Sexiste, LinkedIn ? Des internautes tentent de craquer le fonctionnement de l’algorithme
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Soupçonnant un fonctionnement biaisé du système de recommandation de LinkedIn, des communicants anglophones ont mené leur enquête. L’enjeu : comprendre si et comment la plateforme fait varier la visibilité des publications, dont la diffusion a des conséquences très concrètes sur leurs opportunités professionnelles.
Le 08 septembre 2025 à 12h32
11 min
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« Est-ce que LinkedIn étouffe en douce la voix des femmes ? » Fin août, la publication a fait un petit buzz. Intégrant une présentation titrée « Qu’est-ce qui arrive lorsque les femmes et les hommes publient exactement la même chose sur LinkedIn ? », elle résume en huit pages une expérimentation menée par quatre internautes de langue anglaise, deux hommes et deux femmes.
Au milieu de l’été, une entrepreneuse états-unienne, Cindy Gallop (plus de 137 000 abonnés), une entrepreneuse et activiste britannique, Jane Evans (près de 17 000 abonnés), un spécialiste du marketing australien, Matt Lawton (8 661 abonnés) et son collègue installé à San Francisco Stephen McGinnis (728 abonnés) ont partagé la même publication à la même heure. Le but : évaluer dans quelle mesure leurs productions étaient montrées à leur audience LinkedIn.
Les résultats ont semblé éloquents : la publication de Cindy Gallop, la plus suivie de tous, n’a enregistré que 801 vues (0,6 % de ses abonnés), celle de Jane Evans, 1327 vues (8,3 % de ses abonnés), celle de Stephen McGinnis, 328 vues (51 % de ses abonnés) et celle de Matt Lawton, 10 409 vues (143 % de ses abonnés).

Les observant travailler à reproduire plus largement leur expérience, Next a contacté certains de ses instigateurs pour mieux comprendre les implications de ces baisses de diffusion.
Expérimentations sur algorithme de recommandation
Après une carrière dans la communication puis un détour dans le scénario, Jane Evans explique avoir subi une situation répandue, sur le marché du travail : « À cinquante ans passés, je suis devenue inemployable. » Refusant cet état de fait, la communicante s’est lancée à partir de 2019 dans l’activisme pour valoriser l’importance des femmes d’âge mûr sur le marché de l’emploi.
Après l’initiative Uninvisibility, aujourd’hui terminée, l’entrepreneuse désormais soixantenaire lance the 7th Tribe, un réseau social « dédié à échanger sur la manière d’utiliser les nouvelles technologies à notre avantage », dont elle prévoyait le lancement pour le printemps 2025. « Tout mon plan de communication était basé sur l’audience que j’avais construite sur LinkedIn. » Sauf qu’en mars, après la conférence de lancement de the 7th Tribe, ses espoirs s’écroulent : aucune de ses publications n’est diffusée à la hauteur de ce qu’elle parvenait à obtenir jusque-là de la plateforme.
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Sexiste, LinkedIn ? Des internautes tentent de craquer le fonctionnement de l’algorithme
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Expérimentations sur algorithme de recommandation
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Double système de recommandation
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Tester les biais de genre
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LinkedIn, canal d’acquisition et de veille essentiel
Commentaires (24)
Le 08/09/2025 à 12h56
J'avais regardé un peu ce qu'il se fait du côté du projet Tournesol, la question d'arriver à produire un algo a la fois robuste, transparent et équitable semble être un sacré casse tête.
Le 08/09/2025 à 13h22
Et tout ira mieux dans le meilleur des mondes.
Le 09/09/2025 à 11h34
Et pour qu'il reste par défaut, il faut aller chercher dans les options.
Sur le site web:
- clic sur bouton "Vous" en haut de la page
- clic sur "Préférences et confidentialité"
- dans la partie "Préférences générales", clic sur "Vue du fil d'actualité préféré"
- bouton radio "Posts les plus récents"
Le 10/09/2025 à 11h24
Le 08/09/2025 à 13h40
J'ai eu l'impression d'un youtuber faisant "appel à commentaire" dans le but (connu mais bien souvent inavoué) d'influencer l'algo de recommandation !
Modifié le 08/09/2025 à 13h47
Edit: ah non ça y est
Sinon, pour moi LinkedIn, c'est juste des posts générés par IA qui répondent à des posts générés par IA.
Le 08/09/2025 à 13h58
Le 08/09/2025 à 14h01
Le 08/09/2025 à 14h06
Plus sérieusement, on est sur un phénomène perçu mais pas avéré, ça me semble intéressant dans ce contexte de lancer un appel à témoignages !
