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USA : les chantiers de datacenters butent sur un double mur énergétique

Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé

USA : les chantiers de datacenters butent sur un double mur énergétique

Illustration : Flock

Entre 30 et 50 % des projets de datacenters attendus pour 2026 aux États-Unis devraient enregistrer des retards. Outre la difficulté à sécuriser les accès à l’énergie nécessaires à leur alimentation, ce ralentissement de la construction serait principalement dû aux délais nécessaires pour l’approvisionnement en équipements dédiés à la production ou à la transformation d’énergie.

Le 08 avril à 09h18

N’en déplaise à Donald Trump, la souveraineté industrielle ne se décrète pas, et les faramineux plans d’investissement programmés dans les datacenters aux États-Unis risquent de bientôt incarner très directement cette problématique. Dans une enquête datée du 1er avril, Bloomberg décrit en effet comment plusieurs grands chantiers de construction se heurtent à une problématique d’approvisionnement en composants électriques.

Le principal goulot d’étranglement ne se situerait donc pas au niveau des puces dédiées à l’IA, de la mémoire vive, ou des équipements réseau, mais à l’étage d’en dessous : celui des équipements nécessaires à l’électrification d’un centre de données. D’un point de vue financier, ces derniers représentent généralement moins de 10 % du coût global d’un datacenter, remarque Bloomberg. Ils n’en sont pas moins indispensables au bon fonctionnement de l’ensemble. Or, la demande semble nettement dépasser l’offre.

Les projets en matière de création de datacenters mobilisent en effet des enveloppes record : d’après une analyse de Bridgewater Associates réalisée fin février, les dépenses d’investissement en infrastructures programmées par Google, Amazon, Meta et Microsoft totaliseraient en effet la bagatelle de 650 milliards de dollars. Et si ces projets ont en partie vocation à servir les besoins d’acteurs spécialisés comme OpenAI ou Anthropic, ils ne couvrent pas la totalité du marché, puisque d’autres acteurs spécialisés (Oracle, Equinix, Coreweave, etc.) prévoient eux aussi la construction de nouveaux centres de données.

Des plans d’investissement en forme de vaporware ?

Les chiffres sont tellement monumentaux qu’ils soulèvent en premier lieu la question de la fourniture d’énergie associée, particulièrement dans certaines régions des États-Unis où le réseau électrique n’est pas dimensionné pour accueillir de telles infrastructures.

En réponse, les géants du numérique travaillent d’ailleurs à sécuriser leurs besoins à venir via des achats en direct, à l’image de Meta qui déclarait en début d’année avoir réservé 6,6 GW d’énergie fournie par des réacteurs nucléaires dont la construction ne s’achèvera qu’à horizon 2035.

De plus en plus, ils deviennent aussi leurs propres fournisseurs d’énergie. Sur ce volet, l’exemple le plus emblématique est sans doute celui de xAI, l’entreprise d’Elon Musk, dont la récente levée de fonds de 20 milliards de dollars a notamment vocation à financer l’achat de nouvelles turbines à gaz. Ces cinq nouvelles machines, représentant une puissance cumulée de 2 GW, viendraient compléter un parc installé déjà conséquent, dont la construction et les niveaux d’émission dépassent largement la réglementation locale en vigueur.

Cette problématique du raccordement à un réseau alimenté en conséquence entraine déjà un lot important de retards, d’après la partie accessible au public (enregistrement par email requis) d’un rapport signé d’un cabinet spécialisé, Sightline Climate, dont Bloomberg tire les éléments chiffrés de son enquête.

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Commentaires (11)

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Merdalors, la politique du Yaka Fokon qui montrerait ses limites ?

Bon, on ne va pas se moquer vu qu'on est pas mieux lotis.
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Y a juste pas les ressources (énergétiques, minières, main d'oeuvres diverses et variées) pour faire tout ce qui est annoncé et continuer à vivre en parallèle. cf. Jankovici et autres.

La solution trouvée est de foncer quand même et de faire crever des gens.
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Bon, on ne va pas se moquer vu qu'on est pas mieux lotis.
Les pires étant le Royaume Uni (nous, on est dans un délire où la puissance installée nécessaires aux DC IA est environ 40-50% de notre puissance installée actuelle; chez eux - le RU - c'est plus que 100%).

Pour l'électrification et la transition énergétique, on repassera.
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Dans une enquête datée du 1er avril, Bloomberg décrit (...)

Pour moi, en lisant ça, il y a toujours un doute !
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C’est intéressant de noter que même ces grands du secteur sont dépendants d’entreprises étrangères pour assurer le développement de leurs centres de données.
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Ils n’en sont pas moins indispensables au bon fonctionnement de l’ensemble. Or, la demande semble nettement dépasser l’offre.
Mais non, mais non, la main invisible des marchés va s'occuper de tout ça. Il y aura une légère augmentation indolore, le kWh coûtera la bagatelle de 8,42€ afin que tout le monde profite équitablement.
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le kWh coûtera la bagatelle de 8,42€ afin que tout le monde profite équitablement.
Pas grave, on alimentera nos maisons avec des groupes électrogènes (remplis de carburant à 3€/L :D )
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Moi, je pensais employer pour pédaler au seuil de pauvreté les cadres qui seront au chômage à cause de l'IA.
Toute ressemblance avec des livreurs à vélo n'est que fortuite :fume:
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J'ai bien aimé la phrase : "la tension serait devenue particulièrement marquée sur les équipements industriels". La puissance des mots amène une intensité dramatique dans ce contexte !
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Waaaaaaatt ? :mdr:
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400 kV, c'est une tension particulièrement marquée ? :keskidit: