Le gouvernement indien impose la préinstallation d’une application sur les smartphones

Modi's eye

Le gouvernement indien impose la préinstallation d’une application sur les smartphones

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Le gouvernement Modi veut que les fabricants de smartphones préinstallent son app Sanchar Saathi, présentée comme une app de cybersécurité, notamment contre les fraudes. Le tollé politique pourrait faire reculer l'interdiction initiale de la désinstaller. Quoiqu'il en soit, Apple ne devrait pas se plier à cette demande, que l'entreprise estime créer des problèmes de confidentialité et de sécurité.

Le 02 décembre à 16h58

Commentaires (27)

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Comme diraient certains de nos politiques français : "ils le font bien en Chine Inde !" :craint:
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Ce n'était pas un politique qui a sorti cette phrase, mais le chanteur kyo, de mémoire au moment des débats liés a Hadopi anéfé
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Anéfé c'est pas faux :ouioui:

Le téléchargement illégal n'a pas disparu, mais Kyo, si :D
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A surveiller, l'installation de certificats malveillants de façon cachée à des fins de déchiffrement.
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On appelle ça eIDAS v2 ... avec l'obligation pour les navigateurs de reconnaître les autorités de certification que les états d'U.E. trouvent nécessaire d'imposer. Ce règlement force la main des navigateurs et ne prévoit bien entendu pas le cas de figure où un état abuserait de la situation pour faire, par exemple, du "man in the middle" ... Il n'y a pas de garde-fous pour obliger les états à rester vertueux, ce qui veut dire qu'ils ne le seront pas.
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On a déjà bien eu le magnifique "TousAntiCovid" pour notre sécurité car nous étions "en guerre" il paraît. Je conviens tout à fait que l'application n'était pas obligatoire, elle a toutefois été installée par un grand nombre d'utilisateurs. Pour moi, ce fait résonne avec l'actualité d'aujourd'hui et constitue un précédent.

Aujourd'hui, on dématérialise tous nos papiers sur smartphone. De là à ce que des dérives autoritaires adviennent dans un futur proche, hélas bien réel et plus du tout dystopique, il n'y a qu'un pas. Nos chères élites trouveront toujours une excuse valable pour les masses : hier le virus, aujourd'hui la fraude ou le spam, pour au final imposer à tous des solutions techniques qui s'incrustent encore un peu plus dans nos vies privées. À l'époque de la Stasi et du KGB, les gens pouvaient au moins discuter à peu près librement dans leur cuisine ; ce n'est même plus le cas aujourd'hui.

Beaucoup de gens se croient éloignés de cette réalité en France. Je rappelle que lorsque les caméras ont été généralisées aux JO de Pékin en 2008, notre intelligentsia a crié au scandale. Il a suffi d'attendre 2024 en France. Les dictatures s'invitent de manières bien plus sournoises qu'il n'y paraît, l'histoire l'a déjà bien trop souvent montré.

Tout arrive avec du décalage, mais arrive quand même, et de manière tellement progressive que la masse ne réagit pas et perd sa liberté au détriment d'un sentiment de sécurité. J'insiste bien sur le mot "sentiment", qui est à distinguer de la sécurité réelle.
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Il y a quand même un grand pas entre des papiers dématérialisés et une appli qu'on ne peut pas desinstaller et qui a accès à tout. L'appli covid ou France identité tu as le choix de les installer ou pas, et de leur donner des autorisations ou pas. Elle viole pas plus tes libertés que ton appli bancaire ou instagram
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Je suis bien d'accord avec ton propos. Ceci dit, je regrette quand même que de plus en plus d' administratif soit dévoué aux smartphones qui sont encore globalement beaucoup plus des passoires que beacoup de pc en terme de sécurité. Pour ce qui est du viol je citerai avec humour Coluche : Violer c'est quand on veut pas ! Moi je voulais ! ça doit être la réplique culte des créateurs de beaucoup d'applis concernant nos données personnelles.