Modifié le 08/09/2025 à 15h17
Je ne poste pas assez sur LI pour avoir une opinion sur une évolution de la diffusion de mes posts. J'utilise la plate-forme pour le boulot mais c'est par obligation plus que par plaisir, ça devient vite pénible.
En termes de fil d'actualités, je trouve que la qualité du contenu ne fait que se dégrader notamment avec les contenus GenAI sans intérêt et toutes les techniques destinées à provoquer un clic (carrousels, "voir plus...") ou de l'engagement (question en fin de post, demande de commentaires pour obtenir gratuitement un guide qui permettra de gagner 10000€ par jour sans bouger de son canapé, etc...).
Le 08/09/2025 à 15h37
Et là, boom, mindset shift total.
Parce qu’au fond, dans la life comme dans le business, tout se résume à ça : laisser une trace.
👉 Ne pas commenter, c’est rester spectateur.
👉 Commenter, c’est take ownership, c’est engage, c’est montrer que tu es part of the conversation.
Depuis, je ne lis plus un simple article. Je vois un call to action pour mon personal branding journey. Chaque “laisser un commentaire” est une invitation to grow, un KPI de mon influence digitale.
Moralité : ne sois pas un simple lecteur. Sois un commentateur stratégique. 🚀
#Engagement #Mindset #Leadership #PersonalBranding #DigitalInfluence #TakeAction
Le 08/09/2025 à 16h06
Le 08/09/2025 à 16h34
Autant ce point n'était qu'un amusement de ma part, autant "candidater de manière agressive" je ne vois vraiment pas ce que ça peut représenter, et c'était une vraie question pour le coup.
Modifié le 08/09/2025 à 17h17
Cela-dit, ça dépend de la nature des postes : sur Linkedin, il y a surtout des postes de cadres et de direction.
Le 09/09/2025 à 08h28
Le 09/09/2025 à 10h10
Modifié le 09/09/2025 à 13h16
D'ailleurs, les femmes ont souvent un caractère plus posé, calme et agissent avec plus de sang-froid, sans se laisser perturber. Bref, candidater de manière plus agressive, permet sûrement de se faire remarquer par l'algorithme de LinkedIn mais pas forcément d'être le meilleur choix pour le recruteur.
Le 09/09/2025 à 14h24
Et pour la provoc : c'est pour ça que le mot hystérique vient d'utérus ?
Je suis personnellement persuadé que l'algo a un vrai biais, bien gras et épais, et c'est pour ça que l'expérimentation rapportée par l'article ci-dessus a tout son sens, et un approfondissement tel qu'évoqué serait bienvenu et permettrait p-ê de mieux casser ces biais.
Le 09/09/2025 à 16h28
Oui, l'agora, en page d'accueil.
Le 08/09/2025 à 14h36
- C'est moi qui choisi quand je vais chercher l'information
- C'est moi qui choisi ce que je veux filtrer
- C'est moi qui suit au courant de mes abonnements
J'ai de la chance, LinkedIn ne me sert à rien, donc que je peux m'en passer mais cette plateforme n'est utilisé que parce que c'est la seule. Elle ne sert que son propriétaire.
Le 08/09/2025 à 16h04
Attention à ne pas tordre les résultats pour obtenir la conclusion souhaitée.
"Sur leur panel global, les auteurs de l’expérience constatent une très faible variation du reach des publications selon le genre. En revanche, sur un sous-segment de profils britanniques « qui pourrait être le résultat le plus juste »"
Le 08/09/2025 à 16h27
Du coup, entre algo, on se comprend, et ça fait du renforcement (cf tous les articles de Mathilde sur le sujet).
Modifié le 08/09/2025 à 17h53
Si je cherche du boulot, je sais où aller pour postuler (des vrais contacts, en chair et en os). D'ailleurs à chaque fois que j'ai eu à changer de boite, je n'ai même pas eu le temps de me poser qu'on m'appelait pour me proposer un poste (parce que tout ce sait très vite dans le milieu. Sans avoir besoin de Linkedin).
Pas besoin qu'on vienne 8 fois par jour pour savoir
comment allez-vous dans votre job actuel? On peut discuter?juste parce qu'il y a un mot qui a matché dans leurs recherches alors que 95% du poste n'a en fait rien à voir avec ce que je fais...Le 09/09/2025 à 10h02
Ca ne me parait pas déconnant qu'il y ait shadowban des gens qui "nuisent" au réseau (en l'occurrence en montant un projet visant à leur retirer des membres).
Une fois shadowban, c'est pas surprenant qu'elle obtienne sur ses publications un reach moins bon qu'un autre profil...
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