Chez Starbucks, l’IA chargée des stocks s’est noyée dans les bouteilles de lait
Ressortez le boulier
Image : twalmedia (Pixabay)
Le 27 mai à 08h42
L’IA n’est pas la réponse à tous les maux du monde, et encore moins chez Starbucks. Le géant états-unien des cafés a fini par retirer une intelligence artificielle qui devait améliorer la gestion des stocks de produits et éviter les pénuries de certains articles. Ça n’a pas du tout marché.
Chez Starbucks, l’IA chargée des stocks s’est noyée dans les bouteilles de lait
Ressortez le boulier
Image : twalmedia (Pixabay)
L’IA n’est pas la réponse à tous les maux du monde, et encore moins chez Starbucks. Le géant états-unien des cafés a fini par retirer une intelligence artificielle qui devait améliorer la gestion des stocks de produits et éviter les pénuries de certains articles. Ça n’a pas du tout marché.
IA et algorithmes
IA
4 min
En septembre dernier, Starbucks lançait dans sa chaîne de cafés aux États-Unis et au Canada un nouveau logiciel reposant sur l’IA. Plutôt que de compter à la main les produits en stock, les employés plaçaient une tablette devant les étagères de sirops, de lait et autres articles ; charge ensuite à l’application Automated Counting d’analyser ces informations collectées à l’aide de la caméra et du capteur LIDAR.
Combien de bouteilles de lait ?
Cette technologie devait inaugurer « une optimisation plus intelligente de la chaîne d’approvisionnement » et répondre à une problématique aiguë au sein de Starbucks : les pénuries fréquentes de produits de base qui empêchent de concocter des cafés et autres items au menu — ce qui revient souvent à rater des ventes.
Brian Niccol, le PDG du groupe, s’est engagé à trouver des solutions pour améliorer la rentabilité de ses établissements. Ces cinq dernières années, quatre patrons de Starbucks (qui n’est pas en pénurie de dirigeants, manifestement) ont déploré l’approvisionnement difficile de ses milliers de cafés en produits essentiels comme le lait, les viennoiseries ou tout simplement les couvercles de gobelets.
Pour les experts en logistique, une chaîne d’approvisionnement fiable doit assurer des livraisons complètes et ponctuelles dans 95 % des cas. Début 2024, moins d’un tiers des camions arrivant dans les centres de distribution de Starbucks respectaient ces critères, comme d’anciens employés l’ont affirmé à Reuters. En cause : des difficultés de coordination entre les fournisseurs, nombreux, de l’enseigne.
Cette application devait régler une bonne partie du problème. Las : l’IA ne fait pas tout. Toujours d’après l’agence de presse, elle se trompait fréquemment dans le comptage et l’identification des produits. Il lui arrivait de confondre des types de lait similaires, ou de passer complètement à côté… Impossible dans ces conditions d’avoir un inventaire à jour et prêt pour répondre à toutes les commandes.
Une solution pas si fiable
Le prestataire NomadGo en charge du développement assurait pourtant que sa solution est fiable « à 99 % ». En février, Starbucks faisait toujours preuve d’une solide langue de bois en affirmant à qui voulait l’entendre que l’application avait amélioré la disponibilité des produits. Il aura fallu attendre quelques mois de plus pour arrêter les frais : Automated Counting a été retiré des mains des employés, qui ont repris la routine de comptabiliser les stocks comme avant.
« Notre objectif est simple : si un produit figure au menu, les clients doivent pouvoir le commander », indique l’entreprise dans un communiqué. Sauf en cas de pénurie de stocks, évidemment ! Brian Niccol, en poste depuis septembre 2024, a été recruté pour relancer les ventes et simplifier les opérations dans les cafés de l’enseigne. Il a mis en place un programme, « Back to Starbucks », qui inclut la mise en œuvre de technologies IA pour fluidifier les commandes et épauler les barristas.
