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Western Digital affirme avoir déjà vendu toute sa production de 2026

Wild wild west

Western Digital affirme avoir déjà vendu toute sa production de 2026

Denny Müller pour Unsplash

Les tensions sur l’approvisionnement en composants informatiques touchent aussi le secteur des disques durs. Une bonne nouvelle pour les leaders du secteur, à l’image de Western Digital, qui a récemment affirmé avoir vendu la quasi totalité de sa production pour 2026 et pronostique plusieurs années de croissance soutenue grâce à l’IA.

Le 16 février à 17h03

Déjà bien sensibles sur les segments de la mémoire vive et de la mémoire flash, les tensions sur l’approvisionnement en semiconducteurs se manifestent aussi sur le disque dur magnétique, et la situation semble partie pour durer. C’est du moins ce qu’a laissé entendre Irving Tan, CEO de Western Digital.

L’IA, nouveau relais de croissance du marché des disques durs

Fin janvier, celui-ci a ainsi déclaré que son groupe avait vendu la quasi totalité de sa production programmée pour l’année calendaire 2026. « Nous avons des commandes fermes avec nos sept principaux clients. Nous avons également conclu des accords à long terme avec deux d’entre eux pour l’année 2027 et un pour l’année 2028. Ces accords à long terme définissent un volume d’exaoctets et un prix », a affirmé Irving Tan au cours du webcast qui accompagnait la présentation des résultats financiers du groupe pour le deuxième trimestre de son exercice fiscal 2026.

Traduction ? Avec des engagements fermes, portant sur des capacités et une trajectoire tarifaire définie, le patron de Western Digital veut assurer aux marchés que son groupe, qui vient déjà d’annoncer des résultats record, va maintenir une croissance significative au cours des années à venir.

En l’occurrence, Irving Tan évoque un taux de croissance annuel composé (on parle généralement en anglais de CAGR, pour compounded annual growth rate) gravitant légèrement au dessus de la barre des 20 %. Cette demande sera selon lui majoritairement tirée par l’IA, dont les nouveaux besoins renforcent la pertinence du disque dur :

« En effet, à mesure que la valeur de l’IA évolue de l’entraînement des modèles à l’inférence, davantage de données sont créées. Par conséquent, pour permettre la diffusion des résultats d’inférence, il est nécessaire de stocker davantage de données. Si l’on considère la rentabilité de la diffusion de l’inférence à un coût adapté pour favoriser une adoption massive, une grande partie de ces données générées et nécessitant du stockage sera stockée sur des disques durs. »

Irving Tan a précisé son propos quelques jours plus tard, le 3 février, à l’occasion de son Innovation Day. « Avec l’explosion des données générées par l’IA, il est évident que les disques durs deviendront le support de stockage prédominant pour les données brutes, le stockage de contenu et la création de nouveau contenu », a-t-il affirmé, avant d’avancer que les disques durs représentent 80 % des capacités de stockage déployées par les grands acteurs du cloud et de l’IA. Loin devant la mémoire Flash donc, dont Western Digital n’est plus qu’un acteur indirect depuis sa scission d’avec Sandisk.

D’après Western Digital, qui s’appuie sur les chiffres d’IDC, les disques durs représentent 80 % du stockage déployé par les grands acteurs du cloud et de l’IA

Une trajectoire boursière exceptionnelle

Les perspectives n’ont pas toujours été aussi riantes pour l’industrie du disque dur. A la fin des années 2010, les principaux fabricants du secteur que sont Western Digital, Seagate, Toshiba et Samsung, voyaient leurs ventes décliner, en raison de la montée en puissance de la mémoire Flash. Les volumes sont ensuite repartis à la hausse dans la période post-Covid, avec un effet rattrapage souligné par l’accélération des investissements des hyperscalers dans leurs infrastructures.

C’est cependant à partir de 2024 et tout particulièrement en 2025 que le disque dur accélère significativement, comme en témoignent ces chiffres compilés par un analyste du cabinet de conseil The Information Network.

Livraisons de disques durs pour les trois principaux fabricants du marché, exprimées en exaoctets par trimestre – crédit The Information Network

Bien que moins directement valorisés que les acteurs spécialisés dans la course à l’IA, les fabricants de disque dur connaissent de ce fait une trajectoire boursière exceptionnelle : le cours de l’action Western Digital a ainsi progressé de 417 % sur un an, tandis que celui de Seagate a gagné 314 % sur la même période.

Western Digital (en bleu) et Seagate (en jaune) ont connu une trajectoire boursière exceptionnelle sur douze mois, avec une très forte accélération à compter de l’automne 2025

Quelle place pour le grand public ?

On ne parle pas, pour l’instant, de pénurie sur le marché des disques durs, mais il est possible, voire probable, que la demande exacerbée des acteurs du cloud et de l’IA aient un retentissement sur les marchés grand public et professionnels qui, réunis, ne représentent plus que 11 % des ventes sur le dernier trimestre de Western Digital, contre 13 % un an plus tôt. En valeur, le grand public représente 168 millions de dollars, sur un chiffre d’affaires trimestriel de 3 milliards de dollars.

