#Le brief du 14 janvier 2026

Albert : l’IA souveraine de la Dinum ne sera pas généralisée « dans sa forme actuelle »

Le projet « Albert » de la DINUM (direction interministérielle du numérique) avait été sélectionné par la CNIL en 2023 comme un des projets d’IA « visant à améliorer les services publics ». Il s’adresse aux agents de la fonction publique et devait les assister. L’IA avait été présenté en avril 2024 par le Premier ministre (de l’époque) Gabriel Attal à la maison France Services de Sceaux (Hauts-de-Seine).

Comme le rapporte l’AFP, Albert était déjà testé dans 48 maisons France Services, mais il ne sera pas généralisé « dans sa forme actuelle », indique la Direction interministérielle du numérique (Dinum). Cette dernière affirme que ce n’est pas la fin d’Albert : « La majorité des projets expérimentaux regroupés sous la marque Albert sont désormais pérennisés et pleinement opérationnels ».

Albert est aussi une API sur laquelle viennent se brancher des modèles d’IA, notamment ceux de Mistral. Des changements sont d’ailleurs en cours sur l’API. Il y a notamment de « nouveaux alias openweight-* », une mise à jour de plusieurs modèles et la suppression de « la fonctionnalité de recherche web ».

« Nous abandonnons les alias albert-, qui manquent de clarté, au profit d’alias du type openweight-  », explique la Dinum. Elle précise que, « jusqu’au 15 février 2026, les anciens modèles/alias cohabitent avec les nouveaux ».

Les effets de l’IA sur l’emploi sont exagérés par les entreprises, selon Oxford Economics

« Les entreprises ne semblent pas remplacer leurs employés par l’IA à grande échelle. » Tel est le tableau dressé par un récent rapport d’Oxford Economics, qui constate que les tendances macroéconomiques ne permettent pas de décrire une évolution structurelle de l’emploi due à une vague d’automatisation.

En réalité, suggère l’institut de recherche, « nous suspectons que certaines entreprises tentent de déguiser des licenciements en bonnes nouvelles plutôt qu’en mauvaises. » La version plus négative de l’histoire reviendrait notamment à admettre « des embauches excessives par le passé ».

Or, suggérer qu’une réduction d’effectif est due à l’adoption de l’IA est aussi une manière de « diffuser un message positif à ses investisseurs », souligne Oxford Economics.

En s’appuyant notamment sur les données de la société de recrutement Challenger, Gray & Christmas, le rapport souligne un large écart entre perception et réalité : si l’IA a été citée comme la cause de la suppression de près de 55 000 emplois aux États-Unis sur les 11 premiers mois de 2025, ce chiffre ne représente que 4,5 % du total des emplois supprimés sur la période.

« Ces licenciements attirent l’attention, mais le nombre de pertes attribuées aux conditions du marché et à la conjoncture économique étaient plus de quatre fois supérieur, avec 245 000 licenciements », relève Oxford Economics, qui insiste : le rôle de l’IA dans les réductions d’emploi reste limité.

Si l’IA peut devenir responsable d’une chute drastique des effectifs dans le futur, cela « reste un risque, plutôt qu’une fatalité », indique le rapport.

Et de souligner que dans certains cas, l’efficacité de ce type de technologie est déjà remise en question : après l’affaiblissement de la qualité de son service client, le CEO de Klarna est par exemple en partie revenu sur sa décision de licencier 700 personnes.

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Interrail : fuite de données personnelles avec numéro de passeport, date d’expiration…

L’entreprise néerlandaise Eurail B.V., qui gère les pass Interrail et Eurail, est en train d’informer ses clients qu’elle avait été victime d’un incident de sécurité impliquant leurs données personnelles. La société affiche également un bandeau dès la page d’accueil de son site, renvoyant vers cet article.

Si elle affirme avoir « immédiatement pris des mesures pour sécuriser nos systèmes et lancé une enquête avec le soutien de spécialistes externes en cybersécurité », l’entreprise confirme qu’une « personne non autorisée a eu accès à une partie de [sa] base de données clients ».

Ainsi, sa « première analyse indique que [les données personnelles de ses clients] ont été consultées, et peuvent inclure :

  • Informations d’identité : prénom, nom, date de naissance, sexe ;
  • Coordonnées : adresse e-mail, adresse postale, numéro de téléphone, le cas échéant;
  • Informations sur le passeport: numéro de passeport, pays d’émission et date d’expiration ».

Eurail précise par contre qu’elle ne conserve « pas de copie visuelle du passeport ».

Eurail affirme continuer son enquête et avoir informé « les autorités compétentes, conformément à la législation en vigueur » et elle renvoie vers les consignes de l’autorité néerlandaise en de pareille situation. L’entreprise ajoute que, pour le moment, « il n’existe aucune preuve que ces données aient été mal utilisées ou rendues publiques ».

