Connexion Premium

Les lunettes Meta se font bannir des événements, tribunaux et même des navires

De plus en plus de lieux et d’événements interdisent le port des lunettes connectées de Meta. C’est le cas des organisateurs de l’édition 2026 de la DEF CON, qui ouvrira ses portes à Las Vegas la semaine prochaine : ces montures capables d’enregistrer de la vidéo seront interdites dans les travées du grand raout annuel des spécialistes de la cybersécurité, comme le rapporte The Register. « Aucune exception n’est prévue pour les modèles équipés de verres correcteurs. Si vous en avez besoin, pensez donc à emporter une paire de lunettes conforme au règlement », ajoutent les organisateurs.

« Ravi de voir DEF CON adopter une politique “pas de lunettes de pervers” », s’est réjouie dans la foulée Eva Galperin, directrice cybersécurité à l’EFF. L’actualité de ces derniers mois a renforcé les craintes suscitées par ces lunettes, capables d’enregistrer discrètement leur environnement et les personnes qui s’y trouvent.

On a vu ainsi fleurir des vidéos de type « caméra cachée » franchement lourdingues, que ce soit des blagues ou des techniques de drague. Instagram a d’ailleurs annoncé il y a quelques jours le retrait de ces vidéos, sans préciser les moyens techniques qui seront mis en œuvre pour la suppression de ce contenu.

Les lunettes intègrent bien une diode LED pour signaler un enregistrement, mais elle peut être trafiquée. Meta a cependant promis de bloquer les enregistrements. Mais un problème demeure : les personnes filmées peuvent ignorer la signification de cette lumière.

Les tribunaux de l’État de New York interdisent les lunettes connectées.

La DEF CON est loin d’être la seule structure à bannir ces lunettes connectées. Monopoly Events, qui organise plusieurs Comic Con au Royaume-Uni, a interdit les lunettes Meta et, plus largement, tout dispositif d’enregistrement porté sur soi. Depuis le 20 juillet, les tribunaux de l’État de New York interdisent (PDF) ces dispositifs à l’intérieur des palais de justice. C’est aussi le cas ailleurs, comme à Philadelphie où les personnes qui refusent d’obtempérer peuvent être expulsées et s’exposent à des poursuites pour outrage.

Dès décembre dernier, MSC Croisières a interdit ces lunettes dans les espaces publics de ses navires. Le règlement parle d’appareils capables « d’enregistrer ou de transmettre des données de manière dissimulée ou discrète ». Dans le même secteur d’activité, Royal Caribbean a adopté une restriction similaire au mois de février.

La liste des interdictions est encore assez réduite, mais elles pourraient faire tâche d’huile au fur et à mesure de la reconnaissance publique de ces appareils, que ce soit grâce à leur succès commercial ou aux dérives qui les accompagnent. À New York et à Londres, une campagne activiste détourne les publicités de Meta dans les abribus. On peut par exemple y voir une photo modifiée de Jeffrey Epstein portant des lunettes, au-dessus du slogan : « Des lunettes pour ceux qui ne s’embarrassent pas du consentement. » Glaçant…

Commentaires (32)

votre avatar
Ah si seulement on les interdisait à la vente, détention, et utilisation dans tout l'espace public... le doux rêve !
votre avatar
Ca serait bien trop simple voyons :D
votre avatar
C'est ce que disaient certains lorsque les premiers téléphones avec appareil photo sont sortis. Aujourd'hui ils ont tous leur smartphone avec 3 ou 4 capteurs photos dans la main en permanence...
votre avatar
La différence est qu'on voit un smartphone qui filme, pas forcément des lunettes qui filment.
votre avatar
Les lunettes sont toutes équipées d'une diode de courtoisie qui signale qu'on filme. Le téléphone de son côté filme en toute discrétion, sans rien signaler, et si il y a 15 ans avoir un smartphone en main était un geste ostensible aujourd'hui tout le monde a le sien greffé dans la paume en permanence. Les gens peuvent filmer en toute discrétion sans souci (encore plus avec les objectifs grand angles intégrés qui ne demandent pas de pointer dans la bonne direction, sans parler des zooms qui permettent de filmer à bonne distance). Simplement on s'est tellement habitués à voir les gens déambuler avec le téléphone à la main pour tout et n'importe quoi qu'on n'y fait plus attention et qu'on part du principe qu'ils sont occupés à toute autre chose qu'à filmer.
A l'inverse avec les smartglasses on n'est pas encore habitués, on focalise dessus, et on part du principe qu'ils sont en train de filmer alors même que le diode nous montre le contraire...


