France Travail écope de 5 millions d’euros d’amende pour sa gigantesque fuite de données
Environ 14 centimes par personne
Flock
5 millions d’euros, soit la moitié du maximum encouru : la CNIL tape fort contre France Travail, mais c’est à la hauteur des manquements et de la fuite de données (25 Go), portant sur près de 37 millions de Français. La délibération permet de voir les arguments de France Travail… se faire démonter les uns après les autres par la Commission.
Le 29 janvier à 12h28
10 min
Droit
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Mise à jour le 29 janvier à 15h55. Ajout du communiqué de France Travail qui « prend acte de la sanction de la CNIL », regrette la sévérité, mais ne contestera pas devant le Conseil d’État.
Article original du 29 janvier à 12h28. Au début de l’année 2024, France Travail était victime d’une cyberattaque avec l’exfiltration de données personnelles de plus 36,8 millions de personnes. Deux ans plus tard, la CNIL condamne l'organisme à 5 millions d’euros d’amende et une astreinte de 5 000 euros par jour.
La CNIL est « on fire » sur les sanctions depuis quelque temps, il faut dire que ce ne sont pas les fuites qui manquent, il y en a toutes les semaines, voire plusieurs par semaines… et même parfois par jour. Le temps que la CNIL instruise les dossiers et procède aux contradictoires, les procédures prennent du temps mais l’accélération est notable.
Rien que depuis le début de l’année, elle a prononcé des sanctions contre France Travail, Intersport (oups, la Société X) et Free (Mobile). En décembre 2025, c'était contre Nexpublica (Inetum), Mobius (Deezer), American Express.
Dans les mois précédents, c'était Conde Nast, la Samaritaine, Orange, Shein, Google, Caloga et Solocal (nous sommes alors en mai 2025). C’est sans compter sur la trentaine de sanctions en procédures simplifiées en 2025.
36,8 millions de personnes, 25 Go de données exfiltrées
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France Travail écope de 5 millions d’euros d’amende pour sa gigantesque fuite de données
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36,8 millions de personnes, 25 Go de données exfiltrées
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France Travail affirme avoir des « mesures de sécurité fortes »…
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… sans authentification multifacteur
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9 Go de données extraites en un jour, aucune alerte déclenchée
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France Travail demandait une tape sur les doigts
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La CNIL ne croit pas France Travail sur parole et prononce une injonction
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France Travail regrette la sévérité, mais ne conteste pas
Commentaires (39)
Le 29/01/2026 à 12h56
Le 29/01/2026 à 13h50
Le 30/01/2026 à 08h38
Le 29/01/2026 à 13h04
Pratique pour financer la CNIL.
Le 29/01/2026 à 18h50
Le 29/01/2026 à 19h25
Le 29/01/2026 à 13h04
La CNIL est retorse, elle n'exige pas de justificatifs:enfin pas tout de suite...
Le 29/01/2026 à 13h59
Le 29/01/2026 à 15h01
Le 29/01/2026 à 15h16
Modifié le 29/01/2026 à 15h28
- indemnisation des victimes (que diriez vous d'un euro symbolique par donnée par personne, genre ton nom prénom date naissance ont fuité, tu gagnes 3€)
- licenciement pour faute grave des équipe sécurité qui n'ont pas fait leur taf
à adapter à la situation mais si quand un organisme d'état fait de la merde la seule conséquence c'est que sur le prochain budget faut prévoir 5M d'argent public dans le budget d'une agence de l'état pour verser une amende au même état alors seul le contribuable se retrouve à assumer ces erreurs....
Le 29/01/2026 à 15h34
Le 29/01/2026 à 18h48
Le 30/01/2026 à 09h31
Le 04/02/2026 à 13h26
Avant de blâmer les lampistes, je commencerai par regarder du côté du management, puis des décisionnaires...
Le 29/01/2026 à 15h35
Le 30/01/2026 à 00h31
Je ne suis pas certain que les fautifs, ici, soient tant à la DSI qu'à la tête de France Travail.
Et sinon :8 caractères... Bon, là, OK, la DSI s'est loupée.
Par contre, 10 tentatives en moins de 5 minutes pour bloquer le compte, c'est pas hyper dangereux vu que tous les identifiants sont dans la nature ?
Je veux dire : imaginons qu'un Etat souhaiterait mettre le bazar en France en pleine période électorale, ne pourrait-il pas mettre cette mesure de sécurité à profit pour bloquer les comptes des 36M d'utilisateurs de France Travail en essayant plus de 10 tentatives par adresse issue de la fuite ? C'est compliqué de rétablir l'accès à ces comptes ?
Le 30/01/2026 à 08h48
Le 30/01/2026 à 11h26
Le 30/01/2026 à 12h54
Le 30/01/2026 à 13h30
Le 30/01/2026 à 17h44
Le 31/01/2026 à 09h15
Modifié le 31/01/2026 à 10h16
Et pour éviter certaines pressions, ils ont une certaines immunité judiciaires.
Le 01/02/2026 à 17h48
Le 01/02/2026 à 19h23
Le 01/02/2026 à 22h15
Le 02/02/2026 à 07h40
L'article L5311-8 dispose que France Travail doit assurer l'interopérabilité des systèmes d'information des réseaux pour l'emploi. C'est donc une de ses missions sur laquelle l'organisme a failli puisqu'il y a eu manquements à celles imposées par le RGPD.
Le 30/01/2026 à 06h33
Le 30/01/2026 à 08h24
Je suppose que cette amende administrative impacte ce budget de fonctionnement. Et là, j'aurais tendance à dire que 5 millions, ça fait une sacré claque dans la gueule.
Le 30/01/2026 à 11h27
Le 30/01/2026 à 13h54
Le 30/01/2026 à 19h49
Le 31/01/2026 à 09h15
Le 31/01/2026 à 11h29
Le 31/01/2026 à 14h42
Le 30/01/2026 à 12h55
Ce qui m'énerve c'est que les données des personnes concernées se retrouvent dans la nature mais cela n'a pas l'air d'émouvoir grand monde. Ensuite, on a le risque de recevoir des scams par mail, par téléphone, etc.
Et bon, le conseiller qui traite 13 millions de fiches dans la journée soit 9 Go, cela ne pose apparemment aucun soucis.
Le 30/01/2026 à 14h27
On est à deux doigts du patron qui menace "si je prends une amende, je mets des gens au chômage."
Le 30/01/2026 à 14h32
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