[Màj] Pas de Siri AI en Europe : Apple et la Commission s’accusent mutuellement
Hey ? Aïe...
Illustration : Flock
Le 09 juin à 10h37
Durant la conférence d’ouverture de la WWDC hier soir, Apple a confirmé que la nouvelle version de Siri et ses fonctions IA plus avancées ne seront pas disponibles sur iOS et iPadOS jusqu’à nouvel ordre. Dans un communiqué, Apple se justifie : l’entreprise dit avoir tout tenté, essuyant refus après refus. Du côté de la Commission européenne, la réponse est cinglante.
[Màj] Pas de Siri AI en Europe : Apple et la Commission s’accusent mutuellement
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Durant la conférence d’ouverture de la WWDC hier soir, Apple a confirmé que la nouvelle version de Siri et ses fonctions IA plus avancées ne seront pas disponibles sur iOS et iPadOS jusqu’à nouvel ordre. Dans un communiqué, Apple se justifie : l’entreprise dit avoir tout tenté, essuyant refus après refus. Du côté de la Commission européenne, la réponse est cinglante.
Droit
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8 min
La keynote d’ouverture de la WWDC 2026 a fait la part belle à l’IA. Les fonctions montrées rappellent furieusement ce qu’Apple avait déjà présenté il y a deux ans. Cette fois cependant, l’entreprise s’est assurée que la caméra montrait une utilisation « réelle » de son nouvel assistant Siri AI, délais de réponse inclus.
Siri AI est donc la fameuse version remaniée promise en 2024. Il aura fallu deux ans supplémentaires à Apple pour réaliser sa vision. Les démonstrations étaient donc intéressantes par leur haut niveau d’intégration, mais pas ébouriffantes. Dans sa communication, la société s’est concentrée sur une longue liste de cas pratiques du quotidien.
La disponibilité réelle de Siri AI sera cependant très inégale en Europe.
Oui pour les Mac, non pour les iPhone, iPad (et a priori Apple Watch)
Siri AI sera disponible en Europe pour les Mac, tant qu’ils sont équipés d’au moins une puce M1 (correspondant à la liste de compatibilité de macOS 27, nommé Golden Gate). Le nombre de fonctions dépendra cependant de l’âge de la machine : les fonctions les plus avancées (dont la personnalisation de la voix de Siri) et le LLM local seront réservés aux configurations disposant au moins d’une puce M3 et de 12 Go de mémoire.
Pour les iPhone et iPad, c’est beaucoup plus compliqué. Pourquoi ? Parce qu’ils sont, au sens du DMA, des « gatekeepers ». Des responsabilités supplémentaires incombent à Apple, notamment de s’assurer que certaines fonctions peuvent être exploitées de la même manière par les concurrents. Et pour Apple, c’est bien là que le bât blesse.
La foire à la saucisse
« Nous sommes profondément déçus que nos utilisateurs européens n’aient pas Siri AI sur iPhone ou iPad lorsque nous partagerons nos nouvelles sorties logicielles plus tard cette année. Nous espérons finalement intégrer Siri AI dans l’Union européenne, et nous continuerons à dialoguer avec les régulateurs européens sur la voie à suivre. Cependant, leur refus de s’engager de manière constructive sur des solutions qui préservent la vie privée et la sécurité signifie que nous n’avons pas encore de calendrier pour la disponibilité de Siri AI sur iOS et iPadOS dans l’UE ».
Le ton est donné par Craig Federighi, vice-président senior de l’ingénierie logicielle chez Apple, dans un communiqué publié hier soir. L’entreprise et la Commission européenne ont des vues opposées et assez tranchées sur l’interprétation du DMA, Apple jugeant « extrême » celle de son adversaire. iOS et iPadOS étant des contrôleurs d’accès, une fonction aussi importante que Siri AI devrait être ouverte à tous les concurrents, pour assurer l’interopérabilité.
