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Taxe au gigaoctet, IA éthique : comment le Parti socialiste aborde le numérique

La technique est-elle nécessairement un progrès ? Vous avez 4 heures

Taxe au gigaoctet, IA éthique : comment le Parti socialiste aborde le numérique

Illustration : Flock

Le Parti socialiste se réunit les 28 et 29 août à Blois. Next détaille le pan numérique du projet socialiste, adopté en juin par ses militants.

Comment le Parti socialiste perçoit-il la question numérique ? En juin, le parti adoptait son projet Socialiste, construit à partir des contributions d’élus, de parlementaires et de citoyens. Rédigé sous la direction de l’eurodéputée Chloé Ridel, le texte a été approuvé par 83 % des membres votants.

Structuré en six chapitres (Vivre libres, Être en sécurité(s), S’épanouir à égalité, Vivre avec la nature, Refaire la société et Pacifier le monde), le programme aborde principalement le numérique dans une sous-partie de son chapitre dédié à la liberté. Lorsqu’on s’y penche, cela dit, les enjeux technologiques affleurent dans quelques autres thématiques du document politique, dont de nombreuses propositions relèvent de l’échelle européenne.

L’explorer permet de se faire une première idée du programme numérique que pourrait porter le ou la candidate socialiste à l’élection présidentielle de 2027. Ce chef de file sera élu en octobre, lors de primaires auxquelles participeront non seulement les militants socialistes, mais aussi ceux de formations comme Place publique, dont le leader Raphaël Glucksmann s’est déclaré candidat ce 23 août au soir.

Renforcer les textes européens, taxer au gigaoctet

Pour le Parti socialiste, l’enjeu est simple : « les choix techniques sont aujourd’hui captés par les géants de la tech et quelques milliardaires ». Il faut donc « reprendre la main » et « échapper aux nouvelles servitudes numériques ».

Pour y parvenir, le programme propose avant tout de renforcer les textes nationaux et européens pensés pour sécuriser l’espace numérique. Ainsi de la proposition de « durcir » les règlements sur les services et les marchés européens, notamment pour « encadrer l’économie de l’attention et la marchandisation des comportements en ligne » – une préoccupation similaire à celle des Écologistes.

Une autre proposition sonne comme un paradoxe connu des débats sur les systèmes de vérification d’âge : il s’agirait de « garantir la protection des données des utilisateurs par une vérification d’identité numérique sécurisée et open-source ». Aucune précision n’est formulée sur les hypothétiques attaques contre le service qui se verrait doté de la collecte de ces données. Pour équiper les citoyens eux-mêmes, le PS propose de « renforcer la prévention (…) pour prévenir les manipulations, emprises, addictions au numérique ».

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Commentaires (3)

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Pour financer « l’infrastructure du réseau » utilisée par les géants, le parti envisage une taxe de 0,10 euro par gigaoctet que ceux-ci distribuent sur le territoire français.

Au 31 décembre 2024, le trafic internet entrant en France s’élevait à 50,8 Tbit/s. À lui seul, Netflix représentait 12,3 % de ce volume, soit plus de 6 Tbit/s.
Source freenews

Donc si je résume 6 Tbits/s c'est 6*125go donc 750go/s?
Donc 75€ par seconde juste pour Netlflix soit plus de 2milliards pour une année?

On va vite avoir les moyens de créer des services concurrents avec tout cette argent.
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Dans le domaine de l'Internet français, la taxation/tarification des flux entrants, c'est l’archétype même de la mauvaise idée que l'on n'arrive pas à tuer (ou, pour me faire le temps de cette parenthèse l'avocat de la partie adverse: l’archétype de la bonne idée que l'on n'arrive pas à implémenter… — Ce qui revient à dire que c'est une mauvaise idée :D). Ça fait littéralement plus de vingt ans que je l'entends dans toutes ses variantes possibles.
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Je rebondirai sur le sous-titre : le progrès technologique est-il forcément un progrès ? Indépendamment de la technologie, la question se pose et elle est censée être tranchée par la morale, qui doit nous dire ce qui est du bon usage et ce qui est mauvais, ce qui relève du progrès pour l'humanité ou pas. Hélas, dans le cas de l'informatique morcelée mondialement, l'application de toute morale semble illusoire, ne nous laissant qu'un progrès technique non contrôlé.

Je mettrai alors tous les candidats dans le même panier : quelles que soient leurs intentions et leurs programmes, la question sera de savoir comment réussir faire appliquer leurs programmes et leurs mesures par les multinationales. La France est un marché mineur pour eux, donc à part que l'Europe se saisisse du sujet, les propositions de nos candidats risquent de n'avoir qu'un faible écho.

Quand à contrecarrer l'hégémonie des grands acteurs, et assurer une certaine souveraineté, je ne vois pas d'autre piste (principale) que l'interopérabilité : c'est une des seules façons de pouvoir dire à un géant "je te quitte" à moindres risques. Cela permettrait aussi à de nouveaux acteurs de pouvoir s'installer sans avoir à réinventer la roue et sans avoir à disposer d'une base installée, et cela laisserait leur chance à de petites structures dont la robustesse et la conformité suffiraient à leur donner de la légitimité. Aujourd'hui, vouloir un cloud sur verrins souverain implique de monter une infrastructure mais aussi une partie configuration des services qui, pour l'instant chez les grands CSP, est loin d'être interopérable. Dur de passer de Google à AWS ou d'Azure à Oracle. Ça peut aussi hélas entraîner un nivellement par le bas, tous les acteurs ne faisant que le minimum syndical (mais dans ce cas de petits acteurs pourraient tirer leur épingle du jeu).

Voilà quelques réflexions, le débat est lancé.