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Apple baisse ses commissions dans l’UE et fait la paix avec Bruxelles

Finie la pomme de discorde

Apple baisse ses commissions dans l’UE et fait la paix avec Bruxelles

Illustration : Flock

Après des années de dispute, Apple et la Commission européenne pourraient bien avoir enterré la hache de guerre sur une partie importante du dossier houleux du DMA. Le constructeur a en effet revu, une fois encore, les conditions commerciales applicables aux apps distribuées dans l’Union européenne. Et cette fois, c’est (semble-t-il) la bonne.

Après des circonvolutions dignes de la maison des fous des 12 Travaux d’Astérix, les conditions commerciales d’Apple pour les apps dans l’Union européenne ont fait l’objet d’un nouveau toilettage annoncé ce mardi 18 août par le constructeur. Les derniers changements, qui remontaient à juin 2025, n’avaient pas convaincu grand monde avec un système byzantin de commissions empilant frais d’acquisition, frais de service et Core Technology Commission (CTC).

La petite commission

Dans le détail, le nouveau modèle conserve une CTC de 5 % qui s’appliquera aux apps distribuées dans les boutiques alternative ou directement sur le web (jailbreak). Les développeurs et les boutiques auront la responsabilité de comptabiliser toutes les transactions réalisées avec un moyen de paiement alternatif et transmettre ces informations chaque mois à Apple.

Pour les applications qui envoient les utilisateurs vers un site ou une boutique externe pour finaliser un achat, la commission prélevée par Apple sera de 15 %. Les développeurs participants aux programmes (Small Business, Mini Apps Partner, Video Partner) devront verser 10 % de commission.

La commission sur les achats intégrés se montera à 20 % pour les transactions dans les applications qui utilisent des système de paiement alternatif à celui de l’App Store. Elle sera de 10 % pour les développeurs membres d’un des programmes ci-dessus. Enfin, pour les apps qui continuent d’utiliser uniquement le système de paiement de l’App Store, la commission est abaissée à 26 % (au lieu de 30 %), ou 15 % pour les développeurs des programmes de réduction.

Les applications pourront proposer des achats avec le système de l’App Store et/ou avec leur propre service. Une certaine marge de manœuvre est donnée aux développeurs pour intégrer les boutons d’achats, mais ils ne pourront pas faire n’importe quoi pour autant :

Les boutons d’achats alternatifs doivent être de la couleur principale de la marque ou de l’app.

Apple recommande d’utiliser des boutons et badges spécifiques pour les achats in-app qui passent par l’App Store. La créativité est même autorisée :

Les développeurs qui le souhaitent pourront donc n’être soumis qu’à une commission minimale de 5 % à verser à Apple. Ils devront ensuite payer les frais de transaction et gérer tout ce qui est TVA. C’est une des concessions importantes du constructeur, tout comme la possibilité de proposer des achats intégrés de l’App Store et alternatifs en même temps.

La paix des braves (?)

Apple et la Commission européenne ont également travaillé sur des mesures de protection des mineurs. Pour réduire les risques d’escroquerie, les apps de la catégorie Enfants et pour les moins de 13 ans ne devront pas contenir de liens vers des sites web pour finaliser une transaction. Les applications utilisées par les moins de 18 ans qui intègrent un système de paiement alternatif (ou renvoyant vers un site web pour effectuer une transaction) intégreront un contrôle parental : le parent ou le tuteur devra valider tout achat.

Enfin, Apple assouplit les critères pour opérer une boutique alternative dans l’Union européenne.

Ces nouvelles (nouvelles) modifications ont l’avantage de mettre fin aux « désaccords entre Apple et la Commission concernant les conditions commerciales et les modes de distribution alternatifs », explique l’entreprise. Les changements qui seront en vigueur le 1er octobre (les développeurs peuvent néanmoins accepter les conditions dès à présent) permettent enfin aux deux parties de fumer le calumet de la paix sur ce dossier.

La Commission se félicite ainsi des modifications apportées par Apple, « qui font suite à un dialogue étroit », indique un porte-parole à Bloomberg. Toutefois, le régulateur annonce aussi qu’il surveillera la mise en œuvre effective de ces changements.

Hasard du calendrier peut-être, ces nouvelles conditions interviennent à moins de deux semaines du remplacement de Tim Cook par John Ternus à la tête d’Apple. L’entreprise prépare les esprits à un recul des revenus de l’App Store, soumis à la pression des régulateurs partout dans le monde. Ces baisses de commission, également proposées aux États-Unis sur les achats externes, témoignent du changement forcé de modèle de la boutique.

