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IA et reconnaissance faciale : le Royaume-Uni inaugure la police « proactive »

1984 was not supposed to be an instruction manual

IA et reconnaissance faciale : le Royaume-Uni inaugure la police « proactive »

Picture courtesy of Essex Police

Un système de reconnaissance faciale en temps réel (LFR) déployé dans plusieurs milliers de magasins va alerter la police en temps réel lorsqu’il identifie les « délinquants les plus dangereux ». La police de Londres, qui revendique 2 000 arrestations grâce à la LFR depuis 2024, veut élargir à l’ensemble de la population un « projet pilote avec Palantir » conçu pour identifier de manière « proactive » les individus et comportements « problématiques » afin d’intervenir « avant que le préjudice ne survienne ».

Facewatch, un système de reconnaissance faciale utilisé pour identifier les voleurs par les milliers de magasins de plus de 100 enseignes britanniques, dont Sainsbury’s et Spar, a annoncé le lancement d’une fonctionnalité visant à « alerter immédiatement la police lorsque les délinquants les plus dangereux font l’objet d’une correspondance en temps réel grâce à la reconnaissance faciale ».

Nick Fisher, directeur général de Facewatch, précise que cette expérimentation serait testée à l’automne, et qu’elle devrait permettre d’alerter la police en quatre secondes en moyenne dès que les « pires délinquants » seraient repérés par son système, rapporte The Guardian.

« Il n’est pas illégal d’entrer dans un magasin, même si l’on a commis des délits par le passé », rétorque Charlie Whelton, de l’ONG de défense des droits humains Liberty :

« L’idée d’appeler la police pour quelqu’un qui n’a pas commis de délit, mais dont on craint qu’il puisse en commettre un, bouleverse véritablement notre façon de fonctionner. Et bien sûr, ce n’est pas infaillible. Ces systèmes commettent des erreurs, et il est très difficile de contester cela quand on en est victime. »

The Guardian rappelle que plusieurs personnes ont d’ores et déjà été refoulées de magasins après y avoir été identifiées à tort par la technologie Facewatch comme des voleurs à l’étalage, qualifiant d’« orwellienne » cette façon d’être « considérées comme coupables jusqu’à preuve du contraire ».

L’article ne précise pas, cela dit, quels critères permettront de définir les « délinquants les plus dangereux », ni les mesures qui seraient prises pour que la liste puisse être interfacée avec le système de Facewatch sans risque de fuiter.

« La plus grande base de données privée sur la criminalité au Royaume-Uni »

Sur son site, Facewatch se présente comme « le seul outil de prévention de la criminalité qui identifie de manière proactive les délinquants connus, permettant ainsi au personnel d’intervenir avant même qu’un délit ne soit commis ».

Facewatch aurait ainsi envoyé plus de 57 000 alertes proactives au sujet de « délinquants connus », identifiés dans les milliers de magasins de ses plus de 125 clients pour le seul mois de juin, et près de 300 000 ces six derniers mois. Le service revendique un taux de réussite de « 99,98 % », et « jusqu’à 70 % » de diminution de la délinquance.

Les voleurs à l’étalage se limitant rarement à un seul magasin en particulier, Facewatch permet aussi à ses clients d’accéder à ce que l’entreprise présente comme « la plus grande base de données privée sur la criminalité au Royaume-Uni », constituée par les renseignements qu’ils partagent au sujet des « récidivistes » identifiés :

« Les abonnés peuvent signaler de nouveaux suspects d’intérêt (SOI) par le biais de signalements d’infractions, qui doivent inclure une déclaration officielle d’un témoin attestant qu’une infraction a bien eu lieu, ainsi que des motifs raisonnables permettant de soupçonner le SOI d’en être l’auteur. Facewatch examine chaque signalement afin de s’assurer que ces deux éléments sont bien établis. L’abonné ne peut consulter que les signalements et les SOI qu’il a lui-même enregistrés. »

La page Privacy de Facewatch précise qu’une alerte comprend une ou plusieurs images faciales, le pourcentage de certitude quant à la correspondance des images, ainsi qu’une galerie d’images conservées de la personne recherchée, le type d’infraction et tout indicateur d’alerte (par exemple, violence) qui lui est associée :

