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Plus d’un million de caméras IP et babyphones diffusaient leurs images aux quatre vents

Babyphone de Troie

Plus d’un million de caméras IP et babyphones diffusaient leurs images aux quatre vents

Illustration : Flock

Un Français a découvert début mars que le fournisseur chinois qui équipe des dizaines de modèles de caméras IP et babyphones vendus sur Amazon, Fnac, Cdiscount ou en marque blanche chez les opérateurs mobiles disposait d’un accès direct aux images de centaines de milliers d’appareils, au travers d’une infrastructure ouverte aux quatre vents. Deux mois plus tard, il publie l’ensemble de ses découvertes, qui dressent un tableau particulièrement inquiétant, et laissent supposer une utilisation à grande échelle des alertes émises par les caméras en question.

Quel meilleur cheval de Troie qu’un appareil dédié à la sécurité ? Le Français Sammy Azdoufal, développeur qui se présente comme spécialiste IA, a découvert début mars que plusieurs centaines de références de caméras IP, babyphones et autres accessoires dédiés à la surveillance domestique étaient susceptibles de présenter des failles béantes exposant les images capturées, et donc l’intimité des foyers concernés. En cause ? Une entreprise chinoise baptisée Meari, qui vend ses produits ou ses services principalement en marque blanche à des tiers.

Ces derniers distribuent ensuite les produits finaux concernés soit sous leurs propres couleurs, au travers notamment des places de marché de grands noms tels que Amazon, Fnac, Darty ou Cdiscount, mais aussi chez les opérateurs téléphoniques ou les acteurs de la télésurveillance, en marque blanche, à l’image du brésilien Intelbras.

Au total, le développeur affirme, liste à l’appui, avoir pu établir un lien direct entre Meari et 378 références distinctes de caméras, distribuées dans au moins 15 pays. Surtout, il explique à Next avoir pu directement compter plus de 1,1 million d’appareils vulnérables se connecter, en clair, aux serveurs de Meari, sur une simple période de 24 heures. « Si j’avais laissé tourner mon script une semaine, le volume d’appareils aurait sans doute été bien plus conséquent », estime-t-il.

Deux mois après sa découverte initiale, l’équipementier chinois est censé avoir sécurisé son backend, mais de nombreux comportements problématiques subsistent. « Disons que si j’avais un enfant, je n’achèterais pas une caméra équipée par Meari », résume Sammy Azdoufal.

Le précédent DJI

Si son nom vous dit quelque chose, c’est peut-être parce que l’intéressé n’en est pas à son coup d’essai. Mi-février, le développeur a eu les honneurs de la presse mondiale : il révèle avoir découvert de façon fortuite une faille de sécurité majeure affectant des milliers de robots aspirateurs DJI, alors qu’il bidouillait le sien pour voir s’il était possible de le commander à distance avec une manette de PS5.

Via cette porte dérobée, il devient en mesure de prendre le contrôle d’un robot aspirateur de son choix et donc d’accéder aux images que transmet le robot, simplement à l’aide de son numéro de série. Reproduite et racontée dans le détail par The Verge, sa découverte aboutit sur une conclusion effrayante : la prise de contrôle est possible parce que les robots de la marque communiquent en clair avec les serveurs MQTT de DJI, et que l’accès à ces derniers n’est pas dûment sécurisé.

Le 6 mars dernier, DJI a confirmé un problème de sécurité. Le constructeur a alors annoncé avoir corrigé une vulnérabilité au niveau de son infrastructure et évoqué, sans les nommer, la contribution de deux chercheurs indépendants. Sammy Azdoufal a de son côté indiqué avoir reçu la promesse d’un virement de 30 000 dollars dans le cadre du programme bug bounty de la marque.

Une application Android un peu trop bavarde

Ses travaux relatifs à Meari partent eux aussi d’une découverte fortuite, survenue le 2 mars dernier, avant même le dénouement de l’affaire DJI. « Je parlais de cette histoire d’aspirateur avec une collègue, elle m’explique qu’elle a acheté un babyphone sur Amazon, et se demande si c’est sûr de l’utiliser pour sa fille », nous raconte Sammy Azdoufal, contacté début mars. L’appareil fait partie des références premier prix vendues sur la plateforme.

Il ne dispose pas d’un environnement logiciel à ses couleurs mais fait appel à Cloudedge, une application « hub » dédiée aux objets connectés. En étudiant le code de l’application, le développeur découvre « plein de choses qui ne vont pas », dont des routes en clair vers des brokers MQTT : « J’essaie de me connecter pour voir, et là ça fonctionne ».