Starbucks n’est pas la seule entreprise à essuyer un ratage lié à l’IA. Certains exemples sont tout aussi spectaculaires, comme la borne vocale McDonald’s développée avec IBM, dont les ratés (commandes absurdes, ajouts d’articles inexistants) ont fait les riches heures des petits plaisantins sur les réseaux sociaux. Ces bornes ont été retirées de la circulation en 2024. N’oublions pas non plus l’AI Overview de Google qui a conseillé de fourrer de la colle dans des pizzas pour faire tenir le fromage…
Commentaires (49)
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Abonnez-vousModifié le 27 mai à 08h53
Un LLM peut être utile mais ne peut pas, en l'état, remplacer l'humain ! Ça leur arrive de faire des tests avant de mettre un outil en production ?
Règle de base => TOUJOURS faire vérifier/valider le travail
d'une IAd'un LLM par un humain. (Voir, d'autres modèles d'IA, en sus)Ça sera toujours moins de boulot.
Ps : après, personnellement, je ne suis client ni de l'un, ni de l'autre, donc, peu m'en chaut . 😁
Le 27 mai à 08h53
Le 27 mai à 08h54
Le 27 mai à 09h20
Donc pas besoin d'un LLM mais une IA fait sens (en apparence)
Le 27 mai à 09h49
Les inventaires c'est chiant et chronophage. Cela de la rigueur, de la constance sur la durée. Et la logistique c'est un vrai métier: "Amateurs talk strategy. Professionals talk logistics. "
Le 27 mai à 15h57
Modifié le 27 mai à 09h01
surtout si ce crétin n'a pas compris que si un café est fait ça fait une dose de café en moins dans le stock… à moins que ce ne soit pas du café qu'ils utilisent (plus que probable)
Le 27 mai à 09h31
Le 27 mai à 09h56
Le 27 mai à 10h09
Ca n'excuse rien bien sûr, et ça fait de la crotte sur toute la ligne, jusqu'aux pauvres employés qui doivent subir un outil tout pourri, et en plus on leur fait comprendre que c'est parce qu'ils travaillent mal...
Le 27 mai à 12h33
Le 28 mai à 10h02
Le problème c'est que le gars du marketing et le gars de la comptabilité vont convaincre ton patron que c'est vrai.
Pour répondre à ta question sur qui prend les décisions :)
Modifié le 27 mai à 09h42
Et 1 fois par semaine, on prend 1h pour recompter les stocks réels => si il manque toujours les mêmes trucs, quelqu'un fait pas son boulot.
Oh wait. Pas d'IA ici
Le 27 mai à 09h50
Le 27 mai à 10h33
J'ai étudié la compta à la fac puis la logistique dans l'industrie automobile.
Aujourd'hui je fais du support client dans une boîte de software
Le 27 mai à 10h29
Genre on scanne, et la base des stocks se mets à jour.
Avec inventaire régulier.
Wait !
Là il y a un concept de logiciel qui doit pouvoir se vendre, et qué s'appelerio "Gestion de stock"
Le 27 mai à 11h07
Modifié le 27 mai à 10h55
Le but de ce genre d'intégration c'est réduire les coûts et augmenter la fiabilité, c'est surement une problématique qu'ils ont sur une actions qu'ils savent gérer manuellement mais qui génère des erreurs.
La le seul truc à faire sauter c'est les chefs de projets et décisionnaires.
Déjà comme le dit @Mr.Nox, pas besoin d'une IA pour automatiser ca...
De la détection, de la lecture de code barre, un rapport de comparaison avec ton logiciel de caisse, etc... Il y a plein de solutions plus fiables qu'une photo prise depuis une tablette par un employé avec de la reconnaissance par une IA.
Le 27 mai à 15h59
Le 27 mai à 16h14
De toute façon le sujet n'est pas là.
Modifié le 28 mai à 07h52
C'est pas comme si des articles sur le sujet n'étaient jamais parus. Mais tu as raison, ce n'est pas le sujet (quoique ...)
Le 28 mai à 07h49
Mais le sujet n'est toujours pas la.