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Le laboratoire de la CNIL lance un test sur les dark patterns

Sous le titre « Apparences Trompeuses », le LINC (Laboratoire d’Innovation Numérique de la CNIL) propose un petit test pour passer en revue les différents mécanismes utilisés par les dark pattterns.

Ces designs poussent les utilisateurs de sites web à faire un choix qu’ils ne feraient pas forcément s’ils étaient correctement informés par le site en question.

« Sauriez-vous reconnaitre un détournement d’attention ? Débusquer un réglage intrusif par défaut en créant un compte ? Résister à un parcours labyrinthique dans un centre de confidentialité, ou à un pilotage émotionnel en supprimant vos données ? » demande le laboratoire dans son texte de présentation du questionnaire.

Et en effet, certains concepteurs de sites web rivalisent d’idées pour vous guider vers un choix qui les arrange. En octobre encore, Meta a encore été pointée du doigt par la Commission européenne qui l’accuse d’utiliser des « dark patterns » et des designs « d’interface trompeuses » dans ses mécanismes de « notification et d’action ».

Wine 11 disponible : WoW64 et NTSync au menu

Un an après la version 10, Wine – qui n’est pas un émulateur au sens strict, son nom est d’ailleurs l’acronyme récursif de « Wine is not an emulator » – vient de passer en version 11.

Ce logiciel permet pour rappel de lancer des applications conçues pour Windows sur d’autres systèmes, comme Linux et macOS. De la documentation est disponible ici pour découvrir l’application si besoin.

Les notes de version annoncent pas moins de 6 300 changements (contre 6 000 pour Wine 10). Il y a notamment la finalisation de WoW64 permettant d’exécuter des applications 32 bits et même 16 bits dans un environnement 64 bits et l’ajout du module NTSync pour le noyau Linux (pour améliorer les performances des émulateurs Windows NT). Ce sont les « principaux points forts », affirme l’équipe en charge du projet.

Il y a également diverses améliorations sur la partie graphique, la prise en charge de l’API Vulkan 1.4.335, le support de X11 Window Manager, la prise en charge de nouvelles manettes, etc.

[MàJ] Linux Mint 22.3 (avec Cinnamon 6.6) disponible en version finale

Mise à jour, 14 janvier, 8h05 :

Linux Mint 22.3 Zena est désormais disponible au téléchargement en version finale, avec une logique de support long terme (LTS) puisque la distribution, basée sur le noyau Linux 6.14, s’appuie sur les éléments de base de la dernière LTS d’Ubuntu. Zena fera ainsi l’objet de mises à jour de sécurité jusqu’en 2029. Outre les multiples possibilités offertes par l’introduction de l’environnement Cinnamon 6.6, cette nouvelle version inaugure comme prévu les nouveaux outils Information Système et Administration Système, les XApp Symbolic Icons destinées à remplacer les icônes héritées d’Adwaita, la mise en pause des snapshots dans Timeshift ou la prise en charge d’IPv6 et des messages texte dans Warpinator.

Les nouveautés sont détaillées dans un article dédié, et les liens de téléchargement, qui font donc la part belle à l’édition Cinnamon, en complément des éditions Xfce ou MATE, sont centralisés sur cette page.

Linux Mint 22.3 inaugure une Cinnamon Edition

Publication initiale, 19 décembre, 8h46 :

La distribution Linux Mint, très appréciée, aura bientôt une version 22.3 intermédiaire (nommée Zena), avec à son bord quelques nouveautés importantes. La bêta est disponible depuis ce 18 décembre, mais la phase de test sera assez courte, puisque la version finale est attendue pour la toute fin d’année ou les premiers jours de 2026.

Le changement le plus significatif est l’arrivée de Cinnamon 6.6, dont nous avons parlé il y a peu. On y retrouve un nouveau menu d’applications plus personnalisable, la possibilité d’utiliser des icônes pleines ou symboliques, un meilleur support de Wayland, l’affichage des dossiers usuels ou encore une réorganisation générale, dans l’idée de rendre le menu plus efficace. Cette version 6.6 introduit de multiples autres changements, notamment dans les paramètres, avec l’apparition d’un module dédié au Thunderbolt par exemple.

Outre le nouveau Cinnamon, Zena introduit des améliorations bienvenues comme la possibilité de mettre en pause une opération de fichier dans Nemo, l’arrivée de nouveaux outils Information Système et Administration Système, un classement des notifications par applications, une option permettant de mettre en pause la création d’instantanés (snapshots) dans Timeshift, ou encore une fonction Night Light toujours active.

Rappelons que les versions de Linux Mint sont toujours basées sur les dernières révisions LTS d’Ubuntu. Zena est ainsi basée sur Ubuntu 24.04.03 et embarque un noyau Linux 6.14. L’arrivée d’Ubuntu 26.04, « Resolute Raccoon », servira de fondation à la future version 23 de Linux Mint.