Connexion Abonnez-vous

Google (re)lance Cameyo pour des applications Windows sur Chrome ou ChromeOS

Une pierre dans le jardin de Parallels

Google (re)lance Cameyo pour des applications Windows sur Chrome ou ChromeOS

Google poursuit son offensive en direction du marché entreprise avec le lancement de Cameyo, une solution de virtualisation permettant d'utiliser des clients lourds au sein de son navigateur Web Chrome ou du système d'exploitation dérivé de ce dernier, ChromeOS.

Le 13 novembre à 11h15

Légers, endurants et abordables, les ordinateurs Chromebook de Google souffrent d'une limitation inhérente à leur système d'exploitation, dérivé du navigateur Chrome : l'impossibilité d'exécuter nativement des logiciels conçus pour Windows. Une carence que pallient les solutions de type VDI (Virtual Desktop Interface) ou DaaS (Desktop as a Service), qui tirent parti de la virtualisation pour proposer l'accès, en local, à un environnement exécuté dans le cloud.

Virtualiser l'app plutôt que l'environnement

Mais pourquoi virtualiser une instance complète de Windows quand on peut se contenter de simplement exécuter à distance une application ? C'est ce constat qui a motivé, en juin 2024, le rachat par Google de l'éditeur spécialisé Cameyo.

Fondée en 2010 aux États-Unis, cette entreprise explore en effet une approche plus ciblée, dite VAD, pour Virtual Application Delivery, qui consiste donc à ne virtualiser qu'un seul logiciel, par opposition à un système d'exploitation. Cameyo a d'abord travaillé sur des exécutables combinant l'application ciblée et l'environnement nécessaire à sa virtualisation, avant d'embrasser la vague du cloud et de travailler à l'intégration au sein du navigateur Web.

C'est dans ce contexte que Cameyo s'est progressivement rapprochée de Google, pour proposer la mise à disposition de clients lourds Windows au sein de Chrome et de ChromeOS. Les deux entreprises ont notamment collaboré autour de la prise en charge, par Cameyo, du système de fichiers local de ChromeOS, du presse-papier et de la capacité à délivrer les applications virtualisées sous forme de PWA (Progressive Web Apps).

Suite au rachat, Cameyo a disparu des radars pendant plusieurs mois, et fait désormais son retour sous forme d'une offre intégrée au catalogue des solutions entreprises de Google.

« Avec Cameyo by Google, toutes vos applications sont plus faciles à déployer et à gérer, et aussi plus sécurisées. Vos collaborateurs peuvent accéder à leurs applications habituelles où qu'ils se trouvent, sans aucune formation supplémentaire. En transférant tout votre travail sur le Web, vous avez toutes les cartes en main pour relever les défis de demain », vante le moteur de recherche.

Un lancement opportun

Google avance trois avantages principaux : une sécurité accrue, grâce à la séparation entre l'appareil et l'application employée (principe du Zero Trust), un coût total de possession (TCO) réduit dans la mesure où la virtualisation intervient sur un périmètre plus restreint, et un confort accru pour l'utilisateur final, qui peut par cet intermédiaire accéder à ses applications métier directement dans son navigateur. À ces arguments s'ajoutent bien sûr les potentielles économies engendrées par le passage d'un parc de machines Windows à des Chromebook ou autres ordinateurs équipés des outils logiciels de Google.

« Contrairement aux écosystèmes d'entreprise tout ou rien, la suite Google pour entreprises ne vous oblige pas à abandonner vos investissements existants au nom de la modernisation. Au contraire, elle vous offre la liberté de moderniser les différentes couches de votre infrastructure à votre rythme, en fonction des besoins de votre entreprise, tout en conservant l'accès à vos investissements technologiques existants », promet l'éditeur.

Cameyo est présentée comme la brique manquante dans l'éventail des solutions dédiées au poste client de la suite des outils maison - crédit Google

Le calendrier est sans doute propice au retour de Cameyo. D'un côté, la fin du support de Windows 10 et la politique commerciale de Microsoft autour du support étendu suscitent de nombreuses critiques. De l'autre, Google Workspace occupe déjà des positions significatives sur le marché entreprise, en se présentant très directement comme une alternative à Microsoft 365 et à la messagerie Exchange. Google a par ailleurs le champ libre pour avancer ses pions sur le marché de la virtualisation dédiée à ChromeOS, puisque le développement de Parallels Desktop pour ChromeOS a été arrêté, avec une fin de support programmée au 21 avril 2026.

Google ne communique à ce stade aucun prix public relatif à l'offre de virtualisation Cameyo.

Commentaires (5)

votre avatar
C'est possible d'avoir une petite explication sur qu'est Parallels Desktop??
votre avatar
C'est une solution de virtualisation, d'abord dédiée au Mac, qui permet d'exécuter une instance de Windows et les logiciels Windows au sein de MacOS, avec un niveau d'intégration poussé (on peut par exemple épingler une app Windows dans le dock MacOS). C'est le grand concurrent de VMware Fusion.
votre avatar
Merci
votre avatar
Rien qu'à voir l'icône SAP dans l'illustration, j'ai eu l'impression de perdre trois millions d'euros.
votre avatar
Je ne connais pas bien mais je pense que c’est ce sur quoi travaille l'équipe de Linuxserver dont je suis fan pour les images et config NAS.
Je m'étais dit que je voulais y jeter un œil par curiosité.

https://www.linuxserver.io/blog#blog_list

Google (re)lance Cameyo pour des applications Windows sur Chrome ou ChromeOS

  • Virtualiser l'app plutôt que l'environnement

  • Un lancement opportun

Fermer