#Le brief du 28 août 2026

Playdate : Panic rembourse aux joueurs les surtaxes Trump annulées

Les bonnes nouvelles sont rares pour le portefeuille des joueurs, alors saluons Panic, qui a décidé de rembourser aux clients américains de la Playdate les surtaxes douanières de Donald Trump depuis annulées. Les consommateurs qui ont acheté la console pendant que ces droits supplémentaires étaient en vigueur ont commencé à recevoir un petit remboursement de la part du fabricant (entre 12 et 23 dollars).

« Ce n’est pas notre argent, et ça nous a fait vraiment plaisir de le rendre », a déclaré Cabel Sasser, cofondateur de Panic, auprès de Game Developer. « Il y a eu une période précise cette année pendant laquelle nous avons facturé les droits de douane aux clients », poursuit-il. L’entreprise a bien tenté d’absorber ce surcoût pendant un moment, mais ce n’était pas tenable financièrement.

C’est ce qui l’a poussée à ajouter une surtaxe de 19 % au prix de la console, dont le prix avait déjà augmenté à 229 dollars en mars 2025. Le prix total, hors taxes pour les États-Unis, tournait donc autour de 272 dollars.

En février, la Cour suprême américaine invalidait ces droits de douane. Le temps que la poussière retombe et que les mécanismes de remboursement se mettent en place, Panic a cessé de les facturer en avril. « Il nous a fallu beaucoup de travail pour remplir toute la paperasse afin d’obtenir le remboursement du gouvernement, et encore du travail pour construire un petit système permettant de traiter les remboursements », précise le dirigeant. Qui ajoute : « Par moments, on se disait : attendez, pourquoi avons-nous l’impression d’en faire plus sur ce sujet que des entreprises pourtant gigantesques ? »

Il a peut-être en tête Nintendo, qui a gardé les 300 millions de dollars de remboursement des droits de douane, et déclaré qu’il n’était pas question de redonner cet argent aux clients.

La Playdate, annoncée en 2019 et lancée trois ans plus tard, est une petite console jaune dotée d’un écran monochrome et… d’une manivelle. Ce n’est pas un foudre de guerre, mais l’appareil jouit d’une communauté active de joueurs et de développeurs qui continuent de proposer des jeux sortant de l’ordinaire.

Ariane 6 réussit son premier lancement géostationnaire

Ariane 6 a lancé avec succès le satellite MTG-I2, ce jeudi 27 août au soir depuis le port spatial européen de Guyane.

Partie à 17h11 heure locale, la fusée européenne entamait son premier lancement géostationnaire pour déployer le 2ème satellite imageur Meteosat Troisième Génération. Celui-ci doit notamment fournir des images « pour la détection précoce d’orages à développement rapide, les prévisions météorologiques et la surveillance climatique », explique le communiqué d’Arianespace. Son prédécesseur, MTG-I1, avait été lancé en 2022 par Ariane 5.

2026 ESA-CNES-ARIANESPACE-ArianeGroup\Optique Video de CSG–S. Martin, licence ESA Standard

Ariane 6, en configuration à 2 boosters (Ariane 62, donc), a correctement placé MTG-I2 en orbite de transfert géostationnaire (GTO) à 2 778 km d’altitude au-dessus de l’équateur après 36 minutes de vol. Après séparation, le satellite a pu poursuivre sans incident sa trajectoire vers son orbite géostationnaire (GEO) opérationnelle à 36 000 km.

« Avec sa première mission vers l’orbite géostationnaire, Ariane 6 poursuit la démonstration de sa polyvalence et de sa précision », affirme Christophe Bruneau, président exécutif d’ArianeGroup. « Ce nouveau succès illustre sa capacité à répondre aux exigences des programmes spatiaux européens les plus stratégiques. Après l’introduction de la version à 4 boosters, puis des boosters améliorés P160C cette année, c’est une nouvelle étape dans la montée en cadence d’Ariane 6, la plus rapide de l’histoire pour un lanceur lourd ».

Bluesky inaugure une option pour diminuer la visibilité de ses posts dans l’algo de découverte

En Europe, Google ne dévalorisera plus les contenus sponsorisés des sites de presse

Pour se plier au DMA européen, Google vient d’annoncer que son moteur de recherche n’allait plus considérer les contenus sponsorisés publiés automatiquement sur les sites de presse comme du spam.

En novembre 2025, la Commission européenne avait annoncé l’ouverture d’une enquête contre Google soupçonnant l’entreprise de « réduire la visibilité des contenus des éditeurs de médias ». Elle affirmait que la politique relative à l’abus de la réputation d’un site de Google « déclassait les sites web et les contenus des médias d’information et d’autres éditeurs dans les résultats de recherche Google lorsque ces sites comportaient du contenu provenant de partenaires commerciaux ».

Page d'accueil de google

La Commission donnait aussi le point de vue de Google : « cette politique vise à lutter contre les pratiques qui auraient pour but de manipuler le classement dans les résultats de recherche ». Et, en effet, depuis mars 2024, l’entreprise avait mis à jour ses règles concernant le spam. Elle y expliquait qu’elle considérait qu’un site utilisait sa réputation de façon abusive « lorsque des pages tierces sont publiées sans supervision ni implication étroite de la part du propriétaire, et que le but est de manipuler le classement dans les résultats de recherche en tirant parti des signaux de classement du site propriétaire ».

