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Une start-up de 8 employés publie 3 000 podcasts par semaine, générés par IA

Gloubi-boulgIA

Une start-up de 8 employés publie 3 000 podcasts par semaine, générés par IA

Une ancienne responsable de la division podcast d'Amazon pense avoir trouvé un filon « scalable » susceptible de lui permettre de la rendre richissime. Entièrement générés par IA, en une heure et pour un dollar seulement, ses podcasts sont en effet rentables à partir de 20 auditeurs.

Le 20 novembre à 11h02

Inception Point AI se targue sur son site web d'avoir créé « le plus grand réseau de podcasts indépendants au monde ». Quiet Please (c'est son nom, « Du calme s'il vous plait » en français) a d'ores et déjà créé « plus de 4 000 émissions », diffuse « en moyenne 3 000 nouveaux épisodes par semaine », de 15 à une quarantaine de minutes chacun, et compte se lancer dans l'édition de courtes vidéos, de livres « et bien plus encore ».

Cette start-up ne compte pourtant que huit employés : 4 informaticiens et 4 producteurs, relevait le mois dernier La tech la première, le podcast de Stéphane Jourdain, rédacteur en chef numérique de France Inter. Cette hyperproductivité s'explique par le fait que ces podcasts sont tous entièrement générés par IA, sans supervision humaine.

L'entreprise produit par exemple de nombreux podcasts consacrés à l'indice de pollen dans toutes les grandes villes américaines, afin d'attirer des publicités pour des antihistaminiques. Mais également des podcasts dédiés au jardinage, aux actus people, à la méditation, à la ménopause, aux stations de ski, plages, aux assassins, aux sous-marins nucléaires, à l'économie, la démocratie, le socialisme et même le communisme (entre autres).

Le coût de revient d'un podcast ? 1 $, rentabilité dès le 20ᵉ auditeur

Pour Inception Point AI, les « influenceurs IA » constituent « la prochaine frontière à un milliard de dollars », dans la mesure où ils peuvent travailler tout le temps, sans avoir besoin de dormir, et offrent « une qualité supérieure à ~1/25000 du coût » d'un influenceur humain.

Un épisode de podcast ne leur coûterait en effet que 1 $ seulement. Ce qui leur permet de privilégier la quantité à la qualité, d'autant qu'il suffit de 20 auditeurs pour qu'un épisode soit rentable. Et tant pis si les yeux de certaines de ces influenceuses synthétiques sont quelque peu bâclés.

D'après The Wrap (« le seul média indépendant dédié à l'industrie hollywoodienne »), Quiet Please aurait d'ores et déjà publié plus de 175 000 épisodes sur des plateformes comme Spotify ou Apple, enregistré 12 millions de téléchargements d'épisodes depuis sa création, et compterait 400 000 abonnés.

« La richesse se trouve dans les niches », explique à The Wrap Jeanine Wright, co-fondatrice et CEO de la start-up et ancienne directrice des opérations de Wondery, la division podcast d'Amazon. « Mes amis dans l'industrie du podcasting me demandent : "As-tu une émission qui figure dans le top 10 ? Comment se classent tes émissions ?" Nous ne voyons pas les choses sous cet angle », précise-t-elle :

« Au lieu de se concentrer uniquement sur la création des prochains Kelce Brothers, Crime Junkie ou Joe Rogan, ces émissions à grand succès, vous pourriez vous adresser à des publics de niche et à des micro-communautés. C'est un modèle économique totalement différent. »

Selon Riverside, plus de 584 millions de personnes ont écouté des podcasts en 2025, et ce chiffre devrait atteindre 619 millions d'ici 2026. D'après Edison Research, le temps passé à écouter des podcasts a augmenté de 355 % au cours des dix dernières années. 34 % des Américains écoutent en moyenne 8,3 épisodes de podcast par semaine, et 83 % y consacrent plus de 9 heures par semaine. Le marché pourrait atteindre une valeur de 17,59 milliards de dollars d'ici 2030. Même Netflix se lance dans le podcasting, en concluant un partenariat avec Spotify et The Ringer pour des podcasts vidéo dans le cadre de sa stratégie 2026, souligne The Wrap.

