Peut-on accéder aux chats secrets entre Von der Leyen et les dirigeants européens ?
Chatcontrol version dirigeants ?
Illustration : Flock
Le 24 juin à 08h32
Les chats entre Ursula von der Leyen et les dirigeants des pays européens sont-ils des documents administratifs auxquels on peut accéder en évoquant le règlement européen sur l’accès du public aux documents ? La question est en suspens mais est prise au sérieux par la médiatrice européenne.
Peut-on accéder aux chats secrets entre Von der Leyen et les dirigeants européens ?
Chatcontrol version dirigeants ?
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Les chats entre Ursula von der Leyen et les dirigeants des pays européens sont-ils des documents administratifs auxquels on peut accéder en évoquant le règlement européen sur l’accès du public aux documents ? La question est en suspens mais est prise au sérieux par la médiatrice européenne.
Droit
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4 min
Les discussions qui se trament dans un chat privé entre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et les dirigeants des pays européens comme Emmanuel Macron, Friedrich Merz et Giorgia Meloni doivent-elles rester privées ?
On aurait tendance à le penser, notamment pour le bon déroulé de négociations et la fluidité des échanges entre dirigeants européens.
Cependant, la question reste pour l’instant en suspens et la médiatrice européenne, Teresa Anjinho, ne l’a pas écartée d’un revers de main. Elle a même envoyé une lettre à la Commission européenne pour lui signaler qu’elle ouvrait une enquête à ce sujet.
Un groupe de discussion éventé dans la presse
C’est notre confrère Alexander Fanta du média Follow The Money qui l’a soulevée en apprenant l’existence d’un tel groupe de discussion en janvier 2026, quand l’Europe serrait ses rangs pour faire face aux menaces de Donald Trump d’envahir le Groenland. Au détour d’un article de Politico sur le sujet, on apprenait qu’un groupe de discussion privé permettait à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen d’échanger régulièrement avec des dirigeants comme le Britannique Keir Starmer, le Français Emmanuel Macron, l’Allemand Friedrich Merz, le Finlandais Alexander Stubb et l’Italienne Georgia Meloni. « Au cours de l’année écoulée, ils ont mis en place une routine bien rodée consistant à s’échanger des messages chaque fois que Trump fait quelque chose d’extravagant et potentiellement préjudiciable », expliquaient nos confrères.
Il serait donc intéressant, quoiqu’explosif, de connaître les détails de ces échanges. Alexander Fanta a donc demandé à la Commission européenne « tous les messages échangés entre la présidente Ursula von der Leyen et d’autres dirigeants depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 » au sein de ce groupe et d’ «empêcher la suppression automatique de tous les messages issus de cette discussion de groupe ».
Pour cette demande, il s’appuie sur le règlement européen de 2001 sur l’accès du public aux documents du Parlement européen, du Conseil et de la Commission. Celui-ci règlemente la possibilité pour toute personne d’accéder aux documents administratifs européens, comme ce que fait la Cada en France.
Teresa Anjinho prend le dossier au sérieux
Après plusieurs échanges, la Commission européenne a répondu à notre confrère pour synthétiser sa position de refus [PDF]. Elle estime notamment que ces échanges sont pleinement dans le cadre de l’exception prévue par le règlement européen « où la divulgation porterait atteinte à la protection [des] relations internationales » (article 4(1)(a), troisième tiret). La commission explique que « les échanges se déroulent dans un climat de confiance mutuelle et de confidentialité, ce qui est essentiel pour jeter les bases permettant de s’accorder, lorsque cela s’avère nécessaire et opportun, sur des positions officielles, telles qu’elles sont exprimées dans des déclarations communes et les conclusions des sommets ». Elle ajoute que « la divulgation de ces échanges compromettrait les relations internationales de l’UE (et de ses États membres) avec les pays tiers ».
