Vidéo : les spécifications d’AV2 sont disponibles, l’attente commence
Pas de panique
Le 01 juin à 16h47
Cette fois c’est fait : les spécifications pour le codec vidéo AV2 sont finalisées et disponibles officiellement. L’Alliance for Open Media (AOMedia) les a publiées le 28 mai, marquant le coup d’envoi du nouveau venu. Il faut s’attendre cependant à une utilisation réelle que dans plusieurs années.
Vidéo : les spécifications d’AV2 sont disponibles, l’attente commence
Pas de panique
Cette fois c’est fait : les spécifications pour le codec vidéo AV2 sont finalisées et disponibles officiellement. L’Alliance for Open Media (AOMedia) les a publiées le 28 mai, marquant le coup d’envoi du nouveau venu. Il faut s’attendre cependant à une utilisation réelle que dans plusieurs années.
Logiciel
Logiciel
4 min
En développement depuis des années, AV2 doit naturellement prendre la relève du codec AV1. Celui-ci s’est fait connaitre pour son efficacité à compresser les flux en très haute définition (4K) et sa licence open source, sans redevance. Sa visibilité est montée d’un cran quand l’équipe de VideoLAN (VLC) a publié Dav1d, son implémentation libre d’AV1. VideoLAN a d’ailleurs remis le couvert il y a un peu moins d’un mois, avec une première version de Dav2d. L’association recommandait cependant de ne pas l’utiliser en environnement de production, puisque la norme était encore susceptible d’évoluer.
Bien qu’AV2 soit finalisé et ses sources publiées sur GitHub tout récemment, ses avantages sont connus depuis longtemps. Comme toujours avec les nouveaux codecs vidéo, la promesse est celle de l’efficacité : soit une qualité identique pour un débit moindre (25 à 30 % ici en moyenne, voire davantage selon Jean-Baptiste Kempf, président de VideoLAN), soit une qualité supérieure à débit équivalent. De fait, les bénéfices attendus se concentrent sur la réduction de la bande passante nécessaire. À la clé, des avantages comme le soulagement des infrastructures de diffusion et l’augmentation ou le maintien de la qualité dans des conditions de réception moins bonnes.
Outre une meilleure efficacité dans la compression, on note des améliorations dans la qualité d’image, la prise en charge de plus grandes définitions, ainsi qu’un plus grand nombre de cas d’usage pris en compte, notamment la réalité virtuelle et la diffusion sur écrans partagés, par exemple la visioconférence via un travail sur la latence. Le HDR10+ est également de la partie.
« AV2 est la spécification de codage vidéo de nouvelle génération de l’Alliance for Open Media (AOMedia). S’appuyant sur les fondations d’AV1, AV2 est conçu pour offrir une efficacité de compression supérieure, permettant une livraison vidéo de haute qualité à des débits binaires nettement plus bas. Il est optimisé pour répondre aux exigences évolutives du streaming, de la diffusion et de la visioconférence en temps réel », résume l’Alliance sur son site.
De l’annonce à la pratique
L’utilisation pratique d’AV2 devra cependant attendre. Comme l’a rappelé Jean-Baptiste Kempf dans son billet du 31 mai, Dav2d n’est pas terminé. Il reste notamment un long travail d’optimisation car – sans surprise – AV2 réclame plus de ressources qu’AV1. « Le décodage AV2 est environ cinq fois plus complexe que celui d’AV1. En pratique, cela signifie que les logiciels fonctionnant sur le matériel actuel auront du mal à décoder AV2 en temps réel sans une optimisation soigneuse et spécifique à l’architecture », précise le président de VideoLAN.
Mais on parle là de décodage logiciel. Qu’en est-il du matériel ? Si l’on se réfère à AV1, il a fallu être patient. Les spécifications ont été publiées en 2018 et il a fallu attendre en moyenne deux ans pour un support par les GPU, et plusieurs années supplémentaires selon les cas. Comme nous le rappelions début mai, Apple n’a réellement commencé qu’en 2023. Microsoft n’a inséré cette exploitation matérielle dans Edge qu’en 2024. L’arrivée de puces compatibles réclamera donc probablement encore du temps.
Un codage gourmand en puissance
Et quid du codage ? Car la lecture de contenus AV2 dépend aussi de la création de ces contenus. VideoCardz évoque des problèmes de performances et de rétention des détails. Mais comme dans le cas de la lecture, il faudra surtout attendre le support matériel, le codage réclamant bien plus de puissance que le décodage.
