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Des centaines de journalistes poussés vers la porte, souvent au prétexte de l’IA

Massacres à la déchiqueteuse-broyeuse

Des centaines de journalistes poussés vers la porte, souvent au prétexte de l’IA

Illustration : Flock

Ces derniers mois, plusieurs groupes de médias ont annoncé des centaines de suppressions de postes, et certains semblent vouloir remplacer journalistes et secrétaires de rédaction par des IA. Deux tiers des journalistes du Quotidien du médecin, le média de référence de la profession, ont décidé de quitter l’entreprise, rachetée par une « plateforme d’influence B2B ».

Le Quotidien du médecin, qui se présente comme le « leader incontesté de la presse médicale française », fait partie du Groupe Profession Santé, qui édite également Le Quotidien du pharmacien et le site web Infirmiers.com. Le groupe revendique le titre de « 1er groupe médias et services pour les professionnels de santé »,une communauté qualifiée de plus de 400 000 professionnels de santé, 460 000 lecteurs inscrits et près de 500 000 followers, et plus d’un million de visites mensuelles sur ses plateformes.

Deux tiers des 36 journalistes qui y écrivaient encore en début d’année ont cela dit préféré quitter l’entreprise, révèle Politis, en réaction aux conditions de travail décidées par leur nouveau propriétaire, qui veut leur imposer de recourir à l’IA générative.

Selon les informations de Politis, à compter de ce mois de juillet, ils ne seront plus que 12 journalistes dans les trois rédactions. Les 24 autres ont activé la « clause de cession » qui permet à un journaliste de démissionner tout en touchant des indemnités de licenciement lorsque le média qui l’emploie change de propriétaire.

Profession Santé a en effet été racheté, en février dernier, par le groupe Ficade, qui se présente comme « un leader français des médias B2B » et « l’un des principaux groupes français de médias professionels » (sic).

« Le nouveau modèle c’est : un rédacteur en chef, un journaliste et de l’IA »

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Commentaires (14)

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et ben voilà, Moji sait quoi faire maintenant (NON!!!)
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Tout cela va droit dans le mur car quand on décrypte un peu le charabia numérico juridique des dirigeants de ces médias, on se rend compte que le but est le rendement maximal... Or ces charmantes personnes ont oublié que le but final est quand même de fournir un produit qui répond à une demande. (ici d'information).
Et à moins d'être complètement idiot, je n'ai pas l'impression que le demande soit de l'information au km sans saveur et parfois fausse générée par IA.

Remarquez, ces dirigeants vont aider le secteur à se clarifier: le modèle économique des media étant à bout de souffle, faire couler les médias médiocres avec de l'IA pour ne garder que les médias de qualité permettra à ces derniers de continuer à exister et surtout à être financés par leurs lecteurs.
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Je me plaindrai pas si la vague actuelle de merdification ramène des lecteurs vers les médias payants qui font le pari inverse de celui de la suroptimisation par IA (surtout s'il s'agit de Next), mais voir des médias disparaitre ou sombrer est toujours une mauvaise nouvelle. C'est essentiel qu'une pluralité de voix et de points de vue s'expriment, et on a besoin de médias gratuits, payants, grand public, spécialisés, etc.
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Pour les médias gratuits, je pense que c'est mort. Dans un monde où l'IA existe, un média gratuit de qualité, ça n'est pas viable.
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Je me plaindrai pas si la vague actuelle de merdification ramène des lecteurs vers les médias payants [...] C'est essentiel qu'une pluralité de voix et de points de vue s'expriment[...]
ok mais y'a pas de fumé sans feu. Ce n'est pas nouveau que les canards sont boiteux.

Déjà Coluche nous avait fait un sketch sur les milieux autorisés, il y a bien longtemps. Il nous arrive encore de voir des articles ou sujet télé (couverture) du genre. La poigné de main de X en visite chez Y...

On est passé à l'après guerre de canards politisés avec kiosque et abonnements. Ces quotidiens ce sont dégradés en fonctions des générations politiques successive. Comme France-Soir (qui n'en finissait plus de faire faillite à un moment ~2011-2013). Ce déclin venait d'une approche justement trop partisane. Au point de déformer la réalité des faits. De gauche ça lisait France-Soir & libération, à droite, Le Monde (à l'époque, ça a changé) & Figaro.

Pour l'anecdote c'était marrant de voir certains acheter en kiosque/librairie les deux journaux d'un bord et de les replier avec le plus extrême qui se retrouve au milieu. Hop sous le bras. Pas cramé. :)

Les gens n'étant pas dupes ont bien vu le problème au bout d'un moment. Conséquence : Avec le temps, achats et abonnements se sont barrés tout à fait logiquement. L'appât du buzz frappait déjà dans les unes et c'était se tirer une balle dans le pied à bien y regarder.

