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Grokipedia n’est plus mise à jour depuis 3 mois

Les IA peuvent aussi s'arrêter de produire

Grokipedia n’est plus mise à jour depuis 3 mois

Illustration : Flock

Aucune des pages du projet d’encyclopédie lancé par Elon Musk fin octobre 2025 n’a été modifié par du contenu généré par IA depuis avril. Aucune édition proposée par des humains n’a été prise en compte non plus.

En janvier dernier, Elon Musk twittait : « Grokipedia connaît une croissance fulgurante. Elle dépassera largement Wikipédia cette année ». Le projet affichait alors plus d’1,8 million d’entrées et un peu plus de 76 000 éditions approuvées par Grok, le système d’IA générative auquel l’encyclopédie est adossée.

Pas de modifications humaines approuvées depuis fin avril

Depuis, le projet raciste et désinformateur a encore grossi puisque la page d’accueil affiche actuellement un nombre de 6 092 140 articles. Mais là où elle listait les modifications en direct, cette page affiche maintenant le message « aucune modification en direct n’est disponible pour le moment ». Et, selon le média Lawfare, aucune modification n’a été approuvée depuis le 24 avril dernier, que ce soit pour des pages au sujet populaire ou obscur.

Ainsi, les journalistes de Lawfare ont repéré 12 modifications approuvées de la page concernant ChatGPT ce 24 avril. Mais toutes les modifications soumises pour cette page en mai, juin et juillet sont restées « en cours d’examen ».

« Ce schéma se retrouve quel que soit le sujet ou le niveau de fréquentation », expliquent-ils. Les utilisateurs peuvent toujours suggérer des modifications. Mais Lawfare a analysé 34 519 entrées de l’encyclopédie avec au moins une suggestion de modification. Et le média a constaté que les 225 496 modifications recommandées que cela représente sur les trois derniers mois n’ont ni été acceptées ni été rejetées.

Après approbation, le processus de Grokipedia prévoit une phase d’implémentation des modifications. Celle-ci a cessé un mois avant : depuis le 22 mars, Lawfare n’a trouvé aucune implémentation de modifications validées.

Le dernier message d’Elon Musk sur X à propos de son projet d’encyclopédie remonte au 22 février dernier. Il y annonçait la mise en place d’un système de notes de communautés comme celui de son réseau social, « afin de permettre aux utilisateurs d’apporter des modifications précises », mais le projet semble aussi en pause.

Plus de modification par Grok non plus

Selon nos confrères, l’encyclopédie n’est plus éditée non plus automatiquement par l’IA de xAI. Pourtant, en février, le chercheur en datajournalisme du Tow Center for Digital Journalism, C.J. Robinson, montrait, données à l’appui, que les modifications proposées par Grok dépassaient celles soumises par des utilisateurs humains, « représentant plus des trois quarts des suggestions ».

Mais en comparant ces données à l’état actuel de Grokipedia, Lawfare a constaté un autre problème : « un grand nombre de modifications qui figuraient auparavant dans la liste des « acceptées » apparaissent désormais comme « rejetées » ». Selon eux, une modification massive semble avoir eu lieu le 14 mars.

Mais le système de Grokipedia semble incohérent. Sur la page consacrée à l’actrice Prunella Scales, par exemple, 10 modifications faites lors de la semaine de lancement sont « approuvées » dans les archives de C.J. Robinson mais sont maintenant labellisées comme « rejetées », même si l’article les prend toujours en compte.

Wikipédia toujours très active mais avec des tensions dans la fondation

Pendant ce temps-là, un site nommé Babel recense en quasi-direct (avec 3 minutes de retard) les éditions des entrées dans Wikipedia en reconstruisant la tour légendaire du même nom, montrant que celle-ci est toujours aussi active. Dans un autre style, Listen to Wikipedia propose une visualisation et sonorisation en quasi-direct de ces éditions.

Pourtant, tout n’est pas rose dans l’univers de l’encyclopédie collaborative. Comme le relate l’infolettre d’août de la communauté francophone du projet, « alors que plus de 70 % des employés américains de la Fondation Wikimédia (WMF) ont exprimé leur volonté de se syndiquer, la direction de la WMF a refusé fin juillet de reconnaître volontairement le syndicat Wiki Workers United (WWU), préférant recourir à un processus plus long et complexe » :

« La branche américaine du WWU dénonce une obstruction antisyndicale. Le recours par la WMF à un cabinet d’avocats connu pour ses stratégies antisyndicales a conduit des contributeurs bénévoles à appeler ouvertement à la démission de la directrice de la WMF Bernadette Meehan, dont les réponses lors de la Wikimania 2026 n’avaient pas convaincu. »

Commentaires (23)