L’histoire se répétera ainsi probablement, avec une implémentation logicielle par VideoLAN devenant une référence (Dav2d) et plusieurs années d’attente pour des puces compatibles, notamment dans l’électronique grand public, comme les smartphones et tablettes. Les usages, particulièrement les plateformes de streaming, attendront quelques années. À titre d’exemple, Netflix indiquait fin 2025 que l’AV1 était utilisé sur environ 30 % de son catalogue.
Enfin, AV2 se retrouvera en concurrence avec le codec propriétaire VVC, comme AV1 l’a été avec HEVC.
Commentaires (17)
Abonnez-vous pour prendre part au débat
Déjà abonné ou lecteur ? Se connecter
Cet article est en accès libre, mais il est le produit d'une rédaction qui ne travaille que pour ses lecteurs, sur un média sans pub et sans tracker. Soutenez le journalisme tech de qualité en vous abonnant.
Accédez en illimité aux articles d'un média expert
Profitez d'au moins 1 To de stockage pour vos sauvegardes
Intégrez la communauté et prenez part aux débats
Partagez des articles premium à vos contacts
Abonnez-vousLe 1er juin à 17h04
Merci pour l'article. Est-ce que cela signifie que les nouveaux GPU et eGPU pourront à la fois être décoder matériel du AV1 et du AV2 ?
Le 1er juin à 17h22
Le 1er juin à 18h11
Le 1er juin à 18h31
Le 2 juin à 10h00
Le 2 juin à 11h44
Le 2 juin à 13h37
Après videolan, le décodage temps réel logiciel était possible sur 90 % du matos. Donc ouais, ils ont rendu l'utilisation d'AV1 possible.
Le 2 juin à 08h01
Le 2 juin à 13h39
Est-ce que Videolan compte se pencher sur un encodeur temps réel ? Vu le succès des décodeurs, se pencher du coté de l'encodeur semble logique pour démocratiser ce codec :)
Modifié le 2 juin à 13h47
Et déjà AV2 ? Tant mieux, mais je vais attendre AV3 alors
Le 2 juin à 16h05
Les plateformes s’adaptent automatiquement au matériel utilisé.
Par exemple, comme cité, YouTube l’utilise déjà largement.
Netflix aussi (une bonne partie de leur catalogue).
Mais aussi :
Twitch commence à tester AV1 pour le streaming
Facebook / Instagram utilise AV1 pour certaines vidéos
Google Meet et Zoom commencent à l’intégrer
Discord l’utilise aussi dans certains partage écran / streaming
Amazon Prime Video l’utilise sur certains appareils
Et côté matériel :
les GPU récents (Nvidia RTX 30/40, AMD RX 7000, Intel Arc) gèrent AV1
les smartphones récents aussi (Snapdragon, Apple, etc., tout le monde y est passé)
Donc même sans s'en rendre compte, il y a de grandes chances que tu en regardes déjà sans le savoir
Le 2 juin à 19h27
Le 2 juin à 21h18
Modifié le 5 juin à 10h21
Par ailleurs, le support de l'encodage matériel n'est qu'encore (très) récent, aggravant le gap avec H.265/HEVC.
Aujourd'hui, il est donc bien plus coûteux d'encoder en AV1 qu'avec l'alternative, avec une perte de qualité acceptable avec celle-ci.
Ce que je ne comprends pas, c'est que cela ne soit pas compris.
Le 3 juin à 09h03
Ah mais c'est pas grave, on nous propose de la fibre à 8Gbps maintenant ....
Modifié le 5 juin à 10h29
C'est AMHA un mouvement plus général, amorçant/annonçant la disparition progressive du transcodage sur leurs serveurs.
Le support de HEVC/AV1 passera par là, en notant que l'encodage AV1 pour les GPU NVIDIA n'est possible que depuis l'architecture Ada Lovelace, aka la série 40x, qui est (très) récente.
Comme ils l'indiquent dans leur article (et celui du support lié), c'est encore indiqué au futur, le temps que tous les maillons de leur infrastructure soient compatibles. Aucun calendrier annoncé publiquement.
Le 4 juin à 13h13
Structurellement, le problème sera-t-il donc le même pour AV2 ?
Cela me semble tout de même rester un point critique de l'adhésion à un CoDec…
Signaler un commentaire
Voulez-vous vraiment signaler ce commentaire ?