L’industrie de l’IA plaide pour les modèles ouverts, la liste des signataires s’allonge
L'ouverture c'est bon, mangez-en
Steve Johnson / Unsplash
Le 27 juillet à 11h42
La pression monte autour de Kimi K3, le modèle IA chinois de Moonshot AI dont les poids doivent être publiés ce 27 juillet. L’ouverture du LLM est aux antipodes des modèles fermés et propriétaires des champions américains du secteur – et que Washington veut protéger à tout prix. Deux visions du monde s’opposent ici, et plusieurs acteurs parmi les plus importants de cette industrie ont pris position en faveur de l’open source.
L’industrie de l’IA plaide pour les modèles ouverts, la liste des signataires s’allonge
L'ouverture c'est bon, mangez-en
Steve Johnson / Unsplash
La pression monte autour de Kimi K3, le modèle IA chinois de Moonshot AI dont les poids doivent être publiés ce 27 juillet. L’ouverture du LLM est aux antipodes des modèles fermés et propriétaires des champions américains du secteur – et que Washington veut protéger à tout prix. Deux visions du monde s’opposent ici, et plusieurs acteurs parmi les plus importants de cette industrie ont pris position en faveur de l’open source.
IA et algorithmes
IA
5 min
Dans une lettre ouverte (PDF), plusieurs acteurs très importants de l’IA défendent les modèles à poids ouverts comme Kimi K3. « [Ils] renforcent la sûreté et la cybersécurité, accélèrent l’innovation et sa diffusion, et favorisent la souveraineté », affirme ainsi Jensen Huang, fondateur et patron de NVIDIA dans son premier post sur X. Pour le dirigeant, « le monde a besoin à la fois de modèles fermés de pointe et de modèles ouverts de pointe. »
Au secours des modèles ouverts
La lettre en question est donc signée NVIDIA, mais aussi Microsoft, Mozilla, Meta (qui a pourtant arrêté de publier des modèles open source depuis Muse), Mistral, Hugging Face, Perplexity, Palantir, Dell, IBM, la Linux Foundation, Box, Crowdstrike… Le texte rappelle le rôle essentiel des logiciels open source qui font fonctionner une grande partie d’internet et « au cœur de systèmes » utilisés par les organisations les plus importantes au monde.
Les signataires listent les (nombreux, à leurs yeux) avantages des modèles ouverts : d’abord, ils offrent un accès élargi à l’IA. Les entreprises, les universités, les administrations et les startups peuvent utiliser ces modèles sans devoir les entraîner eux-mêmes ni payer des fortunes dans des modèles propriétaires. Ce qui permet aussi de maîtriser les coûts, tout en adaptant les capacités de ces modèles aux tâches à effectuer. L’exécution en interne permet également un contrôle total sur les données.
En termes de concurrence, les modèles à poids ouverts réduisent la dépendance à une poignée de fournisseurs. Ils représentent également un soutien à la souveraineté technologique et une plus grande transparence pour la recherche. En retour, la sécurité autour de ces modèles est collectivement renforcée.
Les risques de l’ouverture
La lettre ne cache pas les risques liés aux modèles ouverts. Il existe une perte de contrôle après la publication, puisque les concepteurs ne peuvent pas empêcher l’utilisation, la copie et la modification de leurs modèles. Ces derniers peuvent aussi faciliter les attaques informatiques, produire des contenus trompeurs ou contourner des protections. La multiplication de versions spécialisées peut également compliquer les mises à jour de sécurité et le maintien de standards cohérents.
Sur un plan plus pragmatique, télécharger les poids ne suffit pas : il faut disposer d’une solide infrastructure pour les faire tourner et les sécuriser. Enfin, se pose la question toujours délicate de la distillation de ces modèles ; un des angles d’attaque de la Maison-Blanche contre Kimi K3 est précisément une accusation de distillation de Fable 5.
Les signataires présentent la distillation comme une technique légitime et courante dans le développement de l’IA. Elle exploite les réponses produites par un modèle pour entraîner, améliorer, évaluer ou valider un autre modèle. Par conséquent, la distillation en elle-même ne devrait pas être assimilée à du vol ou à une appropriation abusive ; en revanche, les tentatives illégales soulèvent de vraies questions juridiques. Ils recommandent aux pouvoirs publics d’éviter des interdictions générales de la distillation. Les abus éventuels devraient être traités par des règles juridiques et commerciales ciblées, car cette technique est jugée essentielle pour améliorer les LLM.
Trois fois plus de signataires ce week-end, avec OpenAI, Google, AMD
La liste initiale comprenait 25 signatures : American Innovators Network, Andreessen Horowitz, Arcee AI, Arena, Black Forest Labs, Box, CrowdStrike, Dell Technologies, Emergence Capital, Hugging Face, IBM, The Linux Foundation, Mariana Minerals, Meta, Microsoft, Mistral, Mozilla, NVIDIA, Palantir, Perplexity, Reflection, Replit, ServiceNow, Telnyx et Y Combinator.
OpenAI, Google, Anthropic… : des acteurs de poids étaient absents. Sam Altman indiquait qu’il voulait que les États-Unis « gagnent » dans l’IA, « aussi bien avec les modèles open source qu’avec les modèles propriétaires ». Le CEO d’OpenAI affirme aussi être « heureux » de voir cette initiative en faveur des modèles ouverts. OpenAI a finalement signé la lettre, et ce n’est pas la seule entreprise à rejoindre l’initiative en cours de route.
La liste a rapidement triplé pour arriver aujourd’hui à près de 80 signataires, avec Google, AMD, Cisco, Cloudflare, GitHub, SpaceX, Palo Alto Networks, Ollama, etc. Parmi les absences notables, il reste Amazon et Anthropic.
Commentaires (12)
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Abonnez-vousLe 27 juillet à 11h59
Le 27 juillet à 12h59
Que la distillation ne devrait pas être considérée comme du vol c'est pour se protéger quand ont leur sort qu'ils volent les productions des autres (livre, article, musique, etc..) ?
Le 27 juillet à 19h00
Le 27 juillet à 13h28
Je ne suis pas non plus un grand utilisateur des ces outils.
Comment ça se fait qu'il y ait autant d'entreprises signataires de cette lettre ? Des entreprises pas très réputés pour leur ouverture et transparence. Il y a quelque chose qui m'échappe.
Si on prend OpenAI, qui n'a d'open que le nom, quel est leur intérêt à signer cette lettre et a œuvrer pour un modèle ouvert ? L'empire a été bâti sur un pillage massif et d'un coup, ils œuvrent pour une ouverture. Est-ce pas peur que les modèles comme Kimi (étranger donc) deviennent bien plus puissant qu'eux et que le monde bascule naturellement vers ce dernier ?
Concernant l'ouverture aussi, qu'est que cela change pour l'utilisateur lambda ? Je veux dire, on parle pas d'une distro Linux que tout le monde peut installer sur sa bécane et profiter des bienfaits de l'open source. On parle d'un truc que personne ne pourra faire tourner chez soi, ou alors une poigné de gens/organisations.
Merci pour vos lumières.
Le 27 juillet à 14h33
https://openai.com/index/introducing-gpt-oss/
Tu n'es plus dépendant d'un fournisseur unique. Certes, il est peu probable que tu fasses tourner Kimi K3 à la maison. Mais y'a tout plein de boites qui veulent bien le faire tourner pour toi en échange de ton argent. Et passer de l'une à l'autre est censé être trivial (in'ch Allah juste changer un
endpointet une clé d'API dans la config de ton app).Alors que un modèle proprio tel que Claude Mythos, si Anthropic te coupe l'accès parce que t'es un sale non-étasunien, ben juste tu l'as dans le baba.
Modifié le 27 juillet à 15h03
Peut-être qu'en proposant des modèles ouvert ça va servir de produit d'appel pour les entreprises soucieuses du secret industriel, qui vont ensuite payer pour des modèles closed-weight hébergeable de ces entreprises une fois dépendante de ce genre d'outils.
Ou alors c'est parce qu'ils ont peur que leur gouvernement les empêchent de distiller les modèles ouverts des concurrents.
Je trouve étonnant de voir OpenAI dans la liste parce que c'est ceux qui ont le plus à perdre vu que leur modèle économique n'est basé que sur la location de genAI. Mais ils ont l'avantage d'être plus connu quanthropic et ont la prime du premier arrivé.
En tout cas si Sam Altman s'en réjouit je me méfie un peu, c'est vraiment quelqu'un en qui je n'ai aucune confiance. Mais c'est peut-être juste qu'il a une vision plus libérale qu’anthropic : openAI codex est ouvert, contrairement à Claude code.
Le 27 juillet à 15h43
Le 27 juillet à 17h02
pillagetravail. Un peu comme Musk avec son moratoire « pause IA » il y a qq temps, que personne n'a respecté et que tout le monde a oublié. Bref, c'est juste une posture politico-commerciale à mon sens.Ensuite pour l'utilisateur lambda, je pense que ça peut changer pas mal de trucs à terme. Perso j'ai fait tourner des modèles "customs" dérivés de Qwen Image sur ma machine "gamer" avec 12Go de VRAM (une grosse bécane d'il y a 5-6 ans, cad une machine qui était accessible au commun des mortels il y a qq années) pour essayer de faire de l'édition photo. Les modèles de base ont été allégés, tweakés, modifiés. Souvent le résultat s'en ressent, mais selon ce que tu veux faire, ça peut suffire. Bon dans mon cas c'était vraiment pas ouf, les résultats étaient systématiquement pires que les photos ratées que je voulais corriger.
Mais je pense que pour d'autres usages (notamment textuels), y'a moyen que des modèles locaux et surtout ultra-spécialisés tournent sur des bécanes modestes.
Le 27 juillet à 17h26
Le 27 juillet à 18h04
Le 27 juillet à 19h03
C'est une concurrence directe, qui aboutit à un produit similaire.
Le 30 juillet à 00h33
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