Dix ans après le Gamergate, où en est-on ?
Retour vers le futur
À l’été 2014, une campagne de harcèlement d’une rare violence s’abat sur des développeuses et activistes féministes du monde du jeu vidéo. Loin de se cantonner à cet univers, le Gamergate peut être observé comme un tournant vers la diversification de l’industrie autant que vers la brutalisation des échanges en ligne.
Le 29 août 2024 à 16h59
13 min
Société numérique
Société
Il y a dix ans, aux États-Unis, le Gamergate agitait la toile. L’épisode a pris son nom d’un hashtag, #GamerGate, qui a circulé en signe de ralliement sur des forums Reddit et 4Chan avant de se déverser sur des réseaux plus grand public, YouTube, Twitter. À l'origine de l'énervement, des frustrations croissantes dans le monde du jeu vidéo et une campagne sexiste.
Les premières victimes du Gamergate ont été ses cibles principales : la développeuse Zoë Quinn, et ses soutiens, en tête desquelles sa collègue Brianna Wu et la vidéaste féministe Anita Sarkeesian. Mais l’épisode ne se résume pas à une cabale occupant des internautes et gamers désœuvrés, à la fin d’un été. « Ç'a été un phénomène violent. La réaction d'une frange de la population des gamers vis-à-vis de différentes évolutions sociétales qui ne leur convenaient pas », estime Fanny Lignon, maîtresse de conférences à l’Université Lyon 1, interrogée par Next.
Il plonge ses racines dans un moment précis de lutte autour des questions de représentations dans le jeu vidéo et l’industrie qui les produit. Par sa localisation sur une série de plateformes sociales dont certaines très largement utilisées, il permet aussi d’éclairer l’évolution de certaines de nos pratiques d’échanges en ligne. « Les tactiques de dogpiling [harcèlement de meute, ndlr] qu’on a vues à l’œuvre » en 2014 sont « encore utilisées pour écraser les joueurs », relève ainsi la maîtresse de conférences à l’Université de Rouen et spécialiste des discours numériques Laura Goudet.
En dix ans, pourtant, l’univers du jeu vidéo a évolué. Celui de nos discours, de nos interactions en ligne a aussi muté. Quel héritage, dans ce cas, nous ont laissé le #Gamergate et ses critiques ?
Des appels de longue date à l'inclusion
Quand le Gamergate explose, les débats sur l’inclusion agitent déjà la communauté du jeu vidéo depuis plusieurs années. En 2009, la vidéaste Anita Sarkeesian poste sa première vidéo sur la chaîne YouTube Feminist Frequency, qui accueillera bientôt la série Tropes vs Women in Video Games (Les clichés vs les femmes dans les jeux vidéo, ndlr). En France, la discussion s’ouvre aussi, notamment grâce aux publications de Mar_Lard, à partir de 2012, sur le sexisme du monde du jeu vidéo comme celui du journalisme spécialisé qui le couvre. Dans les deux cas, les réponses sont clivées : soulagées, de la part d’une partie du public, violentes de l’autre.
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Dix ans après le Gamergate, où en est-on ?
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Des appels de longue date à l'inclusion
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Évolution des représentations
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Ouverture relative de l’industrie
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Nouveaux raidissements
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Le Gamergate, normalisateur de la violence en ligne ?
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Un levier de mobilisation
Commentaires (24)
Le 29/08/2024 à 18h28
#FlockMaTuer
Le 29/08/2024 à 19h00
Par contre les histoires de sexisme dans le domaine, ça oui.
Le 29/08/2024 à 19h29
Canard PC a aussi fait un article sur la question (réservé aux abonnés, aussi trouvable dans le magazine d’août)
Les chroniqueuses du podcast Game Dolls Advance ont abordé plusieurs fois le sujet du retour du GamerGate cette année :
Dans les news de la seconde émission (mars)
Une rubrique entière dans la troisième émission (avril)
Un followup dans la quatrième émission (mai)
(Bon courage pour la modération des commentaires vu le public 😬)
Modifié le 29/08/2024 à 20h43
En revanche, étant un gros gamer, j'aime bien jouer des stéréotypes, je suis désolé :/ Que ce soit un guerrier ultra viril, ou une guerrière ultra sexy.
J'ai pas spécialement envie de jouer un personnage qui me ressemble, maigrichon et moche, ça fait pas rêver...
Je comprends pas ce désir de vouloir coller à la réalité dans un monde virtuel, ou, au contraire, on cherche à s'évader de celle-ci...
Enfin, c'est juste mon point de vue :)
Le 29/08/2024 à 21h29
Perso sur WoW, en dehors de mon armada de Gnomes je ne jouais que des personnages féminins car sinon c'était juste du bodybuildeur sous stéroïde, ce qui ne m'allait pas. Je ne pouvais pas concevoir l'idée d'un mage qui apprenait ses sorts en faisant des pompes avec la bibliothèque sur son dos. Et un Gnome guerrier c'était plus cool.
Sur FFXIV je joue un personnage masculin car la personnalisation correspondant plus à mes attentes.
Et que je n'aime pas spécialement le design des personnages féminins dans ce jeu.
Mais d'ordre général, qu'ils soient masculins ou féminins, les personnages de séries animées, films, jeux vidéo, etc, sont des clichés tellement recyclés que la production est devenue écoresponsable. La team classique du héros "dark et tourmenté" avec la tsundere qui se fait Trinity-ser, la bimbo gros nénés, le baraqué benêt, le Vegeta de service, etc, perso je peux plus.