Avant d’aller plus loin, un petit point de vocabulaire s’impose peut-être. Dans le monde de l’Internet des objets (IoT), MQTT est un protocole de messagerie en étoile, qui sous-tend les échanges entre un serveur central (le broker MQTT dont il est question ici), et deux acteurs dont les rôles peuvent permuter : l’expéditeur (par exemple la caméra IP) et le destinataire (l’application mobile utilisée par son propriétaire). Quand votre caméra IP détecte un mouvement, elle envoie une alerte au broker MQTT, qui la relaie ensuite vers l’application mobile installée sur votre téléphone.

Dans le cas de l’application CloudEdge, nous avons pu vérifier début mars les affirmations de Sammy Azdoufal sur la base du client Android distribué via Google Play, et tout particulièrement la présence, en clair dans le code, d’une URL pointant vers la console d’administration du backend de Meari.

Le développeur pousse son investigation plus avant. « Après quelques tests, je me rends compte qu’ils ont laissé le mot de passe par défaut ». Une fois passée cette porte béante, « je réalise qu’il n’y a pas de vérification de la propriété par appareil, en m’abonnant à un broker je peux donc voir tout le monde ».

Dit autrement, une fois connecté au serveur, il est en mesure d’en observer l’activité, et par exemple d’y brancher le script grâce auquel il affirme avoir comptabilisé plus d’un million d’appareils connectés et donc vulnérables. Il indique également avoir pu accéder au CMS (l’outil de gestion du site Web) de Meari, utilisé notamment par les clients de l’entreprise pour gérer leurs propres flottes d’appareils ou leurs propres applications en marque blanche.

Il reste 61% de l'article à découvrir.

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Commentaires (39)

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C’est ce qu’on appelle la garde partagée !

Vous voyez le Mal partout…

:mrgreen:
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Le backend a été vibe-codé ?
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Par un stagiaire, et ils ont mis la version de dev en prod parce que #pasletemps.
Mais pas d'inquiétude le stagiaire va être viré et le CTO va demander Mythos de corriger tout ça tout seul.
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Tu fais la promotion du sensationnalisme fait autour de mythos ? :roll:
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Faut arrêter avec ces réactions "le stagiaire", c'est surtout une pratique répandue dans l'IOT, de faire transiter (ici en clair, par dessus le marché) des données sur internet pour des trucs qui pourraient très bien être fait en local.
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Vive Frigate (encore faut-il que la cam IP propose ces flux en RTSP....)
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Clairement je ne mets aucune caméra avec une connectivité cloud. Les dernières que j'ai mis ce sont des petites de chez Action à 10 balles, flashées avec le firmware thingino (qui mérite d'être connu).

Attention cependant, les dernières caméra LSC ne sont plus compatibles (ils sont passés en SoC anyka au lieu de Ingenic).
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Ha je vais regarder. J'arrivais pas a trouver des cam ip pas chère qui expose les flux... Elles ont toutes leurs flux crypté qui part directos en chine sur le cloud du fournisseur
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Je surveille cependant car peut-être qu'ils vont supporter un jour ces SoC.
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Je suis allé lire la page du projet. De ce que j’ai compris de ma lecture rapide, c’est que le flashage nécessite un peu de matériel spécifique non ? Il ne s’agit pas juste d’uploader un nouveau firmware via l’interface Web, non ?
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Pour ma part il m'a suffi d'une carte SD, de mettre le fichier dessus, de mettre la carte SD dans la caméra, d'allumer cette dernière et elle s'est mise à jour toute seule.

Après ça doit dépendre du modèle de caméra j'imagine.
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Effectivement, certaines caméras peuvent être mise à jour via la carte SD seule mais il me semble que c'est une minorité.
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Et encore, sur un modèle Anyka j'ai dû trouver une version patchée du programme interne que j'ai repackagé dans le sqashfs du firmware d'origine. Bref pas à la portée de tout le monde et un peu cracra.

Il manque furieusement de petites caméras de ce style pas chères et avec juste un envoi de flux rtsp en local. Le jour où ils pondent ça chez Action ils vont en vendre des pleines brouettes.
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Le top serait que ces petites caméras embarquent un port Ethernet avec POE.
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Cela existe déjà mais ce n'est pas le même prix -_-
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Ah, l'IOT et ce "besoin" d'exploiter une connexion internet alors qu'il serait tout à fait possible de rester sur du local ...
C'est assez fantastique.
Et bien sûr, on envoie tout en clair etc ...
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Il y a quand même certaines choses qui le nécessitent : alarme et babyphone à distance notamment.
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Euh c'est quoi le concept d'avoir le babyphone a distance ? Tu rentre du resto si t'entend que ton gosse pleure trop ?
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D'avoir une surveillance en plus du babysitter ou du grand frère…
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D'avoir une surveillance en plus du babysitter ou du grand frère…
Attention, la surveillance de la nounou / babysitter doit se faire dans un cadre strict et conforme à la loi. Donc absolument pas à son insu.

