41 % des sites et applis utilisés par les enfants proposent des contenus inappropriés
Interdit aux moins de 13 ans, vraiment ?
Photo de Caleb Woods sur Unsplash
Le 26 mars à 08h03
27 autorités de protection des données personnelles ont audité près de 900 sites web et applications mobiles utilisés par les enfants dans le monde entier. 62 % sont pourtant réservés aux plus de 13 ans, et 72 % des mesures de vérification de l’âge ont pu être contournées. Ceux qui les ont audités ne seraient pas à l’aise que des enfants utilisent 41 % des sites Web et applications examinés.
41 % des sites et applis utilisés par les enfants proposent des contenus inappropriés
Interdit aux moins de 13 ans, vraiment ?
Photo de Caleb Woods sur Unsplash
27 autorités de protection des données personnelles ont audité près de 900 sites web et applications mobiles utilisés par les enfants dans le monde entier. 62 % sont pourtant réservés aux plus de 13 ans, et 72 % des mesures de vérification de l’âge ont pu être contournées. Ceux qui les ont audités ne seraient pas à l’aise que des enfants utilisent 41 % des sites Web et applications examinés.
Droit
Droit
13 min
« La protection de la vie privée des enfants en ligne reste insuffisante », et « elle a peu progressé au cours des 10 dernières années », résume la CNIL au sujet d’une étude internationale portant sur 864 sites web et applications mobiles utilisés par des enfants.
Chaque année, le réseau d’organismes agissant pour la protection de la vie privée au sein de pays membres de l’OCDE, réunis au sein du Global Privacy Enforcement Network (GPEN), conduit un audit en ligne de nombreux sites web et d’applications mobiles.
Des représentants de 27 autorités de protection des données dans le monde, dont la CNIL, avaient cette année pour mission de mesurer les pratiques concernant la protection de la vie privée des enfants en ligne.
Cet audit, qualifié de « ratissage », repose sur l’examen de 464 sites Web et 400 applications mobiles utilisés par les enfants la semaine du 3 au 7 novembre 2025, mais sans que la liste précise n’en soit divulguée, non plus que les critères de sélection, le rapport ne fournissant qu’un camembert de leur répartition thématique.
La CNIL précise cela dit que « si certains services examinés sont conçus spécifiquement pour les enfants, d’autres, destinés au grand public, sont également largement utilisés par ces derniers ».
Les sites web réclament plus de données personnelles qu’avant le RGPD
Les vérifications ont principalement porté sur les pratiques des plateformes en matière de collecte de données personnelles des utilisateurs, de transparence, et de vérification de l’âge.
Elles ont été comparées à une opération similaire effectuée en 2015, afin de mesurer l’évolution de la situation, sachant que le Règlement général sur la protection des données (RGPD) est entré en vigueur en 2016, qu’il est applicable depuis 2018, mais également que seules 6 des 27 autorités participant à l’audit sont du ressort de l’Union européenne.
Y figurent en effet de nombreuses autorités des cinq pays anglo-saxons de l’alliance des « Five Eyes » (dont cinq autorités canadiennes, plus celles de Guernesey, Jersey, l’île de Man et Gibraltar), et deux chinoises (Hong Kong et Macao).
Or, si certaines « bonnes pratiques » ont été observées (comme le fait de conseiller aux enfants de ne pas révéler leur vrai nom, ou de désactiver la géolocalisation par défaut), « il ressort également de l’audit que certains risques ont augmentés », relève la CNIL :
« Par rapport à 2015, un plus grand nombre de services en ligne utilisés par les enfants exigent désormais la fourniture de données personnelles pour accéder à toutes les fonctionnalités de la plateforme. De plus, davantage de plateformes indiquent dans leurs politiques de confidentialité qu’elles peuvent partager des données personnelles avec des tiers. »
Les autorités ont également constaté une utilisation croissante de systèmes de vérification de l’âge pour restreindre l’accès des enfants aux services en ligne ou leur interaction avec ceux-ci. Elles n’en ont pas moins noté la facilité avec laquelle ces systèmes peuvent être contournés, au grand dam de la CNIL :
« Cette situation est particulièrement préoccupante s’agissant de sites web et d’applications proposant des contenus inappropriés ou des traitements de données à haut risque pour les enfants. »
72 % des mesures de vérification de l’âge ont pu être contournées
Les participants au « ratissage » ont examiné les sites web et applications mobiles au regard de cinq indicateurs, « qui reflétaient en grande partie ceux de 2015 » :
- 72 % des mesures de vérification de l’âge ont pu être contournées, « le plus souvent lorsque le mécanisme repose sur une simple déclaration »,
- plus de la moitié (59 %) des sites web et applications mobiles nécessitaient la collecte d’une adresse de courrier électronique, 50 % les noms d’utilisateur et 46 % une géolocalisation,
- 71 % des sites web et applications mobiles ne contenaient pas d’informations adaptées aux enfants sur les mesures de protection ni dans leur politique de confidentialité (par exemple en langage simple, ou via des animations destinées aux enfants),
- plus d’un tiers (36 %) des sites web et applications mobiles ne proposaient pas de moyen facilement accessible pour supprimer un compte,
- seulement 35 % des sites web et applications mobiles « identifiés comme présentant des caractéristiques et des conceptions de traitement de données à haut risque pour les enfants (langage complexe pour les enfants, paramètres de confidentialité réglés sur « public » par défaut, incitation ou harcèlement pour partager des renseignements personnels, etc.) » contenaient des informations sur la vie privée « enjoignant à un enfant de demander la permission à ses parents de continuer à utiliser le site web ou l’application », et seulement 25 % (80 sur 317) disposaient de tableaux de bord parentaux.
