En Europe, Google ne dévalorisera plus les contenus sponsorisés des sites de presse
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Pour se plier au DMA européen, Google vient d’annoncer que son moteur de recherche n’allait plus considérer les contenus sponsorisés publiés automatiquement sur les sites de presse comme du spam.
En novembre 2025, la Commission européenne avait annoncé l’ouverture d’une enquête contre Google soupçonnant l’entreprise de « réduire la visibilité des contenus des éditeurs de médias ». Elle affirmait que la politique relative à l’abus de la réputation d’un site de Google « déclassait les sites web et les contenus des médias d’information et d’autres éditeurs dans les résultats de recherche Google lorsque ces sites comportaient du contenu provenant de partenaires commerciaux ».

La Commission donnait aussi le point de vue de Google : « cette politique vise à lutter contre les pratiques qui auraient pour but de manipuler le classement dans les résultats de recherche ». Et, en effet, depuis mars 2024, l’entreprise avait mis à jour ses règles concernant le spam. Elle y expliquait qu’elle considérait qu’un site utilisait sa réputation de façon abusive « lorsque des pages tierces sont publiées sans supervision ni implication étroite de la part du propriétaire, et que le but est de manipuler le classement dans les résultats de recherche en tirant parti des signaux de classement du site propriétaire ».
Elle ajoutait : « il s’agit des pages sponsorisées, publicitaires, de partenaires ou de tiers qui sont généralement indépendantes de l’objectif principal d’un site hôte ou qui ont été créées sans une supervision ni une implication étroite du site hôte, et qui ne présentent que peu ou pas d’intérêt pour les utilisateurs ».
Mais pour la Commission, « cette politique semble avoir un impact direct sur un moyen courant et légitime pour les éditeurs de monétiser leurs sites web et leurs contenus ».
Google lâche donc, en Europe, du lest sur cette politique. « À la suite de discussions avec la Commission européenne, nous adaptons notre approche en matière d’application de la réglementation au sein de l’Espace économique européen (EEE) et clarifions les critères que nous prenons en compte lors de la mise en œuvre de cette politique », affirme-t-elle.
À partir du 30 août prochain, en Europe seulement, les actions manuelles de Google contre ce genre de pratiques n’affecteront plus le classement des pages incriminées. L’entreprise note qu’elle continue de les étiqueter comme des spams dans son système pour qu’à terme, ces pages soient quand même classées indépendamment du reste du site.
« Bien que nous restions préoccupés par le fait qu’une application trop large du DMA puisse nous empêcher de lutter contre les menaces réelles pesant sur l’intégrité de nos résultats de recherche, nous estimons que cette approche nous permet de lutter contre les tentatives de manipulation des résultats de recherche destinées à nos utilisateurs », assure-t-elle.
« Nous nous félicitons de l’abrogation de cette mesure, qui pénalisait injustement les éditeurs et les autres utilisateurs professionnels de Google Search », a déclaré à Reuters Thomas Regnier, porte-parole de la Commission européenne. « Grâce au DMA, Google Search ne reléguera plus les publications de presse au second plan au seul motif qu’elles hébergent du contenu tiers », a-t-il ajouté. « La Commission va désormais surveiller l’application de cette nouvelle politique afin de s’assurer qu’elle est conforme au DMA ».
Commentaires (8)
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Abonnez-vousLe 28 août à 14h44
Le 28 août à 15h19
Le 28 août à 16h24
Je vois rien de choquant à vouloir vendre une page sur son site (avec une mention bien visible).
Le 28 août à 18h14
Pour moi le but d'un moteur de recherche c'est justement de faire remonter les résultats les plus pertinents.
Le 28 août à 20h48
Un déréférencement (total ou parciel) en raison de la présence d'articles sponsorisés sur un site, c'est un critère discriminant.
Pour vulgariser :
Si je demande au primeur de me montrer la tomate la moins chère qu'il ait, et qu'il le fait, c'est neutre et pertinant. S'il m'en montre une autre pour X raison, c'est pas neutre, et s'il me montre une carotte, c'est pas pertinant.
Modifié le 29 août à 02h45
Ensuite, le fait de de trier les sites par fréquentation, ce n'est pas "neutre", c'est déjà un choix fort. Un choix que Google n'a pas fait, et lui a préféré son PageRank par exemple, majoritairement basé sur le nombre de liens entrants et sortants (à ses début). Pareil, c'est un choix. Ou pour le dire autrement, c'est un critère qui discrimine le critère de la fréquentation et les autres critères envisageables, pour lui choisir celui-là.
Les moteurs de recherches doivent justement choisir le "mieux" possible leurs critères pour essayer d'être le plus pertinent possible. Et à partir du moment où tu choisis un ou des critères plutôt que d'autres, c'est nécessairement discriminant.
Bref, à mon sens un moteur de recherche est un outil bien trop complexe, dépendant de bien trop de paramètres pour pouvoir être « neutre ».
Enfin, le fait d'exclure certains sites comme ceux d'arnaques avérées, d'hébergement de virus, de pɘdopornographie, et autres joyeusetés, c'est aussi un sacré critère discriminant, et pour le coup je suis bien content que les moteurs de recherche minimisent leur portée en les censurant (je ne suis pas d'accord avec tous les choix qui sont faits, mais je préfère largement ça au fait de n'avoir aucun filtre).
Le 29 août à 11h18
Le 29 août à 16h35
C'est ce que faisaient les moteurs de recherche au tout début. Ils se passaient uniquement sur les occurrences de termes. Il fallait faire défiler des pages de résultats pour sélectionner soi-même ce qui pouvait être pertinent.
À l'époque, Google est arrivé comme un chien dans un jeu de quilles, avec son bouton "J'ai de la chance". En classant les résultats en fonction de leur notoriété (à partir de l'analyse des liens entrants), ça leur permettait de proposer un bouton donnant un accès direct au résultat supposé comme étant le plus pertinent. Le libellé du bouton n'était pas anodin. Avec les autres moteurs, il fallait effectivement avoir de la chance pour trouver quelque chose de réellement pertinent dans les premières pages de résultats. Ensuite, les moteurs qui n'ont pas réussi à aller au-delà des termes recherchés pour qualifier correctement la pertinence d'un résultat ont perdu l'intérêt du public et ont naturellement disparu.
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