Choix du navigateur : Mozilla fustige une nouvelle fois les pratiques de Microsoft
Pas de petits profits
Crédits : Unsplash
Le 17 juillet à 11h54
Mozilla se montre très critique de Microsoft et de certains comportements dans les produits du géant du logiciel. La fondation s’en prend surtout aux dark patterns, forçant la main des utilisateurs sur le navigateur Edge, même si l’Europe échappe à bon nombre de ces pratiques.
Choix du navigateur : Mozilla fustige une nouvelle fois les pratiques de Microsoft
Pas de petits profits
Crédits : Unsplash
Mozilla se montre très critique de Microsoft et de certains comportements dans les produits du géant du logiciel. La fondation s’en prend surtout aux dark patterns, forçant la main des utilisateurs sur le navigateur Edge, même si l’Europe échappe à bon nombre de ces pratiques.
Logiciel
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5 min
En janvier 2024, Mozilla fustigeait déjà Edge (PDF), avec un rapport écrit par deux chercheurs indépendants. Ils avaient analysé les différentes méthodes utilisées par l’éditeur pour remettre Edge en navigateur par défaut dès que possible, ou comment certaines fonctions internes à Windows et d’autres produits exigeaient la présence du navigateur, sans tenir compte du choix de l’utilisateur. Début juin dernier, plusieurs éditeurs s’associaient pour former une alliance visant à promouvoir la liberté et le respect du choix.
Mozilla en a remis une couche le 16 juillet, avec un nouveau rapport. La conclusion générale est que la situation n’a guère évolué. Mais un point ressort encore davantage : l’Europe est bien mieux servie que le reste du monde, grâce à sa législation plus active sur le respect des choix et de la vie privée.
Des dark patterns en veux-tu en voilà
Le nouveau rapport analyse le comportement de Microsoft face au libre choix du navigateur web sur Windows 10 et Windows 11 dans quatre régions : les États-Unis, l’Inde, le Royaume-Uni et l’Allemagne (représentant l’Espace Économique Européen ou EEE). Les données du premier trimestre 2026 indiquent qu’Edge a progressé de 3,93 points de part de marché au niveau mondial depuis 2024. Dans le même laps de temps, Chrome, Firefox et Opera ont tous enregistré des reculs. Les auteurs postulent que l’utilisation de patterns de conception trompeurs ou coercitifs (harmful patterns) contribue à cette tendance.
Selon les auteurs, Microsoft emploie de manière systématique plusieurs techniques manipulatrices enfreignant les principes éthiques de conception. Par exemple, lors de la recherche et du téléchargement d’un navigateur concurrent sur Bing, le moteur injecte des bannières massives non standardisées pour détourner l’attention. Edge altère également le rendu de la page de téléchargement officielle de Google Chrome pour y superposer un bandeau publicitaire, une pratique jugée abusive car elle rompt le principe de neutralité de l’agent utilisateur.
Après le premier démarrage de l’OS, pendant la phase de configuration, Microsoft met en place des parcours complexes incitant à l’ingestion continue des données de navigation depuis Chrome vers Edge, selon le rapport. Les choix de refus sont souvent décrits comme minimisés ou présentés sous forme de reports temporaires (« Rappelez-le-moi dans 3 jours »), ce qui s’apparente selon les auteurs à du harcèlement d’interface (« nagging »). En outre, les cases d’autorisation pour la synchronisation des données ou le profilage publicitaire sont activées par défaut.
Le système d’exploitation applique aussi des mécanismes d’action forcée en ignorant les préférences de l’utilisateur. Même lorsqu’un navigateur tiers est configuré comme application par défaut, les requêtes web issues de la recherche Windows (via la barre des tâches), les Widgets système et l’application d’assistance IA Copilot ignorent ce réglage et forcent l’ouverture des liens dans Edge ou via son moteur de rendu intégré. De plus, le système maintient Edge comme application par défaut pour l’ouverture des formats de fichiers PDF et SVG, faisant obstruction au choix de l’utilisateur.
L’Europe s’en sort mieux que le reste du monde
Les auteurs du rapport disent avoir constaté des disparités majeures entre les marchés, induites par la pression des régulateurs.
En Europe, la présence de ces patterns est considérablement réduite : les cases à cocher ne sont pas présélectionnées, les bannières intrusives de Bing ou d’Edge sont absentes, et Windows respecte le navigateur tiers par défaut pour l’ouverture des fichiers PDF, des widgets et des recherches de la barre des tâches. En revanche, les versions testées aux États-Unis, en Inde et au Royaume-Uni continuent de subir toutes ces tactiques.
Microsoft ne cache d’ailleurs pas cette différence de traitement. Dans un billet du 16 novembre 2023, l’entreprise expliquait avoir dû modifier l’architecture de Windows 11 spécifiquement pour l’Espace Économique Européen afin de respecter le DMA. En Europe, les utilisateurs ont même la possibilité de désinstaller Edge, et l’OS distingue clairement les composants système des applications tierces
L’application stricte de cette conformité par « géofencing » valide d’ailleurs le constat de Mozilla : le respect du choix de l’utilisateur est actuellement conditionné par la pression réglementaire locale plutôt que par la philosophie de conception.
Nous avons contacté Microsoft en vue d’une réaction et mettrons à jour cet article si l’entreprise nous répond.
Commentaires (11)
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Modifié aujourd'hui à 12h42
Microsoft fait la promotion de ses propres produits dans la limite de ce qui lui est permis de faire là où elle le fait.
Je comprend que Mozilla fasse la gueule, mais c'est pas exactement sur Microsoft qu'il faut taper mais sur les pays où elle a le droit de le faire.
Et Mozilla a raison de le faire, c'est en partie grâce à elle que l'UE a serrée la vis.
Mais si Microsoft répond à NXI ce sera probablement une réponse de ce genre là.
Aujourd'hui à 13h52
Aujourd'hui à 13h58
Il y a 55 minutes
Personnellement, ce que je trouve le plus pénible, ce n'est pas forcément le choix du navigateur (en général, dès qu'on en installe un, il propose de devenir le navigateur par défaut et montre la marche à suivre).
Ce qui est pénible, c'est quand la configuration "saute" suite à un "bogue" d'une mise à jour, ou que les outils Microsoft ne tiennent pas compte du navigateur par défaut et continue d'ouvrir dans Edge (coucou Office).
Modifié il y a 56 minutes
A cause de la position dominante de windows et suite à une décision de justice, ils doivent fournir des versions de windows sans media player ce qui est toujours le cas.
Edge sert à télécharger un autre navigateur donc l'enlever serait contreproductif.
En gros il faut attendre une décision de justice ? Ou pour que ça soit comme sur android ?
Aujourd'hui à 12h58
À l'instant
Là, la volonté de Microsoft est manifeste et ça pourrait lui tomber sur le coin du nez.
Mozilla n'en profite pas pour attaquer Microsoft pour abus de position dominante ?
Un truc qui me choque le plus, c'est la pub mise sur la page de téléchargement de Chrome par le navigateur lui-même : c'est un coup à perdre la confiance des utilisateurs si les concurrents faisaient une communication mettant en exergue que Edge rajoute de la pub sur certaines pages.
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