Si Apple ne nie pas ce point, elle en donne les implications : l’obligation d’accorder aux autres assistants les mêmes accès sur les données privées. Or, Apple insiste depuis deux ans sur son Private Compute Cloud, assurant régulièrement qu’elle-même n’a pas accès aux données des utilisateurs et qu’aucune trace n’est laissée. Il serait alors impossible de garantir la sécurité des utilisateurs, Siri AI étant pensé pour interagir avec l’ensemble des composants, réglages et sources de données dans le système. « Cela inclut la possibilité de lire et d’envoyer des messages, d’effectuer des achats, d’accéder à des fichiers et d’exécuter des actions sur n’importe quelle application », indique Apple.
Apple affirme avoir cherché une voie du milieu
L’entreprise dit avoir cherché à concilier ses nouvelles technologies avec ses obligations européennes dès 2025. Elle indique par exemple avoir proposé une solution nommée Trusted System Agent, pensée comme un intermédiaire de confiance devant s’assurer que les autres assistants puissent accéder aux données « en toute sécurité ».
Apple affirme aussi avoir proposé un lancement de Siri AI en Europe étalé sur 18 mois, pour un déploiement progressif qui aurait – a priori – permis de prendre en compte les retours.
« La Commission européenne a dit non. En fait, la Commission européenne n’a accepté aucune des propositions d’Apple », assène l’entreprise. Selon elle, il y a un « manque de reconnaissance » des risques de sécurité par les régulateurs. Un point sur lequel la société californienne s’était déjà agacée à plusieurs reprises, notamment pour l’ouverture forcée sur les périphériques et la transmission des notifications vers les montres connectées concurrentes.
Mêmes joueurs jouent encore
Les affrontements entre Apple et la Commission européenne durent depuis des années. La firme ne cache pas sa détestation profonde du DMA (Digital Markets Act) et ses obligations liées à iOS, iPadOS et l’App Store mobile.
En mars 2024, trois mois avant une WWDC très optimiste qui lui vaudra bien des problèmes, Apple avait ainsi publié un document de 30 pages expliquant tout le mal qu’elle pensait du règlement européen. Principe point d’accrochage : la Commission européenne ne semblait pas comprendre les risques omniprésents pour la sécurité et la vie privée. Et d’expliquer que les demandes de la Commission revenaient à ouvrir grandes les portes des données de ses utilisateurs à des acteurs sans pitié. Elle s’était déjà plainte des abus de Meta dans ce domaine, au nom de l’interopérabilité.
La conséquence pour les utilisateurs européens est claire : il n’est prévu aucun Siri AI pour les iPhone et iPad européens pour l’instant et tout semble au point mort. Comme indiqué précédemment, macOS n’est pas un contrôleur d’accès et n’est donc pas soumis à ces obligations. Le cas de l’Apple Watch reste en suspens : watchOS n’est pas un gatekeeper, mais son fonctionnement dépend étroitement de l’iPhone lié.
Nous avons contacté la Commission européenne et mettrons cette actualité à jour en cas de réponse.
La réponse cinglante de la Commission européenne
Pour la Commission européenne, la situation est tout aussi claire, mais en miroir. Au cours d’une conférence de presse, le porte-parole Thomas Régnier a déclaré : « D’abord, la décision de ne pas déployer Siri AI en Europe vient d’Apple, et d’Apple uniquement. Car absolument rien dans le DMA n’interdit à Apple d’introduire de nouveaux produits en Europe. Ce qui est interdit à Apple, comme à n’importe quel autre contrôleur d’accès, est de verrouiller le marché. Ce n’est pas à eux de décider qui innove en Europe, ni quels outils IA nos citoyens peuvent utiliser ou non. Et c’est précisément là que la DMA et son obligation d’interopérabilité entrent en jeu ».
Qu’en est-il alors des propos avancés par Apple sur les négociations depuis l’année dernière, l’idée d’agents spécifiques et le plan de déploiement sur 18 mois ? Le porte-parole donne une autre version :
« Nous avons quelques contacts avec Apple à ce sujet, cela je peux le confirmer. Mais Apple n’a tout simplement pas été capable de développer des solutions d’interopérabilité au niveau des standards européens essentiels en matière de vie privée et de sécurité. Au lieu d’essayer de trouver une solution adaptée, Apple a simplement fait une demande à la Commission européenne pour être exemptée de ses obligations envers le DMA. Et cela pour au moins 18 mois. Devinez quoi ? Ce n’est pas une option »
Thomas Régner a ajouté que la Commission ne faisait d’exception pour personne. Une situation où chaque camp accuse l’autre de mauvaise volonté.