Le "choix" devient une obligation quand l'administration, "pour ton bien", te pousse à dématérialiser. Essaye de renouveler ta carte grise ou de prendre RDV en préfecture sans passer par le numérique : c'est devenu un parcours du combattant. Le consentement sous contrainte, ça reste de la contrainte.

Et quand tout est sur ton smartphone, une seule faille suffit pour compromettre ton identité, ta santé, tes finances. C'est une chaîne sans fin. J'ajouterais que tout cela accentue une fracture numérique massive et pas seulement chez les plus âgés. Avoir un smartphone dans la main et comprendre les enjeux de sécurité sont deux choses très différentes. La situation actuelle ne fait que renforcer des inégalités déjà criantes.
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Quelle expertise en cyber sécurité vous permet d'avancer ces... affirmations sur les smartphones ?
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Mon expertise n'est pas le sujet. Pour rester objectif et factuel je vous invite à consulter ses liens:

https://www.journaldunet.com/cybersecurite/1536717-securite-mobile-zimperium-prevoit-en-2025-un-renforcement-de-la-confidentialite-des-donnees-des-attaques-de-phishing-plus-furtives-et-une-montee-en-puissance-du-sideloading/

Ainsi que le rapport de l'ANSSI ci dessous:
https://www.cert.ssi.gouv.fr/uploads/CERTFR-2025-CTI-012.pdf

Bonne lecture :)
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Je vous remercie sur pour les documents et d'ailleurs je comprends l'inquiétude.
Cependant il faut arrêter de présenter les smartphones modernes comme des « passoires ». En 2025, ce n’est tout simplement plus vrai. Le rapport de l’ANSSI lui même est très clair : les attaques sérieuses sur mobile sont extrêmement sophistiquées, coûteuses, et visent surtout des profils sensibles (élus, diplomates, dirigeants stratégiques, militants). Pas l’usager qui veut juste renouveler sa carte grise.
Les menaces réelles décrites dans le rapport sont bien indiqués :
• chaînes zéro-clic type Pegasus / Predator ;
• hameçonnage ciblé ;
• exploitation via opérateur télécom ;
• malwares de surveillance haut de gamme.
Ce ne sont pas des attaques de masse. Ce n’est pas le fait « d’avoir tout sur son smartphone » qui vous expose soudain à un risque total.
C'est sur ce point là que je suis en désaccord complet avec vous finalement.
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Je vous rejoins sur la distinction technique. Mais mon propos porte sur la réalité du terrain, pas sur la théorie.

Dans la vraie vie, la "passoire", c'est souvent la configuration de l'utilisateur lui-même. La majorité des gens laissent les réglages par défaut, accordent toutes les permissions sans lire ("Suivant, Suivant, Accepter"), et gardent des dizaines d'applications zombies jamais mises à jour.

C'est ce terreau-là qui laisse un boulevard aux attaques opportunistes de masse (vols de données, arnaques bancaires), bien loin du niveau de sophistication d'un Pegasus. Quand l'administration nous force à tout mettre sur ce terminal-là, elle ignore cette réalité d'usage désastreuse.

Le plus important en sécurité informatique, c'est ce qui se trouve entre la chaise et le clavier. Et c'est souvent là aussi que se situe la véritable passoire ;)
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Oui, les utilisateurs peuvent faire n’importe quoi — ce n’est pas pour rien que, dans notre milieu, on parle de “couche 8” ou, comme vous l’avez rappelé, du “problème chaise-clavier”. Mais les menaces majeures ne viennent pas directement d’eux, même s’ils peuvent effectivement en faciliter l’exploitation. Et parfois on en est témoins.

