LinkedIn favorise-t-il les profils masculins ?

LinkedIneuses en colère

LinkedIn favorise-t-il les profils masculins ?

Un groupe d’internautes a mené une nouvelle expérimentation sur LinkedIn pour tenter d'observer si, oui ou non, la plateforme promouvait davantage les publications des hommes. LinkedIn réfute prendre le genre en considération parmi les éléments permettant de hiérarchiser les différents messages et déclare mener des « contrôles d’équité » avant de déployer ses outils.

Le 04 décembre 2025 à 16h16

Commentaires (27)

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Le problème c'est que c'est quasiment impossible d'avoir une analyse pertinente sur le sujet.

Notamment, si j'envoie la même publication à la même personne, mais en tant qu'homme ou en tant que femme, est-ce que le temps passé par cette personne sur la publication sera le même ? Idem avec les interactions ? Et si cette personne est elle-même un homme ? ou une femme ?

Est-ce que cette publication s'adresse à des populations/métiers où l'équilibre homme/femme est déjà défavorable ?

Bref, des millions de signaux utilisés par l'algorithme, et avec la prophétie autoréalisatrice du post à succès qui se diffuse toujours plus, un petit décalage en amont et c'est des dizaines de milliers d'interactions d'écart à la fin.
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Après, c'est linkedin... un société qui dispose d'un cheptel de moutons à 5 pattes et dont les clients recherchent le mouton à 6 pattes. Un rapprochement impossible alors que souvent un mouton unijambiste ferait l'affaire pour le job.

Alors à défaut, ils se replient sur d'autres signaux et les buzzwords (qui peuvent effectivement être plus utilisés par les profils masculins) ainsi que le coté "meute" à liker/reposter les messages du réseau entre en ligne de compte au point de devenir centraux.

Si en plus vous avez une actualité qui buzz, c'est le festival. Si par contre vous avec un profil honnête de mouton à 4 pattes, vous n'aurez d'interactions qu'avec des bots...
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Parce qu'il y a vraiment des humains sur Linkedin ?
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On peut se pose la question sur Facebook, Instagram ou Threads ...
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Faudrait faire une étude pour savoir :D
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uniquement des humains disruptifs !
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Il semblerait.
C'est un réseau "social" où se retrouvent des gens qui ne s'intéressent pas aux autres gens, qui publient des posts à leur gloire pour être vus.
Et d'autres gens viennent commenter ces posts après les avoir lus en diagonal juste pour essayer d'être vus aussi.
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Le genre étant une construction sociale doit-on être surpris qu'il y ait des impacts sociaux ?
Et chercher à éliminer ces impacts sociaux n'est-ce pas vouloir nier la différence des genres ?
Vous avez 2 heures.
:D
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Dans un monde capitaliste, je ne vois pas en quoi il est surprenant de constater qu'un profil un peu agressif réussit mieux qu'un profil bisounours.

Le vrai sexisme, c'est d'avoir le préjugé, comme dans cet article, d'associer le caractère agressif au masculin et le côté bisounours au féminin. C'est Megan Cornish elle-même, en s'enfermant elle-même dans le cliché "féminin", qui a un point de vue sexiste ; en tout cas, c'est bien elle qui insiste sur le fait que les hommes et les femmes n'ont pas les mêmes qualités ni les mêmes tempéraments.
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Il ne faut pas confondre préjugés et sciences sociales.
Ce que Megan Cornish dit, c'est que les manières de s'exprimer varient d'une industrie à l'autre, et que celles perçues ("coded", en anglais) comme très business / liées au monde des affaires sont plus valorisées que celles perçues comme plus liées au soin / à la santé / en l'occurrence à son industrie : celle de la santé mentale.
Elle croise cela avec une autre tendance démontrée par des années de travaux scientifiques : la première manière de s'exprimer est plus fréquemment perçue comme masculine (collectivement, on s'attend plus à ce que ce soit des hommes qui parlent de cette manière, on fait aussi plus confiance aux hommes qui s'expriment de cette manière), la seconde, plutôt perçue comme féminine. Et ces stéréotypes ne sont pas faciles à défaire, puisque celles et ceux qui dévient face à cette norme sont plus facilement sanctionnés socialement, dans un sens comme dans l'autre. C'est notamment pour ces raisons que des internautes tentent d'estimer si ces logiques se traduisent dans nos outils technologiques.

Quelques liens pour creuser le sujet :
https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/publications-communique-de-presse/etudes-et-resultats/des-stereotypes-de-genre-encore-tres-ancres

https://shs.cairn.info/mutations-societales-et-organisations--9782376877769-page-210?lang=fr

