La surveillance géolocalisée de l’ICE détourne les femmes enceintes des soins médicaux
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Aux États-Unis, les femmes enceintes sans-papiers peuvent être obligées de porter des montres connectées spéciales qui les surveillent en permanence. Certains personnels hospitaliers constatent, avec la massification des poursuites, que des patientes ont peur de les enlever lorsqu'une intervention le nécessite.
Le 11 décembre 2025 à 17h32
4 min
Société numérique
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Dans le Colorado, des femmes enceintes ayant besoin de soins médicaux urgents ont peur quand le personnel médical des urgences veut leur enlever le dispositif de surveillance qui leur est imposé.
Le Guardian raconte qu'en septembre dernier, une femme enceinte de neuf mois est entrée dans les urgences obstétriques d'un hôpital du Colorado munie d'une montre connectée qu'elle ne voulait surtout pas enlever. Les médecins ont diagnostiqué qu'une césarienne était nécessaire pour que l'accouchement se passe le mieux possible. Mais pour faire cette césarienne, ils ont besoin d'utiliser un outil de cautérisation qui nécessite que la patiente enlève tout bijou ou objet métallique.
Une smartwatch très particulière
Le problème était que la montre connectée n'était pas commune. En effet, le Service de l’immigration et des douanes des États-Unis (ICE) avait imposé à cette femme de porter en permanence une montre VeriWatch de l'entreprise Bi Inc.

Celle-ci permet aux autorités de surveiller en permanence la personne qui la porte. Elle a d'autres fonctionnalités comme la vérification que la personne est encore en vie ou la reconnaissance faciale du porteur à des fins de contrôle.
Elle ne peut pas être retirée facilement mais elle n'est pas accompagnée non plus d'information concernant la sécurité de son port lors d'intervention médicale comme celle évoquée plus haut. De plus, l'ICE ne fournit aux hôpitaux états-uniens aucune information pour la contacter pour savoir quoi faire. Lorsque le personnel hospitalier a expliqué à la femme enceinte qu'il allait sans doute falloir couper le bracelet, elle a paniqué.
En arrivant à l'hôpital, elle avait aussi peur car la batterie était faible. Elle avait besoin de la recharger pour ne pas que les services d'immigration croient qu'elle essayait de se cacher. La notice de la montre, sur le site du fabricant [PDF], indique que la batterie a une durée de vie de 16 heures, avec une possibilité d'aller jusqu'à 32 heures si on utilise la batterie externe adaptée.
Finalement, selon le Guardian, la montre a été enlevée et la femme est repartie avec son bébé sans que l'ICE ne vienne à l'hôpital. Mais le personnel signale que c'est la troisième femme enceinte qui arrive avec ce dispositif de surveillance en quelques mois.
La massification de programmes « plus humains » que l'incarcération
De fait, le système carcéral du pays est saturé depuis longtemps et ce dispositif de surveillance n'est pas nouveau aux États-Unis. En effet, depuis 2004, comme l'explique le média Jezebel, un programme d' « alternatives à la détention » existe, option « plus humaine » pour les personnes menacées d'expulsion considérées comme « à moindre risque ».
Pour la plupart, l'alternative consiste à mettre en place un bracelet électronique, comme cela existe en France. Depuis 2009, l'ICE n'utilise plus ce genre de bracelet pour les femmes enceintes à cause d'un taux de complication élevé et a penché pour ces montres connectées en 2023.
Mais, depuis son retour la tête des États-Unis, Donald Trump a intensifié la politique de traque massive de personnes étrangères qui ne peuvent pas prouver leur droit d'y résider, et se prépare à muscler encore le budget de l'ICE. Cette politique augmente mécaniquement le nombre de personnes concernées par les dispositifs de coercition mis en place par le système judiciaire étasunien.
Et, même si le taux de complication est moins élevé avec les montres qu'avec les bracelets, leur usage massif se double d'une absence d'information en cas de problème et de la peur des personnes concernées, qui amènent les personnels hospitaliers à constater des problèmes.
« Elle était en larmes à ce sujet. Elle avait cette peur profonde que l'ICE vienne à l'hôpital et lui enlève son bébé », explique l'un d'entre eux au Guardian, en parlant de la femme enceinte en question.