Et c’est là donc où je ne vous rejoins pas : notre expérience personnelle (ou nos impressions), ne constituent pas une statistique (et il est très difficile de se défaire de ce biais). Elles ne suffisent pas à décrire la réalité du terrain au sens large, seulement celle d’un environnement précis. Dans nos métiers (car j’imagine que vous êtes dans l’informatique), on est surtout exposés aux utilisateurs problématiques — mécaniquement, ce sont eux qu’on voit le plus. Ceux qui ne posent pas de problème bah on ne les voit pas en fait.

Et au final, en raisonnant ainsi, on décrit surtout sa propre réalité, pas la réalité globale. Ce que vous dites repose donc avant tout sur des impressions d’usage, pas sur des données. Les organismes sérieux qui étudient ces sujets (CERT, ANSSI, etc.) montrent que les compromissions massives ne viennent pas majoritairement des “gens incapables”, mais de campagnes organisées, d’hameçonnage industriel, de failles logicielles et de services compromis, même si, parfois, il suffit d’un seul maillon pour flancher.

Et attention il ne faut pas oublier qu’aujourd’hui, les mises à jour sur les smartphones sont automatiques, que ce soit pour le système comme pour les applications, et qu’il faut volontairement désactiver cette option en mode opt-out. Je me permettrais de vous dire que je trouve que votre vision personnelle est assez défaitiste, même si j’imagine qu’elle repose sur des expériences désagréables.

En fin, pour résumer, oui, l’erreur humaine existe. Mais réduire le problème à “les gens cliquent n’importe où” est, en quelque sorte, une simplification confortable qui évite aussi de regarder les responsabilités des plateformes, des éditeurs, des employeurs, voire des institutions...
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Les "campagnes industrielles" dont vous parlez ne fonctionnent QUE parce qu'elles exploitent cette faille humaine massive. Opposer les deux n'a aucun sens : l'industrie du hack vit sur le dos de l'erreur humaine: c'est en grosse partie ce qu'on appelle l'ingénierie sociale.
Quant aux mises à jour automatiques, c'est bien joli en théorie. Dans la pratique, des millions de smartphones Android en circulation ne reçoivent plus aucun correctif constructeur passé 3 ans et beaucoup de gens peu technophiles conservent leur smartphone plus longtemps tant que tout fonctionne. L'automatisme ne sert à rien quand le robinet est coupé à la source pour les mises à jour de sécurité.
Je vous invite à voir ce que vous qualifiez chez moi de défaitisme comme étant de la lucidité : on force la population à mettre sa vie régalienne sur un support dont la sécurité dépend d'un OS souvent périmé et d'une vigilance humaine statistiquement défaillante. C'est ça, la réalité globale.
J’ai été animateur espace multimédia pendant 3 ans et je donne des cours d’informatique en associatif (notamment à des débutants) depuis plus de 17 ans. Tout en dépannant depuis plus de 20 ans. Cela me donne un aperçu sur la durée et sur un échantillon important du niveau de l’utilisateur de base à qui justement beaucoup de bases manquent.
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Je vais être plus direct. Vous continuez à tout ramener à l’erreur humaine comme si c’était l’alpha et l’oméga du problème. Non. L’ingénierie sociale n’est qu’un des leviers. Les campagnes industrielles reposent aussi sur des failles logicielles, des services compromis, des infrastructures détournées et des bugs exploitables à grande échelle. Sans ces maillons techniques, l’erreur humaine seule ne suffit pas.

Sur Android, oui, une partie du parc ne reçoit plus de correctifs. Mais ce n’est pas un argument contre le smartphone en général, c’est un problème structurel de l’écosystème Android, fragmenté, piloté par des constructeurs qui abandonnent le support trop tôt. Ce n’est ni universel, ni une fatalité, ni un modèle de référence en matière de sécurité à long terme.

Et non, présenter votre vision comme “la réalité globale” ne la rend pas plus vraie. Vous défendez une lecture unique d’un problème multifactoriel, alors que les compromissions à grande échelle résultent d’un empilement de défaillances techniques, organisationnelles et humaines.

