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Harvard récupère en justice les 2,2 milliards de dollars de subventions confisqués par Trump

Écran de fumée

Harvard récupère en justice les 2,2 milliards de dollars de subventions confisqués par Trump

Illustration : Flock

La justice étasunienne met un frein à la politique de Donald Trump attaquant les universités. Il avait en effet confisqué 2,2 milliards de dollars de subventions fédérales à Harvard pour lui imposer de supprimer tous les programmes et initiatives en faveur de la diversité, de l’équité et de l’inclusion, et en s’appuyant sur la lutte contre l’antisémitisme comme prétexte.

« Tous les gels et résiliations de financement à Harvard effectués conformément aux ordonnances de gel et aux lettres de résiliation à compter du 14 avril 2025 sont annulés et ignorés », a décidé la juge Allison D. Burroughs dans un jugement rendu ce mercredi 3 septembre. Les décisions que Donald Trump a prises pour punir financièrement l’université d’Harvard sont donc jugées illégales.

Dès les premiers mois de son mandat, le président étasunien avait fait pression sur plusieurs universités pour qu’elles abandonnent leurs programmes en faveur de la diversité, de l’équité et de l’inclusion (DEI) et en s’appuyant sur des accusations d’antisémitisme visant le mouvement étudiant pro-palestinien.

Tout le réseau des universités étasuniennes attaqué

Columbia a été l’une des premières universités à courber l’échine dès mars 2025, comme l’expliquait le Guardian. En juillet, elle avait accepté un accord imposé par l’administration Trump : suite à des accusations selon lesquelles elle n’aurait pas protégé ses étudiants juifs, l’université a accepté de lui payer 200 millions de dollars et d’arrêter ses programmes DEI.

Du côté de l’Université de Californie, c’est 1 milliard de dollars que réclame l’administration Trump après les manifestations pro-palestiniennes de 2024.

Les attaques des républicains contre ces programmes ne datent pas du second mandat de Donald Trump. Ainsi, la Cour suprême, à majorité conservatrice, a rendu en 2023 un avis qui épinglait la politique d’admission de l’université d’Harvard comme de la « discrimination positive raciale ».

Les répercussions de ces attaques dépassent les seuls campus étasuniens. Les programmes DEI (diversité, équité et inclusion) sont des politiques extrêmement ciblées par le régime trumpiste et les républicains. Ainsi, depuis janvier, les géants de la tech ont tous rapidement abandonné ce genre de politiques d’inclusion, et de nombreuses administrations sont elles aussi affectées, au point de voir certains mots censurés.

Si Columbia a décidé de ne pas se battre, Harvard a voulu aller en justice en s’appuyant notamment sur les compétences de ses chercheurs en droit.

L’antisémitisme utilisé « comme écran de fumée »

« Les lois qui ont été promulguées pour mettre fin à certaines formes de discrimination servent aujourd’hui d’armes dans la guerre menée par le gouvernement contre l’enseignement supérieur, car les efforts passés visant à protéger les droits constitutionnels – liberté d’expression, initiatives en faveur de la diversité et de l’équité, et protection des personnes transgenres – sont eux-mêmes présentés comme des formes de discrimination », expliquait Jeannie Suk Gersen, enseignante à l’école de droit de l’université d’Harvard, dans le New Yorker.

Dans sa décision [PDF], la juge Allison D. Burroughs leur donne raison : « l’examen du dossier administratif ne permet guère de conclure autrement que les accusés ont utilisé l’antisémitisme comme écran de fumée pour mener une attaque ciblée et motivée par des considérations idéologiques contre les meilleures universités du pays, et ce d’une manière qui enfreint l’APA [ndlr : Administrative Procedure Act], le premier amendement et le titre VI [ndlr: Title VI of the Civil Rights Act of 1964] ».

« La décision confirme les droits procéduraux et ceux garantis par le Premier amendement dont jouit Harvard, et valide nos arguments en faveur de la liberté académique de l’université, de la recherche scientifique critique et des principes fondamentaux de l’enseignement supérieur américain », a réagi le président de l’Université d’Harvard, Alan M. Garber, souhaitant en même temps une bonne rentrée à toute la communauté de son université.

Quant à l’accusation d’antisémitisme, le Boston Globe a révélé que l’un des avocats de l’administration Trump dans cette affaire a, lorsqu’il était étudiant, rendu un devoir pour un cours de latin rédigé du point de vue d’Adolf Hitler.

Mais une politique d’inclusion qui s’infléchit quand même

Si cette université est allée en justice contre les décisions de coupes budgétaires unilatérales de Donald Trump, elle a cependant quand même amendé sa politique sur la diversité, équité et inclusion. L’université a, par exemple, récemment fermé les sites de son Centre pour les femmes et de son Bureau pour la vie étudiante LGBTQ pour ouvrir un « Bureau de la culture et la communauté académiques ».