Est-ce que pour autant tout est bien qui finit bien entre Apple et Bruxelles ? Cela reste à voir. Il n’est ainsi toujours pas question de proposer Siri AI sur iPhone et iPad dans l’UE dès cet automne, toujours à cause du DMA mais cette fois sur des questions d’interopérabilité…

Epic ne se satisfait pas des changements annoncés

Epic Games, engagé dans un long bras de fer juridique avec Apple, a rapidement réagi pour dénoncer l’accord annoncé :

« La loi dispose clairement qu’Apple doit autoriser les développeurs à proposer des liens vers des sites web pour les achats « gratuitement » et permettre une « utilisation effective » des plateformes concurrentes. Les conditions d’Apple violent délibérément la loi sur les marchés numériques. Si la Commission accepte ces conditions et abandonne les poursuites en cours, la loi sera vidée de sa substance et les consommateurs comme les développeurs ne bénéficieront pas des avantages qu’elle visait à apporter. »


Commentaires (20)

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Toute avance est bonne à prendre mais Epic, lui, il veut le beurre, l'argent du beurre, le cul de la crémière et la vache qui va avec, et tout cela sous le déguisement de la protection de l'acheteur.
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Epic veut juste l'application du DMA.
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Epic veut juste plus de sous sans rien avoir à partager avec Apple/Google. Car cela leur permettra d'avoir plus d'achat car des prix plus bas.
S'il y arrive, cela profitera aussi aux autres développeurs.
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Sans le mot "juste" la phrase serait correcte.
Mais Epic ne veut pas "juste" l'application du DMA car il voit son propre intérêt la dedans.
Pardonnez-moi, mais je pense qu'il faut être naïf pour croire que Epic est un chevalier vêtu de blanc qui se bat pour des intérêts de l'autrui.
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Je reformule :
Epic réclame seulement l'application du DMA.
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Epic est évidemment intéressé sur le sujet, mais c'est pas pour autant qu'Apple a raison. J'ai plutôt l'impression que c'est Apple à qui on dit de lâcher le beurre, et qui dit "Regardez, j'ai du babeurre ou sinon vous pouvez prendre ce beurre clarifié".

Ils se prennent toujours des commissions sur des transactions sur lesquelles ils ne font absolument rien. A un moment faut décider, soit on considère que le développeur doit financer l'environnement Apple (iOS, XCode...) et dans ce cas là paie une licence annuelle bien plus chère que les 99$/an, soit c'est pour le coût réel engendré par la transaction, et dans ce cas là si la transaction est faite avec un système tiers, il n'y a pas de raison de la facturer.

Là, c'est comme si tu achetais une voiture et qu'on te demandais une commission sur tes trajets BlaBlaCar.

On va pas se leurrer, Apple sait que ça va se réduire de plus en plus, mais tous ces stratagèmes successifs font gagner un temps précieux, qui fait rentrer un maximum d'argent avant la fermeture des vannes. Une troupe d'avocats et conseillers coûte moins cher en frais juridique que la perte du juteux marché de l'AppStore.

A mon avis, la version finale va commencer à se dessiner quand l'offre IA payante d'Apple sera suffisamment structurée pour espérer récupérer les montants perdus...
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En soit je comprends mais attention, quand on propose un trajet sur BlaBlaCar, BlaBlaCar prenne sa commission sur le trajet car tu reçois moins de sous que a payé le covoitureur. Exemple pas très adapté du coup, ou sinon je l'ai mal compris.

En soit une partie de réponse se trouve dans votre texte.
Licence pas chère (99$) contre 5% de prélèvement sur une plateforme utilisée dans le monde entier, (donc grossièrement tu payes l'accès à ce marché) je trouve que c'est vraiment pas cher payé.

Puis faut être honnête, Apple n'est pas une association au but non lucratif.
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Justement non, si l'on passe par une boutique alternative sur laquelle un dev à déposer son application sans aucunement passer par Apple, comment justifier la commission ?

Le créateur de la boutique doit également payer un % parce qu'il a distribué sa plateforme depuis l'AppStore ? Comment déterminer le % en fonction des flux que Apple n'est pas sensé voir ?
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...(donc grossièrement tu payes l'accès à ce marché)...
Quand tu es un état, c'est une taxe appelée "droit de douane", mais pour une organisation privée (mafia, camorra et consort), c'est du racket.
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Alors si, l'exemple est adapté justement.

BlaBlaCar, c'est pas Renault. Ils proposent un service qui n'a rien à voir avec l'objet dont tu es propriétaire (la voiture/l'iPhone), d'ailleurs ça fonctionne avec une Peugeot, une Ssang Yong ou un tractopelle (attention à la durée du trajet).

Quand tu utilises BlaBlaCar, oui il y a de l'argent reversé à BlaBlaCar, qui te fournis un service en contrepartie (mise en relation conducteur/passager, assurance, etc.) mais rien ne revient à Renault.

Eux, tu les payes uniquement si tu veux leur acheter une pièce détachée ou un service (type "Pack Contrôle à distance" qui consomme de la data). Ils vendent des tapis, mais tu peux en acheter à Norauto, ils vont pas donner d'argent à Renault.

D'ailleurs, BlaBlaCar est aussi une app, donc on peut regarder ce point de vue.
Si BlaBlaCar propose son App sur l'AppStore, qu'Apple impose des commissions sur les transactions qu'il effectue sur cette plateforme, pourquoi pas. Y'a une transaction financière à gérer, ils prennent des frais (comme PayPal, MasterCard, Stripe, etc.).

Mais si BlaBlaCar se déploie sur AlternaStore où Apple n'a absolument rien à gérer sur la commercialisation de l'App ou les transactions, BlaBlaCar va payer une commission sur les transactions financières (justement à PayPal, MasterCard, Stripe, etc.). Donc pourquoi Apple viendrait se prendre une comm alors qu'ils ne font rien ?

C'est bien pour ça qu'Apple s'arrange toujours pour être indispensable dans le process, il faut qu'ils approuvent le Store, les applis... bref, qu'ils fassent l'AppStore même quand tu veux pas d'AppStore. Parce que c'est le seul moyen d'avoir une excuse pour prendre sa gratte au passage.
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Effectivement je comprends un peu mieux la partie sur BlaBlaCar.
En cas de AlternaStore les seuls éléments que Apple a géré en soit ce sont la fabrication de téléphone, développement de l'iOS (j'englobe) et le language de programmation qui vient avec.
Comment dans ce cas là assurer la longue vie d'une plateforme sans revenu financier tiers et ne pas finir comme Symbian (c'était une très bonne OS cela dit)? :frown:
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Le développement de l'OS se finance par la vente des appareils, ça rentre dans la R&D classique. Aujourd'hui les coûts d'évolutions sont surtout sur les logiciels et services, qui se monétisent à part (iCloud, bientôt Apple Intelligences...).

D'autant que les licences développeurs et les logiciels associés, non seulement ils les vendent (99$/an) mais en plus faut avoir un Mac, donc ils se font aussi de l'argent sur le hardware.

En tout cas difficile de pleurer sur le sort d'Apple qui est dans le TOP 5 des sociétés les plus rentables du monde.
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La Commission se couche une fois de plus. Epic Games a raison : ça doit être gratuit comme indiqué dans le DMA.

Pourquoi ne pas avoir attendu le résultat des procès aux USA qui risquent d'imposer 0 % ? Cela aurait renforcé la position de l'UE et empêché que Trump râle trop fort.
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C'est peut-être lié à la peur que Trump râle trop fort ?
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Je suis d'accord.
Car même : "[...]Dans le détail, le nouveau modèle conserve une CTC de 5 % qui s’appliquera aux apps distribuées dans les boutiques alternative ou directement sur le web (jailbreak).[...]
Moi pas comprendre car dans les faits tu ne t'occupe de rien mais tu touche quand même.

Soit on considère que l"Iphone et son ecosytème est un tout à ce moment plus personne ne peut rien dire. Soit on considère que l'appareil, son système d'exploitation, son systême magasin, son navigateur sont des choses disctincts. et là même à 5% ça ne devrait pas être accepté.


(rien à voir avec ce commentaire mais je ne comprends pas la diatribe sur Epic que je lis sur d'autres commentaires ; A mon niveau de connaissance et de comprehention Epic n'est pt être pas un chevalier blanc mais ce n'est pas mordred non plus. )
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Et plus que le coût, sérieux c’est quoi ça ? « Les développeurs et les boutiques auront la responsabilité de comptabiliser toutes les transactions réalisées avec un moyen de paiement alternatif et transmettre ces informations chaque mois à Apple. »

Non seulement tu te fait racketter alors que tu n’utilises même pas leur infrastructure, mais maintenant faut carrément que tu leur fasses ta déclaration d’impôts ?
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Dites-moi si je me trompe, mais il me semble qu'Apple doit (ou va devoir) autoriser des stores alternatifs ?

Dans ce cas le plus simple est juste de dire :

  • App Store = nos règles, notre système de paiement

  • Store alternatif = zéro commission Apple (et pas mon problème si fraude !)



Ca aurait le mérite de la clarté et simplicité au lieu de ces 1000 cas différents avec des prix différents qui s'ajoutent !
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En tout cas, je ne comprends toujours pas comment Apple à réussi à faire passer ça.

Faite payer pour proposer les applications via son Apo Store et éventuellement suivant le nombre de téléchargements se comprend facilement : coûts de l'infra et des tests (insuffisants pour certains fraudeurs vu ce que certaines apps ont proposé comme services).

Mais pour un pourcentage sur les achats non géré par Apple ... je ne vois pas du tout comment cela peut s'expliquer surtout que c'est contre le dma
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Apple joue sur le fait qu'il donne l'accès a des millions d'utilisateurs
Dans le passé les opérateurs Bouygues,sfr devait payer une com pour avoir le droit de vendre des apple,ca a toujours été leur fonctionnement
Si tu veux gagner des sous sur notre système tu nous paye...
J'aime beaucoup la comparaison fait au dessus entre droit de douane et racket
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Apple joue sur le fait qu'il donne l'accès a des millions d'utilisateurs
Mais du coup, si on suit cette logique, Microsoft devrait demander une commission à tous les éditeurs qui ont un logiciel qui tourne sur Windows et qui permet un achat/abonnement ?