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Face à un public inquiet, l’IA continue son expansion à grande vitesse

Enthousiasme variable

Face à un public inquiet, l’IA continue son expansion à grande vitesse

L’AI Index 2026 de l’Institute for Human-Centered Artificial Intelligence décrit une industrie de l’IA en croissance ultra-rapide, mais qui distance au passage les travaux dédiés à la sécurisation de ces technologies. Quand bien même les usages se répandent, elle peine par ailleurs à remporter l’adhésion de l’opinion publique.

Les investissements dans l’intelligence artificielle continuent d’exploser, tandis que ses effets sur les emplois, et surtout sur l’opinion publique, restent (très) mitigés. Tels sont certains des constats dressés dans le dernier AI Index.

Globalement, l’édition 2026 de ce travail publié chaque année par l’Institute for Human-Centered Artificial Intelligence de l’université de Stanford dessine l’image d’une industrie qui va très vite, tandis que le reste du monde peine à suivre.

L’écart Chine-US disparaît

Dans le type de technologies déployées, cela se traduit à la fois par l’amélioration continue des modèles de pointe, par la manière dont la Chine a réussi à rattraper les États-Unis en termes de performance, mais aussi par l’explosion du nombre d’incidents constatés au fil des années récentes, alors que le domaine de « l’IA responsable » s’est peu à peu fait distancer.

Évolution des incidents relevés dans l’AI Incident Database. / Capture d’écran AI Index

En termes économiques, si les revenus des entreprises d’IA continuent de croître très rapidement, ils restent grevés par les coûts d’infrastructure et de calcul, qui atteignent leurs propres records.

Évolution des dépenses (estimation) des deux leaders du secteurs que sont OpenAI et Anthropic en milliards de dollars. / Capture d’écran AI Index

L’empreinte environnementale du secteur s’étend de manière concomitante : les émissions liées à l’entraînement de Grok 4 sont ainsi estimées à 72 816 tonnes d’équivalent CO₂, la consommation annuelle en eau liée à l’inférence (opérations réalisées lorsque le modèle est sollicité) de GPT-4o pourrait dépasser à elle seule les besoins en eau potable de 12 millions de personnes.

Du point de vue des résultats des modèles, ceux dédiés à la génération d’image deviennent peu à peu en mesure de représenter la manière dont des objets évoluent (par exemple : représenter les vaguelettes provoquées par le fait de lancer un objet dans de l’eau), mais certains paradoxes subsistent. Un modèle comme Gemini Deep Think peut ainsi remporter une médaille d’or (35 points) aux Olympiades internationales de mathématique, mais reste incapable de donner l’heure, comme la plupart des grands modèles de langage.

Côté robotique, la Chine se démarque comme le pays qui a déployé en 2025 le plus de robots industriels (plus que tout le reste du monde), au point de compter 54 % de ces outils à l’échelle internationale. Si ces dispositifs fonctionnent très bien dans des environnements contrôlés, relève l’AI Index, ils continuent de rester à la traine dans des tâches quotidiennes, ne parvenant à remplir que 12 % de tâches ménagères.

Un intérêt croissant pour les utilisateurs

Aux États-Unis, l’AI Index estime que la valeur dégagée par les consommateurs était de 172 milliards de dollars sur un an début 2026, contre 112 milliards de dollars l’année précédente, sachant que l’essentiel des outils utilisés par le public restent quasiment gratuits.

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Commentaires (17)

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Le paragraphe suivant :

« En parallèle, l’usage de l’IA se répand largement et a un rythme plus rapide que l’adoption d’internet. En trois ans, 53 % de la population a déjà utilisé de l’IA (quoique de manière variable et corrélée au PIB par habitant constaté dans chaque pays), une proportion atteinte en plus de 15 ans pour l’adoption des ordinateurs. 
»

est présent 2 fois dans l'article (au début de la section « Un intérêt croissant pour les utilisateurs » et au début de la section « Ce qui ne freine pas les inquiétudes »).
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Encore un bug de l'IA ! :fumer:

J'avais remarqué à la lecture puis, je n'ai pas retrouvé le premier passage afin de vérifier avant de signaler l'erreur.
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Ces trucs qui se répètent … ils révèlent un bug de la matrice :8
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Ha, the famous deja vu :D c'est corrigé, merci
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"Une partie de l’industrie de l’IA reste étonnée de l’opinion négative qui entoure ses travaux"
Cette blague !
3 ans de marketing ultra-agressif sur les dangers de la techno, la fin des cols blancs et j'en passe, pour survendre le produit.
Le tout accompagné d'un financement full power comme une fuite en avant éperdue, et son s'étonne ?
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Ces domaines où les gains sont les plus facilement mesurés sont aussi ceux où de premiers ralentissements d’embauche sont visibles, comme une étude (PDF) très commentée de l’économiste Erik Brynjolfsson avait commencé à l’illustrer fin 2025. Les jeunes développeurs de 22 à 25 ans ont ainsi vu les opportunités d’embauche chuter de 20 % sur la seule année 2024, tandis que les recrutements de développeurs plus âgés continuent de croître.
Cette étude me paraît quand même douteuse pour conclure.

En effet la Figure 1 qui montre la chute du nombre de développeurs juniors dès fin 2022 (sortie de ChatGPT 3 pour rappel).
Figure 1: Employment changes for software developers and customer service agents by age, nor-
malized to 1 in October 2022

Soyons sérieux, en octobre 2022 on ne pouvait pas remplacer un employé en développement logiciel avec ChatGPT 3 et même en 2023 voire 2024 c'est douteux tellement la qualité des IA était faible pour gagner du temps dans ces tâches là. Et c'est probablement vrai pour d'autres professions.