Le 29/08/2024 à 22h05
Après sur les MMO, c'est différents, mais sur FF14, j'ai que des persos féminins
Le 30/08/2024 à 06h42
Modifié le 30/08/2024 à 07h02
Mais des jeux au personnage déterminé généralement se doit d'être charismatique et donc avec des critères de beauté qui font assez consensus, si geralt de riv avait ressemblé à golum, l'immersion et l'identification au personnage aurait été bien moindre
Le 30/08/2024 à 11h41
Perso le cotons tige qui s'est peinturé la gueule avec tout le stock de Leroy Merlin et bourré de plastique, beurk. Trop d'artificiel, aucun intérêt, autant sortir avec un des mannequins du musée Grévin.
Le 30/08/2024 à 09h00
C'est plus de la lassitude qu'autre chose face à une offre trop appauvrie par 3 ou 4 schémas types. Ce qui est d'autant plus regrettable pour FFXIV car j'adore le style de son character designer (le rendu in game est assez différent cela dit).
Un autre exemple de pauvreté : l'animation japonaise. Retire le titre sur 5 affiches de séries et dis moi si tu arrives à les différencier. En dehors des grosses productions au style qui leur est propre, le reste est de l'industrialisation avec le même charac design et la même situation "random mec au milieu de random harem de clichés". Il ne manque que le cul pour que ça rentre dans la catégorie Hentai.
Perso c'est surtout cette pauvreté stylistique que je regrette.
Le 30/08/2024 à 13h35
Le 30/08/2024 à 15h54
Le 30/08/2024 à 18h07
Le 31/08/2024 à 07h58
Ou même Maniac Mansion
Le 30/08/2024 à 09h43
Évidemment il en faut pour tous les goûts (comme les films d'auteur) mais il serait contre-productif de vouloir imposer une vision "plus conforme à la réalité" à tout le monde.
Le 30/08/2024 à 18h13
Il n'y a qu'à lire les aventures de James Bond, Simon Templar, ... Livres écrits dans les années 50 (James Bond) et les années 30 (Le Saint).
Chaque fois on peu trouver des vagues de protestations. Représentent-elles une majorité? Est-ce que cela se régule par vagues (prise de conscience, abus, prise de conscience, abus ...) autour d'une moyenne dont il faudrait évaluer l'évolution?
Je suis assez circonspect quand je vois des personnes parler de sujets comme l'hypersexualisation, le rôle de la femme de la société, les questions d'identité sexuelles, l'homosexualité comme étant des sujets nouveaux alors qu'on en parle tous les 10-20ans (cf: les réactions aux clip de Sabrina "Boys boys boys", à Benny Hill, aux collaro girls, aux filles d'à côté ... et en face la série clair de lune par exemple)
Le 29/08/2024 à 21h38
Le 30/08/2024 à 09h23
Et la vidéo "Women in Games" m'a franchement fait rire. Elle ne m'a donc pas laissé indifférents.
En changeant le genre du personnage féminin, la caricature saute encore plus au visage.
Le 30/08/2024 à 11h17
Il n'y a que ces deux options au menu?
Le 30/08/2024 à 14h24
Le 30/08/2024 à 18h41
Aidez-moi, est-ce que je suis gamer ? (Saison 1, Ep. 1, 23/01/2024)
Le 30/08/2024 à 23h04
Gamergate, l'intégrale - 𝙁𝙀𝙍𝙈𝙀𝙕 𝙇𝘼
Modifié le 01/09/2024 à 00h16
Donc finalement on cite une lesbienne, et Aloy qui a un visage pour le moins ambigu, pareil on sent quelque chose d'anormal au niveau hormonal ou autre. Je crois que ce paragraphe est hors-sujet et ne s'intéresse pas à la majorité des femmes.
Faites un sondage alors pour voir. Ça dépend le type de jeu et de personnage mais clairement je préfère jouer un personnage en bonne santé et charmant(e) si je dois me farcir un héros ou une héroïne tout au long d'un jeu. Ou alors lui rendre sa santé et sa beauté doit être un but du jeu. Ou alors, on fait comme Mario, on ne cherche pas à faire un humain réaliste mais un vrai personnage de jeu vidéo.
Ah parce que c'était une question qu'elle était fermée ? Il y a autant de femmes que d'hommes qui étudient puis postulent, et les femmes se font refouler par manque d'"ouverture" ?
https://www.metiseurope.eu/2022/05/22/les-femmes-dans-les-metiers-de-linformatique-et-du-numerique-linde-fait-mieux-que-leurope/
L'Inde et le Maghreb, paradis féministes bien connus...
Bah ouais, forcément, c'est pas humain de passer ses journées avec si peu de femmes, chacune d'entre elle risque de susciter des convoitises importantes et à la marge ça peut être criminogène.
Bon et ensuite il y a cette tentative de repousser la fenêtre d'Overton en associant le fait d'être en désaccord à celui d'être "extrême-droite" ce qui n'est pas bien du tout. Comme d'habitude avec le militantisme, c'est le package complet qu'il faut prendre, tout ou rien. Ben non désolé, vous ne m'obligerez pas à choisir entre deux maux qui se font la courte-échelle et mettent une très sale ambiance. Si vous arrêtiez de vous faire manipuler par ça aussi, on ferait un grand pas.
Le 03/09/2024 à 13h13
Difficile d'en recommander à un jeune public féminin sans facepalm occasionnel.
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