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Microsoft veut se racheter une image sur le terrain des performances

Personne ne devrait s'en plaindre

Microsoft veut se racheter une image sur le terrain des performances

Illustration : Flock

En quelques mois, Microsoft semble avoir compris que les performances et la réactivité étaient des critères importants pour ses utilisateurs. Divers produits, dont Windows 11, ont reçu des améliorations plus ou moins significatives et d’autres sont encore à venir.

Windows 11 ne jouit pas d’une image positive, c’est le moins que l’on puisse dire. Une situation exacerbée par la mise au rebut de Windows 10, avec des conséquences importantes, particulièrement pour les vieux ordinateurs et le grand public. Microsoft se remue, et pas que sur son système : d’autres produits comme Teams, les PowerToys ou encore OneDrive sont concernés.

Les PowerToys reçoivent une cure de jouvence

On commence par la version 0.100.0 des PowerToys, ces fameux outils gratuits (et open source, sous licence MIT) pour remplir différentes fonctions considérées comme avancées (objection, votre honneur !).

La plus grosse nouveauté est la migration de la suite vers .NET 10. Cette modernisation procure divers avantages : taille réduite d’environ 28 % (de 376 à 272 Mo), installation nettement plus rapide, consommation plus faible des ressources et meilleures performances générales, même si Microsoft ne donne pas de chiffres précis.

Cette version 0.100.0 contient également des améliorations pour les outils. La Palette de commandes reçoit par exemple l’Extension Gallery, qui permet de chercher et d’installer des extensions directement depuis la palette. Le Shorcut Guide, chargé d’afficher la liste complète des raccourcis de Windows, s’offre un listing plus complet, plus simple à utiliser. Power Display gagne également en efficacité et permet la gestion simplifiée d’écrans multiples, en permettant de choisir rapidement l’orientation, le contraste, la luminosité et autre de chaque écran depuis la même fenêtre.

La liste complète des changements est disponible depuis le dépôt GitHub de la suite PowerToys. L’installation peut se faire depuis la même page ou via le Microsoft Store. Dans ce cas, il suffit d’ouvrir ce dernier pour vérifier la disponibilité de la mise à jour.

Bien que Microsoft continue de considérer ces PowerToys comme autant d’outils optionnels, beaucoup d’entre eux mériteraient de se faire une place au sein de Windows 11. Shortcut Guide est un bon exemple, tout comme Power Display, Aperçu (reprise du Quick Look de macOS) ou encore ZoomIt, qui permet de zoomer facilement sur n’importe quelle partie de l’écran.

OneDrive pour macOS s’allège et accélère

Les personnes utilisant le canal Insider de Microsoft 365 peuvent tester depuis hier une nouvelle version du client OneDrive pour macOS. Résolument majeure, cette mouture intègre un nouveau moteur de synchronisation, baptisé Native Sync.

L’éditeur indique dans un billet dédié que le client OneDrive est resté longtemps sur un ancien moteur de synchronisation pour des raisons de compatibilité. Ce fonctionnement incluait la présence d’un dossier de cache masqué. Problème : ce dossier finissait par créer des soucis de performances et de synchronisation avec le temps.

Le nouveau moteur présente deux gros avantages selon Microsoft : des performances nettement supérieures – l’éditeur parle d’une synchronisation deux fois plus rapide – et une intégration poussée avec macOS. Cette dernière permet notamment le support des stockages amovibles, permettant par exemple de placer le dossier OneDrive sur un disque ou une clé USB. Le dossier de cache est toujours là, mais retrouve simplement sa fonction première. Le nouveau client supporte également les dossiers et bibliothèques partagés (SharePoint).

Si vous avez intégré le canal de test, il suffit de se rendre dans l’À propos de OneDrive et de vérifier la version. Si elle se termine par « 26H », c’est bien la dernière disponible, sinon il faudra patienter jusqu’à plusieurs semaines. Si vous passer par le Mac App Store, il n’y a aucun moyen de changer de canal.

Enfin, Microsoft ne donne aucune information sur la disponibilité via le canal stable.

Teams aussi (si si)

Même si la dernière révision majeure de Teams, lancée en octobre 2023, avait largement réduit les ressources consommées (en abandonnant Electron pour WebView2 et React), l’application est restée pour beaucoup synonyme de lenteurs.

Dans un autre billet publié le 10 juin, Microsoft n’a parlé encore une fois que de performances. L’entreprise a fait le bilan des modifications intervenues durant le premier semestre de cette année (qui n’est d’ailleurs pas terminé) en revenant sur plusieurs chantiers importants. Au-delà des gains de performances, ce sont surtout les détails qui sont intéressants, exposant le type de travaux qu’une grande entreprise entreprend face aux goulets d’étranglement repérés.

Les passages d’une conversation à une autre manquaient ainsi de réactivité. Microsoft explique s’être rendu compte qu’il y avait des problèmes entre le traitement des requêtes et la manière dont fonctionnait le framework (cadriciel, en VF) React. Par exemple, la requête de récupération des données pouvait se retrouver refoulée par le cycle de rendu de React. Les requêtes liées étaient en outre envoyées de manière séquentielle, « chacune déclenchant son propre aller-retour et son cycle de rendu », créant des cascades. Résultat, Microsoft a tout regroupé en une seule requête, devenue prioritaire, avec un gain de 20 % de performances.

