls et que je déteste Jul (qui fait déjà de la production à la chaîne), ce dont on est en train de parler avec les contenus artificiel n'a strictement rien à voir.
Oui, ça reste des chansons dans le sens où il y a des mélodies, des rythmes ou des paroles mais ça s'arrête là.
Les différences sont tellement énormes qu'il faudrait bien trouver un autre nom pour les désigner.
Contenus artificiels, par exemple.
Le 24 mars à 12h32
Il ne faut pas confondre l'objet et la qualité de fabrication derrière ou y apposer une définition élitiste. Un meuble, qu'il soit d'un ébeniste, d'Ikea ou le 1er prix Conforama, c'est un meuble.
Le 25 mars à 08h20
Le 25 mars à 08h15
de la prison ?! j'ai du mal à comprendre, le gars n'a simplement pas respecté les conditions d'utilisations...
Signaler un commentaire
Voulez-vous vraiment signaler ce commentaire ?