62 % des sites et applications sont réservés aux plus de 13 ans
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Commentaires (22)
Le 26 mars à 08h58
Que ce signal soit dans l'entête http ou des plages IPv6 spécifiques, cela reste à voir mais dans tous les cas, cela passe par les fournisseurs d'accès qui connaissent contractuellement leurs clients.
Pour rappel, les enfants utilisent très majoritairement leurs smartphone pour ces accès et la détection de l'utilisation de cet appareil est parfaitement envisageable.
Avec un tel signal, le site aurait une preuve de minorité et aucune excuse de ne pas s'adapter en conséquence.
Le 26 mars à 10h42
Concernant les plages IP ça ne marche plus si on passe par le wifi.
À un moment il va falloir arrêter de chercher des solutions techniques dangereuses comme toutes ces histoires de vérification d’âge.
Internet date plus d’hier et n’est pas près de disparaître. Il y a des gens qui sont parents aujourd’hui et qui sont nés après l’Internet.
Il est peut être temps de plutôt se focaliser sur l’éducation, de considérer qu’internet est un espace public comme l’est l’extérieur de la maison et qu’il faut apprendre aux enfants (et aux grands enfants) à agir sur internet comme on le fait dans la rue c’est à dire avec prudence. Et pour les enfants, de la même manière qu’on ne les laisse pas seuls dans la rue et qu’on leur apprend à traverser, on les accompagne sur internet. Que ce soit en mettant en place des systèmes de contrôle ou en utilisant internet avec eux.
Oui je sais que les adultes eux mêmes manquent d’éducation sur le sujet. Mais rien n’interdit de mettre en place des moyens pour éduquer la population (ce qui n’a jamais été fait!) plutôt que des mesures techniques liberticides.
Le 26 mars à 12h27
A un moment, si tu veux protéger, il faut bien s'interposer quelque part.
Si tu interdit l'accès à Internet à tes enfants en dehors de ta présence, alors il n'y a pas de débat en effet mais ce n'est pas toujours applicable et cela ne constitue pas forcément un défaut des parents.
Le 26 mars à 11h17
Le 26 mars à 12h26
Le "problème" est que ces trackers , si ils existant encore et sont poussés par des boites qui rapportent bien (coucou Criteo, licorne française dans ce domaine hautement bénéfique pour la société, en route pour les USA aux dernières nouvelles....) . Donc ca reste un jeu de chat & souris permanent.
Et d'autant plus (et pour moi l'article le montre bien) que en fait ces données semblent avoir une grande valeur, d'autant plus grande que le tracké est jeune (car plus d'historique à venir je suppose) et que les écrans de consentement & autre respect de la RGPD ne sont que de "la poudre de perlimpinpin".
Pour ce dernier point on s'en doutait déjà mais bon... là c'est quasi officiel : "La RGPD ? Oh mais on a délégué le tracking à XXX, chargée de ce respect de la RGPD (mais on veux bien quand même une part des revenus associés)... voyez avec eux, bisoux)"
Donc pour moi c'est un vain combat . La seule manière serait de faire baisser drastiquement les revenus, donc déjà en achetant rien aux annonceurs via les liens affiliés & tout, encore moins en cliquant sur une pub parce qu'alors là ya une ligne qq part dans une base de donnée qui est ajouté avec marqué PIGEON en rouge clignotant, et ya un agent IA qui livre directement une bouteille de Don Pérignon au siège de Criteo en anticipation de la bonne vache à traire des années....
Il faudrait arriver à faire un navigateur qui pourrisse littéralement ces bases de tracking avec des données fictives , créer un nouvel utilisateur à chaque onglet et indiquer que ce dernier est passionné de pâtes aux sucre et de nécrophilie, tout en envoyant des données de tracking aléatoire (et encore je suis sur qu'en face ils seraient capable de le détecter... :-( )
Le 26 mars à 14h44
Pour ça, le bloqueur aide bien (ne serait-ce qu'en évitant de cliquer par erreur).
Le 26 mars à 12h15
Pense à DoNotTrack dont tout le monde se tamponnait.
Il faut obligatoirement un cadre légal pour avoir un impact. Le DSA dans l'UE le donne sur la protection des mineurs, mais il ne spécifie rien à ma connaissance pour le vérifier.
Le 26 mars à 12h22
Le 26 mars à 12h27
Le 26 mars à 12h31
Globalement, un site qui ne veut pas avoir d'enfant dans ses visiteurs serait bien content de pouvoir leur bloquer l'accès tout simplement. Bien plus simple que le do not track à gérer.
Modifié le 26 mars à 12h42
Le problème n'est pas technique, il est avant tout légal. Contraindre un tel signal aurait plus de sens.
Le 26 mars à 12h57
Le 26 mars à 13h20
Si ces services ne veulent pas s'y plier, ils peuvent faire comme Aylo.
Le 26 mars à 17h33
Modifié le 26 mars à 14h48
Ceci étant dit , il me semblait qu'il y avait une entête "do not track" et ça a depuis disparu car ça dépend du bon vouloir des collecteurs de données (ah ah) qui ont du dire "fuck".
Le 26 mars à 17h37
Le 26 mars à 10h20
Le 26 mars à 11h29
Modifié le 26 mars à 12h07
comment ça peut être listé comme application utilisable par des enfants??? et surtout, pourquoi à moins de 13 ans tu peux te dire "tiens, je vais utiliser cette appli!"
Plus largement, j'ai du mal à voir leur définition d'enfant dans le texte. Parlent-il des - de 13 ans, ou bien au dessus (et dans ce cas le terme ados seraient plus adapté)?
Le 26 mars à 12h28
Le 26 mars à 16h33
Le 26 mars à 18h22
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