Alexander Fanta a alors soumis une plainte auprès de la médiatrice européenne, comme l’invitait la Commission dans sa réponse. Teresa Anjinho semble ne pas se satisfaire des arguments de la Commission et a ouvert une enquête : « J’ai décidé d’ouvrir une enquête sur la manière dont la Commission a traité la demande du plaignant au titre de la législation de l’Union européenne relative à l’accès du public aux documents », explique-t-elle dans une lettre adressée à la Commission que Follow the Money a pu se procurer.
Teresa Anjinho a récemment épinglé la Commission européenne pour la suppression d’un message envoyé par Emmanuel Macron à Ursula von der Leyen sur Signal à propos de l’accord commercial entre l’UE et le Mercosur. La médiatrice a affirmé dans sa recommandation qu’à l’avenir, « la Commission devrait veiller à ce que tous les textos et messages instantanés relatifs à ses politiques, activités et décisions, échangés entre les chefs d’État ou de gouvernement, ou les ministres, et les membres de la Commission, y compris ceux qui sont supprimés automatiquement après un certain délai, soient dûment conservés pendant une période raisonnable ».
Commentaires (17)
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Abonnez-vousLe 24 juin à 09h13
Le 24 juin à 09h33
Le 24 juin à 10h44
Le 24 juin à 11h10
C'est de la pure transparence démocratique.
Mais à l'instant T, ouvrir trop vite les vannes peut aussi être préjudiciable. Et pas qu'un peu.
Il y a un juste milieu à trouver entre le soucis de transparence, plus que légitime, et le secret qui peuvent entourer certains échanges (là aussi, qui peuvent être légitimes).
Et il faut donc également un cadre juridique clair à ce niveau, avec des discussions qui doivent être identifiées comme relevant de l'un ou l'autre. Je ne sais pas si c'est le cas, et peut-être que les textes actuels sont encore trop flous et permettent une libre interprétation qui explique les divergences de point de vue entre la Commission et la médiatrice.
Le 24 juin à 23h23
A un moment donné, il y aura un point de bascule, même les responsables pourraient (je suis prudent) être responsables et ils (pourraient, je reste prudent) rendre des comptes..
A un moment donné, il faudra assumer (là j'abuse, je sais: c'est normal que les responsables ne soient responsables de rien et coupable encore moins.. :)..
04 Aout 2026?
Le 25 juin à 19h51
Le 26 juin à 06h34
Et ce serait une erreur, les complotistes pourront alors y aller à cœur joie.
Protéger l'UE? Non, tu proteges ses dirigeants et là encore tu augmenteras le climat de défiance vis à vis de l'UE.
Le 26 juin à 09h32
Je dis ça, je dis rien.
Le 26 juin à 16h53
Encore un bel exemple de "faite ce que je dis et pas ce que je fait".
Et après ça l'Occident entends donner des leçons de moral au reste du Monde..
Le 24 juin à 11h24
Modifié le 24 juin à 12h03
Suffit de mettre un Y au besoin, reuse de l'implem existante
Le 24 juin à 15h06
Le 24 juin à 15h21
Quand je vous Italie, Allemagne, France, UK, et Finlande => chacun a sa place sur plein de sujets.
Le 24 juin à 15h38
L'Europe est assaillie de toutes parts et les États-Unis sont devenus un adversaire, personne n'est dupe.
Alors dans ce contexte faut-il considérer ces conversations comme une après-midi au salon de thé ? Pour moi c'est hautement stratégique et nécessite un haut niveau de confidentialité, au même titre que tous les autres échanges diplomatiques.
Comme pour les renseignements, on peut imaginer une commission de surveillance parlementaire et archiver ces conversations avec déclassification X années après.
Quant à la présence de Starmer, elle faisait sens avec ce Royaume-Uni qui se fait lâcher par les US et voulait se rapprocher de l'Europe, ça ne sera plus le cas avec les PM de Reform UK.
Le 24 juin à 16h28
Le 25 juin à 07h25
Le 25 juin à 09h51
Ca n'a pas de sens...
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