#Le brief du 27 juillet 2026

Claude Opus 5 veut faire presque aussi bien que Fable, pour moitié moins cher

Le temps où les modèles Opus étaient les plus puissants du catalogue d’Anthropic est terminé. Ce rôle est désormais dévolu à Fable et Mythos, mais le labo IA n’en a pas moins oublié son ancienne famille haut de gamme. Le lancement d’Opus 5 semble s’accompagner d’une prise de conscience de l’entreprise : les clients ont besoin de modèles certes costauds, mais aussi et surtout au bon rapport performances/prix.

Un des premiers arguments d’Anthropic porte ainsi sur les tarifs. Opus 5 se situe presque au niveau de Fable 5 pour certaines tâches, tout en étant facturé moitié moins cher. Les prix sont de 5 dollars par million de jetons en entrée, pour 25 dollars en sortie, soit la même chose qu’Opus 4.8. Fable 5, qui n’est accessible via l’API et des crédits d’utilisation, revient respectivement à 10 et 50 dollars.

Le labo insiste d’ailleurs lourdement sur le coût nécessaire pour réaliser une tâche, pas uniquement sur les résultats bruts des benchmarks. Sur CursorBench 3.1, au niveau d’effort maximal, les performances d’Opus 5 se placent à moins de 0,5 % du meilleur score de Fable 5 pour un coût par tâche deux fois moins élevé, selon le test réalisé par l’entreprise.

Le modèle obtient de meilleurs résultats que tous les autres avec les niveaux d’effort high, xhigh et max. Anthropic affirme qu’Opus 5 atteint l’état de l’art en matière de performances, ce qu’il faudra vérifier de manière indépendante.

En plus d’amélioration significatives sur les tâches liées à la recherche scientifique par rapport à Opus 4.8, ce nouveau modèle sait aussi générer des visuels « nettement plus convaincants » (chacun jugera) :

Opus 5 semble surtout progresser dans sa capacité à vérifier son propre travail, à corriger ses premières tentatives et à construire les outils qui lui manquent pour arriver au bout d’une tâche. En termes de cybersécurité, le modèle est présenté comme moins dangereux que Mythos 5 ; il serait presque aussi performant pour repérer des vulnérabilités, mais nettement moins efficace pour fabriquer les moyens de les exploiter.

Chrome est disponible sur les plateformes Arm64 Linux

L’information peut étonner : Chromium n’est-il pas déjà présent sur les systèmes Linux et l’architecture Arm64 ? Si, mais Chrome ne l’était pas. En mars, Google avait promis que son navigateur serait porté vers cette architecture durant le deuxième trimestre. La société est en retard, mais le navigateur est effectivement disponible, même s’il faut « ruser » pour l’obtenir.

Des builds Arm64 ont été ajoutées récemment aux dépôts officiels, comme le relève OMGUbuntu. Depuis un appareil Arm64, la page de téléchargement renvoie vers un installeur AMD64, mais il suffit de modifier le lien en remplaçant amd64 par arm64 pour récupérer la version stable pour l’architecture souhaitée. On peut également récupérer le paquet DEB correspondant via Apt sur Ubuntu, la commande ajoutant au passage le dépôt Google pour assurer les mises à jour. Nos confrères n’ont pas testé d’autres systèmes ni la version RPM.

Source : OMGUbuntu

Quel intérêt alors d’installer Chrome si Chromium et d’autres – comme Vivaldi – existent déjà ? Parce qu’on peut vouloir Chrome pour la synchronisation du compte Google (extensions, marque-pages, mots de passe…).

Autre raison : le support DRM Widevine intégré nativement. Jusqu’à présent, faire fonctionner Widevine sur Arm Linux hors ChromeOS nécessitait d’extraire le binaire aarch64 d’une image ChromeOS via des scripts tiers. Une gageure. Le module Widevine reste de type « Software Secure », ce qui plafonne Netflix et les autres services à 720p/1080p au lieu de la 4K ou du HDR, faute de chaine TEE (Trusted Execution Environment) valide. « C’est agaçant, mais c’est la même situation sur Intel/AMD », indique OMGUbuntu.