Commentaires (22)
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Abonnez-vousLe 9 juin à 10h49
Après, on connait la position d'Apple. Elle se cache derrière la sécurité pour fournir un environnement aussi fermé que possible. Cela ne date pas d'hier...
Le 9 juin à 10h50
En gros ce que Apple veux c'est être le seul dépositaire de la confiance des utilisateurs, en excluant tous les autres.
C'est un choix qui se défend, mais il faut être sur que les utilisateurs le comprennent bien.
Le 9 juin à 10h59
Mais au final, je me dis que Claude, Mistral, et autres fonctionnent très bien, et que de toute façon, le français n'est pas disponible à la sortie.
D'ici-là, une solution sera trouvé, même si c'est dommage d'en arriver à interdire une feature déjà retardée de 2 ans pour les iPhone 16.
Modifié le 9 juin à 11h16
Le 9 juin à 11h48
Il a dit quoi ?
Modifié le 9 juin à 12h01
Le 9 juin à 11h52
Je suis persuadé que laisser Meta avoir accès à TOUT son smartphone est une folie, mais s'il y a des fous pour le faire, pourquoi les en empêcher et selon quels critères objectifs ?
Après, selon moi, toute activation de ce type de fonctionnalité doit, selon moi, nécessiter forcément la compréhension et l'acceptation des conséquences par l'utilisateur (avec tous les garde-fous possibles pour s'assurer qu'il ne puisse pas le faire "par erreur").
Le 9 juin à 12h51
Modifié le 9 juin à 16h43
Le 9 juin à 14h02
Modifié le 9 juin à 14h12
DMA est une arme à deux tranchants. C'est bien mais a force de vouloir tout trop ouvrir faut pas s'étonner que des voleurs rentrent dans la brèche.
Le 9 juin à 15h47
Si tu préfères le système d'Apple rien ne t'empêcherai de rester dessus.
En aucun cas Siri serai "ouvert aux 4 vents".
Le 9 juin à 16h31
Suffit de laisser la possibilité à des concurrents viables de se connecter pour proposer leur service avec un accès sécurisé et avec des limites sur ce qu'ils peuvent faire ou non, voir ou non.
Dire que ce sera moins sécurisé c'est faux. C'est juste le discours qui arrange Apple.
Le 9 juin à 19h53
Si tu ne fais confiance qu'à Apple, ça serait uniquement le système d'Apple et pas Meta, Google ou Co.
Par contre, les utilisateurs d'iPhone qui voudraient plutôt utiliser l'IA de Google pourraient le faire et confier leurs données à Google.
Tu ne perdrais rien et ceux qui voudraient utiliser une autre IA, auraient la possibilité de le faire.
Pour moi, c'est à l'utilisateur de choisir et pas au fabricant du téléphone. Pourquoi vouloir empêcher les autres utilisateurs de faire un choix différent du tien juste parce que tu as un smartphone de la même famille qu'eux ?
Modifié le 12 juin à 14h35
Et si je dois choisir entre Google et Apple je fais bien plus confiance sur les données personnelles à Apple plutôt que Google.
Le 12 juin à 14h41
Ton commentaire auquel je répondais disait :Tu parlais donc de toi-même et de ton propre iPhone.
Laisse donc les autres utilisateurs libres de leurs choix. Les utilisateurs d'iPhones ont aussi le droit au choix parmi la concurrence contrairement à ce qu'Apple croit.
Modifié le 12 juin à 14h58
Si vous en voulez tant bien vous le fasse.
Mais plus de choix dans la main d'un utilisateur lambda = plus de problèmes.
Le 12 juin à 15h25
A chacun ensuite d'évaluer ce qui est, ou n'est pas, important en fonction de ses critères.
Le 12 juin à 15h36
Le 9 juin à 13h01
Le 9 juin à 22h27
Personnellement, ça me laisse froid.
Le 10 juin à 13h01
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