Une salle de rédaction, mais sans journalistes humains

Inception Point, qui se présente comme la « version audio de Reddit ou Wikipédia », a créé 120 « influenceurs IA », associés à des niches et contenus hyper-spécialisés. La société évite soigneusement les sujets controversés qui pourraient poser problème, précise The Wrap, « de sorte qu'aucune révision humaine n'est nécessaire pour chaque épisode », d'autant qu'il est matériellement impossible aux 8 employés de la start-up de pouvoir les écouter avant qu'ils ne soient mis en ligne :

« Inception Point AI fonctionne presque comme une salle de rédaction, mais sans journalistes humains. Les modèles d'IA scannent Internet et proposent à l'équipe des listes d'idées intéressantes, et les employés voient ce qui leur convient. Avec sa petite équipe de huit personnes, il faut une journée pour passer d'une idée à un épisode complet. Une fois le sujet choisi, un membre de l'équipe l'associe à une personnalité et la machine peut commencer à générer l'épisode, ce qui prend environ une heure. »

Sur son profil LinkedIn, la start-up, créée en 2023, avance que « Dans un avenir proche, la moitié de la population mondiale sera constituée d'IA ». « Les "personnes" générées par l'IA devraient-elles avoir des droits humains ? » s'interrogeait Jeanine Wright, qui se définit elle-même comme une « maximaliste de l'IA », dans AI Proof, un podcast destiné aux parents et aux éducateurs qui entend aider les enfants à se préparer à « un avenir imprégné d'intelligence artificielle ».

« Je pense que très rapidement, nous arriverons à un stade où l'IA sera le moyen par défaut de créer du contenu, non seulement dans le domaine audio, mais aussi à la télévision, au cinéma, dans les publicités, dans l'imagerie et dans tous les autres domaines », explique Jeanine Wright à The Wrap. « Et alors, nous indiquerons quand les contenus ne sont pas créés à l'aide de l'IA, plutôt que de préciser qu'ils ont été créés à l'aide de l'IA. Mais pour l'instant, nous sommes parfaitement heureux d'ouvrir la voie. »

Commentaires (26)

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Vivement qu'une personne générée par IA fasse un procès à une autre personne IA pour contrefaçon ou plagiat... est-ce que cela sera possible ?

Le mode devient comme celui des Shadoks... (me fait vieux)
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Je crois que l'on a dépassé les Shadoks depuis un sacré bout de temps.
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T'as la flemme de créer ton contenu?
J'ai la flemme de m'y intéresser.
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Oh dear, we're in trouble...
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J'ai juste hâte que toute cette bulle éclate pour voir se casser la gueule, bien lamentablement, de ce type d'entreprises nocives. La bulle IA est tellement déconnectée, actuellement, de la réalité, que l'on voit fleurir ce genre de *#@de à tout va.

Alors qu'il peut y avoir des usages tellement, mais tellement, plus intelligents...
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Tant que nous laisserons le pouvoir à des idiots, nous en subirons les conséquences.
Votez avec vos bulletins mais surtout avec votre argent.
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Ce genre de contenu ne disparaîtra pas avec l'éclatement de la bulle spéculative autour des entreprises de l'IA.

La technologie existera encore, elle continuera d'être utilisée à de bonnes et de mauvaises fins.
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La "bulle LLM" (comme le précise le PDG de Hugging Face, et ce qui me paraît plus exacte), lorsqu'elle explosera, emportera plusieurs acteurs, mais plutôt du côté des entreprises qui ont investi avec l'espoir d'un retour dans le futur. Or, ici, cette entreprise se fait déjà des couilles en or avec les "LLM", ils n'ont aucune dette, et il n'y a aucune raison que leurs business model se casse la gueule.
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il n'y a aucune raison que leurs business model se casse la gueule.
Il peut y avoir de nombreuses autres sociétés du même type qui se montent et produisent le même genre de contenu, les revenus par tête de pipe vont diminuer en conséquence.
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Peut-être que le jour où l'utilisation des LLM sera vendue à son vrai prix car plus financée à fonds perdus, la production de leurs podcasts sera 10x plus cher et de fait, plus rentable ?
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C'est quoi le "vrai prix" ? J'ai l'impression que tu considères que l'accès aux LLM et autres modèles d'IA générative comme centralisés, ce qui est faux et se limite aux gros acteurs du marché qui proposent des API en SaaS pour leurs propres modèles.

Si je télécharge un modèle open weight / open source et le fait tourner sur ma bécane, la seule personne à qui je dois de l'argent c'est EDF.

Perso j'utilise les modèles open weight hébergés par Infomaniak et les coûts à l'usage sont totalement dérisoires en ce qui me concerne.

Pour une ferme à merde comme celle de l'article, l'investissement est négligeable même en hardware pour produire ces contenus localement. Un PC gamer ça suffit pour commencer.
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@plopl : Ce n'est pas lié à l'effondrement d'une bulle, c'est juste de la concurrence dans un monde dans lequel les gens ont les dents qui rayent le parquet.

@Tonycrousty : Ce qui est financée à fonds perdus, ce sont les LLM gratuits. Les plans payants, je t'assure que c'est rentable.

Après, le vrai trou, c'est la R&D dans le n'importe quoi. Ce sont toutes ces sociétés qui investissent dans les buzz words, mais n'ont toujours pas trouvé comment utiliser et tirer profit de ça. Quand elles vont finalement déclarer que c'est fini, ça n'aboutit à rien, ce sont des centaines de milliers à plusieurs milliards de dollars qui seront totalement perdus, qui n'auront rien rapporter. C'est ça l'éclatement de la bulle.
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Un des seuls trucs où je serais curieux serait le même sujet traité par toute leur "personnalités", juste pour voir s'il y a une vrai différence.
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La solution pour gérer le flot des contenus générés par IA c'est d'avoir des IA pour filtrer/résumer les contenus.

L'IA c'est à la fois le poison et l'antidote.
C'est pour cela que les marchands investissent autant dedans.
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Donc on peut imaginer le même type de procédé à l’avenir sur des contenus vidéo. On va être noyer sous un déluge de médiocrité
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Mon seul espoir – en plus de l’éclatement de la bulle – serait que ce cette médiocrité noie tellement tout qu’elle en arrive à pourrir les données d’entrainement. Une sorte d’AI Centipede. 😈
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C'est pour ça qu'il est critique pour les entreprises derrière les LLM d'être capables de détecter ce qui a été généré. Non, non, s'ils mettent en place des chartes et autres trucs bidons, c'est pas pour aider la société, c'est un besoin vital pour eux avant tout !
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Ya qu'a voir sur youtube la quantité hallucinante de vidéo généré en IA , sur n'importe quel sujet que tu cherches.
Pour l'instant ça reste "facile" de les repérer....
Mais comme dis dans l'article il suffit de 20 personne qui cliquent, même 5s, c'est gagné, la pub est lancée et le micro-paiement aussi. Même si l'humain ne la voie pas car ublock origin...

Bientôt tu auras des IA qui produiront des vidéo pour d'autres IA qui les "regarderont". Tant que des annonceurs paieront Google pour ça, ce gaspillage de ressource continuera.
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Mais comme dis dans l'article il suffit de 20 personne qui cliquent, même 5s, c'est gagné, la pub est lancée et le micro-paiement aussi. Même si l'humain ne la voie pas car ublock origin...
Mouais et encore les "personnes" sur Spotify et cie elles peuvent être elle même d'autres IA, bots ou autres entités élevé dans une ferme à clic/like/follow/...
Rien ne va dans tout ça :-/
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Bientôt tu auras des IA qui produiront des vidéo pour d'autres IA qui les "regarderont". Tant que des annonceurs paieront Google pour ça, ce gaspillage de ressource continuera.
Il est clairement là le problème, AMHA. C'est l'économie de l'attention qui est en train de se suicider.
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:vomi1:
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Je n'ai pas peur qu'il y ait de moins en moins de contenu de qualité sur internet. Par contre j'ai peur qu'il soit de plus en plus difficile à retrouver, noyé dans un océan d'AI slop.

A ce rythme là, on va revenir assez vite aux annuaires qui existaient avant nos moteurs de recherche actuels.
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Le contenu de qualité sur le Web était déjà une denrée rare ces dernières années avec le flood de vidéos/podcasts publicitaires à tout va, la privatisation des contenus par les médias sociaux et le reste des sites à la SEO hyper optimisée plein de vide.

Avec de la chance, le web commercial se suicide. J'espère, mais j'ai peur que cette saleté ait la peau dure.
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« Dans un avenir proche, la moitié de la population mondiale sera constituée d'IA »
Le rasoir de Hanlon est bien gentil, mais à un moment c'est si bête que les bras m'en tombent.
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« nous sommes parfaitement heureux d'ouvrir la voie. »
Mais comment peuvent-il visualiser ce futur et se dire: quelle chouette idée!
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La perspective d'une hypothétique somme rondelette sur leur compte en banque, je vois rien d'autre.

Une start-up de 8 employés publie 3 000 podcasts par semaine, générés par IA

  • Le coût de revient d'un podcast ? 1 $, rentabilité dès le 20ᵉ auditeur

  • Une salle de rédaction, mais sans journalistes humains

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