« Je disparais d’Internet » : Verisign arrête les prenom.nom.name, avec pertes et fracas
no.name
Illustration : Flock
Le 09 septembre à 09h15
Verisign veut se débarrasser des domaines en prenom.nom.name. L’ICANN a donné son feu vert, mais plusieurs utilisateurs font part de leur grogne ; l’un d’entre eux à même peur de « disparaitre d’Internet » après 25 ans de présence. Un recours a été déposé, mais il n’est pas forcément en bonne voie pour le moment…
« Je disparais d’Internet » : Verisign arrête les prenom.nom.name, avec pertes et fracas
no.name
Illustration : Flock
Verisign veut se débarrasser des domaines en prenom.nom.name. L’ICANN a donné son feu vert, mais plusieurs utilisateurs font part de leur grogne ; l’un d’entre eux à même peur de « disparaitre d’Internet » après 25 ans de présence. Un recours a été déposé, mais il n’est pas forcément en bonne voie pour le moment…
Internet
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8 min
L’affaire remonte à avril 2026, quand Verisign demande officiellement à l’ICANN – Internet Corporation for Assigned Names and Numbers, en charge des noms de domaines et adresses IP sur Internet – d’arrêter la vente des domaines en prenom.nom.name et de supprimer ceux existants.
Verisign coupe franchement : les noms de troisième niveau sont résiliés
On parle de troisième niveau : le .name est le premier niveau (comme le .com, .fr, .ink, etc.). Nom.name est le deuxième niveau et prenom.nom.name le troisième. Avoir un nom de deuxième niveau permet automatiquement de gérer également l’ensemble des sous-domaines. Par exemple avec next.ink, nous pouvons faire n’importe quel sous-domaine en xxx.next.ink, mais aussi continuer l’arborescence en yyy.xxx.next.ink, etc.
La demande de Verisign concernant la fin des prenom.nom.name (et des redirections emails) a été acceptée par l’ICANN en mai, puis formalisée fin juillet. L’opérateur « proposait que, dès l’interruption du service, aucun nouveau nom de domaine de troisième niveau ne soit enregistré et que les noms de domaine de troisième niveau existants soient résiliés », explique l’ICANN.
Verisign justifie sa décision par le faible support des registrars et un « déclin de l’utilisation des domaines de troisième niveau, en précisant que, bien qu’il existe environ 22 000 enregistrements de domaines de troisième niveau, la majorité de ces domaines ne sont pas utilisés ».
prenom.nom.name : au dernier décompte, 20 931 noms de 3e niveau
Sur la dernière liste des domaines en .name consultée par Next, il y avait 20 931 noms de troisième niveau en prenom.nom.name, contre 21 593 en octobre 2025, soit une petite baisse de 3 % en un an. Dans le lot, 12 819 domaines distincts de deuxième niveau en nom.name : 10 302 avec un seul prenom, 2 517 avec deux prenoms ou plus (prenom1.nom.name, prenom2.nom.name, etc.) pour un total de 10 629 domaines.
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Commentaires (22)
Le 9 septembre à 09h59
Merci next c'est un sujet sur lequel j'aimerais bien lire la réaction de Stéphane car je ne l'ai pas vu mentionné sur son blog.
J'ai le sentiment qu'avec seulement 22000 domaines concerné, déjà il faudrait voir si par exemple il existe un autre propriétaire d'un xxx.fraser.name qui n'est pas neil.
Si oui c'est un problème en effet mais si c'est pas le cas, ça me parait simple : On file le domaine fraser.name à Neil, et ce dernier créé son 3ème niveau.
Mais ca concernera combien de gens sur les 22.000 ?
Le 9 septembre à 10h47
Le 9 septembre à 11h14
Le 9 septembre à 11h51
Le 9 septembre à 12h20
Promis je me tais pour aujourd'hui ! :-)
Le 9 septembre à 12h49
Le 9 septembre à 14h22
Le 9 septembre à 10h02
Modifié le 9 septembre à 10h12
Les mecs ont honte de rien, ils gèrent, et donc ramassent les millions de $$$ avec un travail ridicule pour la gestion du .com et .net, avec des tarifs qui augmentent régulièrement et n'en ont toujours pas assez.
