Sanctions US : YouTube a supprimé 700 vidéos d’ONG palestiniennes en lien avec la CPI
Broadcast Yourself, mais pas à Gaza
YouTube a supprimé les comptes de trois ONG palestiniennes début octobre, et par la même occasion plus de 700 vidéos sur les conséquences de l'invasion de Gaza par Israël. Cela fait suite aux sanctions décidées par Donald Trump contre la Cour pénale internationale, les trois ONG l'ayant aidée dans ses enquêtes.
Le 07 novembre à 11h53
4 min
Droit
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Début octobre, YouTube a supprimé, sans les prévenir, les chaines de trois organisations non gouvernementales, le Centre Al-Mezan pour les droits humains, Al-Haq et le Centre palestinien pour les droits humains. Selon The Intercept qui a révélé cette suppression, plus de 700 vidéos ont disparu avec ces trois chaines, compilant des heures d'images documentant la situation à Gaza et les suspicions de crimes de guerre d'Israël sur lesquels la Cour pénale internationale devra se prononcer.
Toutes les vidéos ne sont pas perdues. Ainsi, par exemple, on peut voir sur la Wayback Machine d'Internet Archive la vidéo d'une analyse sur la mort de la journaliste américano-palestinienne d'Al Jazeera, Shireen Abu Akleh. On peut aussi retrouver cette vidéo sur la page Vimeo de l'ONG. Mais ces plateformes pourraient elles aussi être contraintes par les États-Unis de supprimer ces contenus.
YouTube suit des sanctions ciblées prononcées par Marco Rubio
Car YouTube (dont la maison mère est Google) a suivi la décision de sanctions prises par l'administration Trump envers ces trois ONG. « Google s'engage à respecter les sanctions applicables et les lois en matière de conformité commerciale », a affirmé YouTube dans un communiqué envoyé en réponse à The Intercept.
Comme plusieurs juges de la Cour pénale internationale visés nommément par l'administration Trump, les trois ONG ont été l'objet d'une décision du secrétaire d'État américain, Marco Rubio début septembre.
« Ces entités ont directement participé aux efforts déployés par la Cour pénale internationale (CPI) pour enquêter, arrêter, détenir ou poursuivre des ressortissants israéliens, sans le consentement d'Israël », affirmait Marco Rubio dans un communiqué annonçant la désignation du Centre Al-Mezan pour les droits humains, d'Al-Haq et du Centre palestinien pour les droits humains. Le secrétaire d'État américain n'évoque aucune autre raison que leurs liens avec l'autorité judiciaire internationale pour justifier cette désignation.
La CPI sanctionnée depuis février
Rappelons qu'en février dernier, Donald Trump a publié un décret imposant « des sanctions à l'encontre de la Cour pénale internationale » en réaction à l'émission des mandats d’arrêt à l’encontre de Benyamin Nétanyahou et de l’ancien ministre israélien de la Défense Yoav Gallant. C'est sur la base de ce décret que s'appuie Marco Rubio pour sanctionner les trois ONG accusées de collaborer avec la CPI.
Selon The Intercept, c'est la première fois que les États-Unis prennent de telles sanctions contre des ONG qui accumulent des informations pour d'éventuelles poursuites en justice.
« Je suis très choquée que YouTube fasse preuve d'un tel manque de courage », explique à The Intercept la responsable de l'association états-unienne Democracy for the Arab World Now, Sarah Leah Whitson. « Il est vraiment difficile d'imaginer un argument sérieux selon lequel le partage d'informations provenant de ces organisations palestiniennes de défense des droits humains violerait d'une manière ou d'une autre les sanctions. Il est décevant et assez surprenant que YouTube cède à cette désignation arbitraire de ces organisations palestiniennes et décide désormais de les censurer. »
Sanctions US : YouTube a supprimé 700 vidéos d’ONG palestiniennes en lien avec la CPI
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YouTube suit des sanctions ciblées prononcées par Marco Rubio
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La CPI sanctionnée depuis février
Commentaires (24)
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Abonnez-vousLe 07/11/2025 à 12h12
Le 07/11/2025 à 13h05
Si un décret le l'imperator étasuniens permet de couper tout pour un juge. Que peut faire une boite américaine ?
Le 07/11/2025 à 14h02
Quand ça les arrange, dire merde à des états, les GAFAM savent très bien le faire.
Je pense qu´Alphabet n´a pas le moins du monde verser une petite larme de dépit en appuyant sur le bouton.
Le 07/11/2025 à 14h56
Depuis l'élection de l'autre, les boites US de ce type ont moins peur de l'opinion car justement l'imperator les protèges de poursuite.
La contrepartie c'est que la Loi (pou le moment) c'est lui....
Modifié le 07/11/2025 à 12h25
Pour héberger les vidéos, il faudrait une espèce de Youtubpédia, neutre, qui ne soit pas à la botte d'un président, quel qu'il soit.
Le 07/11/2025 à 12h58
Afin que la charge serveur soit moindre.
Le 07/11/2025 à 23h10
Et géré plusieurs instances pour y redonder les données, c'est beaucoup plus lourd et incertain que de reposer sur des GAFAM...
D'où se mauvais/ancien réflexe je pense des ONG and co
Si x instances sont montées et gérées indépendamment pour la redondance... Mais bon...
Le 07/11/2025 à 13h08
Là c'est très visible parce qu'il s'agit des États Unis et que des acteurs hégémonique d'Internet dépendent de cette législation.
C'est clair qu'être une ONG et utiliser principalement de YouTube, Facebook et autre pour sa communication ça ne parait pas très judicieux mais jusqu'ici c'était peu remis en question. La modération restait limité et la liberté d'expression était à peux près respecté mais maintenant que les États Unis sont en train de tourner état autoritaire certains vont peut être commencer a réfléchir à ne pas mettre tout leur œufs dans le même panier...
Le 07/11/2025 à 16h49
Le 07/11/2025 à 18h23
Cf. les 2 actus récentes sur le juge de la CPI, et l'infirmière qui parlait d'IVG.
Le 07/11/2025 à 13h31
Que les USAs s'opposent aux résolutions de l'ONU depuis maintenant une vie d'homme, soit. Mais là c'est clairement collaborer à un génocide et couvrir ceux qui le perpétue.
C'est sur qu'avec des aigles comme emblème... Y'a un petit moustachu qui avec les mêmes symboles.
Note pour les Trolleurs : Et oui c'est bien un génocide.
Le 07/11/2025 à 14h30
Le 07/11/2025 à 14h21
Vivement la création d'un état "internet" où seules les lois des GAFAM s'appliquent.
/s
Le 07/11/2025 à 15h57
Le 07/11/2025 à 16h00
Le 07/11/2025 à 16h45
La situation s'est nettement dégradée et les USA ne sont plus vraiment un état de droit, ce qui les empêchent de tenir tête à l'agent orange.
Donc tu as raison, maintenant, ils s'alignent sur ce que veut le pouvoir, mais c'est assez neuf.
Le 07/11/2025 à 17h56
Allez Apple courage ! Résistance !!
/s
Le 09/11/2025 à 10h04
Le 07/11/2025 à 15h21
Et cela empêche-t-il ces ONG de travailler avec la CPI ? Non, évidemment. Surcharger les médias pour les occuper fait partie de la stratégie de l'alt-right au pouvoir à Washington pour brouiller les cartes et avancer plus discrètement ses pions.
Le 07/11/2025 à 16h48
Parce que moi, je recherche la toute première saison de "Décide toi Clément" qui faisais le buzz au début de YouTube : je suis preneur si vous la retrouvez.
...
L'idée reçue comme quoi "rien ne disparaît d'Internet", c'est faux et archi-faux.
Le 07/11/2025 à 19h59
Le 19/11/2025 à 22h50
Le 10/11/2025 à 17h13
Le 12/11/2025 à 16h49
Et avec Trump qui accueille à bras ouvert sur son territoire le dictateur Russe recherché par la CPI et qui rêve avec un génocidaire Israeliens d'éradiquer un peuple pour en faire une riviera au bord de la méditerranée on est pas prêt de voir la CPI reconnu chez eux.
On est d'ailleurs plutôt mal barré avec 3 grandes puissances dirigés par des "dictateurs".
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