Modifié le 28 mai à 08h01
Modifié le 28 mai à 08h57
Le sujet n'est pas là, parce qu'une automatisation bien faite (IA ou pas) sera plus fiable et efficace sur certaines tâches chronophages sans valeur ajoutée que si c'est géré par un humain. D'ailleurs, n'importe quel employé, même bien payé et dorloté, te dira qu'inventorier du stock tous les jours avant de se barrer, ça le fait chi* et qu'il préférerait faire des trucs plus intéressants, gratifiants et utiles.
Ensuite, si tu fais un peu d'études en management, tu apprendras que le salaire n'est pas un levier de motivation sur le long terme et que le management le plus important, c'est le management direct. Et je n'ai aucune raison de dire que tous les managers des Starbucks sont des con ou des mauvais managers, c'est surement pas le cas. La direction générale peut-être ? Mais encore, c'est facile de dire : "ce n'est pas comme s'il y avait des articles sur le sujet", je ne passe pas ma vie à lire des articles de presse. Tu peux balancer 300 € de plus sur les salaires, il y aura toujours du turnover et des erreurs sur une tâche comme celle-ci sur certains postes.
Enfin, c'est dans le sens logique des choses, ça s'appelle la modernisation. Si on prend un grand vilain comme Amazon, ils automatisent un maximum de choses dans leurs entrepôts. Avec ce qu'ils sortent aujourd'hui comme volume, s'ils n'avaient pas automatisé et juste dit : "il suffit de mieux considérer les salariés", je pense qu'ils seraient loin derrière la concurrence. J'ai pas mal déployé dans le secteur logistique, dans des boîtes avec de bons managers et des employés qui s'y plaisent et qui ont de la bouteille. Alors oui, avec un papier et un crayon, ils savent faire. Mais avec un terminal, un système de gestion, une automatisation de pas mal de tâches, ils sont toujours là, font moins d'erreurs, se cassent moins le dos, font moins de pas tout en allant plus vite.
Ça ne veut pas dire que je cautionne ce que fait la direction de Starbucks ou Amazon, ou n'importe quelle autre boîte, mais c'est comme ça. Et dire : "il suffit de mieux considérer les salariés" dans le cas présent, c'est juste un gros troll. Même si je pense que la base, en effet, c'est de bien gérer et considérer son personnel. Mais là, on parle d'une tâche à la c0n que n'importe quel gestionnaire de projet de haut vol aurait sûrement pu gérer efficacement (sûrement sans IA), plutôt que de faire un gros fail en voulant mettre un truc bancal basé sur de l'IA.
Le 28 mai à 11h25
Personne ne dit qu'il faut revenir au papier et au crayon ou que faire les stocks est un plaisir. Évidemment qu'il faut automatiser les tâches chronophages. Mais Starbucks a voulu utiliser la technologie comme un outil de contournement de l'humain plutôt que comme un outil de soutien. C'est pour ça que leur gestion de projet "de haut vol" s'est crashée.
Tu confonds la logistique lourde d'un entrepôt Amazon et le flux tendu ultra-dynamique d'un commerce de détail. Comparer les deux, c'est ça le vrai troll nan ? Et puis Amazon fait très bien les 2, automatiser et mal considérer une partie de ses salariés.
Tu dis que le salaire ne motive pas sur le long terme. Certes. Mais un salaire de misère, lui, démotive immédiatement et crée un turnover important.
Modifié le 29 mai à 06h19
Le 29 mai à 06h22
Le 27 mai à 11h09
Mais les données doivent être fiables, comme toujours.
Shit in, shit out, comme dit l'adage.
Le 27 mai à 11h56
pas à l'ordre du jour des crétins, disons plutôt des ordures…
Le 29 mai à 06h13
Modifié le 27 mai à 10h55
La traçabilité des produits et la technologie RFID chez DECATHLON
Et tout ça, sans IA.
Il faudrait interviewer Decat pour savoir le taux d'erreur du scan, la techno dans la puce, etc.