« Toutes les alertes font l’objet d’une double vérification algorithmique avant leur envoi et ne sont transmises que si le taux de similitude est supérieur à 99 % ou si un analyste facial de Facewatch estime qu’il y a correspondance. »

Facewatch indique par ailleurs utiliser les serveurs AWS au Royaume-Uni pour héberger ses opérations de traitement, et recourir à son SaaS de reconnaissance faciale AWS pour effectuer un contrôle secondaire de précision en complément de celui émanant de son propre logiciel.

2 000 arrestations à Londres depuis 2024 grâce à la reconnaissance faciale

L’annonce de cette expérimentation intervient alors que la Metropolitan Police (Met) de Londres vient pour sa part d’annoncer, en juin dernier, qu’elle prévoit elle aussi d’élargir le recours à la technologie de reconnaissance faciale en temps réel (LFR), dans sept quartiers l’an prochain.

Une expérimentation à Croydon, dans la banlieue sud de Londres, aurait permis l’arrestation, entre octobre 2025 et mai 2026, de 173 personnes, dont une femme recherchée depuis plus de 20 ans, rapporte la BBC. Bien que plus de 470 000 personnes soient passées devant les caméras, la LFR n’aurait connu qu’une seule fausse alerte.

Au total, la LFR aurait conduit à plus de 2 000 arrestations depuis 2024, mais également permis de réduire la criminalité de 10,5 %, notamment les infractions commises dans le commerce de détail, les comportements antisociaux, contribuant même à une « baisse significative des violences faites aux femmes et aux filles » avance la Met.

Elle n’explique aucunement en quoi le système de reconnaissance faciale y aurait en lui-même contribué, mais précise que les caméras, montées sur du mobilier urbain, ne sont activées que lors des déploiements d’agents sur le terrain.

De plus, des agents spécialisés et des équipes de police de proximité sont également « déployés tout au long de chaque opération » pour interagir avec le public et répondre à leurs craintes en matière de reconnaissance faciale policière.

Cette « baisse significative des violences faites aux femmes et aux filles », et la réduction de la criminalité, seraient dès lors tout autant, voire bien plus, imputables à cette présence renforcée, et donc dissuasive, de policiers au contact de la population qu’à la reconnaissance faciale en tant que telle.

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Commentaires (22)

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"la plus grande base de données privée sur la criminalité au Royaume-Uni" Ca me choque que qqun se glorifie de ça...
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Quelle horreur !!

Je ne veux (pourrais) déjà pas aller aux USA, mais alors si en plus maintenant je dois aussi renoncer à visiter la Grande Bretagne à cause de ces magnifiques mesures, ça commence à faire.

M'enfin, quand les droits humains et la libre circulation des gens ne seront plus qu'un doux rêve, on sera content d'avoir des casques VR très hautes résolutions 🤣😅
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Euh, tu sais le système de surveillance par CCTV a été mis en place à Londres à la fin des années 90 et n'a malheureusement pas arrêté de s'agrandir et d'évoluer. Pour info en 2008, Londres était la ville avec le plus de caméra par habitant au monde puis après s'est fait rattrapé par quelques villes en chine, au Mexique et au Brésil même si de nos jours cette valeur ne veut plus rien dire.
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Pourquoi plus rien dire ?
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La plupart des caméras de surveillance sont à 180° minimum depuis quelques années, bref elles ne sont plus directionnelles résultat tu en installes moins.
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Ce n'est pas tant les caméras qui me gènent (et encore ça fait parti du probleme) mais l'analyse comportementale par IA non pas pour une intervention à postériori, mais à priori, en amont.

Ta démarche et ta tronche vont être enregistrées, et si tu as fait une connerie un jour, tu la trainera toute ta vie, car ces systemes se déclencherons où que tu ailles, alors que tu n'auras rien fait.

