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Aluminium OS : des PC Android chez Google dès l’année prochaine ?

Metaloid

Aluminium OS : des PC Android chez Google dès l’année prochaine ?

Google travaillerait sur un système d’exploitation unifié, basé sur Android, pour presque tous les appareils actuellement visés par l’entreprise : tablettes, équipements multimédia et PC. Google serait prête à lancer sa grande offensive l’année prochaine, avec possiblement des mises à jour pour une partie des appareils aujourd’hui sur ChromeOS. Sans surprise, l’IA serait au cœur du produit.

Le 26 novembre à 16h40

En septembre, lors du Summit de Qualcomm, Google était également dans la place. Rick Osterloh, vice-président de l’entreprise chargé des appareils et services, était monté sur scène pour discuter avec Cristiano Amon, CEO de Qualcomm. Ensemble, ils avaient annoncé un produit centré sur Android pour les PC.

Selon Android Authority, ce projet se nomme Aluminium OS. Un nom étrange, car s’il renvoie à un métal comme Chrome, l’orthographe contenant un deuxième « i » renvoie à une graphie britannique. Aux États-Unis, on utilise plutôt la graphie « aluminum ». Le « i » supplémentaire pourrait avoir été ajouté en référence à Chromium ou à l'IA.

Nos confrères avaient indiqué en novembre 2024 que Google avait un tel projet dans les cartons et rêvait d’une plateforme unifiée depuis longtemps. La vision serait aujourd’hui beaucoup plus avancée, avec un lancement prévu pour l’année prochaine, sans plus de précisions. L’objectif global serait de combiner ChromeOS et Android en une seule plateforme capable de fonctionner sur (presque) tous les supports. Un projet de fusion que Google a directement confirmé en juillet dernier à TechRadar.

Une IA centrale intégrée, mais comment ?

Comme le relève cependant Android Authority, il reste de nombreuses questions en suspens, dont le matériel réellement supporté, le type d’interface, le positionnement des produits associés, la possibilité de mettre à jour les Chromebooks existants, la manière dont l’IA va se manifester, son éventuelle dépendance à une connexion permanente, etc.

Nos confrères pointent une offre d’emploi pour un poste de « Senior Product Manager, Android, Ordinateurs portables et tablettes ». Cette offre, initialement publiée sur LinkedIn et aujourd’hui supprimée, mentionnait explicitement le travail sur « un nouveau système d’exploitation Aluminium, basé sur Android », avec un positionnement central de l’IA, et à destination des ordinateurs portables, détachables, tablettes et diverses box. A priori, tous les segments de gamme seraient visés, jusqu’au « Premium ». Aluminium OS semble présenté comme un nom de code et est d'ailleurs abrégé en ALOS, pour Aluminium Operating System.

Une présence aussi importante de l’IA suppose une intégration profonde de Gemini. Mais quel en serait le fonctionnement ? Sur Android actuellement, pour les appareils le supportant comme les Pixel 9 et 10, une partie des requêtes s’exécutent localement. Quand elles sont plus complexes, elles sont envoyées aux serveurs de Google. La société a d’ailleurs annoncé récemment son Private AI Compute pour un traitement « confidentiel » des requêtes, avec une approche calquée sur celle d’Apple.

L’annonce précise que le ou la future responsable aurait à sa charge les plateformes et appareils ChromeOS et Aluminium. Mais si ce dernier représente le futur de Google, alors les deux plateformes cohabiteraient un moment, avant que ChromeOS disparaisse. Selon nos confrères, Google réalise des tests d’ALOS sur des configurations utilisant le SoC Kompanio 520 de MediaTek ou un processeur Alder Lake d’Intel. Ils estiment que les configurations utilisant ces puces ou des modèles approchant pourraient se voir proposer le nouveau système en mise à jour optionnelle. En outre, les tests auraient lieu sur une version actuellement basée sur Android 16, mais la version finale serait basée sur Android 17.

Les fonctions pourraient faire la différence

Google sait que les puces Arm constituent une base solide pour une informatique mobile. Apple l’a amplement montré avec ses designs personnalisés au travers de sa série M sur les Mac (puces Apple Silicon), et Microsoft a obtenu une certaine crédibilité avec les configurations basées sur les Snapdragon X Elite. Qualcomm a d’ailleurs présenté les X Elite 2 lors de son dernier Summit, avec des gains importants promis sur les performances.

Et alors que les questions autour de la pertinence de Windows s’accumulent, face à la volonté de l’entreprise d’inclure l’IA dans chaque recoin et à un Linux qui n’a plus à rougir dans le domaine du jeu vidéo, Google pourrait se positionner. L’extension d’Android vers les PC (notamment) pourrait ainsi aboutir au même type d’univers qu’Apple, avec de nombreux produits capables de synchroniser toutes leurs informations, la reprise d’activité en passant de l’un à l’autre, un fonctionnement hors ligne, ou encore une IA capable de réponse sans connexion internet.

Dans un autre article, Android Authority dresse d’ailleurs une liste de fonctions rêvées, dont le support natif des jeux prévus pour Windows. Dans ce domaine, lancer des applications Windows de manière générale serait un gros avantage, mais la compatibilité avec les jeux enfoncerait le clou. Il faudrait idéalement que Google se rapproche de Valve pour intégrer Proton (bien qu'il s'agisse d'un projet libre n'ayant pas besoin d'un aval particulier), qui a largement transformé le jeu sur Linux et est au cœur des récentes annonces de Valve sur le matériel, dont la Steam Machine. Mais il faudrait encore que l’ensemble puisse fonctionner sur l’architecture Arm, Proton étant prévu pour du x64.

Rappelons par ailleurs que Google vient de relancer Cameyo, sa solution de virtualisation permettant d'utiliser des clients lourds Windows au sein de Chrome ou de ChromeOS, à destination du marché entreprise.

Si Google envisage réellement une sortie l’année prochaine, il est probable qu’une communication officielle sur le sujet fasse bientôt son apparition, pour préparer le marché et faire grimper les attentes. Un lancement en 2026 signifierait également une opposition frontale avec un autre produit prévu par les rumeurs : le lancement par Apple d’un MacBook d’entrée de gamme basé sur une puce A, que l’on trouve d’ordinaire dans les iPhone, et dont le tarif serait de 600 dollars.

Si la vision Aluminium OS se concrétise, Google pourrait alors bénéficier de tout un écosystème cohérent de produits unis par les mêmes services, avec une approche commune. Un projet que Microsoft n’a jamais su mener à bien, particulièrement à l’époque de Windows Mobile et Windows Phone.

Commentaires (12)

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J'attends le jour où on pourra lancer des APK sous Linux comme du natif... Je trouve que waydroid est encore loin d'être satisfaisant et stable, en la matière... Peut être que le pendant libre de cet OS permettra de faire quelque chose de mieux que ce qui existe déjà plus simplement, si l'architecture x86_64 est officiellement supportée et développée par google.
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C'est sur ce côté qu'il est triste de voir qu'il faut utiliser les émulateurs bardés de bloatware de merde à la ROM peu rassurante pour jouer à des jeux Android sur PC avec Windows tandis que sous Linux c'est pas encore ça.

Alors qu'Android est un dérivé de Linux...
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Un moment j'y ai cru sous windows, quand ils ont annoncé WSL, mais ils ont tellement pourri le résultat que ce projet est arrivé dans le cimetière de microsoft.
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Wsl consome trop de ram pour être qualifié d'efficient, mais il est efficace face a mon lourd usage quotidien (docker/k8s).

J'insiste : c'est pas lean comme du linux natif, mais moyennant de la ram (et sûrement du CPU) ça tourne sans soucis.

A la limite, l'accès à l'arborescence de fichiers Windows depuis linux est trop alourdie par les filtres windows, mais il suffit d'host les fichiers dans linux directement.
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Windows 11 est l'opportunité de voir décoller une alternative à Ms sur PC.

Jusqu'a présent Google n'avais pas trop de raison d'aller sur ce terrain, car son champs de bataille c'était le web (d'où la création de Chrome pour contrer IE). Mais avec la volonté à peine cachée de Ms de verrouiller un écosystème Windows/IA/Web, il y a une chance que Google propose une alternative.
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Un écosystème Android/IA/Web, est-ce mieux ?

Un système pour smartphone/tablette est-il adapté aux PC ?
Ce sont deux questions différentes, la première est sur le remplacement de l'OS Microsoft par celui de Google tout en introduisant l'IA à fond et la seconde demande si un OS pour petit écran tactile est adapté à un PC.
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Ah, je n'ai jamais dit l'alternative proposée Google serait "mieux", juste qu'on pourrait voir décoller une alternative. Ce qui débloquerait un peu la situation actuelle sur PC.
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Windows 11 est l'opportunité de voir décoller une alternative à Ms sur PC.
Il y a aussi des rumeurs de MacBook "low cost" qui peuvent aussi peser dans la balance.
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Je ne comprends pas trop l'intérêt pour l'utilisateur d'un OS PC signé Google bardé d'IA jusque dans les fondations, quand on voit le rejet des utilisateurs Windows à l'incrustation d'IA dans tout les recoins de son système...
next.ink Next
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mais ça c'est l'avis des pros ou des geeks.
M. ou Mme toutlemonde, soit il veut de l'IA et il est content, soit il en veut pas et il l'utilise pas.
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personnellement je touche plus à un android avec un baton

le système de google, par google, pour google, l'entreprise qui n'a plus de bienveillance

bon courage pour ceux qui s'imaginent que google restera flexible ET gratuit/OSS pour les dix prochaines années à venir

la merdification touchera android/AOSP, le nouveau né petit chouchou de mountain view..

..'luck!
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Le sentiment que ça me donne c'est que les "grands" de la tech mais aussi les états sont bien emmerdés avec les PC, car c'est trop ouvert: N'importe qui peux développer dessus sans contrôle d'un tiers, diffuser ses programmes & donc ses données sans payer de royalties et donc sans participer à la monétisation (donc au PIB),...

Ce "problème" n'existe que très peu sur Android (via les APK et adb , mais c'est 0.0001% des gens), Apple n'en parlons pas et Microsoft essaie tant qu'il peux de pousser son Windows Store et de fermer l'OS.

Finalement la liberté des gens c'est très bien sur le papier mais bon, ça permet pas de contrôler à priori l'activité des personnes et ça permet pas non plus de se placer en tant qu'intermédiaire sur un marché bi-face pour ramasser à tous les coups, c'est quand même dommage...

Ya guère que les opérateurs télécom qui ramassent bien, mais la concurrence garde les revenus assez bas, ça aussi c'est pénible...

Vivement que ça change en proposant (puis imposant , plus tard ?) des écosystèmes fermés...?

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