Enfin, le fait d’avoir été formateur explique aussi en grande partie votre perception : quand on forme ou qu’on dépanne, on ne voit quasiment que des utilisateurs en difficulté. C’est inhérent au rôle. En faire une photographie fidèle de l’ensemble de la population est un biais classique d’observation, exactement ce que je disais plus haut.

Votre raisonnement simplifie un système complexe pour désigner un seul coupable. Ce n’est pas de la lucidité, c’est une réduction commode du problème.
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On touche au but ! Vous admettez qu'Android a un problème "structurel" de mises à jour. Comme cela concerne 75% des gens, c'est justement cette réalité "structurelle" qui m'inquiète pour la dématérialisation massive, bien plus que la théorie d'un système parfait. On ne sera pas d'accord sur tout, mais au moins on s'est compris sur ce point crucial. C'est les échanges d'opinion et les désaccords qui, dans le respect, contribue à la richesse de nos existences. Merci pour cet échange stimulant ! Prenez soin de vous :)
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Attention : j’ai parlé d’un problème propre à l’écosystème Android, lié à certains constructeurs, pas au smartphone comme support, ni à la dématérialisation elle-même.

Que 75 % du parc utilise Android ne transforme pas un problème industriel en problème systémique : c’est un choix de marché, pas une contrainte technique insurmontable. Si les constructeurs assuraient un support logiciel correct, la question disparaîtrait. Certains le font, d’autres pas du tout — c’est bien là le point.

Et le marché des smartphones ne se limite heureusement pas à Android. iOS bénéficie d’une maintenance nettement plus sérieuse de la part de son éditeur, ce qui montre bien que le problème n’est pas le principe du smartphone, mais la politique de mise à jour propre à certains acteurs.

Sur le reste, nous ne serons effectivement pas d’accord — et ce n’est pas grave.
Bonne journée à vous également :)
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Peut-on attendre de l'objectivité de personnes travaillant pour une société qui vend des solutions de sécurité pour mobile ?

Quant au rapport de l'ANSSI qui a fait l'objet d'un article sur Next, quelle partie précise appuie vos dires ?
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Nos chères élites trouveront toujours une excuse valable […] pour au final imposer à tous des solutions techniques qui s'incrustent encore un peu plus dans nos vies privées.
Bah, c'est déjà malheureusement un peu le cas avec ChatControl
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Malheureusement en effet
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J'avoue avoir eu des pensées sales au début de Facebook. Je pensais qu'il serait plus cool d'avoir un réseau social publique et open source, pour ainsi dire d'état, ou disons plutôt "souverain" comme on dit aujourd'hui. J'avais carrément en tête un service publique, avec des moyens de stockage attribués et équitables. Plutôt qu'un système d'écoute privé aux mains d'une milliardissime société américaine, corrompue et guidée par le profit par nature. J'ai quelques connaissances informatiques et je lis Next donc je vois bien l'ornière dans laquelle cela mène, et les vautours de la sécurité qui tournent dans le ciel. Donc profitons de notre cyber environnement libéral et tout à fait diversifié...
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Ou alors un RZO social dirigé par une ONG démocratique ?
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il existe des penseurs qui suggèrent l'appropriation des plateformes, puisqu'elles-même s'approprient nos vies cf CGU, et nos oeuvres cf entraînement des IA.
youtube.com YouTube
Pas besoin de créer des concurrents, ils se sont servis, on se sert en retour!

edit: le débat complet est là :https://iai.tv/video/technology-and-freedom
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Naïvement, en réalité, quelle est la différence avec les bloatwares de nos opérateurs télécoms ?
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Il y en a qu'on ne peut pas désinstaller ?
Et puis c'est facile d'aller chez un autre ou simplement de prendre un téléphone nu.
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Oui, un bon lot. Ça évolue, mais selon les modèles, tu te retrouves avec des bloatwares des opérateurs qui apparaissent même quand tu changes de sim !
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On dirait Astronogeek sur la photo :mrgreen:

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