Humanoïdes, aspirateurs, tondeuses : les États-Unis bloquent les nouveaux robots étrangers
Pas de visa pour les robots étrangers
Robot aspirateur iRobot - crédit Unsplash
Le 30 juillet à 16h34
Les robots étrangers ne sont plus les bienvenus aux États-Unis. La FCC, le régulateur des communications, interdit depuis le début de la semaine l’arrivée sur le marché américain de nouveaux modèles de « robots mobiles avancés » fabriqués en dehors du pays : robots humanoïdes, quadrupèdes, mais aussi… les aspirateurs et les tondeuses robots.
Humanoïdes, aspirateurs, tondeuses : les États-Unis bloquent les nouveaux robots étrangers
Pas de visa pour les robots étrangers
Robot aspirateur iRobot – crédit Unsplash
Les robots étrangers ne sont plus les bienvenus aux États-Unis. La FCC, le régulateur des communications, interdit depuis le début de la semaine l’arrivée sur le marché américain de nouveaux modèles de « robots mobiles avancés » fabriqués en dehors du pays : robots humanoïdes, quadrupèdes, mais aussi… les aspirateurs et les tondeuses robots.
Droit
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5 min
Les futurs robots fabriqués à l’étranger – la Chine donc, mais le reste du monde est pris dans la nasse – auront bien du mal à être commercialisés aux États-Unis. Ce mardi 28 juillet, la commission fédérale aux communications (FCC) a inscrit sur sa « covered list » deux nouvelles catégories d’appareils (PDF) : les onduleurs électriques connectés (notamment utilisés dans les installations solaires, les batteries et certains équipements raccordés au réseau), et les « robots mobiles avancés », comme les robots humanoïdes et les quadrupèdes.
L’inscription sur cette liste empêche un nouvel appareil fabriqué à l’étranger d’obtenir l’autorisation technique de la FCC. C’est une certification qui est pourtant indispensable pour importer, commercialiser ou vendre aux États-Unis la plupart des appareils émettant des radiofréquences. En pratique, les futurs modèles venant de l’étranger seront donc bloqués aux frontières américaines.
Les robots après les routeurs
Les appareils déjà achetés et les modèles étrangers précédemment homologués par la FCC peuvent encore être vendus et importés. Une dérogation distincte a été prise pour que les appareils homologués puissent continuer à recevoir des mises à jour logicielles et de sécurité, au moins jusqu’en janvier 2029.
Pour l’administration Trump, ces robots présentent des risques de cybersécurité et de dépendance industrielle. « Le recours à des appareils robotiques avancés fabriqués à l’étranger présente des vulnérabilités inacceptables en matière de chaîne d’approvisionnement et de cybersécurité », peut-on lire dans une décision (PDF) de sécurité nationale publiée le 27 juillet par un groupe interministériel réuni par la Maison-Blanche.
« Ces appareils collectent des données qui pourraient être exploitées par des acteurs malveillants pour surveiller les Américains, renforcer les capacités de services de renseignement étrangers ou prendre le contrôle des robots à distance », ajoute ce groupe. Quant aux onduleurs, il est théoriquement possible de les désactiver à distance, de récupérer des données ou d’attaquer le réseau électrique.

Il sera néanmoins possible de demander une dérogation. C’est alors le ministère de la Défense qui prendra le relais et examinera les robots. Le ministère de la Sécurité intérieure s’occupera lui des onduleurs. Un modèle jugé suffisamment sûr recevra dès lors un feu vert de la FCC.
Il existe toutefois des exceptions. Les robots pesant moins de 2 kg (base comprise) restent ainsi autorisés, tout comme les machines qui ne se déplacent pas au sol ou ne fonctionnent pas à distance de leur opérateur, les voitures connectées, les drones aériens, les robots sous-marins sans équipage, les dispositifs médicaux comme les robots chirurgicaux, les prothèses ou les fauteuils roulants, ainsi que les robots fixes (bras robotisés industriels ou médicaux).
La géopolitique rattrape les robots aspirateurs
Pour le reste, la communication de la FCC brasse large. Si la commission évoque des robots humanoïdes et des quadrupèdes (comme le Spot de Boston Dynamics), l’interdiction concerne aussi les tondeuses et les aspirateurs robots, comme la FAQ de la FCC semble l’indiquer. The Verge a obtenu la confirmation que ces deux catégories de produits sont bien concernées par l’interdiction.
La mesure ne vise pas les appareils répondant à la définition américaine de « produit final national ». Pour obtenir ce statut, les produits doivent être fabriqués aux États-Unis, et le coût des composants fabriqués aux États-Unis doit représenter plus de 65 % du coût total de ses composants.
Les principaux constructeurs de robots humanoïdes sont chinois (Agibot, Unitree et UBTech). Et c’est le cas aussi pour les aspirateurs robots, avec Roborock, Ecovacs, Dreame, Xiaomi et Narwal. Le groupe américain iRobot, créateur des fameux Roomba, a été repris en fin d’année dernière par un de ses sous-traitants chinois, Picea.
Les consommateurs américains courent donc le risque de ne plus pouvoir acheter de nouveaux aspirateurs robots à terme. La problématique de la sécurité n’est pas une vue de l’esprit : en février dernier, Sammy Azdoufal avait révélé une faille de sécurité majeure dans des milliers de robots aspirateurs DJI.
La communication de la FCC ne détaille pas d’obligations techniques précises (normes à respecter, niveau de chiffrement, calendrier de correctifs, procédures d’audit). En revanche, les constructeurs étrangers pourront obtenir une dérogation s’ils relocalisent leur production et répondent aux exigences de sécurité nationale, notamment les vulnérabilités de sécurité, les accès à distance, l’exfiltration de données et la provenance du logiciel.
Cette interdiction rappelle évidemment celle qui affecte les nouveaux routeurs Wi-Fi fabriqués à l’étranger, autrement dit… la quasi-totalité des modèles. La FCC avait cependant rapidement exempté Netgear du lot. Et d’après Reuters, la commission devrait aussi distribuer des dérogations à plusieurs fournisseurs (non chinois) de robots.
Ces nouvelles mesures « portent gravement atteinte à la stabilité économique et commerciale entre la Chine et les États-Unis », a déclaré jeudi le ministère chinois du Commerce repris par CNBC. Il appelle Washington à retirer cette décision. Des mesures de rétorsion pourraient suivre si rien ne change.
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Abonnez-vousIl y a 6 minutes
Et en sous-titre "c'est ce qu'on appelle se faire couper l'herbe sous la pied"
À l'instant
Voire une tondeuse ?
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