La surveillance géolocalisée de l’ICE détourne les femmes enceintes des soins médicaux
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Une smartwatch très particulière
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La massification de programmes « plus humains » que l'incarcération
Commentaires (29)
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Abonnez-vousLe 11/12/2025 à 18h05
Le 11/12/2025 à 18h11
Vous êtes en liberté
Mais vous portez un bracelet électronique que même Sarkozy il en veut pas.
Vous êtes déjà dominée toute autour de la ceinture.
Vous aimeriez vivre une grossesse comme n'importe qui d'autre, par exemple comme un moment magique.
Et bien paf, prenez la dose de peur dans la tronche et mangez votre stress.
Le 11/12/2025 à 18h28
Le 11/12/2025 à 19h04
Grâce au merveilleux monde de la technologie, le processus a été largement amélioré.
Le 12/12/2025 à 12h43
En France, la religion juive sur la carte d'identité qui devient obligatoire, comme dans l'histoire de la grenouille dans l'eau qui chauffe lentement
et le numéro «de sécu» INSEE
et le service des contrôles techniques d'interception des communications
et les «fiches S»
Le 12/12/2025 à 22h15
Modifié le 11/12/2025 à 19h24
Mais il ne s'est rien passé.
Oui, mais l'important c'est que ca aurait pu se passer.
Ah...
Le 11/12/2025 à 19h52
Je dois rater un paragraphe, je ne trouve pas.
Le 11/12/2025 à 20h02
Sinon pourquoi préciser "sans que l'ICE ne vienne à l'hôpital" si ce n'est pour dire que c'est ce qui aurait pu se passer ?
Modifié le 11/12/2025 à 20h26
Cela étant, ce n'est absolument pas le fond de l'article. Ce n'est pas un "article sur ce qui aurait pu se passer."
L'article évoque la techno de ces montres imposées à une partie de la population, ce qu'elles font, le fait que le corps médical ne sait pas comment le gérer, n'ayant pas reçu d'instruction et ne parvenant pas à en obtenir, devant donc prendre sur eux-mêmes de faire ou ne pas faire, sans cadre légal précis (et on sait que là-bas, ça peut vite juridiquement déraper).
Et oui, à la fin, un témoignage parle de la crainte de l'une des patientes. Préciser que finalement tout s'est bien passé fait aussi partie de l'information. Ne pas le dire aurait pu être reproché au rédacteur.
Aussi avec tout ce qu'évoque cet article, le réduire à, je cite "Un bien bel article sur ce qui aurait pu se passer" montre me semble-t-il que vous êtes complètement soit passé à côté du sujet, soit de mauvaise foi.
Le 12/12/2025 à 09h45
Le 12/12/2025 à 12h13
Pour le reste, je ne vois pas d'autres faits à vérifier. C'est une énième diatribe anti-Trump, anti-ICE, qui semble vouloir dénoncer un climat de peur chez les sans-papiers. Spoiler: c'est l'effet recherché.
Le 12/12/2025 à 12h30
Le 12/12/2025 à 13h02
Le 12/12/2025 à 14h23
Donc dire que la femme a eu peur pour rien, faut vraiment être soit stupide, soit ignorant de la situation aux USA.
Le 11/12/2025 à 19h58
Le 12/12/2025 à 10h47
Après je te concède que ce genre d'article ne peut pas être compris par les personnes qui ont l'empathie d'un gastéropode neurasthénique.
Le 12/12/2025 à 10h59
La démocratie US est quand même formidable. Si on avait renvoyé la mère dans son pays, cela ne pourrait pas se produire.
Le 12/12/2025 à 21h40
Voilà une petite illustration de la beauté de « la formidable démocratie US ».
Le 14/12/2025 à 13h08
La solution étant de renoncer a la citoyenneté, mais il faut payer
Le 11/12/2025 à 19h37
Le 11/12/2025 à 19h53
Modifié le 11/12/2025 à 23h26
En évitant de détruire sans proposer (critique destructive, "dégagisme", logiques "va-tout" supprimant le bébé avec l'eau du bain - expression résonnant étrangement avec l'article) ?
En évitant de laisser faire sans se prononcer ?
Modifié le 12/12/2025 à 09h23
Le 12/12/2025 à 13h56
En plus je lis sur une liseuse électronique
Le 11/12/2025 à 20h59
Le 11/12/2025 à 22h36
Le 12/12/2025 à 00h54
Le 12/12/2025 à 14h37
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