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La justice accepte qu’Anthropic paie 1,5 milliard pour solder l’affaire des livres piratés

Un chèque record pour éviter une facture bien plus salée

La justice accepte qu’Anthropic paie 1,5 milliard pour solder l’affaire des livres piratés

Illustration : Flock

C’est tout simplement le dédommagement le plus élevé jamais obtenu dans une affaire de droits d’auteur, s’est réjoui l’avocat de plusieurs auteurs, après l’approbation définitive d’un accord avec Anthropic. La somme fait effectivement tourner les têtes : 1,5 milliard de dollars. Malgré tout, le labo s’en sort bien.

Pour s’éviter un procès potentiellement embarrassant et encore plus coûteux, Anthropic avait dégainé le carnet de chèques l’an dernier. L’entreprise mettait sur la table 1,5 milliard de dollars pour éteindre une action collective lancée en août 2024 par plusieurs autrices et auteurs, qui accusaient le labo IA d’avoir entraîné ses modèles IA à partir de leurs œuvres piratées. Un procès aurait dû se tenir en décembre dernier, mais l’accord à l’amiable a scellé le différent… Restait, tout de même, à obtenir l’aval de la justice.

L’approbation a été donnée par la juge Araceli Martinez-Olguin, qui a remplacé le précédent juge en charge du dossier, William Alsup, ce dernier étant parti à la retraite. En septembre 2025, après la présentation de l’accord, il avait tiqué sur plusieurs points et demandé des précisions, en particulier sur la manière dont les avocats allaient notifier les participants de l’action collective.

L’entraînement des modèles IA relève du « fair use »

La proposition d’Anthropic n’a cependant pas été du goût de tous les auteurs, certains estimant que le montant n’était pas suffisamment important, ou que les avocats étaient rémunérés trop généreusement. En cas de procès, l’entreprise aurait effectivement pu être condamnée à des dommages encore plus élevés (on évoquait alors des hypothèses à plusieurs centaines de milliards de dollars…).

Dans son jugement repris par Reuters, la juge a rejeté ces objections : les critiques sur la somme proposée ne repose pas sur une évaluation « réaliste » des risques et des bénéfices d’un procès, assume-t-elle. Araceli Martinez-Olguin a également réduit les émoluments versés aux avocats à 101 millions de dollars d’honoraires (ils demandaient 187,5 millions).

Dans le détail, Anthropic va verser le montant de 1,5 milliard de dollars en quatre fois sur le compte d’un fonds d’indemnisation (PDF). L’action collective liste environ 500 000 œuvres, soit un recouvrement brut de 3 000 dollars par œuvre. « Nous nous réjouissons que plus de 91 % des auteurs et éditeurs concernés par l’accord aient réclamé leur part de l’indemnisation, et nous espérons désormais pouvoir clore ce dossier », explique Aparna Sridhar, directrice juridique adjointe d’Anthropic.

« Il s’agit du plus important dédommagement jamais obtenu dans une affaire de droits d’auteur. Nous allons maintenant nous employer à verser au plus vite les sommes dues aux auteurs concernés par l’accord », a déclaré l’avocat des auteurs.

Malgré le montant engagé, la société s’en sort plutôt bien. Le juge William Aslup avait en effet estimé que l’utilisation de livres pour entraîner les modèles du labo pouvait relever du « fair use », l’exception américaine du droit d’auteur. En revanche, il avait considéré qu’Anthropic pouvait être tenue responsable d’avoir constitué une bibliothèque centrale : celle-ci contenait 7 millions d’ouvrages provenant de sources piratés.

Le fait que certains de ces fichiers aient ensuite servi ou non à l’entraînement ne supprimait pas le problème lié à leur acquisition et à leur conservation. Dans l’accord, Anthropic s’est engagée à détruire les copies des bases de données LibGen (Library Genesis) et PiLiMi (Pirate Library Mirror). « Nous avons conclu cet accord en 2025, après la décision majeure du tribunal selon laquelle l’entraînement d’une IA à partir de livres relève du “fair use” au regard du droit d’auteur — une interprétation qui reste en vigueur aujourd’hui », poursuit Aparna Sridhar.

Les auteurs recevant des dommages du fonds d’Anthropic s’engagent de leur côté à ne pas poursuivre la société. Plusieurs d’entre eux, ainsi que des maisons d’édition, ont décidé de ne pas participer à l’accord et ont déposé de nouvelles plaintes. Le labo est donc encore loin d’en avoir terminé avec la justice, néanmoins elle pourra s’appuyer sur le fait que l’entraînement lui-même a été jugé licite.

Commentaires (8)

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Donc je reprends :


  1. on pirate sans vergogne

  2. on paye

  3. ya plus de problème

  4. on recommence ?

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Une amende, n'est qu'un droit de péage pour riche.
S'ils recommencent, et que la justice ne retiens pas la récidive alors ya un problème de droit
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Ce n'est pas une amende ici. C'est un accord amiable pour éviter le procès. Les auteurs participant à l'action collective acceptent de donner leur autorisation contre de l'argent, même si c'est de façon rétroactive. Donc pas d'amende, car pas de procès, car plus de délit. Et pas de récidive non plus.
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Hum, mauvaise fois (quoique pas tant que ca) on:
Si "l’utilisation de livres pour entraîner les modèles du labo pouvait relever du « fair use »" alors ca pourrait aussi être du « fair use » l’utilisation de livres pour entraîner .. les gamins?
Non,
Ok, i'm out...
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Blague à part (qui m'a fait sourire), si tu as accès légalement aux livres, c'est parfaitement légal d'entraîner des gamins dessus (ce n'est même pas du fair use). Ça se fait d'ailleurs depuis longtemps à l'école.

Ce qui est reproché ici, c'est la contrefaçon : création d'une bibliothèque à partir d'œuvres piratées.

Donc si tu entraînes les gamins sur des livres contrefaits (scan par exemple si ce n'est pas dans la cadre de la copie privée), tu n'as pas le droit.
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Du coup ils ont éteint le procès aux États-Unis. Mais quid de l'Europe? On va les laisser faire ?
D'ailleurs je serai curieux de connaître la "masse" de contenu littéraire produit par langue et pays dans l'histoire, si l'information existe. Parce que bien qu'importante, je suis pas certain que l'anglais et encore pire les œuvres États-Unienne soient la majorité de ce qui est piratable/piraté.
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soit un recouvrement brut de 3 000 dollars par œuvre.
La prochaine fois, ils achèteront les livres, ça leur coûtera moins cher.
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Voilà donc à quoi servent les levées de fonds à coup de miyards de miyards ?