Plutôt de que revenir vers le factuel, le journalisme s'enterrait dans de l'analyse partisane (sous le prisme de). Voire pire dans certains cas (propagande, mise sous le tapis de fait, etc.).

Ajoutons à cela l'arrivée du digital. Les journaux quotidiens ont particulièrement été lents à s'y mettre. Avec une résistance plus ou moins marqué comme celle du canard enchainé qui prônait sur son site web qu'il n'y avait rien à lire dessus et qu'il fallait aller chercher la version papier. Ils ont changé depuis... Ironique non ?

20 Minutes (2002) enfonçait le clou avec de l'info bas de gammes mais gratuite. Une presse déjà amochée, se fait flinguer par une feuille de choux gratuite. Une publication critiquable qui écopa d'affaires de droits d'auteur pour des photos par exemple.

Le chapitre des milliardaires, n'arrange rien du tout. A part leurs déclarations d'impôts.

L'IA c'est tout pareil. Simplement c'est comme de passer la deuxième.


Tout ça pour dire que le monde des médias d'information s'est un peu trop polarisé (voire vendu au plus offrant), à l'image des plus extrémistes de nos concitoyens (ces bouches payées). Ces derniers sont des robots à lancer des vannes en débat pour bloquer l'autre comme on jouerait aux cartes (Magic?).

Ce comportement empêche le débat lui même in fine. Ce genre de méthodes en bout de course empêche de voir les problèmes en face, de remonter à la cause, et peut être d'arriver à le régler.

Et cette façon de débattre s'est vu dans les publications. Parfois assez voyant... Si je dis "Marianne"... voyez, nan?? :) Alors à quoi bon lire ça ???

Les gens ne reviennent pas vers ces médias payants parce qu'à mon humble avis cette merdification n'est clairement pas nouvelle. Leur parents avaient déjà lâché l'affaire. Une fois que la confiance a été trahie...
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Sauf si c'est CNews qui disparaît. Là ça sera la meilleure nouvelle de l'année
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Je présume qu'ils n'oublient pas, ils s'en foutent totalement. Ils ne recherchent pas à informer mais à capitaliser. Et actuellement pour capitaliser, l'information n'a plus besoin d'être bien recherchée et façonnée, juste d'avoir un bon SEO/GEO et si en plus tu peux en faire un réel avec de l'IA pour les réseaux sociaux, c'est encore mieux.

Le problème réel n'est pas tant l'IA, on peut cracher sur l'outil mais si tu l'utilise non pas pour informer à ta place mais corriger des fautes ou tournures de phrase par exemple, ça peut être utile, voire de structuration documentaire. Non le problème c'est aussi la consommation /consommateurs.

Actuellement la réflexion et le temps d'attention des lecteurs est tellement bas que leur donner un article de Jean-Marc (no offense), ils ne tiendraient pas pour une grande partie.

Je suis certain qu'on a tous autour de nous de plus en plus de personne dont l'information vient des réseaux sociaux ou d'articles courts, peu informatifs, aux titres p*s à clics et dont la recherche d'information est parfois inexistante. Et malheureusement ça représente une partie de la demande...

Bref, ces groupes/patrons qui préfèrent licencier pour se servir de l'IA, il faut le dénoncer, je n'ai pas de problème avec ça, bien au contraire. Mais il ne faudrait pas oublier que c'est aussi leur clientèle qui change et préfère le fast-information à de la qualité.
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Je serais d'accord avec ce commentaire si le monde de la presse et le monde de la librairie se portaient bien économiquement parlant. Cela-dit, il y a de nombreux nouveaux médias de qualité (gratuits, par abonnements, avec ou sans pub) qui se créent, mais ils sont peu visibles du grand public et n'ont pas beaucoup d'audience (même ceux qui commencent à être rentables).
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Par curiosité je suis aller voir le bilan :
https://annuaire-entreprises.data.gouv.fr/donnees-financieres/530330174

Le groupe n'a jamais été bien portant apriori.

Je me fais naïf (et un peu provocateur) mais au su du nombre de journalistes et si c'est bien pour des raisons morales qui la majorité sont parties. Pourquoi n'ont il pas proposer de racheter eux-mêmes leur boite ?
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Ce n'est pas toujours possible.



NB : Pour la santé financière, il faut identifier si c'est des rachats qui plombent les comptes. Enfin comment c'est comptabilisé.
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ASI avait interviewé les gars sur Proxy, c'était intéressant.
Me mp une addresse email si vous voulez 1 mois gratuit.
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Je serais curieux de savoir si ces médias reçoivent des aides de l'état pour le journalisme et si celles-ci prennent en compte un minimum la présence d'humain dans la chaîne (s'agirait pas de financer des abonnements ia non plus)
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C'est la catastrophe. Quels médias indépendants vont encore survivre ? On devrait créer je label bio garantie sans IA pour les journalistes,