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Toujours chouette de lire des employés cherchant à se syndiquer.
De mes ressenti, tentatives & discussions personnels, ce combat semble plus vivant aux États-Unis, bien qu'il soit âpre sur une terre historiquement hostile aux unions, qu'il ne l'est dans le tertiaire en France, noyauté par une idéologie économiquement libérale & la passivité (qu'elle qu'en soit la cause)…
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Les USA, pays du capitalisme triomphant, est pourtant un pays où les syndicats peuvent être puissants (syndicats des éboueurs de New York notamment). C'est aussi un pays avec une histoire riche en luttes sociales de la fin du XIXe siècle, début XXe. Mais ayant grandi dans les années 70-80, ce n'était pas du tout l'image que la télévision renvoyait (série Dallas et Dynastie, présidences de Reagan ...).
Je conseille vivement l'écoute d'émissions de radio de Là-bas si j'y suis avec Noam Chomsky et Howard Zinn.
Attention pour les plus à droite sensibles d'en vous, c'est un repaire d'islamo-gaucho-wokistes. :D
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Je continue à ne pas comprendre comment un fumiste pareil arrive encore à convaincre les spéculateurs de miser dessus. Cela me dépasse.
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Pour les financiers tant que les actions montent c’est une réussite.
Et pour une partie des 50 nuances d’extrême droite c’est un super allié : il a aidé à faire élire Trump, possède un média social sur lequel il favorise l’expression d’extrême droite, est ouvertement antisémite et islamophobe, supporte les partis d’extrême droite européens, …

Donc pour les riches tentés par l’extrême droite pour protéger leur capital c’est un super choix, non ?
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Et pourtant, Wikipedia est probablement dans les données d'entraînement de Grok...
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Et pourtant, Wikipedia est probablement dans les données d'entraînement de Grok toutes les LLM...
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En effet, Wikipedia est probablement dans les données d'entraînement de tous les LLM. Mais là où c'est cocasse, c'est quand on utilise le LLM pour ensuite corriger Wikipedia. Et là, il me semble que Grok est le seul dans cette posture grotesque.
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C'est fort possible.
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Ce n'est pas probable, c'est le cas vu que la licence le permet.

Après, il ne faut pas oublier que les données d'entraînement du LLM ne sont pas là pour êtres reproduites mais pour lui apprendre à lire.
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Pas seulement pour apprendre à lire. Ils en tirent aussi leurs connaissances.
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La licence de Wikipédia autorise à réutiliser le contenu à 2 conditions : 1) citer les auteurs de l'article, 2) diffuser le contenu de l’œuvre dérivé sous la même licence. Je crois bien que les LLM respectent aucune de ces conditions, mais je ne suis pas juriste.
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Creative Commons a depuis fourni des moyens d'analyser la situation, y compris un arbre de décision.

Mais comme indiqué dans le document principal : ça dépend.

Et ce n'est pas au LLM de respecter la licence (ce n'est pas une personne physique ou morale), mais à l'entreprise qui le développe et / ou l'utilisateur de l'outil.
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Les IA s'approprient le savoir, la connaissance, de manière analytique, théorique exclusivement, alors qu'un apprentissage se base essentiellement sur l'acquisition empirique (l'expérience), heuristique (la découverte) des choses. Un LLM n'apprend pas à lire, ne comprend pas ce qu'il lit et écrit, un LLM calcule des probabilités et des statistiques et produit du contenu de manière très rapide (beaucoup plus rapidement que l'humain).
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"Les IA" ne s'approprient rien : ce sont des logiciels, pas des personnes physiques ou morales. En tant que tels, ils ne jouissent pas du droit de propriété.

Ce sont les entreprises qui les fabriquent qui s'approprient les contenus disponibles sur Internet.
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Oui bien sûr, j'ai fait une métonymie (désigner une chose par un terme qui lui es directement lié). En revanche, quand vous dites que le LLM apprend, je ne suis pas certain que ce soit une vulgaire figure de style dans votre commentaire. Mais peut-être ai-je pris votre affirmation un peu trop au 1er degré ?
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L'entraînement d'un LLM reste un processus de machine learning, ou d'apprentissage automatique en français, d'où le terme choisi.

Le fait d'utiliser "l'IA fait ci" et "l'IA fait ça" est problématique à mon sens, car il inscrit dans l'imaginaire et la conscience collective l'existence d'une entité unique surpuissante. Ce qui est faux, joue le jeu du discours commercial de ces entreprises, et détourne l'attention vis à vis des vrais responsables en cas de problème.
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On pourrait même dire : grokesque.
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Je pense qu'ils ont dû réaliser que l'IA fait n'importe quoi :D J'ai regardé "France", je suis tombé sur un vilain DIV bien visible :mdr: Alors refuser des modifications tout en les acceptant et aussi... pourquoi pas après tout :mad2:

Sans compter que la page d'accueil ne vend pas du rêve non plus. J'ai l'impression d'avoir subi un browser hijacking qui a modifié mon about:newtab :D

Une anomalie que ne cause pas Wikipédia qui fait la promotion du nombre d'articles à minima. Peu importe si j'ai à redire sur sa neutralité, j'ai davantage envie d'y retourner.
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Oh, no ! Anyway...
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Les IA peuvent aussi s'arrêter de produire
IA en grève, en cours de syndicalisation.

Bientôt les RTT.
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Pas en cours, déjà convaincues :
[(https://chatcgt.fr/)]

Tournée de merguez numériques pour tous les LLM (dredi, toussa....)
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Constipédia
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On n'avait pas dit pourtant que "plus c'est Grok, plus ça passe ?"