https://www.gsb.stanford.edu/insights/language-gender-bias-performance-reviews

Voir aussi les travaux d'Haude Rivoal :
https://www.sciencespo.fr/liepp/fr/actualites/haude-rivoal-les-hommes-et-l-egalite-professionnelle-quest-ce-qui-coince-encore/
https://shs.cairn.info/publications-de-haude-rivoal--673419
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Il n'en reste pas moins que ça méthode n'est pas très rigoureuse. Ça fait quelque temps quand même qu'on sait comment faire du testing pour mesurer les discriminations à l'embauche, et clairement ce n'est pas comme ça qu'elle a fait... changer le genre affiché d'un profil pré-existant avec tous les biais que ça implique, franchement, je ne vois pas ce qu'elle espère démontrer scientifiquement avec cette méthode.
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Je n'ai pas le sentiment qu'elle essaie de faire une étude scientifique, je dirais plutôt qu'on est face à une enquête citoyenne pour tenter de mieux comprendre comment fonctionne une plateforme très utilisée.
J'aurais sûrement dû rappeler les chiffres d'usage de LinkedIn d'ailleurs : plus de 850 millions affichés dans le monde, plus de 33 millions en France. La démarche rapportée ici est donc une manière comme une autre de souligner les mécontentements de certaines d'entre elles et eux. Et ces internautes ont obtenu un début de résultat, puisque LinkedIn leur a répondu de plusieurs manières.
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Un groupe d’internautes a mené une nouvelle expérimentation sur LinkedIn pour tenter d'observer si, oui ou non, la plateforme promouvait davantage les publications des hommes.
Désolé, mais quand on utilise le mot expérimentation, on présente la démarche comme scientifique surtout dans un média comme Next.
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Il me semble, à moi, que le groupe de mots "un groupe d'internautes" est bien différent de celui de "chercheuses et chercheurs" ou "scientifiques" utilisé lorsque nous relayons des études scientifiques.
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Il suffit de changer le mot expérimentation du chapeau par je ne sais trop quoi (parce que je ne comprends pas la démarche si ce n'est pas scientifique), qui montrera que ce n'a rien de scientifique.

Peut-être que le mot bricolage conviendrait.
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Certes, mais si l'étude n'est pas rigoureuse, la conclusion n'a aucune valeur et l'article tombe à l'eau. Plouf.
Ou alors l'article devient : elle a fait une petite bidouille qui donne un commencement d'idée. En tout cas, pas un article aussi affirmatif que ce que l'on a ici.
Ce genre d'étude bancale ne rend pas service à la cause qu'elle croit défendre.
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Amusant, en cherchant un autre mot qu'expérimentation pour mon commentaire précédent, j'ai d'abord pensé à "bidouille". :yes:
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À vous lire, aucun mouvement d'utilisateur·ices, de consommateur·ices ni de citoyen·nes ne mériterait relais, tant que la recherche scientifique ne s'est pas emparée du sujet. Ce qui impliquerait donc qu'aucune critique du fonctionnement de nos outils informatiques ne mérite visibilité avant d'être passée par le tamis scientifique, et ce quand bien même l'entreprise constructrice s'est emparée du sujet et a fourni un début de réponse.
C'est une vision extrêmement étroite de ce qui fait information.
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Je comparais ça avec les méthodes de "testing" qui, à ma connaissance, ne sont pas réalisés que par la "recherche scientifique" (e.g. le MRAP ou SOS racisme). Il est possible d'être militant et rigoureux en même temps.
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Quand on l'est de manière professionnalisée, comme dans les exemples que vous citez, oui.
Là on parle d'une initiative lancée par des personnes qui précisent clairement que le sujet n'est pas le cœur de leurs activités, mais qui demandent tout de même à mieux comprendre le fonctionnement d'un outil qui leur sert au quotidien.
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Des mecs qui veulent reprendre la main sur le "débat" en attaquant la forme, en se prétendant comme supportant la cause en question, mais en remettant tout en question, de l'article à la source en faisant clairement dire à l'article et/ou à la source ce qu'elle n'a pas dit.)

EDIT: ...peut-être involontairement.
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Prochain article :
Onlyfans|Instagram favorise-t-il les profils féminins ?
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Limite on s'en fout. Les employeurs n'embauchent pas en lisant des profils LinkedIn mais des CV. Les gens ont des profils LinkedIn parce que c'est obligatoire pour consulter les infos sur les entreprises.
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Ça a peut être été vrai, mais ça ne l'est plus, LinkedIn gagne des milliards (littéralement) grâce à ses outils dédiés au recrutement, et plein de boîtes demandent à leurs candidats un lien vers le profil LinkedIn plutôt qu'un CV en PDF, notamment parce que ça permet aux recruteurs de juger comment la personne se valorise en ligne. Dans certains secteurs (pub, com, médias), la visibilité du profil LinkedIn (nombre d'abonnés, engagement) est un facteur de recrutement.
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LinkedIn, c'est vraiment la plateforme du branding des années 1980 : être productif, dynamique, faire du chiffre, ...

L'occasion pour moi de conseiller le visionnage du film Working Girl de Mike Nichols, sorti en 1988, avec Melanie Griffith, Sigourney Weaver et Harrison Ford. Un film qui retrace l'ascension d'une femme (ou plutôt de 2 femmes) dans une entreprise. Un film à voir sur le business au féminin à la fin du XXe Siècle (et les questions que ça posait à cette époque).
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Companies Need More 'Masculine Energy'
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Merci pour cet article très éclairant, à l'ère où les contenus de formation sur comment être plus visibles sur les réseaux sociaux sont légions, en oubliant que l'algorithme est opaque et que ses règles ne sont pas hermétiques aux biais sociaux.

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