Pour Bruno Retailleau, l’IA « n’attend pas notre consentement »
Re tAIlleau
Illustration : Flock
Le 16 juillet à 11h24
Candidat à l’élection présidentielle de 2027, le patron du parti Les Républicains a publié un dense document sur ses positions sur l’IA, une technologie qui « n’attend pas notre consentement », selon lui. Il projette un investissement étatique de 23 milliards d’euros sur le quinquennat financé en partie par le non-remplacement et le redéploiement de 250 000 fonctionnaires remplacés par une IA administrative unique baptisée Marianne.
Pour Bruno Retailleau, l’IA « n’attend pas notre consentement »
Re tAIlleau
Illustration : Flock
Candidat à l’élection présidentielle de 2027, le patron du parti Les Républicains a publié un dense document sur ses positions sur l’IA, une technologie qui « n’attend pas notre consentement », selon lui. Il projette un investissement étatique de 23 milliards d’euros sur le quinquennat financé en partie par le non-remplacement et le redéploiement de 250 000 fonctionnaires remplacés par une IA administrative unique baptisée Marianne.
Société numérique
Société
8 min
La campagne électorale va-t-elle se jouer sur le numérique ? On se pose la question à chaque présidentielle depuis plusieurs décennies. Mais les questions de souveraineté numérique, d’intelligence artificielle et de fortes tensions géopolitiques poussent les candidats à s’y intéresser un peu plus que d’habitude. Ainsi, Bruno Retailleau, président des Républicains (LR) et candidat à l’élection présidentielle de 2027 pour son parti, a publié en ce mois de juillet un document de 56 pages [PDF] concernant l’intelligence artificielle.
Pour le sénateur de Vendée, l’IA « n’attend pas notre consentement. Elle s’impose, et elle décidera, dans les dix années qui viennent, du rang des nations ». Il veut que la France puise 23 milliards d’euros dans son budget sur le prochain quinquennat pour financer des investissements dans le secteur.
S’il n’y a donc aucune alternative à l’utilisation de l’IA dans tous les secteurs pour le candidat de droite, il veut en même temps se positionner sur une « troisième voie », entre la « fascination naïve » et « la peur stérile ». Bruno Retailleau déclare ainsi avoir trouvé dans l’IA une solution à la baisse démographique du pays. L’IA et la robotisation seraient « la condition du maintien de notre niveau de vie, de nos services publics et de notre modèle social ».
Si le terme « IA générative » n’est mentionné qu’une fois dans le document, il semble que Bruno Retailleau se focalise essentiellement sur cette technologie et sur les promesses d’augmentation de la productivité tant vantées par les entreprises du secteur.
Une IA « Marianne » pour remplacer les services numériques de l’État et des fonctionnaires
Le candidat LR veut notamment que les services de l’État (sans préciser quelle institution en aura la charge) créent un « assistant administratif numérique ». Remplaçant une bonne partie des services du numérique public, une IA nommée « Marianne » (réutilisant certes la figure allégorique de la République, mais cela vient supposer un nouveau service féminisé) devra simplifier les démarches, réduire les délais et rendre l’État plus accessible, pour devenir « l’aboutissement de France Connect ».
Mais pour Bruno Retailleau, qui projette de mettre un milliard d’euros dans le projet, le chatbot Marianne doit remplir les tâches de l’équivalent de 250 000 équivalents temps plein (ETP) de fonctionnaires. Le candidat LR, y voyant l’occasion de continuer la dénonciation bicentenaire du nombre des agents de l’État, prévoit ainsi de ne pas remplacer 125 000 départs en retraite dans la fonction publique et de « redéployer » 125 000 autres fonctionnaires pour les « mobiliser […] vers le soin, l’enquête et l’accompagnement ».
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Commentaires (14)
Aujourd'hui à 11h39
Aujourd'hui à 11h50
Aujourd'hui à 11h44
Aujourd'hui à 11h49
C'est l'habituelle stratégie qu'on croise dans plein de boites. L'IA est largement pas assez bonne pour faire le taf qui est décrit ici, mais elle est largement assez bonne pour faire croire aux managers, élus, potentiels candidats, etc... qu'elle peut au moins faire assez semblant pour être un argument de
campagnemarketing.Par contre là où les boites qui font machine arrière ont des plan, réembauchent leurs salariés, ont encore les moyens de remettre l'humain où il faut, tu peux être certain que les ministères brûleront bien comme il faut leux process et outils de sorte que le retour en arrière soit impossible. Faudrait quand même pas laisser penser que les services publics peuvent être sauvés par un investissement humain.
Aujourd'hui à 11h55
Que l'on ne se laisse pas dépasser, ou du moins que l'on fasse en sorte de ne pas être dépendants des solutions américaines et chinoises, OK. Qu'il y ait une forme de « planification » sur le sujet, encore mieux si elle se fait au niveau européen, pourquoi pas.
Mais bordel : ce n'est pas LA priorité actuellement !
La priorité, c'est notre environnement, les politiques d'adaptation face au réchauffement climatique et la baisse de nos émissions. La priorité, c'est tout ce qui gravite autour de cela. La priorité, c'est aussi de donner les moyens à la justice, à l'éducation et à la santé.
Ces politiques sont restés coincés dans leur vieux logiciel. Ils font comme si notre monde pouvait continuer à fonctionner en l'état et se projettent sur des sujets qui seront balayés par la force des choses si l'on n'agit pas sur l'essentiel : la préservation de notre environnement et notre capacité à nous adapter au monde de demain - voire à celui d'aujourd'hui, déjà.
J'ai beau être technophile, ce manque de prise de conscience m'effare et me dépite au plus haut point.
Même si, bon, venant de Retailleau, il n'y a guère de surprise. Mais un individu, c'est une chose. Le problème, c'est qu'il y a des masses derrière ces individus...
Aujourd'hui à 12h07
La loi informatique et liberté a été purgée de tout ce qui se trouve maintenant dans le RGPD.
Elle indique que la CNIL est l'autorité qui s'occupe du RGPD en France.
Elle précise aussi les points du RGPD pouvant être propre à un état membre.
Enfin, elle légifère sur les directives de l'UE concernant le numérique et la vie privée, par exemple pour la directive e-privacy.
Aujourd'hui à 13h58
Il y a 58 minutes
Dans ce que j'ai cité, le seul point où Retailleau pourrait supprimer quelque chose dans la loi du 6 janvier 1978, ça serait sur ce point là :mais comme le RGPD permet d'apporter des précisions ou limitations sur certains points, je ne suis pas sûr que l'on soit dans ce cas, en particulier parce que ces ajouts nationaux vont dans le sens de sa ligne politique.
Par exemple, ça m'étonnerait qu'il supprime ce passage de l'article 58 :J'avoue que j'ai choisi ce passage à dessein, mais, il y en a plein qui protège la souveraineté, la sécurité de la France ou autres notions auxquelles il est attaché.
Les autres points que j'ai cité sont des applications des textes européens, nomination de la CNIL demandée par le RGPD ou transcription de directives européennes, là encore, c'est une obligation par rapport à ces directives.
Aujourd'hui à 12h08
Aujourd'hui à 13h28
Aujourd'hui à 13h45
Aujourd'hui à 13h57
C’est maintenant corrigé, @Flock semble utiliser Nautilus.
À l'instant
Aujourd'hui à 13h57
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