Une partie de ces courbes a probablement d'autres explications qu'il ne faut pas oublier :


  • Durant la pandémie, il y a eu une grande demande pour tout ce qui est développement, l'évolution des salaires pouvait même être absurde durant ce temps. Mais le marché s'est corrigé et forcément par rapport à la période dorée c'est plus complexe.

  • Même avant la pandémie il y a eu aussi une grande course à former des développeurs pour ceux qui étaient au chômage par exemple. Il y a eu une grande inflation de nombre de personnes pouvant développer mais une bonne partie de ces nouvelles recrues avaient des connaissances très limitées malgré tout car formations très courtes et moins intéressants dans un contexte de resserrement du marché. Et sans doute que ces profils ont souffert le plus de l'arrivée de l'IA aussi mais probablement après 2024.



C'est compliqué d'analyser les données car l'économie en général n'est pas au meilleur de sa forme, il y a eu la pandémie, la guerre en Ukraine (et l(inflation), la politique de Trump, etc. Tout cela a des influences différentes qui rendent difficiles de savoir la cause des mutations dans l'emploi en tout cas avec des statistiques macroscopiques.
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Le problème est qu'on parle toujours de l'impact de l'IA sur le marché du travail selon le point de vue américain.

Le marché du travail en France, ou même en Europe, est différent. Une étude de la BCE en mars dernier laissait comprendre que les remplacements / licenciements "au nom de l'IA" évoqués par certains grands groupes ici n'étaient qu'un bouc émissaire pour justement compenser une masse salariale intenable à la suite des embauches massives de l'ère COVID, entre autres.
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Réflechissons 2 secondes: si une entreprise A adjoint l'équivalent de 50000€ de tokens à un développeur senior payé 100000€ pour l'aider dans sa tache, cette entreprise va-t'elle aussi embaucher un développeur junior en parallèle ?

Vous avez 2 heures...
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Une allocation de 50k € de tokens pour une personne serait un sacré gaspillage, AMHA.
(le SKU de facturation est au million de tokens, de nos jours, sur les API)

Il me semble que l'abonnement "Max" chez Claude est à $ 200 / mois.
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Réflechissons 2 secondes
Vous avez 2 heures...
Il faudrait savoir !
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Tsss Tsss :non:

Tu commences par réfléchir 2 secondes et tu te rends que tu n'y arriveras pas avant 2h...

Mon idole de la mauvaise foi c'est Trump: je ne peux pas avoir tort...
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2 secondes de prompt, une heure d'IA :stress:
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Je ne pense pas que beaucoup d'entreprises dépensent autant en tokens par employé. ET pas impossible que la facture en tokens par employé de nombreuses structures qui s'en servent (aujourd'hui) peuvent être compensées facilement par la hausse des ventes ou l'amélioration de la qualité ce qui ne remettrait pas en cause la nécessité de garder ou d'augmenter les effectifs (mais ça dépend des boîtes, évidemment).

Mon but n'est pas de dire que l'IA n'a pas et n'aura pas d'impacts sur l'emploi. Mais c'est de pointer que de nombreuses études sur le sujet regardent des graphiques et prenant ChatGPT 3 comme point de bascule pour démontrer que l'IA en est responsable alors qu'avant 2025 c'était hautement improbable dans les secteurs considérés.

Si les analyses attribuent tout à l'IA car à partir de fin 2022 on note des changements, alors qu'il y a manifestement d'autres phénomènes à l'oeuvre aussi, ça montre une faiblesse dans l'analyse et ça rend toute analyse basée sur ces indicateurs pour aujourd'hui et demains délicats. Si on peine à les interpréter quand l'IA joue aucun ou un faible rôle, comment ces indicateurs pourraient être efficaces pour attribuer ce qui est de l'IA ou d'autres phénomènes demain ? Il faut justement savoir rendre compte des impacts de chaque élément proprement si on veut analyser sérieusement (et ainsi être en mesure de prédire ou de décider quoi faire au niveau politique).
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Il y a un autre phénomène aussi dont on parle peu: c'est le choix d'orientation des étudiants actuels pour leurs études supérieures et leur spécialisation.

On commence à voir des filières qui sont boudés par certains étudiants par crainte que l'IA ne bloque leur entrée dans le marché du travail.
Le problème comme dit dans l'article c'est que pour être "senior" dans un domaine, il faut forcément être passé par le stade "junior" pour acquérir des compétences.
Si la tendance se poursuit, il y aura forcément pénurie de main d'oeuvre dans des domaines très pointus pour des entreprises qui seront tournées vers l'IA sans réflexion à moyen terme.
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D'un autre coté je me dit , bah..... "tant pis pour elles", non ?
Elle se feront coiffer par des entreprises qui auront pas fait la même erreur... Tuer le cheval sur lequel tu es assis est rarement la meilleure stratégie pour gagner une course d'endurance.
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Le problème, c'est si toutes les entreprises font de même.
Y'a qu'à voir ce qu'à donné les décennies de mise de côté du nucléaire français/européen.
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Y'a qu'à voir ce qu'à donné les décennies de mise de côté du nucléaire français/européen.
Je suis d'accord, même si c'est un exemple un peu extrême (parce qu'il y a peu d'acteurs sur le marché). Pour l'informatique par exemple, c'est plus fourni.