(OK, il existe des méthodes pour bloquer cette diode de courtoisie, mais dans ce cas on est sur une personne qui fait expressément un acte malveillant, et dans ce cas là elle peut aussi bien avoir une caméra espion dans sa montre, son épingle de cravate, son ceinturon, etc. Il y a belle lurette que les gadgets qui nous émerveillaient dans les premiers James Bond sont devenus des simples objets à quelques euros en vente sur Ali Express).
votre avatar
Ce n'est (théoriquement) plus les cas sur les dernières, mais sur les anciennes la LED peut sauter ou être masquée : on ne voit pas que ca filme...
votre avatar
Oui tout à fait. C'est pour ça que je précisais à la fin entre parenthèses que dans ce cas-là on part sur une personne malveillante qui va volontairement faire l'action de la faire sauter, mais que dans ce cas il y a une palanquée d'autres façon de planquer une caméra. On n'est plus sur l'utilisateur standard des lunettes mais sur une personne qui cherche à faire de l'espionnage industriel, du voyeurisme, un paparazzi, etc. Activités qui tombent sous le coup de la loi non du fait des moyens employés mais de leur destination, car les moyens en questions sont inombrables et les lunettes n'en sont qu'un parmi d'autres, tout comme à nouveau le téléphone portable.
votre avatar
"Abandonnez le navire !"

(eût été un sous-titre amusant :p )
votre avatar
Il aurait pourtant suffi à Meta de ne pas permettre d'enregistrement vidéo (la photo seule ça passerait je pense). Ca leur aurait coûté une partie du public des vidéastes mais ça leur aurait évité tout ça. Ce sont quand-même au départ des lunettes de réalité augmentée avant d'être des caméras vidéo.

Maintenant c'est peut-être trop tard pour le faire.
votre avatar
Mais un problème demeure : les personnes filmées peuvent ignorer la signification de cette lumière.
Bof, la plupart de ces personnes n'ont "rien à cacher" depuis des années. Elle accepte que des multinationales analysent ses e-mails, ses bulletins de paye et fiches d'impôts, ses comptes-rendus médicaux, ses photos de famille,...
Elle se moque donc d'être enregistrée à son insu !
.
..
...

Non ??
votre avatar
En effet, bon nombre se fichent de ce qu'ils publient/mettent à disposition en ligne.
Mais on ne s'imagine pas à quel point les avis sont différents quand le parti opposé est à portée de mandale...
votre avatar
Et surtout quand le parti opposé ne leur apporte rien.
votre avatar
heu oui mais il s'agit des personnes filmées a leur insu. Toi tu fais référence a celles qui portent les lunettes Meta
votre avatar
Non non je fais bien référence aux personnes qui seront filmées / photographiées par les porteurs de ces lunettes.
Ce sont les mêmes personnes qui n'en ont rien à faire de la vie privée quand on essaye de les alerter.
votre avatar
mouai, tu généralise un peu, ça pourrait etre toi, ou moi qui sommes filmés. J'ai installé un appli pour detecter les lunettes , mais pas pu tester => Fing
votre avatar
D'où "la plupart"...
votre avatar
Comment ça "détecter les lunettes" ? Genre avec le Bluetooth ?
votre avatar
sed 's/SMART GLASSES/PRIVACY VIOLATION GLASSES/g'
votre avatar
Monopoly Events, qui organise plusieurs Comic Con au Royaume-Uni, a interdit les lunettes Meta et, plus largement, tout dispositif d’enregistrement porté sur soi.
Smartphones compris, du coup ?
votre avatar
Je me suis fait la même réflexion.
Puis je me suis dit que la mention "porté sur soi" exclut les smartphones et autres APN.
J’imagine que c'est plus les dispositifs dissimulés (genre fausse boutonnière cachant un dispositif de prise de vue/prise de son) qui ne permettent pas aux gens de s'opposer à la captation.
votre avatar
Effectivement, "porté sur soi" peut être vu comme ça (mais ça peut être sujet à interprétation).
votre avatar
Le terme anglais du communiqué est "wearable recording devices", donc effectivement, plutôt ceux qui se portent comme des habits ou accessoires (lunettes), ou dissimulés au sein-même des habits (fausse boutonnière) que ceux qu'on met dans la poche.
votre avatar
Donc une smartwatch avec micro (au hasard : une Apple Watch) serait incluse par contre. Curieux de voir s'ils vont l'appliquer.
votre avatar
Moi ce qui me dérange dans tout ce raffut autour de ces lunettes c’est qu’on confond captation et diffusion qui sont 2 notions distinctes.
L’article 226-1 du code pénal n’a jamais interdit la captation d’image sans consentement dans un lieu public ou ouvert au public mais seulement dans les lieux privés. Et c’est la diffusion qui quoi qu’il arrive doit être soumis a consentement.
Et heureusement le droit de français est assez bien fait la dessus pour que journaliste, photographe et professionnel de l’image puisse filmer ou photographier ce qu’ils veulent.
A partir de la sur quoi s’appuyer pour ne pas remettre en question ces libertés fondamentales mais en bannissant tout de même ce genre d’absurdité que sont les lunettes Meta?
votre avatar
Les lunettes intègrent bien une diode LED pour signaler un enregistrement, mais elle peut être trafiquée.
J'ai justement vu passer tout à l'heure un article sur un sticker à 2$ qui la rend quasiment invisible (sauf dans l'obscurité) et qui continue de toute façon à faire croire au hardware qu'elle est visible en illuminant le capteur de contrôle, donc impossible à gérer via update software. L'intégration se voit "un peu", mais faut déjà savoir à quoi ça ressemble en temps normal.

Bref, ça sent la bataille perdue d'avance, sauf à ce que l'IA analyse en permanence la vidéo à la recherche de sa propre lumière dans un reflet, mais alors là BONNE CHANCE.
votre avatar
Bref, ça sent la bataille perdue d'avance
Pas avec une batte de base-ball.
votre avatar
Je disais ça pour Meta...
votre avatar
La vraie bataille, c'est celle de la protection de notre vie privée face à ces produits mis sur le marché par Meta.

Que Meta "lutte" contre ce détournement d'un produit spécialement conçu pour violer la vie privée, désolé, mais je n'y crois pas une seule seconde.
votre avatar
photo modifiée de Jeffrey Epstein portant des lunettes, au-dessus du slogan : « Des lunettes pour ceux qui ne s’embarrassent pas du consentement. »

Apparemment les activistes se fichent eux aussi (quelle surprise!) du consentement...

... et publié sur instagram! merveilleux!
votre avatar
Euh, un mort ne peut pas consentir et n'a plus de droit à l'image.

Quant à ta comparaison entre des viols et de la traite sexuelle de mineurs avec le droit à l'image, elle montre que tu n'as que peu de considération pour les crimes qu'il a commis.
votre avatar
Où vois-tu une comparaison?

Es-tu en train de suggérer que selon le crime commis, le respect des droits d'un individu est relatif, hors sanctions judiciaires?

De mon côté en tout cas, j'évite de porter un jugement moral en fonction de ton commentaire. C'est aussi une question de respect, dans une discussion civilisée. (je me demandes d'ailleurs quoi ma question sur "le droit à l'image"(sic) à le moindre rapport avec ce que je pourrais penser de crimes commis par la personne sur cette image)

En tout cas tu as raison: un mort ne peut consentir, est-ce que cela donne le droit à tous de faire de son image n'importe quoi?
Dans la foulée, tu n'abordes pas la présence d'image fake sur le réseau social de Meta, ce qui me questionne sur ce que tu juges digne de considération.

Merci en tout cas pour ton argumentaire en une ligne.
Si c'était un troll, bravo, on peut pas faire mieux.
votre avatar
Je vois une comparaison dans ton commentaire, mais si je me suis trompé, dis moi comment tu appelles cela, en particulier, la phrase qui contient le mot "aussi", parce que si ce n'est pas une comparaison, ça y ressemble beaucoup.
Es-tu en train de suggérer que selon le crime commis, le respect des droits d'un individu est relatif, hors sanctions judiciaires?
Non, mais un mort n'a aucun droit en fait, donc, Epstein, mort n'a aucun droit sur son image (et ses héritiers non plus). Et vivant, en tant que personnalité, il en avait peu : il n'aurait pas pu empêcher une telle image. Donc, non, je ne suggère pas que l'on peut respecter ou pas les droits d'une personne suivant le crime commis. Je sais qu'il n'avait que peu de droits vivant surtout aux USA et plus aucun moins mort.

Une image fake d'une personnalité sur Instagram ou autre, ça n'a rien d'interdit, d'autant plus qu'ici, en soi, cette image n'a rien de particulièrement outrageant. Ce sont les mots qui sont en dessous qui sont forts, mais la liberté d'expression est sacrée aux USA.