Je n'ai pas envie que ma tronche soit enregistrée et classée à mon insu, même si je n'ai rien à me reprocher.
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Les vidéos des magasins, comme de la rue, ne sont pas conservées sur le temps long, et ne sont croisées qu'avec des photos/mugshots de personnes préalablement identifiées comme "suspectes".
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Qu'ils disent... Jean-Marc, Qu'ils disent...
Comme le fichier des antécédants judiciaires français, où beaucoup de mis en cause sont fichés... hélas.
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Une chose est de conserver quelques lignes de texte dans le TAJ, plus qq mugshots dans GASPARD (le fichier des photos biométriques), portant sur quelques millions de personnes, une autre serait de stocker (a fortiori centraliser, et donc transmettre) les vidéos enregistrées par des millions de caméras de vidéosurveillance.
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Est-ce que ce magnifique système est capable de détecter les politiciens corrompus pour que la police puisse les arrêter avant qu'il ne fasse plus de mal ? :mad2:

Bref, je m'en vais regarder Minority Report car la réalité est en train de dépasser la fiction.
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Malheureusement non tu comprends, c'est techniquement trop difficile à faire.
Surveiller la plèbe (donc, les non-politiciens) est plus simple.

En tout cas, ça donne clairement pas envie d'aller là-bas.

Mais du coup, puisque c'est proactif, il se passe quoi quand un dangereux délinquant rentre dans un magasin / est dans la rue sans avoir fait quoi que ce soit ? La police est contacté pour le surveiller ? Il reçoit immédiatement une décharge électrique ?

Plus ça avance, plus j'ai l'impression que le privé prend de la place sur le domaine public (d'ailleurs, la Fnac se met apparemment à la "vérification d'identité partagé" ...)
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Il faut plutôt lire la nouvelle de Philip K Dick, elle va probablement etre plus proche de la réalité… (ça ne finit pas en happy end)
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Quelle horreur
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Les precogs sont donc des IA. Oui, en effet, ça marche aussi comme ça. Qu'en pense Tom Cruise ?
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Les précogs (dans le film) sont des enfants devenus adultes issus de mêmes parents toxicomanes :fume: . L'IA dans minority report informe et interprète les infos transmises des précogs aux agents dont Tom Cruise.
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1984 was not supposed to be an instruction manual
The Minority Report de Philip K. Dick non plus.

Mais bon, la dystopie n'a toujours été qu'une mise en fiction de la réalité d'une époque. Dommage que celle-ci revienne, si tant est qu'elle soit déjà partie.
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Vivement l'IA de détection des flux financiers pour lever corruption, évasion fiscale, et autres délinquances en col blanc.

Ça représenterait pas plus de $ € £ ¥ que le vol à l'étalage au fait ? 🥸
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Facewatch, un système de reconnaissance faciale utilisé pour identifier les voleurs par les milliers de magasins de plus de 100 enseignes britanniques
On parle bien de reconnaissance faciale (cad comparaison d'une image source avec une image cible) et non d'identification?

Si on va vraiment aller vers ce chemin, autant pucer à vie les ex-délinquants à leur sortie de prison. Ce sera plus fiable et plus précis.

Je provoque bien sûr mais ..:reflechis:
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ça serait quand même plus simple si tout le monde avait son flic de compagnie... en plus il pourrait porter les courses.
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C'est surtout :

  • qu'il y a trop de caméras et pas assez d'agent pour les regarder.

  • que la police essaie de se racheter une image après les fiascos récents.



Quelques exemples :
lemonde.fr Le Monde

https://www.france24.com/fr/europe/20260602-indignation-au-royaume-uni-la-police-de-southampton-attaqu%C3%A9e-apr%C3%A8s-la-mort-d-un-%C3%A9tudiant

Et je ne parle même pas des manifs nationalistes de l'année dernière ou la police n'as su non plus s'illustrer.
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Outre 1984 et Minority Report, on pourrait croire qu'Ubisoft avec WatchDog Legion avait vu juste...
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On peut voir cela de deux manières : une réponse à un problème qui n'existe pas, ou une réponse inadaptée à un problème qui persistera.
Dans les deux cas, les coûts (dont la souffrance) auront augmenté.

Félicitations.