En 2050, un « ministère de la post-vérité » où la réalité « n’a plus d’intérêt » ?
DystopIA générative
Illustration : Flock
Le 23 juin à 13h37
Cherchant à imaginer où en sera notre rapport à l’autorité et à la vérité à l’horizon 2050, la délégation à la prospective du Sénat hésite : modèle trumpien des « faits alternatifs » ? Un monde dominé par les fantasmes d’humanité « augmentée » des prophètes des Big Tech’, où la réalité « n’a plus d’intérêt » face aux mondes virtuels ? Ou un « sursaut démocratique » qui ferait suite à une intense fatigue informationnelle engendrée par l’incapacité à distinguer le vrai du faux… mais un tantinet bisounours ?
En 2050, un « ministère de la post-vérité » où la réalité « n’a plus d’intérêt » ?
DystopIA générative
Illustration : Flock
Cherchant à imaginer où en sera notre rapport à l’autorité et à la vérité à l’horizon 2050, la délégation à la prospective du Sénat hésite : modèle trumpien des « faits alternatifs » ? Un monde dominé par les fantasmes d’humanité « augmentée » des prophètes des Big Tech’, où la réalité « n’a plus d’intérêt » face aux mondes virtuels ? Ou un « sursaut démocratique » qui ferait suite à une intense fatigue informationnelle engendrée par l’incapacité à distinguer le vrai du faux… mais un tantinet bisounours ?
Société numérique
Société
18 min
Les médias d’opinion et de « réinformation », partisans des théories du complot et mercenaires de la désinformation, descendants de Donald Trump et Elon Musk, parviendront-ils à consolider leurs coups d’État sur la « post-vérité » au point qu’une grande partie de la population, immergée dans des mondes « virtuels » collant à leurs fantasmes, perde la notion même de « réalité » ?
Après avoir posé les termes du débat (voir notre premier article) concernant notre rapport à l’autorité et à la vérité, la délégation à la prospective du Sénat revient, dans une trentaine de pages de son rapport consacré au « futur de notre rapport à l’autorité et à la vérité à l’horizon 2050 », sur quatre scénarios d’anticipation à l’horizon 2050.
Relevant clairement de la politique-fiction, ils s’inspirent par contre des dérives illibérales et autoritaires en cours aux États-Unis notamment, et de l’influence grandissante des Big Tech’. Ce pourquoi ils reposent sur deux variables : le degré d’autorité politique des dirigeants des démocraties occidentales, et la liberté de recherche de la vérité et de l’information, en cherchant à anticiper ce qui sera considéré comme plus ou moins acceptable d’ici 2050, eu égard à la fenêtre d’Overton.
Le rapport souligne cela dit en préambule que « la principale inconnue dans ces quatre scénarios est la survenue d’une guerre de haute intensité », alors que « les états-majors occidentaux anticipent une nouvelle guerre menée par la Russie sur le territoire européen d’ici 2030 ».
Le choix d’illustrer ces quatre scénarios par des images bas de gamme générées par IA, et donc de l’ « AI slop », est par ailleurs un marqueur signifiant révélateur du niveau quelque peu caricatural de ces projections prospectives. Leur lecture n’en reste pas moins instructive eu égard aux lignes de front auxquelles nous sommes d’ores et déjà confrontés en matière de rapport à l’autorité et à la vérité.
Les enseignants peuvent lire dans le cerveau des gens, et les dénoncer aux autorités
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Commentaires (22)
Le 23 juin à 14h58
Le 23 juin à 15h40
Et genre, la doctrine de la police actuelle leur va très bien à ces sénateurs ? (En majorité de droite/conservateurs).
Ils pensent qu'actuellement ce sont des Bisounours ?
Le 23 juin à 15h41
Dans Mars la Rouge un personnage parlait de prendre toutes ses décisions politiques en prenant en comptes 7 générations avant et après. On peut rêver...
Le 23 juin à 16h19
Le 23 juin à 16h45
Le 23 juin à 17h33
Le 23 juin à 18h45
Le 23 juin à 19h36
Le 23 juin à 21h52
Modifié le 23 juin à 22h47
Le 24 juin à 07h24
Je suis papa et je vois bien autour de moi que les enfants (et pas que le mien) sont concernés, avec leurs mots à eux, par les enjeux écologiques. J’ai même dans mon entourage plusieurs ados qui sont éco-anxieux. Et l’écologie, l’information, les réseaux sociaux … sont des sujets abordés à l’école et auxquels les enfants s’intéressent.
J’étais à l’école dans les années 90 et on s’en battait un peu les noix du climat, de la démocratie… tout allait bien, on allait avoir le futur parfait, la paix dans le monde et peut être même la conquête de l’espace. Pour moi ça c’est le logiciel de base de tous les gens nés entre 1960 et 2000-2010.
Je peux vous garantir pour le voir autour de moi, que les enfants d’aujourd’hui, d’ailleurs cloîtrés chez eux à cause de la chaleur comme on ne l’a jamais été, n’ont vraiment pas ce logiciel en tête et je doute qu’ils soient d’accord pour faire perdurer ce système à l’avenir.
D’ailleurs ma théorie c’est que les milliardaires le savent très bien et que c’est l’unique raison pour laquelle on se tape la montée express du trchno-fascisme.
Le 24 juin à 10h05
Le 24 juin à 11h30
Le 24 juin à 13h06
Modifié le 27 juin à 22h37
Le 24 juin à 13h40
Mais ils portent aussi un poids immense : le Covid vécu enfants, l’effondrement climatique annoncé en permanence, le retour des guerres, la fragilité démocratique, les réseaux sociaux et leurs boucles anxiogènes, le harcèlement augmenté par l’IA et les deepfakes, ou encore la découverte très précoce de l’ampleur des violences sexuelles par exemple.
On leur demande de construire leur avenir tout en leur répétant que le monde brûle et que demain sera probablement pire qu’aujourd’hui. Il n’est donc pas étonnant que la santé mentale de cette génération soit catastrophique.
Tout cela peut produire du désespoir, mais aussi une génération beaucoup moins naïve et beaucoup moins disposée à accepter le système tel qu’il est. Et oui, la montée du techno-fascisme peut aussi se lire comme la réaction de ceux qui sentent que leur modèle devient de moins en moins acceptable pour les générations qui arrivent.
Le 27 juin à 22h48
Le 24 juin à 08h44
Et ce n'est pas récent mais cela empire chaque fois un peu plus.
On ne compte plus les Eglises et autres Apôtres de la Vérité Vraie et tous leurs évangélistes qui martèlent leurs psaumes jusqu'à abrutir la population. Et ça vaut pour tous les camps.
Je vois que les gens de tous bords et horizons ont de plus en plus de mal à se parler et à s'écouter, préférant même inconsciemment un entre-soi qui rend l'Homme des Lumières éteint.
Finalement, je me demande si Collomb n'avait pas raison, bien au delà de ce qu'il visait: "De cote à côte, nous finirons face à face"
Le 27 juin à 22h41
Le 28 juin à 09h11
Est-ce plus clair?
Le 26 juin à 10h37
Le 29 juin à 13h44
Que ce soit les 4 pistes qui servent de base me semble bien, mais la réalité qui risque d'advenir, c'est sûrement un mélange des 4 et une lutte entre les 4 (par exemple certains états devenant autoritaires, et pas d'autres, etc.).
Il me semble que ca ferai plus de sens d'imaginer cette dynamique entre les 4 pour pouvoir trouver comment pousser celle(s) qui semble(nt) la(les) plus adaptée(s)...
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