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Guerre en Iran : trois datacenters AWS touchés aux Émirats Arabes Unis et à Bahreïn

Les contingences physiques du nuage

Guerre en Iran : trois datacenters AWS touchés aux Émirats Arabes Unis et à Bahreïn

Amazon Web Services (AWS) signale que trois de ses datacenters du Moyen-Orient sont affectés par le conflit qui oppose Israël et les États-Unis à l’Iran. Deux de ses infrastructures situées aux Émirats Arabes Unis auraient été directement touchées, tandis qu’un site situé à Bahreïn a subi des dommages indirects. Amazon prévient que l’interruption de service associée est susceptible de se prolonger.

Le 03 mars à 08h04

Le géant américain du cloud AWS fait partie des victimes collatérales de la réponse militaire de l’Iran à l’attaque lancée le 28 février dernier par les États-Unis et Israël. Via la page dédiée au statut de ses infrastructures, il a en effet signalé lundi avoir subi les conséquences des bombardements partis d’Iran au niveau de trois de ses sites, aux Émirats Arabes Unis et à Bahreïn.

Deux sites directement touchés, une victime collatérale

Amazon dispose de trois datacenters aux Émirats Arabes Unis. Deux d’entre eux (référencés comme mec1-az2 et mec1-az3 dans la nomenclature AWS) ont été directement touchés par des frappes de drones parties d’Iran, affirme l’entreprise sur la page « statut » de ses infrastructures.

Elle y décrit comment les premières perturbations sont survenues dans la nuit de dimanche à lundi, suite au déclenchement de la riposte iranienne contre les EAU. L’une de ses zones a d’abord été affectée par un problème d’alimentation électrique, avant que l’entreprise ne signale, quatre heures plus tard, avoir constaté que des objets avaient frappé le datacenter, entraînant un départ d’incendie.

« Les pompiers ont coupé l’alimentation électrique du bâtiment et des générateurs pendant l’intervention pour maîtriser l’incendie. Nous attendons toujours l’autorisation de rétablir le courant et, dès que ce sera fait, nous veillerons à rétablir l’alimentation et la connectivité en toute sécurité », décrivait alors AWS.

Quelques heures plus tard, bis repetita : un problème d’alimentation électrique, puis une interruption de service plus large, sont annoncés pour la deuxième zone concernée aux EAU. Dans un nouveau point d’étape, publié mardi 3 mars vers 2 heures du matin (heure de Paris), AWS confirme que les deux sites concernés ont bien été touchés directement par des tirs, et conseille à ses clients qui opèrent des services dans la région de basculer, dans la mesure du possible, vers d’autres infrastructures.

Par ricochet, la troisième zone dont dispose AWS aux EAU souffre en effet de problèmes de disponibilité, et la plupart des services courants sont signalés comme hors service ou fortement dégradés sur toute la « région » correspondant aux Émirats (ME-CENTRAL-1), mais aussi à celle, voisine, de Bahreïn (ME-SOUTH-1). Parmi les trois zones que compte cette dernière, un site a en effet lui aussi subi les conséquences des bombardements, sans avoir été directement visé : « une frappe de drone à proximité de l’une de nos installations a causé des dommages matériels à notre infrastructure », décrit ainsi l’entreprise.

Rétablissement progressif des services

Suite à ces incidents, Amazon décrit un double chantier de remise en état, aussi bien matériel que logiciel, sans pouvoir s’avancer quant à un horizon temporel de retour à la normale :

« Dans les deux régions, les clients constatent une augmentation des taux d’erreur et une disponibilité réduite pour certains services, notamment Amazon EC2, Amazon S3, Amazon DynamoDB, AWS Lambda, Amazon Kinesis, Amazon CloudWatch, Amazon RDS, ainsi que la console de gestion et l’interface de ligne de commande AWS. Nous mettons tout en œuvre pour rétablir la disponibilité complète du service dans les plus brefs délais, mais nous prévoyons que la reprise sera longue compte tenu de l’ampleur des dégâts matériels. »

L’entreprise indique privilégier le rétablissement de services clés tels que S3 ou DynamoDB, qui sous-tendent le fonctionnement de ses infrastructures, et promet ensuite de mettre l’accent sur les outils de migration et d’export, afin que les clients des zones concernées puissent transférer leurs données et leurs charges de travail vers des environnements fonctionnels.

Elle invite par ailleurs ses clients opérant dans la région à anticiper les conséquences potentielles du conflit :

« Nous recommandons aux clients dont les charges de travail s’exécutent au Moyen-Orient d’envisager dès maintenant de sauvegarder leurs données et, le cas échéant, de migrer leurs charges de travail vers d’autres régions AWS. Nous leur conseillons de mettre en œuvre leurs plans de reprise d’activité, de restaurer leurs données à partir de sauvegardes distantes stockées dans d’autres régions et de mettre à jour leurs applications afin de rediriger le trafic hors des régions affectées. »

Neuf zones et trois régions au Moyen-Orient

AWS dispose pour mémoire de trois « régions » au Moyen-Orient, avec une présence sous forme d’infrastructures physiques à Bahreïn depuis 2019, étendue aux Émirats Arabes Unis en 2022 et à Israël en 2023, tandis qu’un lancement a été annoncé pour 2026 en Arabie Saoudite (sans plus de précision). Chacun des trois pays déjà ouverts dispose de trois « zones de disponibilité » (un ou plusieurs centres de données à part entière dotés d’une alimentation redondante et d’une connectivité propre). Aux Émirats Arabes Unis, les trois zones d’AWS se répartissent entre Abu Dhabi et Dubaï.

