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Bitcoin : une nouvelle enquête affirme révéler l’identité de Satoshi Nakamoto

Le 08 avril à 13h01

Serait-ce enfin l’épilogue ? Dix-sept ans après la publication du fameux livre blanc signé Satoshi Nakamoto et l’essor du phénomène bitcoin, deux journalistes du New York Times affirment être en mesure de certifier l’identité réelle de son créateur. D’après leur longue enquête, tous les éléments convergent vers Adam Back, un cryptographe d’origine britannique âgé de 55 ans.

Pour mettre un nom sur l’un des hommes les plus recherchés au monde, John Carreyrou et Dylan Freedman ont notamment passé au crible les archives de la célèbre mailing list Cypherpunks dont les échanges, inscrits dans le courant de pensée éponyme, ont participé à la création des cryptoactifs en général et de bitcoin en particulier.

Au cours de leurs travaux, les deux journalistes estiment avoir mis au jour des similitudes troublantes entre les échanges signés par Adam Back et ceux attribués à Satoshi Nakamoto. Le premier aurait d’ailleurs disparu quand le second a fait son entrée sur le devant de la scène, avant que le mouvement inverse ne s’opère. En 2011, Nakamoto s’est en effet soudainement tu. Six semaines après sa disparition, Adam Back s’est ensuite exprimé pour la première fois publiquement sur le bitcoin.

Adam Back a démenti mercredi être le créateur de bitcoin – capture d’écran

John Carreyrou, célèbre pour avoir déclenché l’affaire Theranos quand il écrivait encore au Wall Stret Journal exhume quelques déclarations ambivalentes, et souligne comment les travaux préliminaires d’Adam Back ouvraient la voie au bitcoin. L’intéressé a en effet conçu et développé, dès 1997, un système de preuve de travail baptisé Hashcash, initialement pensé pour la lutte contre le spam, et repris ultérieurement dans l’univers bitcoin. Carreyrou retrace également le parcours de Back depuis le lancement de bitcoin, et s’interroge notamment sur les raisons de son installation à Malte, à partir de 2009.

Le gros de l’enquête réside toutefois sur des mécaniques d’analyse du discours assistée par ordinateur, qui mettent en lumière des expressions idiomatiques, des tics de langage, des constructions rhétoriques et des idées que l’on retrouve aussi bien dans les propos signés Adam Back que dans ceux attribués à Satoshi Nakamoto.

L’analyse finale est même purement quantitative : les deux auteurs indiquent avoir créé un corpus regroupant des messages émanant de 620 candidats potentiels à la paternité de bitcoin, et passé cet inventaire au crible des écrits de Nakamoto. Dans le lot, le seul à cocher toutes les cases, de la façon d’écrire email à l’emploi de tournures britanniques plutôt qu’américaines, s’est révélé Adam Black.

Dont acte ? L’intéressé a réagi mercredi 8 avril sur les réseaux sociaux.

« Je ne suis pas Satoshi, mais j’ai été parmi les premiers à me concentrer sur les implications sociétales positives de la cryptographie, de la confidentialité en ligne et de la monnaie électronique, d’où mon intérêt actif, à partir de 1992 environ, pour la recherche appliquée sur la monnaie électronique et les technologies de confidentialité sur la liste de diffusion des cypherpunks, ce qui a conduit à Hashcash et à d’autres idées ».

D’après lui, les liens sémantiques établis par Carreyrou relèveraient de la coïncidence, et d’une proximité de pensée entre des passionnés partageant des centres d’intérêt commun. Et le secret qui entoure la création de bitcoin mériterait d’être défendu : « Je ne sais pas non plus qui est Satoshi, et je pense que c’est une bonne chose pour le bitcoin, car cela contribue à ce qu’il soit perçu comme une nouvelle classe d’actifs, une matière première numérique mathématiquement rare ».

En attendant l’éventuelle transaction réalisée depuis le premier portefeuille en bitcoin de la chaîne, qui ferait sans doute office de preuve irréfutable, le mystère de l’identité de Satoshi Nakamoto n’a donc probablement pas fini de susciter enquêtes et controverses.

Le 08 avril à 13h01

Commentaires (12)

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Et le colonel moutarde ?
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Vrai ou faux, c'est quand même lui mettre une cible sur la tête.
Avec possiblement plus d'1M BTC soit env. 76 MILLIARDS (!) de $.
J'en connais qui se font enlever et torturer pour bcp bcp bcp moins que ça...
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Au fait, le portefeuille en question n'a jamais rien vendu non ?
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Non.
Il avait été demandé à Craig Wright (surnommé Faketoshi) de prouver son identité de Satoshi Nakamoto en déplacant un des tous premiers BTC à avoir été créés, il ne l'a jamais fait. Et depuis, il n'y a eu aucun mouvement sur les portefeuilles qui en détiennent.
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Je dirais une enquête de plus :-) Ce n'est ni la première ni la dernière sur le sujet.
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John est le fils de Gérard. <- j'aurai au moins appris ça de neuf !
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Je croyais que Nakamoto c’était Banksy :embarassed:
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C'est étonnant que Luc Julia n'ait pas encore fait une conf pour dire que c'était lui.
Il n'a jamais rien dit par pure modestie.
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Hors sujet :
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=> le formatage des vieux commentaires est aléatoire
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le mystère de l’identité de Satoshi Nakamoto n’a donc probablement pas fini de susciter enquêtes et controverses.
C'est marrant, mais en ce moment je suis sur le jeu Lego Star Wars : The Skywalker Saga. Dans l'une des scènes de The Phantom Menace, ils ont fait un gag où presque chaque personnage prétend être la reine Amidala déguisée. Je ne sais pas pourquoi, mais cet article m'y a fait penser :transpi:
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C'est pas possible. Car c'est moi, la Reine Amidala !!!
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J'en étais sûr que ton image de profil me rappelait quelqu'un !