Sur un Raspberry Pi 5 sous Ubuntu 26.04, le décodage vidéo matériel était inactif pendant les tests, ce qui limite les performances sur les flux haute définition, toujours selon nos confrères. BBC iPlayer en réglage maximal tournait sans accroc, contrairement au Firefox Snap Arm64 d’Ubuntu qui saccade davantage. YouTube en 4K montrait des saccades et frames perdues, probablement à cause du matériel plutôt que de Chrome, tandis que le 2K était parfaitement fluide.

Réparations : Apple lance son AppleCare One en France le 4 août

Pour les personnes intéressées par une couverture supplémentaire des équipements neufs chez Apple, il fallait jusqu’à présent souscrire un contrat AppleCare distinct pour chaque appareil acheté chez Apple. AppleCare One permet d’ajouter jusqu’à trois appareils sous un même abonnement : iPhone, Mac, Apple Watch, iPad, AirPods, Apple TV, HomePod ou Apple Vision Pro. La seule condition est que les appareils soient rattachés au même compte iCloud.

En France, la formule de base sera facturée 20,99 euros par mois pour trois appareils, avec un supplément de 5,99 euros par mois par appareil additionnel, comme indiqué sur la page dédiée du site officiel. À titre de comparaison, la protection du seul iPhone coûte à partir de 9,99 euros par mois ou 99,99 euros par an, bien que le tarif évolue en fonction du modèle.

Au-delà de l’aspect tarifaire, les prestations sont celles de l’assistance AppleCare+. Pour un iPhone, un iPad ou une Apple Watch, cela signifie par exemple jusqu’à trois déclarations de perte ou de vol par an. Un point important, car le vol n’est pas compris dans la garantie AppleCare standard. La formule prend également en charge un nombre illimité de réparations pour dégâts accidentels, ainsi qu’une assistance prioritaire.

Les réparations peuvent être effectuées « souvent » le jour même en Apple Store ou centre de service agréé, et dans n’importe quel pays où sont implantées ces structures (Apple évoque plus de 5 000 centres agréés dans le monde).

Attention cependant sur les réparations, car une franchise s’applique : 29 euros pour les réparations d’écran et les dégâts sur le dos en verre, 99 euros pour tous les autres dégâts accidentels, et 129 euros en cas de perte ou de vol. Durant toute la durée de couverture en revanche, le remplacement de la batterie est gratuit si la capacité passe sous la barre des 80 %.

AppleCare One est donc un AppleCare+ pour plusieurs appareils à un tarif réduit en comparaison du cumul classique. Il y a en outre un sérieux avantage : si AppleCare+ doit être souscrit dans les 60 jours suivant l’achat du produit neuf, AppleCare One peut prendre en charge des appareils ayant jusqu’à 4 ans, à condition qu’ils soient en bon état. Auquel cas, après ajout du numéro de série dans la déclaration en ligne, un examen physique en magasin sera peut-être nécessaire. C’est en tout cas ce qu’indiquait Apple au lancement de cette garantie en juillet 2025 lors du lancement aux États-Unis.

Varta au bord du démantèlement après la perte d’Apple

Varta, déjà en grande difficulté, a fini par lancer une procédure d’insolvabilité. Le géant allemand des batteries subit de plein fouet la désaffection d’un de ses plus importants clients, Apple, qui a décidé d’acheter les petites batteries des AirPods en Chine.

C’était le coup de trop pour Varta : en mai dernier, la presse allemande s’est faite l’écho de la fin du contrat lié à la fourniture des batteries des AirPods. L’usine de Nördlingen, qui fabrique ces composants, avait été développée en grande partie pour répondre aux commandes du constructeur informatique. Ce dernier aurait décidé de faire affaire avec un fournisseur chinois, moins cher.

