Pour Meta, l’Europe est coincée dans le passé à cause de sa « surrèglementation »
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Illustration : Flock
Le 04 août 2025 à 12h19
L’entreprise de Mark Zuckerberg tire de nouveau sur la réglementation européenne, qu’elle trouve « trop complexe et lourde ». Selon Meta, la compétitivité de l’Union est en danger et le rapport Draghi devrait davantage servir de modèle.
Pour Meta, l’Europe est coincée dans le passé à cause de sa « surrèglementation »
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L’entreprise de Mark Zuckerberg tire de nouveau sur la réglementation européenne, qu’elle trouve « trop complexe et lourde ». Selon Meta, la compétitivité de l’Union est en danger et le rapport Draghi devrait davantage servir de modèle.
Droit
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5 min
Meta continue sa charge contre l’Union européenne et sa réglementation. « L’Union européenne (UE) affirme vouloir être compétitive à l’échelle mondiale, mais une réglementation trop complexe et lourde empêche l’innovation technologique qui stimule la croissance des concurrents mondiaux », fustige l’entreprise.
L’Europe serait en retard sur les « messageries d’entreprise »
Pour Meta, l’Europe serait particulièrement en retard sur les messageries d’entreprise. La société américaine ne parle pas de solutions comme Slack, Teams ou Mattermost, mais de celles faisant le lien entre les entreprises et leurs clients.
Sont ainsi mises en avant les plateformes WhatsApp, Messenger et Instagram Direct. Selon Meta, Il y aurait chaque jour 600 millions de conversations entre les particuliers et les sociétés sur les trois plateformes. 80 % des personnes dans le monde enverraient même au moins un message par semaine aux entreprises concernées.
Meta évoque un boum dans ce type de communication, notamment au Brésil, en Inde et en Indonésie. Mais l’Europe passerait complètement à côté de ces opportunités. Selon l’entreprise, il y a en Union européenne des limitations inhérentes aux produits en activité dans l’espace économique à cause des réglementations. À cause de ce cadre, « la disponibilité et l’adoption de la messagerie commerciale dans l’UE sont nettement inférieures à la concurrence mondiale », indique Meta.
Charge directe contre la protection des données
« Lorsque des entreprises en dehors de l’UE souhaitent partager de nouveaux produits ou fonctionnalités avec des clients, ou entrer en contact avec des acheteurs potentiels, elles disposent d’outils qui les aident à comprendre qui est intéressé par leur produit ou service et à discuter rapidement avec eux », indique Meta.
Et dans l’Union européenne ? Les entreprises n’auraient « pas ce luxe ». Meta s’en prend directement à la protection des données en Europe : la directive ePrivacy est accusée de nuire aux entreprises, car elles ne peuvent pas avoir accès aux mêmes données ou informations sur les clients que dans le reste du monde.
La communication de Meta se fait même brutale : « Les technologies numériques qui pourraient être transformatrices sont encore à peine plus avancées que les bulletins d’information papier et les communications par courrier électronique ».
Deux facteurs sont cruciaux selon Meta : une surrèglementation et des interprétations parfois extrêmes, en plus de varier selon les pays membres de l’Union. Ces interprétations porteraient « sur des capacités cruciales telles que la segmentation, les informations sur l’audience et les taux de clics ». Les entreprises européennes seraient ainsi coincées dans le passé, selon la firme américaine. Sans surprise, cette situation serait étendue à l’IA, qui accuserait « un retard de plusieurs mois par rapport à d’autres pays, ce qui a un impact sur le monde réel ».
Militantisme paroissial
Meta aligne ses arguments pour faire avancer ses lignes de produits. Sa communication se fait plus agressive, la société insistant sur le danger pour l’Europe de se retrouver dans un âge de pierre numérique.
L’entreprise a été condamnée à plusieurs reprises en Europe pour ses manquements aux réglementations en vigueur. La dernière, de 200 millions d’euros, concerne les fameux abonnements mis en place par Meta pour supprimer la publicité. Une solution que n’a pas appréciée la Commission européenne, puisqu’elle ne répondait pas à la critique initiale. Ces abonnements ne respectent en effet pas le RGPD selon l’instance, les internautes n’ayant pas le choix sur le traitement des données : ils doivent l’accepter ou payer un abonnement pour ne plus afficher les publicités, sans savoir si cette formule payante arrête le traitement des données personnelles.
Meta a donc une revanche à prendre sur un espace économique contraignant pour ses desseins, notamment l’intelligence artificielle. On se rappelle que la société a voulu déclencher l’aspiration des données personnelles des comptes européens pour l’entrainement de ses modèles. Elle y a ensuite renoncé, pour finalement relancer l’opération. Nous avons d’ailleurs publié un guide pour désactiver ces traitements.
La firme traite les règlementations comme ePrivacy et le RGPD comme des barrières empêchant les entreprises européennes de s’épanouir. Mais leurs bénéfices sur la vie privée sont passés sous silence. La communication de Meta est d’autant plus visible qu’à l’exception d’Apple, qui peste régulièrement contre le DMA, les concurrents ont une approche plus discrète.
On a pu ainsi voir récemment que Meta se retrouvait isolée sur le terrain de l’IA face à la charte européenne des bonnes pratiques européenne. Peu contraignante, elle n’a pas trouvé grâce à ses yeux. Depuis deux semaines, les annonces se sont cependant enchainées chez Google, Anthropic, Mistral, OpenAI ou encore Microsoft pour annoncer la signature de cette charte.
Commentaires (26)
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Abonnez-vousLe 04/08/2025 à 12h24
Si le marché européen l'emmerde, il n'a qu'à le quitter.
Que de la gueule, comme d'hab.
