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Budget 2026 : de nouvelles taxes sur les géants du numérique en perspective ?

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Budget 2026 : de nouvelles taxes sur les géants du numérique en perspective ?

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Lors des discussions sur le budget 2026 de l’État, les députés vont devoir se positionner sur plusieurs taxes ciblant les grandes entreprises du numérique. La taxe GAFAM, qui existe déjà et les vise particulièrement, pourrait passer de 3 à 15 %. Ils devront aussi discuter d’une contribution sur l’utilisation des réseaux de communication par les fournisseurs de contenus.

Venant de plusieurs horizons, des propositions pour taxer les grandes entreprises du numérique (surtout états-uniennes) vont être discutées dans l’hémicycle ces prochains jours.

Les débats s’ouvrent ce vendredi 24 octobre en séance plénière à l’Assemblée nationale pour discuter puis voter le budget de 2026. Si son examen n’est pas fini au bout de 70 jours, le gouvernement peut recourir à une adoption par ordonnances (article 47 de la Constitution).

Dans la nuit de mercredi 22 à jeudi 23 octobre, la commission des finances de l’Assemblée nationale a rejeté globalement la première partie du budget de l’État qui avait été amendée au cours de la semaine. C’est donc sur la base du projet de loi initial que les députés vont devoir s’exprimer cette fois-ci en séance plénière.

Proposition de relever la taxe GAFAM à 15 %

Mais une mesure qui ne figure pas dans cette version initiale pourrait trouver une majorité dans l’hémicycle. En effet, le taux de la taxe GAFAM, aujourd’hui à 3 %, pourrait allègrement augmenter. Elle consiste notamment à taxer les recettes générées par le ciblage publicitaire.

L’année dernière déjà, le député Corentin Le Fur (droite républicaine) avait proposé de le porter à 5 %. Dans son contre-projet qu’il a publié en septembre dernier, le PS indiquait vouloir le doubler et donc le passer de 3 à 6 %.

Mais, dans un amendement déposé par le député Renaissance, Jean-René Cazeneuve, il est proposé « de porter de 3 % à 15 % » le taux de cette taxe. Ce texte, qui a été voté lors de l’examen en commission, propose aussi d’augmenter le seuil de taxation au niveau mondial à 2 milliards d’euros au lieu des 700 millions actuellement dans la loi.

Dans son exposé, le député affirme que « la France a instauré cette taxe en 2019 pour remédier à l’inégalité fiscale entre les entreprises du numérique, souvent étrangères, et les acteurs économiques soumis à l’impôt sur le territoire. Son rendement, d’environ 700 millions d’euros en 2024, demeure sans rapport avec les profits réalisés en France par les grands groupes du secteur ».

Si le texte revient donc aujourd’hui à l’Assemblée sans les amendements votés en commission et donc sans intégrer cet amendement de Jean-René Cazeneuve, celui-ci a des chances d’être de nouveau voté dans l’hémicycle via un nouvel amendement.

Une taxe sur les fournisseurs de contenus comme Netflix ?

Un autre sujet de financement du numérique revient via les discussions sur le budget 2026 : le financement des réseaux télécoms par les plus importants fournisseurs de contenus. Selon le dernier bilan de l’état de l’Internet en France de l’Arcep, « cinq acteurs – Netflix, Akamai, Google, Meta et Amazon – génèrent 47 % de ce trafic », qui était de 50,8 Tb/s fin 2024 (+ 9,2 % en un an).

Le député RN Jean-Philippe Tanguy a déposé, en commission, un amendement [PDF] qui proposait la création d’une « contribution annuelle forfaitaire » de « 12 000 euros par Gb/s d’utilisation annuelle moyenne ». Cela ne concerne que « les personnes désignées contrôleurs d’accès par la Commission européenne », et « utilisant une bande passante moyenne annuelle supérieure à 1 Gb/s ». « Idée délirante, tarif délirant », rétorque Pierre Beyssac, porte-parole du Parti Pirate.

Ceci pour participer aux investissements « [des] pouvoirs publics et [des] fournisseurs d’accès à internet » pour développer et maintenir les infrastructures. Comme nous l’expliquions déjà en 2022, c’est encore le retour d’une idée récurrente. Cet amendement du député RN a été rejeté en commission, mais Jean-Philippe Tanguy l’a de nouveau présenté pendant la séance plénière. Il a peu de chance d’être intégré au texte final. Le député RN semble attaché à cette mesure, puisqu’il l’avait déjà proposé l’année dernière.

La Fédération Française des Télécoms (FFTélécoms), important lobby du secteur qui rassemble les principaux FAI mais aussi l’opérateur d’infrastructures Axione ou Verizon France par exemple, a publié récemment une tribune sur le sujet dans Les Echos. Elle y accuse les « big tech » (sont visés ici Netflix, Meta, Google et Amazon) d’être des « passagers clandestins » (terme utilisé aussi par le député RN dans l’exposé de son amendement) profitant d’« une asymétrie délétère pour l’Europe ».