Le .fr qui coute 3x moins cher, ca veut dire que les français sont 3x plus efficace que les américains? ou juste 3x moins con?
Sans compter sur la complicité à vomir de l'ICANN.
Messieurs, il faut assumer. Vous voulez arrêter les prenom.nom.name, alors arrêter de le vendre aux nouveaux, mais tout ce qui est déjà acheté et est renouvelé dans les temps, bah il faut le maintenir.
Ca fait un an que j'ai entamé la migration de tous mes services de mon domaine .net vers le même domaine en .fr, encore une news qui me fait dire que j'ai bien fait.
Le 10 septembre à 10h29
Le 10 septembre à 14h35
Verisign, c'est 178,6 millions de nom de domaine, à $10,97 / an, ca fait presque 2 milliards de $ de revenu par an...
Je veux bien que ce soit compliqué, DDOS et compagnie, ... mais je pense qu'avec 2 Mds par an, ca simplifie les choses. Leur boulot, c'est de gérer une mono infra qui héberge un mono service, et même en payant 50 super ingé à $1.000.000/an pour micro optimiser tout ca, il reste encore de la marge. Surtout que les évolutions dans le DNS, ca n'arrive pas tous les mois... Je veux dire, à ce tarif là, on peut même développer des ASIC pour faire du DNS...
Désolé pour mon ton vindicatif, mais ca me blaze de voir ca.
Et en vrai dans l'histoire, c'est même pas Verisign le pire. Eux, leur objectif maintenant qu'ils ont réussi à avoir la main mise sur les deux tld les plus utilisé, c'est juste de transformer ces 2Mds de CA en 3, puis en 4, etc... une boite de crevard comme on en a l'habitude. Non, le pire, c'est l'ICANN qui a accepté ca.
Bref, un pieu supplémentaire dans les poumons de l'Internet avec un i majuscule.
Le 10 septembre à 14h37
Le 10 septembre à 20h37
Mais je comprends aussi ce que dit @StéphaneBortzmeyer sur la difficulté à gérer leur infrastructure EPP qui doit être bien sollicitée.
Le 12 septembre à 18h28
Non. Son analyse est très limitée, elle ne prend pas en compte la nécessité d'un surdimensionnement pour faire face aux attaques, les problèmes de sécurité, etc. Songez simplement à ce que ça signifie d'avoir un serveur EPP sans arrêt pour maintenance, qui enregistre à chaque instant. Et dans un environnement très brutal. Donc, non, ce livre donne une idée tout à fait fausse de ce que vit un registre comme .com.
Modifié le 9 septembre à 17h28
Pour ma part, je suis trop saoulé par cette décision inique de VeriShit et abasourdi que l'ICANN't l'ai validé. Je suis locataire d'un domaine .name de troisième niveau que j'utilise pour mon site personnel depuis 20 ans. Je suis le seul utilisateurs du second niveau en question (mon nom de famille n'était pas très répandu).
À l'époque où je l'ai enregistré, je n'avais pas le choix de prendre un deuxième niveau, il fallait nécessairement prendre un prénom.nom.name et même montrer une pièce d'identité. Cela donnait droit à une adresse email de redirection de son prénom@nom.name vers l'email de son choix, mais ce service a été coupé par la plupart des registrars quand VeriShit a décidé que ce n'était plus obligatoire, et j'ai perdu mon adresse email principale du jour au lendemain.
Quand il a été décidé d'ouvrir la possibilité d'enregistré des domaines de second niveau j'ai tout de suite contacté mon registrar de l'époque ainsi que VeriShit pour leur demander de faire la bascule dans l'optique de récupérer mon adresse email, étant donné que je suis de toute façon le seul utilisateur du second niveau en question… Cela m'a été refusé même si on m'a confirmé que j'étais bien seul. On m'a à cette époque proposé de laisser expirer mon 3e niveau et espérer être le premier à acheter le 2nd niveau une fois la période de grâce de mon 3e niveau écoulée (et donc avec une interruption de service de ~2 mois…). J'ai évidemment refusé de prendre ce risque.