Le 04/08/2025 à 12h35
Le 04/08/2025 à 12h43
Le 04/08/2025 à 12h50
Le 04/08/2025 à 13h07
Le 04/08/2025 à 14h22
Le 04/08/2025 à 14h56
Les US veulent/besoin que l'EU reste dans son giron, dans sa sphère d'influence pour des raisons économiques, politiques mais aussi militaire. Alors même si un jour l'EU est en bankroute (ce qui n'arrivera jamais sauf à considérer des situations extrêmes du genre invasion alien ou méteorite), nous aurons toujours les moyens, même si dans un pis scénario, nous devenons un état des US.
Modifié le 04/08/2025 à 13h20
Cependant, je pense qu'il y a matière à réflexion concernant la régulation d'Internet.
Perso, je vois deux visions s'affronter:
A. Il faut réguler Internet en tant que moyen de communication.
B. Il faut réguler Internet en tant que zone d'échange.
Je pense qu'on est encore très axé sur la vision A:
Dans une analogie de 'centre commercial', Internet n'est pas l'ensemble des boutiques. C'est l'ensemble des chemins qui permettent d'aller de vitrine en vitrine. Les lois sur Internet (même les récentes) concernent moins le fonctionnement 'interne' des sites que les données qui entrent/sortent. La sanction la plus haute n'est pas la fermeture du site, mais la coupure des accès au site. etc.
Si Meta veut aller vers une vision B d'Internet, on doit se munir de lois qui vont dans ce sens. A l'instar de ce qu'on fait pour les zones commerciales physiques, ou pour les places de marché financiers.
Modifié le 04/08/2025 à 13h27
Le 04/08/2025 à 16h33
Alors je dis: chiche. On réduit les contraintes sur la télécommunication, mais en contrepartie on en met sur les services. Terminé la non-responsabilité des plateformes, les changements de CGU/tarifs unilatérales, etc.
Modifié le 04/08/2025 à 13h50
On est d'accord qu'Internet n'est qu'un moyen de communication : échanger des bits.
Je ne comprends pas ce que tu appelles "zone d'échange" : échange de quoi ? de marchandises, de messages, de services, d'autre chose ?
En fait, l'UE ne régule pas Internet mais le numérique, ce qui est exposé sur les sites web et les traitements effectués sur des données personnelles, les services mais surtout la concurrence et l'abus de position dominante.
Quant à la coupure d'accès au site, c'est une facilité utilisée parce qu'il est difficile de fermer un site étranger qui échange avec les utilisateurs européens.
Et encore heureux qu'il n'y ait pas besoin d'autorisation pour mettre un site en ligne : c'est la liberté d'entreprise ou d'expression qui est la règle.
Modifié le 04/08/2025 à 17h07
Mais l'accumulation de lois sur le "numérique" (comme tu dis) me laisse à penser que les activités qui utilisent ce réseau de transport doivent être traités différemment des activités similaires qui n'utilisent pas ce réseau réseau de transport.
Si tu définis Internet comme un réseau de transport d'information, alors ce dont je parle serait une zone d'échange d'information.
Bref il s'agit de l'autre vision d'Internet, celle qui est sous-entendue dans le RGPD ou le DSA: pas la régulation du 'transport' de l'information, mais celle de l'échange d'information entre deux utilisateurs du réseau (client & serveur).
Oui, c'est ce à quoi on est tous habitué. Pourtant il faut des autorisations pour avoir une boutique physique dans une ville. Idem pour installer une fête foraine, ou même faire un vide grenier.
Le consensus serait donc:
Ca mérite réflexion je pense.
Le 04/08/2025 à 17h09
Par contre, il faut respecter certaines règles (sécurité et accessibilité).
Le 04/08/2025 à 17h35
Quelle que soit la raison pour ce critère de superficie, je pense qu'il doit être transcriptible pour un site en ligne. non ?
Le 04/08/2025 à 20h37
Les gros services en ligne ont aussi des règles plus strictes pour protéger les petits, voir le DSA qui empêche par exemple Amazon de tirer parti de son statut de grosse marketplace pour récupérer des informations auxquelles leurs petits vendeurs n'ont pas accès ou le DMA qui oblige les grosses plateformes à s'ouvrir à la concurrence.
Le 04/08/2025 à 23h10
Pour le commerce réglementé (vente d'alcool, tabac, pharmacie, antiquaire), c'est autant réglementé en ligne qu'en physique.
Pour l'histoire de la superficie, on a exactement la même chose avec les très grandes plateformes du DSA.
Le 04/08/2025 à 13h31
Parceque s'ils n'en font pas partis cela fait 100% des ados/adultes dans le monde... Ca y est je suis officiellement un néanderthalien du numérique
Le 04/08/2025 à 14h17
Le 04/08/2025 à 14h38
Quand j'achète un livre dans une boutique, je ne laisse pas ensuite la boutique fouiller dans tous mes documents pour savoir si je serais intéressé par l'achat d'un DVD.
Le 04/08/2025 à 15h25
Une fois adulte, ces anciens ados laissent des entreprises fouiller dans leurs images, publis, passé et autres vidéos pour leur dire quoi consommer... et ils en redemandent.
Allez comprendre l'humanité
Le 04/08/2025 à 17h38
Il paraît qu'il a la meilleure IA chez Meta. Il lui donne le texte et il aura la solution à son souci de gestion de la réglementation européenne.
Son souci, c'est surtout que l'Europe un marché très juteux pour les revenus publicitaires et que plus il a accès aux données des utilisateurs, plus il se fait d'argent. On l'entend moins sur le marché Chinois et Russe.
Le 04/08/2025 à 20h50
Le 04/08/2025 à 22h11
Le 05/08/2025 à 11h57
Le 05/08/2025 à 13h18
Le 05/08/2025 à 22h41
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