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Près de 40 % des Français visitent chaque mois des sites d’info générés par IA

La Résistible Ascension d'Arturo AI

Près de 40 % des Français visitent chaque mois des sites d’info générés par IA

Illustration : Flock

Le premier observatoire français de l’audience des sites GenAI, établi par Médiamétrie en octobre 2025, avait établi que près de 25 % des Français y étaient régulièrement confrontés. Six mois plus tard, ils sont près de 40 % (soit + 60 % !). Une explosion en partie due à l’essor du nombre de sites d’infos et d’articles industrialisés par l’IA pour parvenir à être mentionné dans les réponses des grands modèles de langage.

Près de 4 Français sur 10 (39,1 %) visitent des sites d’information générés par IA (GenAI), à raison de 23 millions de visiteurs uniques (VU) chaque mois, contre près de 1 sur 4 (24,5 %) en octobre dernier (soit + 60 % !). Le nombre de VU quotidien est de son côté passé de 2,6 à 3,5 millions, en un an (soit + 35 %).

Les chiffres émanent du second observatoire des sites GenAI, établi par Médiamétrie pour le compte du Groupement des éditeurs de services en ligne (GESTE) sur la base des sites GenAI identifiés par Next. Le premier observatoire, révélant qu’un quart des Français visitaient des sites d’info GenAI, avait été rendu public en décembre dernier.

Un taux qui ne reflète en réalité que la fourchette basse du nombre réel d’internautes français confrontés à des articles et infos « majoritairement voire entièrement » générés par IA. D’une part parce que le tsunami de sites d’info « full IA », ou qui basculent dans l’ « IA first » est tel qu’il nous est impossible de les identifier tous.

Comment définissez-vous qu’un site d’info est « généré par IA » ?


Comme indiqué dans le podcast consacré au tsunami d’infos générées par IA, nous avions initialement péché par excès de prudence, en évoquant des sites d’infos « en tout ou partie générés par IA », alors que nous ne recensons (bien évidemment) que ceux dont la production d’articles générés par IA est significative en volume, et s’est traduite par des articles dont le caractère peu ou pas supervisé était manifeste. Le tout sans que ce recours à l’IA générative ne soit mentionné, contrairement à ce qu’exige l’article 50 de l’AI Act européen.

Médiamétrie, d’autre part, ne mesure l’audience que des 5 000 principales marques digitales et 1 000 premières applications mobiles françaises. Or, lors de la première édition de l’observatoire, notre base de données de sites d’info GenAI dénombrait près de 8 900 sites d’info GenAI, administrés (et monétisés) par plus de 200 éditeurs. Elle en comporte désormais plus de 15 000, émanant de plus de 300 éditeurs.

La mesure d’audience émane du panel d’internautes de Médiamétrie, et de la collecte de l’ensemble de leur surf sur ordinateur, tablette et mobile (Android et iOS). Nous lui avions fourni une liste des 308 sites GenAI les plus recommandés par Google et MSN, dont 232 ont été visités par les panélistes sur la période étudiée, qui va d’avril 2025 à avril 2026.

Si 84 % des sites d’info GenAI dénombrent moins de 250 000 visiteurs uniques (VU) par mois, 5 % en totalisent plus de 2 millions, et 9 plus de 3 millions. Quatre éditeurs, cumulant plusieurs sites d’info GenAI, en dénombrent même plus de 6 millions, et l’un d’entre eux 15,7 millions, soit près de 25 % des Français.

À l’instar du premier observatoire, Médiamétrie constate que 75 % des internautes qui consultent ces sites d’info GenAI ont 50 ans ou plus. En octobre dernier, un peu plus de 36 % d’entre eux avaient consulté au moins un site d’info GenAI dans le mois. Une proportion qui s’élève désormais à près de 50 % des 50 - 64 ans, et près de 55 % des 65 ans et plus.

Le trafic provient majoritairement de Google (plus de 50 %), devant Meta (17 %), confirmant le rôle central des plateformes dans la diffusion de ces contenus. « Cette étude confirme l’installation durable des sites d’information générés par l’IA dans le paysage numérique français », souligne Laure de Lataillade, directrice du Geste :

« Si leur audience progresse rapidement, c’est en grande partie parce que ces acteurs sont largement portés par les moteurs de recherche et les plateformes sociales, qui jouent un rôle déterminant dans leur visibilité et leur distribution auprès du grand public. Cette évolution invite à s’interroger sur les mécanismes de recommandation qui structurent désormais l’accès à l’information, sur la transparence des processus éditoriaux à l’œuvre derrière ces contenus, ainsi que sur les conditions de concurrence avec les médias qui financent la production d’une information professionnelle et vérifiée. »

Rappelons que Next a aussi développé une extension web (gratuite) afin d’alerter ses utilisateurs lorsqu’ils consultent un site dont les articles et infos semblent avoir été générés par IA, au risque d’y relayer des (dés)informations « hallucinées ».

Des spammeurs d’info, gagnant jusqu’à 3 000 € par jour

Étant aux « premières loges » de ce tsunami de sites d’info générés par IA, que je documente depuis un an et demi et que j’ai tenté d’expliciter dans le podcast de Mathilde Saliou qui explore les enjeux du numérique, je relève deux principales évolutions entre ces deux premiers observatoires GenAI de Médiamétrie.

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Commentaires (7)

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40% seulement? Je pensais qu'il y avait plus de Français que ça sur Facebook :pastaper:
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Pour bien comprendre, 40% vont "volontairement" et régulièrement sur des sites d'info GenAI, ou 40% des Français sont confrontés à des sites d'info GenAI ?

Dans le premier cas, je trouve ça énorme. Mais, les personnes mal informées passent très certainement à côté de ceci, et se font absorber (un dommage collatéral ???)
Dans le deuxième cas, je trouve ça très faible. Ayant l'application "Alertes sur les sites GenAI, par Next.ink", il m'arrive très (et trop) souvent de tomber sur ce genre de site GenAI.
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Ils ne savent bien évidemment pas que les articles sont générés par IA, vu qu'aucun de ces sites ne le mentionne (ce pourquoi on a développé l'extension GenAI).

Par ailleurs, et comme indiqué, cet observatoire ne mesure la fréquentation que des seuls 232 sites GenAIII figurant dans l'index des plus gros sites français de Médiamétrie, personne ne sait combien, au total, visitent les 15 000+ que j'ai identifiés (sinon que la majorité sont des petits sites à faible fréquentation).
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Question candide (voire naïve, mais j'ose) : si les rémunérations publicitaires de ces "faux" sites étaient coupées, sous réserve que leur "auteur" prouve une certaine forme de travail véritable, cela ne couperait-il pas leur seule source de financement ? Et par là les éliminer ?
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Probablement, mais ça ferait diminuer le chiffre d'affaire des régies publicitaires...
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Ils ne le font déjà pas pour le publicités de vente d'armes, de produits illicites, etc. Alors pour des sites genAI...
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Il y a aussi le fait que Google continue à les référencer.
Si les moteurs de recherche les déréférencent, les revenues publicitaires vont chuter drastiquement, et donc ces sites devraient fermer assez rapidement.