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TikTok et Meta ont enfreint le DSA, selon la Commission européenne

Le 24 octobre 2025 à 14h16

Bruxelles vient de publier les conclusions préliminaires de ses enquêtes sur les infractions potentielles du DSA (règlement sur les services numériques) par Meta et TikTok.

La Commission européenne estime que les deux entreprises n'accordent pas aux chercheurs « un accès adéquat aux données publiques » sur leurs plateformes, que ce soit Facebook, Instagram ou TikTok. Le texte européen prévoit que les chercheurs puissent accéder aux données des très grandes plateformes en ligne (VLOP) et très grands moteurs de recherche (VLOSE) sans même l'intermédiaire des coordinateurs de services numériques.

Drapeaux de l’Union européenne

« Permettre aux chercheurs d'accéder aux données des plateformes est une obligation de transparence essentielle en vertu de la législation sur les services numériques, car elle permet au public d'examiner l'incidence potentielle des plateformes sur notre santé physique et mentale », explique la Commission.

Elle ajoute que les deux entreprises ont « peut-être mis en place des procédures et des outils contraignants pour permettre aux chercheurs de demander l'accès aux données publiques ».

Si c'est la seule critique de la Commission contre TikTok dans ses conclusions préliminaires, elle en ajoute une autre à l'intention de l'entreprise de Mark Zuckerberg : « en ce qui concerne Meta, ni Facebook ni Instagram ne semblent fournir un mécanisme de "notification et d'action" convivial et facilement accessible permettant aux utilisateurs de signaler les contenus illicites, tels que les contenus pédopornographiques et les contenus à caractère terroriste ».

La Commission explique qu'il faut passer plusieurs étapes inutiles et que les réseaux de Meta imposent des exigences supplémentaires aux utilisateurs pour faire ces signalements. Elle accuse aussi l'entreprise d'utiliser des « dark patterns » et des designs « d'interface trompeuses »  dans ses mécanismes de « notification et d'action ».

« Nos démocraties dépendent de la confiance. Cela signifie que les plateformes doivent responsabiliser les utilisateurs, respecter leurs droits et ouvrir leurs systèmes à un examen minutieux. Le règlement sur les services numériques en fait un devoir, pas un choix », rappelle Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive chargée de la souveraineté technologique, de la sécurité et de la démocratie.

« TikTok s'engage en faveur de la transparence et valorise la contribution des chercheurs à notre plateforme et à l'ensemble du secteur. Nous examinons actuellement les conclusions de la Commission européenne", mais les exigences en matière d'accès des chercheurs aux données "mettent en conflit direct le DSA et le RGPD », affirme TikTok à l'AFP.

« Nous contestons toute allégation de violation du DSA et poursuivons nos négociations avec la Commission européenne sur ces questions », commente de son côté Meta toujours auprès de l'AFP.

Le 24 octobre 2025 à 14h16

Commentaires (15)

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On se demande bien en quoi le DSA et le RGPD sont en conflit concernant l'accès à des données publiques
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Le scrapping de données personnelles même publiques n'est pas autorisé, puisque les personnes n'ont pas consenti au traitement qui est fait derrière.

Il y a eu des précédents en ce sens il me semble.
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Si c'est dans les CGU, elles ont consenti au traitement, comme pour l'analyse comportementale utilisée pour fournir des pubs.
Si c'est pas dans les CGU, c'est que TikTok n'a pas de CGU compatibles DSA, de ce que je comprend. 😉
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Si c'est dans les CGU, elles ont consenti au traitement,
Non, une clause noyée dans des CGU de 20km de long n'est pas un consentement libre et éclairé.
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Mais alors si c'est pas valide dans les CGU, c'est que leur traitement de profilage et de gestion des publicités n'est pas non plus valide.
Ils n'oseraient pas faire ça, tout de même !?! Oh... Wait...


En vrai, je suis d'accord avec toi. 😉
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Ici, on ne parle pas de scrapping mais d'accès par une API à disposition des chercheurs.

Mais surtout, TikTok n'a pas dû voir que l'article 89 du RGPD traitait du cas de la recherche et donnait des pistes et que l'article 40 du DSA indiquait aussi que ce n'était pas à la plateforme de s'occuper de la protection des données personnelles dans ce cas mais au coordinateur pour les services numériques de l’État membre d’établissement.
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Oh lala ! Mais qu'ils sont tête-en-l'air, chez TikTok ! 😁
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Pour compléter, une des 6 bases légales dans le RGPD, c'est l'obligation légale. Donc si l'entreprise à l'obligation de (via le DSA), alors cela ne va pas à l'encontre du RGPD.

Par contre, on pourrait éventuellement dire que cela va à l'encontre de la philosophie derrière le RGPD.
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Nos démocraties dépendent de la confiance. Cela signifie que les plateformes doivent responsabiliser les utilisateurs, respecter leurs droits et ouvrir leurs systèmes à un examen minutieux. Le règlement sur les services numériques en fait un devoir, pas un choix
Nos démocraties dépendent de la confiance... du peuple envers ses institutions !
Pas dans la confiance du peuple envers les plateformes.

Ces institutions ont pour mission de définir les règles, contrôler leur application et punir les contrevenants. Alors qu'elles fassent leur boulot sans tergiverser, négocier, excuser, patienter...
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C'est pas justement ce qu'elles font ?

Alors, certes, avec une lourdeur et un manque de conviction toutes particulières, mais tout de même : au moins, des lois ont été votées.
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Bruxelles vient de publier les conclusions préliminaires de ses enquêtes sur les infractions potentielles
"publier" des conclusions "préliminaires" sur les infractions "potentielles".

C'est une manière de dire "on peut négocier hein... rien n'est encore définitif".
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Non. C'est le principe du contradictoire, une des bases de la justice.
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Le principe du contradictoire n'est pas de "négocier" avec la partie adverse mais de présenter sa version à une autorité judiciaire, afin que les deux parties soit entendues avant que le jugement soit rendu.

Mais là, il s'agit bien pour l'une des parties de négocier avec la partie adverse. Je cite:
« Nous contestons toute allégation de violation du DSA et poursuivons nos négociations avec la Commission européenne sur ces questions », commente de son côté Meta
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C'est Meta qui parle de négocier, pas la commission européenne. Le terme est même probablement choisi pour justement semer le doute et laisser supposer qu'ils peuvent s'en sortir par ce biais.

On est sur de la comm' pure et simple.
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C'est une manière de dire "on peut négocier hein... rien n'est encore définitif".
Si j'ai bien compris, c'est le fait de négocier qui te dérange ?
Tu vois ça comme un échec ou un manque d'action ?

TikTok et Meta ont enfreint le DSA, selon la Commission européenne

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