Si la FFTélécoms réclame une contribution financière de leur part, elle souhaite « des accords commerciaux entre les opérateurs et les grands fournisseurs de trafic, pas une nouvelle taxe », explique-t-elle à nos confrères de Contexte. Elle souhaiterait, par contre, que l’Europe impose un cadre à ces négociations via le Digital Networks Act. Ce texte doit être présenté dans moins de deux mois à la Commission européenne. Mais il est difficile de savoir ce qu’il va contenir. Et, toujours selon Contexte, la CCIA Europe, lobby de la tech étatsunienne, veut éviter « toute tentative d’introduire des « network fees » » et y met tout son poids en organisant diverses réunions de lobbying.

Commentaires (10)

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Peu importe où les taxes sont prélevées, dans tous les cas, en fin de chaîne, c'est nous qui payons.
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L'avantage quand les taxes sont payées en France, c'est que ce sont des rentrées supplémentaires ce qui n'est pas à négliger actuellement.
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Ce sont bien des taxes, prélevées en France, dont je parlais. Les "rentrées" supplémentaires pour l'état, c'est toujours nous qui les finançons par l'augmentation résultante du montant de nos factures. Ce qui "rentre" en supplément, ce n'est que ce qui est sorti, en supplément, de notre poche. Le bilan étant nul, ce sont des rentrées pour l'état, mais pas pour la France. C'est juste une façon indirecte d'augmenter la contribution des citoyens, en leur laisant croire que l'on fait payer des sociétés.

Sauf creation de situation concurrentielle, croire qu'un fournisseur va diminuer sa marge afin d'absorber une taxe ou un impôt, c'est juste un doux rêve. D'un point de vue économique, ça n'a aucun sens pour lui. Augmenter proportionnellement ses tarifs est en revanche une solution naturelle et évidente.

C'est d'autant plus facile, s'il s'agit de produits dont le consommateur a du mal à se passer. Par exemple, récemment, Spotify a répercuté les taxes sur ses tarifs, sans y laisser de plumes, et en l'affichant clairement. Sur une plus longue période, ces 20 dernières années, l'industrie du tabac a vu les taxes spécifiques augmenter un peu partout dans le monde, la consommation a diminué. Pourtant, sur la même période, ses benefices ont augmenté de 77%. Le seul qui finance les taxes c'est le consommateur. Pour le fournisseur, la taxation ne fait que justifier l'augmentation des tarifs, avec un coupable tout designé : l'état. Sur des produits dont l'utilisateur ne sait pas se passer, les taxes peuvent même, paradoxalement, devenir un levier permettant l'augmentation des bénéfices, Le seul couillon de l'histoire, c'est le consommateur.
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Si on taxe Meta, ça veut dire que Meta vendra son produit (les utilisateurs) plus cher à ses clients (les annonceurs). Est-ce que ses clients pour le marché français sont tous français ? Je ne pense pas. Si le coût de l'utilisateur français augmente, est-ce que Meta va dire à ses clients que c'est un produit différent des autres et qu'il coûte plus cher, ou est-ce que ça sera répercuté sur tous les utilisateurs ? Et le client (annonceur), lui, va-t-il décider de répercuter uniquement sur ses clients français ?

Tout ça pour dire que ça pourrait être un peu plus compliqué, et ça pourrait avoir un effet positif pour la France. Je me dois toutefois de souligner le conditionnel...
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C'est vrai, quand le consommateur n'est pas (directement) celui qui paye, il y a probablement un effet de dilution au niveau international. C'est inévitable pour ce qui est basé sur la publicité, si la gestion n'est pas segmentée par pays. Le coût de la pub, se retrouve inclu dans le prix des produits correspondants. Comme pour le principe de l'assurance, on se met cependant le doigt dans l'œil, en pensant que ce sont les autres (ou autres pays) qui payent la taxe, vu que tout le monde tient le même raisonnement...

On ne peut effectivement qu'employer le conditionnel. C'est tellement bien dilué, qu'en fin de chaîne, la taxe ne laisse pas de traces (dans les esprits).
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Quelles seraient les conséquences de taxer Netflix et autres ?

Les gens ne veulent plus payer plus et se barrent de Netflix et donc ?

Vont-ils revenir dépenser leur fric dans les cinémas en faisant au moins travailler les vendeurs de glace des Gaumont-Pathés ?

Curieux pari pour sacrifier la neutralité du net.
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Si les gens se barraient vraiment, disons en masse suffisante, il est possible que Netflix décide de baisser ses prix.
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On trouve pas mal d'articles qui relatent que les abonnés de Disney+ se barrent en masse, un peu moins pour raison financière que wokiste/idéologique etc et ....

... et du peu que je viens de chercher, Disney+ a encore ajouté 1 € sur son abonnement en octobre :non:
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Je sais que Orange fai tdu lobying dans ce sens mais ...hum ...je dirais ....
[...]une contribution sur l’utilisation des réseaux de communication par les fournisseurs de contenus.[...]
Cela ne s'appelle-t-il pas déjà .... hum .... Abonnement ?


Je dis ça je dis rien ....
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On doit protéger la neutralité de net.