Le cloud pèse à lui seul 89 % du chiffre d’affaires trimestriel de Western Digital

En pratique, le grand public subit déjà les conséquences de cette demande renforcée face à l’offre : d’après les relevés opérés par Computerbase, le prix moyen des références courantes affichant entre 4 To et 22 To de capacité a ainsi grimpé d’environ 40 % entre le 15 septembre et le 15 janvier dernier. Nos propres observations montraient une hausse plus mesurée sur le marché français, mais néanmoins bien tangible. L’affirmation de Western Digital selon laquelle sa production de l’année est déjà vendue ne devrait pas contribuer à inverser la tendance à court terme.

Commentaires (19)

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Après la barrette de 256 Mo, je vends deux disques durs de 3 To (7-8 ans mais ils marchent). S'il y a pénurie de tout, je fais les fonds de tiroir...
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Je cherchais justement un disque 3 To et j'étais surpris de ne rien trouver…
C'est pour remplacer un ancien disque (9 ans), qui a quelques erreurs S.M.A.R.T., mais je vais peut-être pouvoir le vendre aussi, en fait 🤣.
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Sur la pénurie : j'ai acheté une barrette de 8 Go DDR4 en novembre à 29 euros sur Amazon. Aujourd'hui, sur Amazon : 66 euros... En plus c'était juste pour un dépannage temporaire !
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J'ai acheté un disque dur de 2 To pour le PS5 145 €, maintenant il est au prix de la console (550 €). Si c'est vraiment la merde, je le vends. :roll:
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Après l'or, la nouvelle valeur refuge : les GPU, la RAM et les disques durs :D
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Il me reste quelques disques de 250Mo.
Si ça intéresse quelqu'un pour se faire une grappe.

Ecrire à la rédaction qui fera suivre.
:phibee:
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Au lieu d'annoncer des trucs pareils pour attiser la peur, ils veulent pas... produire plus ?

J'espère que des constructeurs Chinois en profiteront pour émerger (comme CXMT sur le marché de la RAM par exemple) et que le jour où ces chers WD, Seagate et Toshiba auront à nouveau besoin du marché retail, on pourra les laisser mourir.
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Je pense qu'il le voudraient bien, mais les chaines de production ont généralement une limite et en monter de nouvelles prend du temps.
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Puis c'est aussi un gros risque. Si le temps que les chaines de productions soient prêtes, la demande s'écroule pour une raison ou une autre, les prix feront de même.
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C'est pas scalable facilement. Il faut améliorer le rendement des machines ou en acheter/fabriquer des nouvelles.
Et donc possiblement plus de place (nouveaux bâtiments, donc permis), renforcement des alimentations électrique etc.
Sans compter que tes sous-traitants doivent faire pareil.
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Ou alors juste attendre la chute de la première boîte d’IA qui du coup n’achètera pas ces réservations.
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Augmenter significativement la production, ça demande beaucoup d’investissement et de temps. C'est des cycles de 2 ou 3 ans, avec beaucoup d'inertie dans les deux sens.

Ils vont sûrement adopter la même stratégie que les acteurs de la NAND : ne pas suivre complètement la demande et profiter de bonnes marges.
Ils ont déjà fait l’erreur dans le passé d’augmenter fortement la production suite à des pics de demande, pour ensuite se retrouver le bec dans l’eau quand ça se calme (sur-production, marges insuffisantes
-> pertes importantes). Ils ne feront pas la même erreur
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Fin janvier, celui-ci a ainsi déclaré que son groupe avait vendu la quasi totalité de sa production programmée pour l'année calendaire 2026.
En même temps, s'ils ne produisent qu'un mois pour tout une année...
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Si les particuliers n'ont plus les moyens pour se payer les outils permettant d'accéder au cloud ça va tourner vite vinaigre cette histoire.
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Sauf que pour accéder à Internet, tu n'as pas besoin d'un gros disque dur, et comme tu auras tout dans le Cloud, les données seront en plus toutes prêtes pour être siphonnée par les IA. 🥳
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Les coûts d'exploitation de ces services va exploser également dans un avenir proche, ils renouvellent leurs infrastructures suffisamment vite pour ne pas échapper au fait d'impacter les prix.
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Heureusement, on a Next qui nous fourni du To en veux-tu en voilà ! 😁
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Il suffit que les gens fassent preuve d'un peu plus d'humilité et arrêtent de vouloir avoir des systèmes complets chez eux. Avec des solutions comme Shadow ou GeForce Now, il est tout à fait possible d'utiliser un client léger pour accéder à une vm et travailler ou jouer sur celle-ci depuis un client léger genre chromebook.

(fin de la blague)
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Le mini pc que je me suis fait livrer en novembre à prit 40% depuis. Je savoure les 64 go de RAM 👌🏻

Western Digital affirme avoir déjà vendu toute sa production de 2026

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  • Une trajectoire boursière exceptionnelle

  • Quelle place pour le grand public ?