Les ambitions européennes de Revolut auraient été discrètement freinées par la BCE
Aller vite, mais pas trop
Image : Revolut
Le 10 juin à 16h52
Des bisbilles avec le régulateur pour la branche européenne de Revolut. L’an dernier, la Banque centrale européenne (BCE) aurait discrètement exigé de la fintech britannique qu’elle lève le pied et suspende le lancement de nouveaux produits dans l’Espace économique européen. En cause : des processus de contrôle qui ne seraient pas suffisamment robustes.
Les ambitions européennes de Revolut auraient été discrètement freinées par la BCE
Aller vite, mais pas trop
Image : Revolut
Des bisbilles avec le régulateur pour la branche européenne de Revolut. L’an dernier, la Banque centrale européenne (BCE) aurait discrètement exigé de la fintech britannique qu’elle lève le pied et suspende le lancement de nouveaux produits dans l’Espace économique européen. En cause : des processus de contrôle qui ne seraient pas suffisamment robustes.
Économie
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3 min
Revolut a obtenu en 2018 une licence bancaire spécialisée de la Banque de Lituanie, ce qui lui a permis de développer ses activités dans l’Union européenne grâce au mécanisme du « passeport bancaire ». Cette autorisation, transformée en licence bancaire complète par la Banque centrale européenne en 2021, permet à la fintech basée à Londres d’accepter des dépôts, d’accorder des prêts aux particuliers et aux entreprises, et de commercialiser des produits financiers.
Aller vite, casser tout
Avec sa stratégie inspirée des startups de la tech, Revolut fonce tant et si bien que sa valorisation est estimée à 115 milliards de dollars. Ce qui en ferait, si elle était cotée en Bourse, la 7ᵉ banque en Europe, devant Barclays et BNP Paribas. La banque en ligne viserait d’ailleurs une introduction en Bourse avec une valorisation de 200 milliards.
Aller trop vite en cassant des choses est un mantra bien connu dans la Silicon Valley. Mais dans le domaine bancaire, les conséquences peuvent être bien plus graves et frapper l’ensemble du système financier. C’est pourquoi les régulateurs se montrent sourcilleux : pas question qu’un produit facilite le blanchiment d’argent, fragilise la protection des consommateurs, ou plus prosaïquement grève les fonds propres de la banque ou ses capacités de liquidité.
La BCE aurait ainsi identifié des « déficiences » dans les procédures d’approbation internes des nouveaux produits de Revolut, rapporte le Financial Times. Des restrictions temporaires auraient été exigées l’an dernier à la branche européenne, entraînant la suspension du lancement de nouveaux produits dans l’Espace économique européen (EEE).
Le régulateur aurait aussi réclamé un audit indépendant des fonctions risques, conformité et juridique ; une révision des effectifs et des compétences des équipes chargées d’approuver les nouveaux produits ; une implication plus forte d’experts en interne avant de lancer quoi que ce soit.
Carton jaune pour Revolut
Les restrictions auraient été encore plus fortes pour les activités de la filiale en dehors de l’EEE : interdiction d’accepter de nouveaux clients ou de procéder à des acquisitions d’entreprises dans des pays situés hors du continent européen. Le FT n’a pas pu déterminer si toutes ces restrictions ont été levées, ou si certaines sont toujours en vigueur.
Néanmoins, Revolut a pu lancer depuis 2025 plusieurs produits en Europe, comme des comptes pour adolescents ou même des distributeurs physiques. De fait, la portée exacte de ces restrictions reste difficile à évaluer car elles n’ont manifestement pas empêché la banque de poursuivre son expansion.
Revolut a déclaré entretenir un dialogue « continu et constructif » avec les régulateurs, y compris la BCE. Elle s’engage à « respecter les normes les plus élevées en matière de gouvernance et de gestion des risques », ce qui est bien le moins, et renforce « régulièrement [son] environnement de contrôle interne ainsi que [ses] processus opérationnels. »
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