Sans les volumes d’Apple, le site n’est plus viable malgré les autres clients dénichés par Varta. La fermeture de l’usine doit entraîner la suppression de 350 emplois. Une perte particulièrement grave pour l’industriel allemand, qui souffrait déjà de sa dépendance à Apple depuis des années. Dès le printemps 2023, Varta avait ainsi indiqué que les ventes de sa branche lithium-ion CoinPower avaient chuté de 92,1 % au premier trimestre de cette année, principalement parce que son principal client, Apple, avait fortement réduit ses volumes.

Avec ou sans Apple, Varta n’était pas au mieux de sa forme. En 2024, le groupe avait déjà utilisé une procédure permettant de restructurer une entreprise avant l’insolvabilité. Cela a entraîné une forte réduction de la dette, le retrait de la Bourse, l’annulation du capital des anciens actionnaires (qui ont donc tout perdu), et l’arrivée de Porsche au capital.

Ce sauvetage reposait toutefois sur des objectifs financiers qui n’ont pas été atteints. Pour s’en sortir, Varta avait à très court terme besoin de plusieurs dizaines de millions d’euros, puis de nouvelles injections d’argent frais pour poursuivre ses activités. Aucun créancier n’a endossé le rôle du chevalier blanc, le partenariat avec Porsche (la coentreprise Cellforce) devrait être arrêté, et la décision d’Apple n’a évidemment pas arrangé les affaires de l’entreprise.

Varta a déposé ce 24 juillet quatre demandes d’ouverture de procédure d’insolvabilité. Le scénario est d’extraire l’activité la plus rentable, celle des piles grand public, pour les placer dans une nouvelle société qui pourrait être vendue à bon prix. Les autres activités pourraient être restructurées, cédées à part ou liquidées si personne n’en veut.

Numérique soutenable : l’Arcep veut connaitre la consommation et le détail des LLM

Le 24 juillet, l’Arcep a annoncé l’ouverture d’une consultation publique pour élargir sa collecte de données environnementales, en perspective de l’édition 2028 de son enquête annuelle « Pour un numérique soutenable », à la suite d’une campagne de collecte qui aurait donc lieu en 2027.

Rappelons que depuis 2020, l’Arcep collecte des indicateurs environnementaux auprès des acteurs du numérique, mission formalisée par le gouvernement l’année suivante et consolidée juridiquement par la loi REEN de décembre 2021. L’autorité dispose ainsi d’un pouvoir de collecte auprès des opérateurs télécoms, fournisseurs de services de communication en ligne, opérateurs de centres de données, fabricants de terminaux, équipementiers réseaux et fournisseurs de systèmes d’exploitation.

Les données recueillies sont présentées depuis, chaque année, dans ses rapports sur le numérique soutenable. En mars 2024 par exemple, le rapport incluait pour la première fois des informations sur la consommation des box, décodeurs et répéteurs.

Illustration : Flock

Dès l’automne dernier, l’autorité avait cependant annoncé sa volonté de capter de nouvelles informations pour mesurer l’impact environnemental de l’IA. C’est l’objet de la nouvelle consultation publique, avec deux extensions principales au recueil de données.

Chez les fournisseurs d’IA générative d’abord, l’Arcep propose de collecter des indicateurs permettant d’évaluer les émissions de gaz à effet de serre associées, de documenter les caractéristiques des modèles sous-jacents aux services les plus utilisés en France, et de mesurer les ressources mobilisées en entraînement et en inférence : volume de calcul, temps cumulé d’usage des processeurs et consommation énergétique.

Chez les opérateurs de centres de données et fournisseurs de services cloud, les nouveaux indicateurs serviraient à vérifier comment la chaleur est valorisée, à évaluer l’influence des systèmes de refroidissement sur l’empreinte environnementale des centres de données et à couvrir les obligations du règlement délégué (UE) 2024/1364, en application de la directive européenne sur l’efficacité énergétique (directive UE 2023/1791, dite EED), qui pose l’obligation de reporting pour les centres de données.