Il me semble qu'il y a eu des précédents là dessus. (sans parler des cas Airbnb aussi)
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Sinon, tu peux aussi être dans ton Jardin hors portée du Wifi tout simplement...
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À l'époque des babyphones analogiques, on trouvait même des gens qui allaient manger chez les voisins avec le récepteur

C'est sûr que la puissance balancée par l'émetteur était autrement plus forte, mais on pouvait aussi le mettre de l'autre côté de la porte de la chambre
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Personnellement j'avais des analogiques pour les miens. Déjà que l'usage est limité parce qu'un gamin réveillé il sait se faire entendre... Mais ça peut servir en étant un peu loin. Par contre j'ai jamais compris l'intérêt d'avoir la vidéo.
Mais chacun fait comme il veut et à ses raisons 🙂
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c'est leur buisness model, vendre du "cloud" avec des fonctionnalités de détection IA et faire payer un abonnement. Pour la plupart des personnes lambda, monter son propre réseau local est un beaucoup trop complexe.
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c'est que c'est un petit peu plus compliqué pour le quidam moyen. Le coté petit nuage, c'est tellement facile, tu branche, ça sort sur un serveur, et c'est fini... tu peut regarder avec ton téléphone depuis n'importe ou, ca juste fonctionne. Alors si en plus ca permet la mode actuelle du vol d'absolument toute bride d'informations, quelle quel soit... ben on est pas prêt de changer de façon de faire. :craint:
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Perso je rappellerai que le S de IOT veut dire Sécurisé :D
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"Mdr, t'as acheté ta caméra 80€? T'es un pigeon, j'ai acheté la mienne 20€ et la qualité est identique."

Bien content de mettre le prix pour éviter ces trucs.
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Il me semble qu'il y avait des déjà des masses caméra IP avec un mot de passe par défaut facile à trouver.
Exemple:
https://www.idhd.fr/comment-trouver-et-securiser-les-cameras-exposees-sur-shodan-camera-guide-complet/

Je pense que l'article gagnerait à expliquer, la nouveauté de cette découverte.
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Il y a plusieurs paragraphes qui expliquent. Que voudrais-tu de plus ?
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Mmm me semble pourtant avoir assez explicitement détaillé les choses, mais désolé si ça n'est pas clair du premier coup.

Il y a effectivement des tas de caméras mal sécurisées d'un point de vue individuel (un exemple ici, qui avait défrayé la chronique en 2017), mais le problème se situe à un niveau différent.

Ici, c'est le backend, en gros l'infrastructure qui sous-tend le fonctionnement de toutes les caméras concernées, qui présente de graves défauts de sécurité.

Ce n'est pas inédit en soi (des backends troués, ça arrive régulièrement), mais l'alerte portant sur ce constructeur précis, qui équipe de très nombreuses caméras du marché, est récente.
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Comme personne Ne la faite :

Quoi " Me(h)ari" ouvert au quatre vent ? Pourquoi tout le monde s'étonne c'est visible de tous non ?
:dent::dent::dent:

PS : Pour ceux qui n'ont pas lé réf.
google.com Google
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Mais que font les gendarmes… de saint tropez 🤣
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Si c'est gratuit pas cher, c'est toi ta vie le produit.
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#insecam, le retour de Mado la niçoise :mdr:
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C'est pratique quand il n'y a aucune authentification pour MQTT ni même de TLS, c'est comme ça que j'ai rendu certains objets chez moi compatible homeassistant alors que c'était un écosystème fermé ...
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« Cet exemple n’est vraisemblablement pas un cas isolé. Il interroge plus généralement sur le niveau de vigilance des fabricants d’objets connectés vis-à-vis de leurs fournisseurs. Il souhaite savoir quelles mesures sont envisagées, en France et en Europe, afin d’assurer la protection des consommateurs et de leurs données personnelles, lors de l’utilisation d’objets connectés », interroge le député.
Ce député me parait bien déconnecté de ce qui se passe en Europe car, pour le coup, c'est en route et applicable à partir de décembre 2027: https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/policies/cyber-resilience-act

Et pour le coup, ce ne sont pas que les fabricants qui sont inquiétés mais aussi les importateurs et les distributeurs.

Pour les amendes, voir l'article 64 là : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=OJ:L_202402847#fnp_1

J'attends l'article de Next sur le sujet.
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Si ce député est aussi déconnecté, peut-être es-ce que le texte que tu pointes n'est pas assez connu.
Je suis sûr que le ministère se ferra une joie de lui rappeler et précisera le calendrier, les amendes & co.

Les questions au gouvernement servent aussi à l'interpeller.
J'attends l'article de Next sur le sujet.
Next a aussi un article en attente sur eDIAS v2
Ne leur mettons pas trop la pression.
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Youpi, j'en ai 2 : une boifun et une iegeek, les 2 marques sont dans la liste o/