Et ce serait encore plus rapide dans un Starbucks.
Nespresso le fait également sur chaque barre de café.
Le 27 mai à 10h55
Modifié le 27 mai à 10h58
Mais cela pourrait être intégré dans la fabrication du l'emballage directement, et voir comment cela s'intègre dans la fin de vie de l'emballage !
(ce n'est pas comme si les industriels s'en préoccupaient ...)
Le 27 mai à 12h30
Je ne dis pas que ce n'est pas une bonne solution, je pense juste que ce n'est pas ce qu'il y a de plus adapté.
Sans parler des coûts pour équiper les magasin, il faut maitriser la chaine d'appros complète, ne pas avoir un nombre de fournisseurs trop importants (ce qui n'est pas le cas je pense), gérer les différents types d'emballages et surtout prendre en compte qu'on parle de bouteilles : une bouteille de lait chez Starbuck ca doit leur couter moins de 80 cts, donc ajouter une puce qui va augmenter de 10 Cts le prix c'est pas viable.
Sachant que l'intérêt en plus dans le retail c'est aussi la partie antivole, qui est inutile ici.
Modifié le 27 mai à 13h33
Decath gère ça via une filiale, Embisphère.
M'est avis que Starbuck, comme Decathlon, doit gérer sa supply chain et ses fournisseurs de bout en bout aussi. S'ils ont eu les moyens de déployer un logiciel aux résultats foireux, m'est avis qu'ils ont les moyens pour investir dans du plus fiable. C'est juste que "RFID" est moins bankable en ce moment que "IA".
Le 27 mai à 10h56
Le 27 mai à 11h01
mais il faut mettre en perspective ce déchet et l'impact d'une erreur d'appro sur l'ensemble des magasins (livraison express, etc.)
conclusion rapide : avoir une vache dans chaque starbuck pour proposer du lait frais :p
mais faudra gérer la vache (nourriture, déchets, etc.)
Le 27 mai à 13h36
Ou alors, consigner les bouteilles de lait pour les rendre au fournisseur qui les réutilise -> plus de déchet !
Le 27 mai à 13h44
Le 27 mai à 14h38
Code barre ADN non standardisé ISO
Le 27 mai à 13h36
La filière de recyclage des contenants peut donc se monter aussi pour réutiliser les étiquettes RFID, par exemple. Voire les emballages.
Bon, on parle d'une boîte US, donc je doute qu'ils aient ce genre de réflexe. Mais, on ne sait jamais.
Le 27 mai à 11h05
La frénésie de l'intégration de modèles d'IA à tout va montre la limite, voire la stupidité, de l'exercice.
La gestion des stocks : rien de plus déterministe, c'est du +x / -x. Le risque étant un événement qui se perd dans le flux, et c'est à ça que sert la photo de stock. Si l'idée est d'accélérer l'inventaire, plutôt que d'utiliser du pifomètre algorithmique, ils n'ont qu'à regarder du côté des solutions RFID comme Decathlon l'a fait.
La gestion des commandes ? Même chose ! Tout ça se base sur un référentiel tangible, donc quel est l'intérêt de mettre un logiciel qui va inventer des produits ?
Quel est donc l'intérêt de mettre entre deux un outil qui se base sur de l'aléatoire ?
Peut-être que ça finira par se calmer, cette frénésie idiote.
Le 29 mai à 08h58
Le 27 mai à 11h12
Le 28 mai à 07h42
Le 27 mai à 16h22
Dissimuler dans le jeu la vrai gestion de stock des starbuck, et le faire faire aux gamins de 5 ans qui y jouent !
On va pas jeter la pierre au décisionnaire : après tout il sont partis dans une solution devant répondre à un besoin.
La solution n'est pas à la hauteur, ils font marche arrière.
(je suis sur que les POC était parfait, ou que les erreurs étaient mise sur le dos d'un truc bidon).
Le 27 mai à 19h32
Le 28 mai à 05h44
Le 29 mai à 10h05
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