Sur iOS et macOS, diverses optimisations ont abouti à une réduction de 35 % du nombre de blocages. Sur macOS par exemple, le chargement de la bibliothèque dynamique WebView2 était responsable de 6 % des blocages. Pour résoudre le problème, ce traitement a été déplacé du thread principal vers un nouveau thread en arrière-plan. Même chose pour la surveillance de l’état du réseau, jusqu’ici confiée au thread principal. Sur iOS, Microsoft a eu recours à des caches, au déplacement d’opérations hors du thread principal et à la mise en attente des opérations non critiques jusqu’à ce qu’elles soient nécessaires. La version mobile dispose également de résultats de recherche 25 % plus rapides selon Microsoft.

Windows 11 et son Low Latency Profile

Microsoft a fait de nombreuses promesses autour de Windows 11. Réunies au sein de l’initiative K2, elles incluent notamment un travail significatif sur les performances, la personnalisation, les demandes de la communauté, la cohérence graphique et les applications natives.

Sur le chapitre des performances, Microsoft est particulièrement attendue au tournant. On savait que l’entreprise travaillait sur une série d’optimisations, dont la première tranche est plus ou moins disponible depuis peu. « Plus ou moins » ? Oui, car les modifications sont arrivées en même temps que la dernière mise à jour mensuelle, mais ne sont pas encore actives chez tout le monde. Microsoft a l’habitude de prendre son temps pour activer les nouveautés chez l’ensemble des utilisateurs.

Ce Low Latency Profile permet l’accélération d’opérations courantes comme l’ouverture du menu Démarrer ou du menu contextuel, le rendu des éléments d’interface ou encore le lancement des applications. Les gains avaient été mesurés par Windows Central en mai, évoquant des lancements jusqu’à 40 % plus rapides pour les applications intégrées comme Edge ou Explorateur, ou encore des gains allant jusqu’à 70 % pour le rendu des interfaces. Dans un tweet, nos confrères montraient la différence en comparant deux versions, l’une sans le profil, l’autre avec, avec des différences significatives.

Comment a procédé Microsoft ? La méthode a créé des débats, car l’éditeur a ouvert les vannes sur le processeur : les processus concernés peuvent désormais utiliser les ressources jusqu’à 100 %. Nous avons pu observer effectivement qu’une opération comme l’ouverture du menu Démarrer ou le lancement de l’Explorateur provoque un petit pic dans le taux d’utilisation CPU. Ce pic est très bref, mais suffisant pour que certains y aient vu une forme de « triche » – les processus consommant simplement plus de ressources – au lieu de vraies optimisations.

Le résultat reste que même sur un ordinateur portable, ces petits pics n’ont pas déclenché les ventilateurs dans notre cas, mais le résultat devrait être très variable selon la machine utilisée. Le gain de réactivité, lui, est bien réel. On pourrait d’ailleurs rétorquer qu’entre fournir une plus grande puissance sur peu de temps et moins de puissance sur un temps plus long, chacun verra midi à sa porte.

Et pour les personnes n’ayant pas encore cette nouveauté ? Il existe un moyen de l’activer sans attendre que Microsoft se décide à répercuter le changement, ce qui peut habituellement prendre des semaines. Il suffit de passer par ViveTool, que nous vous avions présenté il y a quelques années. Il s’agit pour rappel d’un petit utilitaire permettant d’activer des fonctions dormantes dans Windows.

Dans le cas présent, la commande est :

vivetool /enable /id:58989092

Après validation, il sera nécessaire de redémarrer l’ordinateur. Comme toujours, si vous n’êtes pas particulièrement pressé(e), autant attendre que Microsoft l’active de son côté.

Que se passe-t-il chez Microsoft ?

Jamais jusqu’à présent la firme n’a autant parlé de performances. On ne sait pas réellement ce qui a changé depuis le début de l’année : l’entreprise aurait-elle finalement été piquée au vif devant les nombreuses critiques contre ses produits ? La montée progressive de la part de marché de Linux sur les jeux vidéo l’aurait-elle forcée à ouvrir les yeux ?

Quelle qu’en soit la raison, le changement est intéressant, avec des bénéfices pour les utilisateurs concernés. D’autant que l’éditeur a promis que Windows 11 recevrait d’autres mises à jour importantes tout le reste de l’année. Il y a un blason à redorer, et un travail sur les performances, l’écoute de la communauté et un ralentissement sur l’intégration aux forceps de l’IA peut certainement aider.

Commentaires (5)

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« La montée progressive de la part de marché de Linux sur les jeux vidéo l’aurait-elle forcée à ouvrir les yeux ? »
:eeek2:
ce ne serait pas un article de Monsieur Hermann, j’aurais parié un troll directement glissé dans le texte de la news.
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J'attends de voir car j'ai du mal à croire au discours de Microsoft.

Quand on voit les performances de certaines cartes graphiques (anciennes) sous Windows et des distributions comme Bazzite ou CachyOS, on peut se poser des questions.
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Je ne sais pas si ces performances concernent l'utilisation de la mémoire par les applications, mais peut-être que Microsoft a réalisé qu avec les prix actuelles de la RAM, il va encore y avoir une bonne part de 8 Go de RAM sur des systèmes neufs pour un moment
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Je suis persuadé que c'est grâce à l'IA de Github Copilot qu'ils ont réussi à rendre leurs produits meilleurs ! :troll: