Messageries chiffrées : la Délégation parlementaire au renseignement relance la polémique
C'est encore nous !
Illustration : Flock
Le 06 mai à 10h15
Plus d’un an après avoir essayé de l’introduire dans la proposition de loi Narcotrafic, la délégation parlementaire au renseignement relance le débat sur l’introduction de portes dérobées dans les messageries chiffrées. Les parlementaires évoquent « un accès ciblé à certains contenus chiffrés » en passant par l’échelle européenne mais sans exclure une initiative législative nationale.
Messageries chiffrées : la Délégation parlementaire au renseignement relance la polémique
C'est encore nous !
Illustration : Flock
Plus d’un an après avoir essayé de l’introduire dans la proposition de loi Narcotrafic, la délégation parlementaire au renseignement relance le débat sur l’introduction de portes dérobées dans les messageries chiffrées. Les parlementaires évoquent « un accès ciblé à certains contenus chiffrés » en passant par l’échelle européenne mais sans exclure une initiative législative nationale.
Droit
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11 min
La délégation parlementaire au renseignement insiste : « l’impossibilité d’accéder au contenu des communications chiffrées constitue un obstacle majeur pour l’activité de la justice et des services de renseignement ».
Pourtant, l’année dernière l’article 8 ter de la proposition de loi Narcotrafic, qui était critiquée pour l’introduction d’une porte dérobée obligatoire dans les messageries chiffrées, avait finalement été retiré. Mais les membres de la délégation parlementaire au renseignement n’ont pas renoncé.
D’ailleurs, interrogé par Public Sénat, Cédric Perrin, sénateur LR et membre de la délégation, défend toujours l’article en question : « L’article 8 ter que j’avais fait adopter ne visait pas du tout à obtenir des clés de chiffrement mais à introduire dans une conversation un tiers fantôme avant le chiffrement ».
La délégation parlementaire au renseignement (DPR) continue de plaider pour ce qu’elle appelle maintenant « un accès ciblé au contenu des messageries chiffrées » dans une communication [PDF] publiée ce lundi 4 mai en marge de la publication de son rapport annuel.
Pour rappel, la DPR regroupe 8 membres du parlement : les sénatrices et sénateurs Muriel Jourda (LR), Agnès Canayer (LR), Gisèle Jourda (PS) et Cédric Perrin (LR) ainsi que les députés et députées Florent Boudié (Ensemble), Jean-Michel Jacques (Ensemble), Caroline Colombier (RN) et Aurélien Rousseau (PS).
Le dispositif de recueil des données informatiques, trop coûteux et complexe
Elle y déplore que « l’impossibilité d’accéder au contenu des communications chiffrées » dans les messageries chiffrées comme Signal ou Whatsapp « constitue un obstacle majeur pour l’activité de la justice et des services de renseignement ».
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Commentaires (22)
Le 6 mai à 10h21
Le 6 mai à 10h29
Le 6 mai à 10h37
Le 6 mai à 13h15
La majorité des gens de cette délégation est plus jeune que moi (6 sur 8)
Or, je pense être compétent sur le sujet à la fois d'un point de vue technique et sur certains aspects juridiques. Ce n'est donc pas une question d'âge.
J'aurais préféré des arguments mieux fondés pour critiquer leur position contre laquelle je suis moi aussi. Le commentaire d' @alec1337 est un bon exemple et s'appuie sur sa compétence juridique (dans le domaine du numérique).
Le 6 mai à 13h46
je vais pas faire une disserte sous un article de Next
Laisse moi balancer mon commentaire acerbe et sans source stp 😁
Le 6 mai à 11h06
Le 6 mai à 11h19
Le 7 mai à 17h09
Non ?
Ah.
Le 6 mai à 10h59
Je trouve quand même perturbant que les services de renseignement se considèrent comme garant d'une sorte de "morale": Eux , et eux seuls, veulent pouvoir accéder aux conversations privées de tout-un-chacun tout en arguant du secret défense quant à la publication de leurs magouilles.
Le moins qu'on puisse dire est qu'ils n'ont pas l'intérêt général & la démocratie chevillée au corps ces gens là.
Le prétexte est toujours le même : La "sécurité" notamment le terrorisme. Et la raison reste la surveillance sociale de masse (sans s'en cacher, au moment des gilets jaunes les groupes privés, facebook notamment, étaient infiltrés , ça avait été dit lors d'interviews).
Le fait qu'ils poussent ce type de régulation montre au moins que la partie technique leur pose un problème: Si c'était pas le cas ils auraient simplement continué à espionner sans rien dire, illégalement. Là ils veulent la coopération des apps et/ou du fabriquant de l'OS.
Mais l'une des failles à mon avis de notre système politique est que ces régulations / projets de lois sont proposé & soutenus, encore et encore, par des gens non élus mais payés avec nos impôts (+/- directement) là où la lutte contre ces mêmes projets de lois passent par la société civile (ex: LQDN et autres).
Ca donne l'impression qu'ils vont tenter tout ce qu'ils peuvent pour faire passer LA ligne qu'ils veulent, via un cavalier législatif d'un article sur la chasse & la pêche, un samedi soir du mois d’août avec 12 députés macronistes dans la place et qu'il faudra ramer des mois après pour faire des QPC et autres... et devoir recommencer ce cirque 3x par an - ils misent en fait sur l’épuisement et le manque de vigilance pour faire passer leur truc anti-démocratique , avec le RN aux portes c'est vrai que c'est le moment...
Le 6 mai à 11h31
Modifié le 6 mai à 11h52
Ce n'est pas le RN qui a espionné les syndicats, les militant puis lesgilets jaune, ou les militants ecolo.. c'est le PS, la Macronie, la Sarkosie.
Les mecs mettent en place des outils de surveillance depuis des lustres et vous parlez RN. ( une pensée pour la repression du mouvement anti Loi Travail sous Hollande..) N'oubliez egalement pas que c'est sous la gouvernance de partis "republicains " qu'on a laissé certains syndicats policier faire leur loi au Ministère de l'Interieur
Modifié le 7 mai à 10h48
En revanche, je ne peux pas m'empêcher de penser que ce genre de jouets sera utilisé bien plus brutalement si l'ED prend le pouvoir. Les gouvernements actuels s'en servent pour museler quelques opposants ("éco-terroristes", "ultra-gauche") ce qui est, je le répète déjà grave. Quand on connait la passion des fascistes pour les listes, je pense qu'assez rapidement on pourra arriver à des choses bien pires. Si vous voulez des idées vous pouvez toujours ouvrir un livre d'histoire ou de géographie.
Le 7 mai à 12h36
Et sachez que je n'ai pas attendu vos conseil pour ouvrir des livres d'histoire ou de géographie. Ce n'est pas parce que l'on n'est pas parfaitement d'accord avec votre vision des choses que l'on est un idiot. C'est assez méprisant.
Le 6 mai à 12h51
Modifié le 6 mai à 14h35
(edit: Ceci étant dit je suis pas non plus fan de Mélenchon en tant que personne publique - je trouve que ça fait bien bien longtemps qu'il aurait dû s'effacer et que LFI (le parti) aurait tout à y gagner. Mais incarner un parti dans une personne est un biais très français et ça marche tout autant pour le RN)
Le 6 mai à 16h09
Concernant LFI, il y avait 2 prétendants pour remplacer Mélenchon : Ruffin, qui s'est révélé être un rouge-brun, et Quattennens, qui a frappé sa femme... Donc pas bon pour les 2. Et les autres ne sont pas encore assez connus ni depuis assez longtemps pour prendre la relève sans y perdre toute chance de gagner.
Le 6 mai à 22h11
C'est sur que ça fait pas rêver...
(et même Quattennens je le mettrait au même niveau qu'un Bompart , en terme de "popularité" (au sens que si tu demandes à des gens dans la rue si il les connais, combien disent oui ou non).
Et les "actuels" de LFI... bon.... c'est pas ouf en terme de personne, et ça rejoint ton 1er paragraphe.
Le 6 mai à 12h07
Donc on va reprendre pour essayer de redresser tout cela.
Déjà, l'éléphant dans la pièce dont personne ne parle, mais qui juridiquement est essentiel pour la compréhension du sujet. N'oublions pas qu'un arrêt visant spécifiquement la France et sa tentation d'actionner des dispositions de droit pénal pour coller des obligations spécifiques est sur la rampe - si la formation de jugement suit les conclusions de son Avocat Général, cela s'annonce dévastateur pour la vision franco-française "les méchantes plateformes doivent respecter nos lois et puis c'est tout sinon sanction", et qu'il y a 15 jours un arrêt majeur sur la primauté du droit de l'Union y compris sur les sujets que les états membres considèrent comme régalien a été rendu (la DPR serait bien avisée de lire bien attentivement les considérants 522 et suivants, en particulier les 561 et 562 dans la mesure où on a vu que pour le contentieux données de connexion la piste identité nationale / constitutionnelle a été tentée, avec le succès que l'on connaît)
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:62024CC0188
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:62022CJ0769
A savoir ceux qu'on qualifie génériquement de "plateformes" sont dans leur quasi-totalité établis… hors de France.
https://digital-strategy.ec.europa.eu/fr/policies/list-designated-vlops-and-vloses
Donc relevant de la primauté du droit de l'Union (en particulier en matière de procédure, l'information des personnes concernées est une exigence du juge européen, et on peut difficilement reprocher à des sociétés établies hors de france de faire primer le droit européen sur une interprétation franco-française qui n'est pas partagée par le juge européen) et donc du principe du pays d'origine. Sans oublier la notification des dispositions, qu'elles soient législatives ou réglementaires, à la Commission, pour examen de conformité avec le droit de l'Union (pour avoir un petit apperçu de - l'absence de- marges manoeuvres des états membres en matière de numérique https://technical-regulation-information-system.ec.europa.eu/fr/notification/25091/message/106807/FR).
Et le récent arrêt du Conseil d'Etat sur Hadopi (qui ne signe nullement la fin de la réponse graduée comme on a pu le lire un peu rapidement, ouf, pas ici, mais il a fallu pour cela rappeler quelques fondamentaux) annonce la couleur sur l'issue des recours à venir qui seraient basés sur la primauté du droit national (au nom d'intérêts qui sont parfaitement légitimes, mais dont le juge européen, en application de traités souverainement négociés par les états membres, a rappelé qu'ils ne peuvent être garantis et protégés qu'au prix du respect du droit européen)
Donc on aura beau agiter le spectre d'une intervention législative pour tordre le bras des plateformes, il n'en demeure pas moins qu'on ne peut imposer à une société de droit étranger, qui par ailleurs est nullement tenue de répondre favorablement à une demande directe https://www.courdecassation.fr/decision/613fe26074b8ceec7653852e, de s'affranchir du respect du droit de l'Union et de celui de son pays d'établissement (c'est ainsi que de nombreux délits récemment créés sous la pression de l'émotion publique n'existent pas en droit Irlandais, illustration avec cet arrêt rappelant qu'on ne peut retenir la responsabilité d'une plateforme pour ne pas avoir communiqué des données pour une infraction qui n'existe pas dans son pays d'origine https://www.courdecassation.fr/decision/698ad0c9cdc6046d47b655f7)
Ce qui au passage a été rappelé au législateur par le Conseil d'État dans son avis sur la proposition de loi visant à encadrer l'accès des mineurs aux réseaux sociaux.
« Le Conseil d’Etat rappelle que le respect du droit de l'Union européenne constitue une obligation tant en vertu du traité sur l'Union européenne (TUE) et du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE) qu'en application de l'article 88-1 de la Constitution. Il emporte l’obligation d’appliquer les règlements de l’Union européenne qui, en vertu du deuxième alinéa de l’article 288 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), sont obligatoires dans tous leurs éléments»
Ce qui ne veut pas dire pour autant que les services de renseignement sont démunis. Car avec les règlements TCO / DSA / e-evidence les plateformes sont tenus de traiter (on a dit traiter, pas répondre favorablement à toute demande) les demandes respectant le droit de l'Union (les services ne peuvent porter des exigences que pour les plateformes établies sur leur territoire, pour celles établies dans un autre état de l'Union, cela doit passer par les outils communs mis en place).
Enfin, jamais inutile au législateur qui se plaint, sans étayer par des éléments concrets (rappelons que la conformité au droit de l'Union des procédures Telegram & Coco est loin d'être acquise https://www.linforme.com/tech-telecom/article/cet-oubli-de-l-etat-qui-pourrait-aider-kick-coco-et-pavel-durov-en-justice_3623.html , surtout avec l'arrêt CJUE à venir) d'un manque de coopération des plateformes établies hors de france que le droit national s'oppose justement à ce qu'une plateforme établie hors de france réalise des interceptions de contenus / messages.
Article D.98-7 CPCE
« Dans ce cadre, l'opérateur et les personnes mentionnées au 2 du I de l'article 6 de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique désignent des agents qualifiés dans les conditions décrites à l'article R. 872-1 du code de la sécurité intérieure et dans le décret n° 93-119 du 28 janvier 1993 relatif à la désignation des agents qualifiés pour la réalisation des opérations matérielles nécessaires à la mise en place de ces moyens.
Ces moyens sont mis en place et mis en œuvre dans les conditions suivantes :
– ils sont mis en place sur le territoire national ;
– ils sont mis en œuvre sur le territoire national et ne peuvent pas l'être à partir d'un pays étranger ;
– les données produites par les systèmes utilisés sont chiffrées par un moyen validé par l'Etat lorsque ces données doivent transiter par voie électronique en dehors du territoire national ;
– seuls les agents qualifiés peuvent utiliser et contrôler les systèmes utilisés pour les interceptions de communications électroniques, accéder aux données produites par ces systèmes et les communiquer aux demandeurs autorisés. »
Et, contrairement à une légende urbaine tenace et qui est régulièrement invoquée par quelques commentateurs ici qui ont un avis très tranché sur la question depuis leur canapé, le droit Européen (qui s'il n'est pas parfait reste à ce jour la meilleure des protections contre l'arbitraire et la tentation illibérale / autoritaire de nombreux politiques de tous bords) s'oppose à ce qu'un Etat membre puisse exiger d'une plateforme qu'elle dispose d'un établissement sur son territoire.
Il est vraiment dommage que sur ce sujet crucial dans une société démocratique l'angle retenu par l'article en soit resté au traitement superficiel, synthèse du rapport et paraphrasage des points de vue, ce n'est pas au niveau des ressources de Jean-Marc et Martin qui en en bien plus sous le pied et qu'on a connus moins dociles en matière de blanchissement d'éléments de langage.
Le 6 mai à 15h00
On démarre (tôt!) une période électorale, et beaucoup veulent "sortir un bilan" et montrer leurs "actions", et
cette articulation que tu prends le temps d'expliquer entre droit national & EU , peu de gens l'expliquent et peu le lisent dans les médias (encore merci Alex !).
Du coup l'important c'est les articles de presse, les interviews sur les plateaux radio / tv, les éditoriaux et toute la comm' autour pour montrer que "on fait quelque chose" , c'est pas de leur faute si "les juges rouges/l'eu/Trump/les aliens" ont contrecarré leurs décisions.
Si quelques années après , les lois se font retoquer et rien ne change effectivement, c'est pas bien grave - on sera déjà tous passés à autre chose - tout en ayant marqué les esprits : "Le chiffrement, c'est mal, c'est dangereux, c'est suspect". Pas besoin d'aller plus loin que ça.
Dans 5 ans , nouvelle loi sur le même sujet, avec les mêmes résultats.
Mardi à 08h42
Je m'excuse pour ma question de béotien.
Je suis allé voir tes sources et je ne retrouve pas les considérants 522, 561 et 562 (j'avoue avoir fait bêtement un Ctrl + F). Peux-tu nous dire où/comment retrouver cette information?
Mardi à 09h56
Mardi à 18h44
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