AWS revendique trois régions et neuf zones au Moyen-Orient, auxquelles doit s’ajouter l’Arabie Saoudite – capture d’écran, source

Commentaires (14)

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Les prochains seront en mode abri anti-atomique ...
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Est-ce que les datacenter pourraient devenir une cible de guerre ?

Vu que les F-35 et autres engins deviennent hyper connecté.
S'ils décident d'utiliser un cloud avec le meilleur ping possible, ils doivent se connecter avec les datacenter a proximité.
Imaginons le F-35 qui n'arrive plus a reconnaitre un missile d'un albatros car il a perdu la connexion (la base de donnée des menace est vraiment dans un cloud, c'est pas une blague. C'est en partie pour ça que les acheteurs de F-35 sont dépendant des USA)

Ou alors avec un mauvais ping, la reconnaissance des menaces prend plus de temps que le temps de trajet du missile
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Je ne suis pas sûr que le fait que la base de données des menaces soit dans cloud signifie que les F-35 en opérations n'en aient pas une copie, justement pour des raisons de latence et de vulnérabilité à la guerre électronique. En tout cas, rien ne permet d'affirmer que, sans connexion en vol, un F-35 est handicapé.

La validation pré-mission, c'est une autre histoire (très problématique pour les opérateurs du F-35 hors des USA - voire pour l'USAF et l'USN si tu écoutes certaines plaintes de leurs staffs).
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Oui mais même hors menace.

Ils parlent d'équipement hyper connecté avec tous les équipements qui se parlent, comme des champs de bataille virtuel avec les vue des drones/sat/cam des soldats pour voir ce qu'il peut y avoir comme surprise derrière un mur etc
Ou lors un truc du genre "le missile évite de tomber à l'endroit où y a des GPS des soldats US (sauf si les capteurs de santé indiquent qu'il va mourir)"
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C'est de la science-fiction. Les firmwares sont "wipe" à chaque retour de mission, les données utiles (pré-mission) sont chargés en local avec une "surcouche" de terrain (ou se trouve tels avion, véhicule et l'etat de l'armement...). Il n'y a en France, aucune décision IA ou cloud, par contre toutes les données sont envoyés au sol dans des PC pour que des "experts" analysent les données récoltés. Et il y a des évolutions en cours pour que avoir un canal montant pour "guider" les pilotes de rafale à mieux ciblé ou changer de cible/appuie feu.
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De toute façon, même si c'était le cas, le ping ne serait pas meilleur pour un avion volant au dessus de l'Asie qu'il aille taper dans un DC qui est au US ou en Asie même.

Sur une liaison satellite : Terminal > sat > gateway du sat > liaison terrestre vers DC
Je doute qu'il y ait des gateway ou transitent les données militaires de partout. Il doit y en avoir dans les pays alliés et c'est surement plus discret qu'un DC. La latence sera plus importante sur la partie terminal > Sat surement.

Mais les avions communiquent surtout avec des liaison radios qui peuvent attendre 300 km de portée d'après ce que j'avais vu. Avec des protocoles spécifiques pour le chiffrement.
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Ça, c'est la bulle informationnelle autour des soldats et de leurs matériels : c'est local (qql centaines de km tout de même avec les avions), c'est pas du cloud façon IT. Ça permet la fusion des données issues de plusieurs éléments, qui permet par exemple qu'un AWACS traque quelque chose, et que ce qqch soit ciblé par un F-35 ou un Rafale qui est sur le même théâtre.
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Je pense que les datacenter sont des cibles évidentes en cas de conflit, non pas pour impacter des systèmes militaires qui sont résiliants et peu dépendants de sites connus, mais pour détruire les capacités économiques civiles de l’adversaire.
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Et si en plus, comme dans le cas présent, les datacenter sont US, ils sont encore plus une cible pour l'Iran.
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Indeed.
C’est un peu un cas particulier en l’espèce, c’est le seul pays qui a essaimé des sites majeurs dans toutes les régions du monde.
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Les systèmes militaires d'information sont architecturés pour ne pas fonctionner de manière obligatoire avec des choses au sol.

Détruire un AWACS (qui est un véritable DC, une tour de contrôle et un radar de veille, en même temps) va avoir d'importante conséquences sur les capacités militaires, comparé à un datacenter au sol.

Un DC Amazon reste cependant une cible de choix quand tu sais que tu peux pas descendre les avions au dessus de toi : il bouge pas, il est pas protégé comme une base militaire et c'est gros. C'est de la politique ou terrorisme, ça dépend le point de vue.
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L'avantage aussi de péter des DC, c'est que c'est propre, pas ou très peu de perte humaine (les 2 ou 3 gars sur site, si pas de bol), ca n'impacte pas la survie de la population (santé, nourriture, ...) mais fait prendre conscience à la population qu'ils sont en train de perdre quelquechose pour qu'ils orientent, peut-être, leurs opinions avant de passer au stade sale.
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La base de menaces centrale est aux US, chacun des client vient piocher dedans pour la mettre à jour moyennant finances (abonnements, toussa toussa), pour mettre à jour régulièrement l'avion.

L'avion a bien une copie locale de sa base des menaces sinon il ne pourrait pas voler au dessus de l'océan pacifique.
Le sujet n'est pas nouveau, il est juste plus en tête d'affiche avec le F-35, mais tous les avions modernes sont connectés régulièrement pour être updaté / mis à jour, notamment pour leur base de menaces.
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Pas sûr que mettre le logo de l'OTAN soit pertinent pour illustrer cette crise.

Après les datacenters, les câbles sous-marins ??

Guerre en Iran : trois datacenters AWS touchés aux Émirats Arabes Unis et à Bahreïn

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