Depuis j'ai reformuler la demande tous les 3 ou 4 ans en espérant un changement de politique. Il n'y en a eu qu'un seul, il y a un peu moins de 10 ans : désormais, même si mon 3e niveau expire, le 2nd niveau est réservé pour toujours et ne sera donc jamais enregistrable. Ah…
Vous imaginez bien que quand j'ai appris (par l'article de blog de Neil Fraser, je n'ai même pas été informé par VeriShit de sa décision !), j'ai reformulé la demande, en espérant que cette fois vu ce qui se prépare, cette demande simple et légitime permettant une transition douce serait accepté. Que nenni ! (Cf mes échanges avec VeriShit, que j'ai posté sur Reddit). Ils s'en tapent. Et un an après la coupure mon second niveau (comme les autres) sera enregistrable par n'importe qui (donc sur ça ils ont rechangé d'avis…) !
Je suis hyper en colère contre l'irresponsabilité de cette décision. Non seulement c'est hyper compliqué de déménager un site web qui a 20 ans d'ancienneté et des liens qui pointent vers lui depuis plein de pages web que je ne contrôle pas mais aussi sur des supports type PDF, vidéo, papiers (articles de recherche notamment), mais en plus il y a le risque que je ne puisse pas racheter mon second niveau quand celui-ci sera remis en vente par VeriShit : un domaine aussi ancien et aussi bien référencé pourrait très bien se faire récupérer par un bot de domain squatter pour mettre de la pub sur les pages qui ont du trafic régulier par exemple. Et encore, dans mon cas je n'utilise plus depuis longtemps d'adresse email liée à ce domaine, mais pour les gens pour qui c'est le cas il y a un vrai risque de vol de comptes etc.
En vrai je vais de toutes façons devoir faire un déménagement foireux, je ne vais pas avoir un an de downtime sans page web du tout le temps que je puisse tenter de racheter en premier (et à quel prix ?!) le second niveau de mon .name… VeriShit ne semble même pas vouloir mettre en place une période transitoire où les gens dans mon cas pourront pré-commander leur second niveau. Pourtant ce ne serait pas une première : par exemple dans le Royaume-Uni a ouvert le .uk, il y avait une période où les locataires d'un .co.uk avaient la priorité pour récupérer le .uk correspondant avant l'ouverture publique. La différence : 1- le .uk n'est pas géré par une boîte type VeriShit, c'est Nominet qui est une nonprofit, et surtout 2- les .co.uk concernaient des entreprises et je suis assez sûr que l'ICANN't n'aurait jamais approuvé une telle décision si ce n'avait pas été un TLD destiné spécifiquement aux particuliers.
En vrai je suis dévasté. Je suis pas du genre à me laisser abattre donc je vais faire une transition vers un .fr (déjà réservé) et je suis par ailleurs en train de rejoindre l'Afnic (qui gère le .fr et qui est une asso ouverte) pour me mêler de ce qui arrive à notre TLD national, sur lequel on a la possibilité d'exercer une forme de contrôle / surveillance démocratique en s'y investissant un peu. Mais je suis vraiment dévasté.
Le fait qu'un connard sorti d'école de commerce ai eu cette idée pour économiser quelques milliers de dollars annuel en infra pour se faire bien voir de son chef et avoir sa prime au détriment de dizaine de milliers de personne, c'est déjà abominable, mais que ça ait été retenu par le chef en question et ensuite approuvé par l'ICANN't, c'est juste un enfer…
Le 9 septembre à 15h20
Le 9 septembre à 17h30
Et bon courage :/
Le 9 septembre à 17h42
Le 9 septembre à 21h25
Le pire c’est que cette décision est probablement aussi stupide pour Verisign puisqu’après cette opération, le domaine .name n’aura plus aucun intérêt et sera en plus en crise de confiance.
Qui va acheter un .name après ce fiasco ? C’est même pas un tld interessant pour une entreprise.
Le 9 septembre à 14h44
Ils ont des mois pour collecter, préparer et le jour J à l'heure H si rien n'a été prévu pour limiter la casse :'(
Modifié le 9 septembre à 20h12
Côté commercial, un bureau d'enregistrement dépend hiérarchiquement du registre pour gérer les locations, et côté technique (résolution), c'est le registre qui pilote les enregistrements du domaine qui lui a été délégué.
Modifié le 13 septembre à 09h20
Je connaissais le _.io et je découvre qu'il existait un _.nom.fr
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