Cerveau en « pilote automatique » : l’Europe dénonce la conception addictive de TikTok
Le 06 février à 17h52
3 min
Droit
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Dans un communiqué publié ce vendredi, la Commission européenne « a conclu à titre préliminaire que TikTok enfreignait la législation sur les services numériques en raison de sa conception addictive. Cela inclut des fonctionnalités telles que le défilement infini, la lecture automatique, les notifications push et son système de recommandation hautement personnalisé ».
Toujours selon la Commission, le réseau social n’aurait pas « évalué de manière adéquate » les conséquences des « caractéristiques addictives » de sa plateforme et de la manière dont elles « pourraient nuire au bien-être physique et mental de ses utilisateurs, y compris les mineurs et les adultes vulnérables ».
Ce ne sont pas les seuls griefs ; la plateforme aurait dû considérer l’utilisation compulsive, le temps que les mineurs passent la nuit sur le réseau social, la fréquence d’ouverture, etc. Pour la Commission, les fonctionnalités de TikTok « alimentent l’envie de continuer à défiler et de déplacer le cerveau des utilisateurs en « mode pilote automatique » ».
De plus, « TikTok semble ne pas mettre en œuvre des mesures raisonnables, proportionnées et efficaces pour atténuer les risques découlant de sa conception addictive ». Cela concerne aussi bien les outils de gestion du temps que les fonctions de contrôle parental.
Bref, la Commission estime que « TikTok doit modifier la conception de base de son service ». Plusieurs pistes sont proposées : désactiver le scroll infini, mettre en place des temps d’interruption, revoir le système de recommandation, etc.
Henna Virkkunen, la responsable technologique de l’UE, attend « maintenant, après la publication de ces conclusions préliminaires, que TikTok prenne des mesures et modifie la conception de son service en Europe afin de protéger nos mineurs », comme le rapporte Reuters.
Ce ne sont pour le moment que des conclusions préliminaires qui « ne préjugent pas de l’issue de l’enquête », mais elles donnent le ton pour la suite des opérations de la Commission. La balle est maintenant dans le camp de TikTok qui a la possibilité de consulter les documents de la Commission pour répondre et se défendre. Si par contre la vision de la Commission était confirmée, TikTok risquerait « jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires annuel mondial ».
Bien évidemment, TikTok a déjà fait savoir son profond désaccord : « Les conclusions préliminaires de la Commission présentent une description catégoriquement fausse et totalement infondée de notre plateforme, et nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour contester ces conclusions par tous les moyens à notre disposition », comme le rapporte Reuters.
La Commission a pour rappel ouvert une procédure formelle contre TikTok en février 2024, après une enquête préliminaire. D’autres inquiétudes ont été soulevées par l’Europe, notamment sur l’accès des chercheurs aux données et la transparence de la publicité.
Sur ce dernier point, l’affaire est close puisque la Commission « a obtenu l’engagement de TikTok de fournir des répertoires publicitaires qui garantissent une transparence totale des publicités sur ses services ». Les engagements sont contraignants et « répondent à toutes les préoccupations ».
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Lundi 08 décembre 2025 à 08h32 08/12/2025 08h32
Le 06 février à 17h52
Commentaires (25)
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Abonnez-vousLe 06/02/2026 à 18h31
Mais que sait-on des changements d’algorithmes à l’aune du changement de main de TikTok justement ?
Modifié le 06/02/2026 à 19h16
Ils sont passé sur une co-entreprise pour les USA seulement. Pour l'UE (et le reste du monde) cela ne change rien.
Par contre aux US, en plus de contenter des soutiens politiques de Trump, cela permet surtout aux services de renseignement un libre accès aux données.
Modifié le 06/02/2026 à 20h10
Le 06/02/2026 à 18h33
Bref, je me demande si c'est le bon angle d'attaque.
Le 06/02/2026 à 18h34
Quant à l'addictivité des médias sociaux et les mécanismes psychologiques sur lesquels ils reposent pour capter l'attention, je pense que c'est documenté depuis quelques années désormais.
Le 06/02/2026 à 19h07
Le 06/02/2026 à 22h42
Je ne dis pas qu'il ne faut rien faire, bien au contraire, mais encore une fois je ne pense pas que cela soit le bon angle d'attaque. Je m'attends juste avec cela à des batailles juridiques interminables qui n'aboutiront à rien.
Le 07/02/2026 à 08h51
Modifié le 07/02/2026 à 08h54
Le règlement dispose également que la Commission Européenne peut publier les lignes directrices et il cite trois exemples, de même pour la sur-solicitation des notifications.
Le 06/02/2026 à 18h33
Le 06/02/2026 à 19h27
Modifié le 07/02/2026 à 00h58
De plus, c'est un peu le réseau social du moment. S'il n'y avait que dix personnes dessus, je suis sûr que ça poserait moins de problème.
Le 07/02/2026 à 08h52
Le 07/02/2026 à 09h58
Le 06/02/2026 à 21h01
Ils prennent une amende ou pas ?
Le 07/02/2026 à 10h06
Le 08/02/2026 à 00h43
On peut te consulter pour tous investissements ou problèmes de coeur?
Le 07/02/2026 à 16h42
Et le second versant social, c'est de croire que la vie et la réussite sont équivalents à des claquements de doigts
Le 08/02/2026 à 02h52
Le 08/02/2026 à 06h40
Le 08/02/2026 à 10h09
Oui, c'est long. Mais vaut-il mieux ça et partir avec un cadre et un dossier argumenté, ou se précipiter et voir sa procédure annulée devant un tribunal ?
Le 08/02/2026 à 12h02
Modifié le 08/02/2026 à 12h04
Modifié le 15/02/2026 à 07h54
Le 15/02/2026 à 09h19
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