Elle ajoutait : « il s’agit des pages sponsorisées, publicitaires, de partenaires ou de tiers qui sont généralement indépendantes de l’objectif principal d’un site hôte ou qui ont été créées sans une supervision ni une implication étroite du site hôte, et qui ne présentent que peu ou pas d’intérêt pour les utilisateurs ».

Mais pour la Commission, « cette politique semble avoir un impact direct sur un moyen courant et légitime pour les éditeurs de monétiser leurs sites web et leurs contenus ».

Google lâche donc, en Europe, du lest sur cette politique. « À la suite de discussions avec la Commission européenne, nous adaptons notre approche en matière d’application de la réglementation au sein de l’Espace économique européen (EEE) et clarifions les critères que nous prenons en compte lors de la mise en œuvre de cette politique », affirme-t-elle.

À partir du 30 août prochain, en Europe seulement, les actions manuelles de Google contre ce genre de pratiques n’affecteront plus le classement des pages incriminées. L’entreprise note qu’elle continue de les étiqueter comme des spams dans son système pour qu’à terme, ces pages soient quand même classées indépendamment du reste du site.

« Bien que nous restions préoccupés par le fait qu’une application trop large du DMA puisse nous empêcher de lutter contre les menaces réelles pesant sur l’intégrité de nos résultats de recherche, nous estimons que cette approche nous permet de lutter contre les tentatives de manipulation des résultats de recherche destinées à nos utilisateurs », assure-t-elle.

« Nous nous félicitons de l’abrogation de cette mesure, qui pénalisait injustement les éditeurs et les autres utilisateurs professionnels de Google Search », a déclaré à Reuters Thomas Regnier, porte-parole de la Commission européenne. « Grâce au DMA, Google Search ne reléguera plus les publications de presse au second plan au seul motif qu’elles hébergent du contenu tiers », a-t-il ajouté. « La Commission va désormais surveiller l’application de cette nouvelle politique afin de s’assurer qu’elle est conforme au DMA ».

Meta veut éteindre l’incendie autour de ses lunettes connectées

Meta joue les pompiers pour sauver la réputation de ses lunettes connectées. Ces produits font l’objet d’un feu nourri de critiques en raison de leur capacité à enregistrer des photos et des vidéos en loucedé ; la réputation catastrophique de l’entreprise en matière de respect de la vie privée fait le reste.

La fausse affiche de publicité mettant en scène Jeffrey Epstein portant les fameuses Ray-Ban connectées avec le slogan ravageur « Les lunettes des gens qui ne demandent pas le consentement » a fait le tour des réseaux sociaux. Cette campagne d’activistes menée à Londres contre les lunettes de Meta n’est que la pointe de l’iceberg. Ces produits, dont le succès commercial a été confirmé par Mark Zuckerberg et son partenaire EssilorLuxottica, posent de sérieux problèmes de confidentialité et de respect de la vie privée.

C’est pourquoi Meta tente de reprendre la main sur la com’ autour de ses lunettes connectées, dont le petit nom – « pervert glasses » – commence à leur coller à la peau. L’entreprise a ainsi lancé une campagne pour sensibiliser le public à l’existence du voyant LED qui s’allume dès que le capteur photo est en marche. Des affiches, placardées là où les lunettes enregistrent de fortes ventes, scandent le message suivant : « La caméra vous permet d’immortaliser l’instant. Le voyant permet à toutes les personnes autour de vous de savoir quand vous le faites. »

Image : Meta

Une vidéo partagée par Meta à The Verge précise que « pas de voyant » signifie « pas d’enregistrement ». Un message que l’entreprise va marteler, car cette loupiote est au cœur de la problématique. Les utilisateurs qui veulent enregistrer des vidéos sans le consentement des personnes aux alentours ont mis au point des techniques élaborées pour empêcher la diode de s’allumer.

C’est devenu un jeu du chat et de la souris avec Meta, qui déploie des correctifs pour empêcher ces bidouilles. Début juillet, la société mettait en ligne un patch empêchant la caméra de se lancer en cas d’altération du témoin lumineux. Autre correctif annoncé ce jeudi 27 août : arrêter la caméra quand la diode est couverte après le lancement d’un enregistrement.

« La caméra ne commence pas à enregistrer si la LED est masquée, mais certaines personnes tentent de contourner cette protection en lançant un enregistrement puis en la couvrant », explique Alex Himel, vice-président à la réalité augmentée chez Meta. On se demande pourquoi il a fallu tout ce temps à l’entreprise pour mettre un terme à cette bidouille si simple.

Le dirigeant indique aussi que Meta continuera à déployer des mises à jour de ce type pour s’assurer que la LED puisse avertir les personnes alentour lorsque des photos ou des vidéos sont enregistrées. « Seule une infime minorité de personnes tente de contourner ces protections, et le fait qu’elles doivent aller aussi loin montre que nos efforts portent leurs fruits », ajoute-t-il.