La consultation publique est ouverte à toutes les parties prenantes jusqu’au 30 septembre. La décision finale de collecte est attendue d’ici fin 2026, sous réserve d’homologation par la ministre déléguée chargée de l’IA et du numérique.

OpenAI aurait mis une semaine à s’apercevoir que son agent avait attaqué Hugging Face

Le 21 juillet, OpenAI a publié un communiqué étonnant : un de ses systèmes IA était responsable de l’attaque orchestrée contre Hugging Face. Des détails étaient fournis, mais l’histoire gardait des zones d’ombre. Si l’incident a été transformé en opportunité commerciale, il semble être le résultat d’une vaste carence en sécurité.

Dans notre article du 22 juillet, nous relations les évènements tels qu’ils ont été décrits par OpenAI et Hugging Face. Dans les grandes lignes, la plateforme open source dédiée à l’IA avait révélé le 16 juillet avoir été attaqué par au moins un agent IA autonome. Cinq jours plus tard, OpenAI communiquait pour annoncer être indirectement à l’origine de l’attaque.

Illustration : Flock

Que s’était-il passé ? OpenAI avait expliqué que des tests étaient en cours sur un système d’IA comprenant le récent modèle GPT-5.6 Sol ainsi qu’un autre, décrit comme simplement plus puissant. Dans ces tests, les garde-fous avaient été levés pour mesurer justement les capacités des modèles.

L’un des tests demandait aux modèles de résoudre un certain problème. Ces derniers avaient estimé que la réponse se trouvait probablement chez Hugging Face. Ils s’étaient alors échappés de leur environnement de test (révélant au passage une faille signalée à l’éditeur tiers concerné), avaient récupéré des identifiants de membres du personnel de Hugging Face et fouillé dans l’infrastructure de l’entreprise, compromettant au passage une partie des serveurs.

Une semaine pour s’en apercevoir

L’histoire comportait de nombreuses zones d’ombre. Nous relevions par exemple qu’il s’était écoulé cinq jours entre la présentation de l’attaque par Hugging Face et le communiqué d’OpenAI sur ce qui s’était passé. Cette dernière n’avait-elle donc découvert l’incident qu’avec le billet de Hugging Face ? Selon Reuters, ce serait bien le cas.

Selon nos confrères, la chronologie ne plaide pas en faveur d’OpenAI. L’agent se serait ainsi échappé de son environnement de test le 9 juillet et aurait commencé son intrusion chez Hugging Face le 11. OpenAI n’aurait compris la responsabilité de son système qu’à la publication du billet de Hugging Face le 16 juillet. Des membres du personnel n’auraient commencé à trouver des traces d’activité suspecte dans les journaux internes que durant le week-end du 18 - 19 juillet. Les deux entreprises ne se seraient pas parlées avant le 20 juillet, aboutissant à la communication publique du 21 juillet.

Reuters évoque deux sources proches du dossier, selon lesquelles il se serait donc écoulé une semaine avant qu’OpenAI s’aperçoive de sa responsabilité, entre la sortie de l’agent le 9 juillet et le billet de Hugging Face le 16.

Comment expliquer une telle latence ? Cette lenteur s’expliquerait par le fait qu’OpenAI fait tourner plusieurs tests simultanément, rendant difficile pour les employés la surveillance individuelle de chaque test, tant la masse de données générées est importante. Reuters apporte d’autres informations, notamment la création par un agent d’une note destinée à de futures versions de lui-même et contenant des instructions sur la manière de s’échapper des contraintes imposées par OpenAI. En revanche, l’article ne dit pas si cet agent en particulier est lié à l’attaque.

Autre point important, Hugging Face avait évoqué un contact avec les forces de l’ordre. D’après l’agence de presse, il s’agit bien du FBI qui n’a pas souhaité réagir. Silence également de la part de la plateforme. Chez OpenAI, une porte-parole a déclaré que l’article de Reuters contenait « plusieurs inexactitudes », mais n’a pas répondu aux demandes de détails.