De plus, l’administration Trump peut encore contester la décision de la juge Allison D. Burroughs devant la Cour suprême. Si c’est le cas, peut-être qu’Harvard considérera la proposition faite par un chercheur en économie norvégien : Nathan Warren affirmait cet été dans le journal économique de son pays Dagens Næringsliv : « La Norvège pourrait acheter l’ensemble de la Harvard Corporation [l’organisation à but non lucratif qui gère Harvard] et la transférer en Norvège. Le moment est certainement propice pour l’obtenir à un bon prix. La Norvège dispose des fonds nécessaires et sa culture correspond parfaitement à celle de Harvard ».

Commentaires (17)

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Donc si j'ai bien compris, il est interdit de dire du mal de la politique d'Israel sous peine de se faire arrêter pour anti sémitisme.
Par contre, le fait que le POTUS traine dans la boue l'ensemble de la communauté sud américaine cela passe crème ?

Aucun doute que cela aille jusqu'à la cour suprème: on verra alors si les US ont réellement basculé vers le côté obscur.
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Donc si j'ai bien compris, il est interdit de dire du mal de la politique d'Israel sous peine de se faire arrêter pour anti sémitisme. Par contre, le fait que le POTUS traine dans la boue l'ensemble de la communauté sud américaine cela passe crème ?
Tout a fait. Et l'autre camp fait l'inverse. Nous vivons une époque formidable. /s
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Il semble que tu n'ais pas compris la différence entre dire du mal de la politique d'un pays et s'en prendre à l'ensemble d'une communauté.

Quand on critique ce que fait Israel, on ne s'en prend pas à l'ensemble des israéliens, uniquement aux fanatiques d'extreme droite qui sont au pouvoir et à ceux qui les ont élus.

Quand on s'en prend à l'ensemble d'une ethnie ou d'une religion, on généralise des critiques à des personnes qui n'ont strictement rien à avoir avec le problème.
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Quand on critique ce que fait Israel, on ne s'en prend pas à l'ensemble des israéliens, uniquement aux fanatiques d'extreme droite qui sont au pouvoir et à ceux qui les ont élus.
Je suppose donc que lorsque l'autre camp arbore le drapeau de la Palestine, ce n'est pas en soutient de l'ensemble des Palestiniens ? Si ? Non ?
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Tu veux dire que pour toi le drapeau de la Palestine = Hamas ?
Donc un palestinien à Gaza actuellement est forcément du Hamas ?

Merci de confirmer une nouvelle fois ce que je dis.
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Tu veux dire que pour toi le drapeau de la Palestine = Hamas ?
Donc un palestinien à Gaza actuellement est forcément du Hamas ?
Est-ce que je me trompe en disant que le drapeau de la Palestine représente tous les palestiniens, y compris ceux qui sont membres du Hamas ?

Non, bien sur que non. A moins que si... en fait, on ne sait pas. Et c'est la que les partis politiques savent très bien ce qu'ils font en disant "Israel" ou "Palestine" au lieu de préciser leur pensée. Ils savent comment ca sera interprété par leurs militants.
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Je suppose donc que lorsque l'autre camp arbore le drapeau de la Palestine
Un drapeau, c'est un symbole, qui peut d'ailleurs être détourné. Quand on met un drapeau français, tu vas pinailler sur le fait que dans les Français, il y a des criminels, des royalistes, des néo-nazis, etc. ?
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Un drapeau, c'est un symbole, qui peut d'ailleurs être détourné. Quand on met un drapeau français, tu vas pinailler sur le fait que dans les Français, il y a des criminels, des royalistes, des néo-nazis, etc. ?
Est-ce qu'on peut critiquer la France sans critiquer tous les francais ? Car c'était ça la raison de mon commentaire.
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Je pense que oui, mais tout dépend du contexte : qui parle, de qui et comment.
Edit : et avec quelles intentions.
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Je pense que oui, mais tout dépend du contexte : qui parle, de qui et comment. Edit : et avec quelles intentions.
Bah voila, c'est toute l'ambiguïté qui est exploitée habillement par les camps politiques.
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car l'époque Biden/Obama c'était le "bon" côté ? :roll:
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@maxmax1

Sur l'époque Biden/Obama (soit 12 ans)

Je n'ai pas souvenir d'avoir vu une milice fédérale cagoulée venir arrêter en pleine journée des personnes sur le sol US pour les parquer dans des camps.

Je n'ai pas souvenir d'avoir vu des mots, des livres interdits voire détruits.
Je n'ai pas souvenir d'avoir vu des portraits de femmes ou de personnes non blanches chrétiennes retiré non pas par rapport à ce qu'elles auraient fait, mais par rapport à leur "communauté"
Je n'ai pas souvenir d'avoir vu de telles attaques contre le droit de manifester, le droit des travailleurs
Je n'ai pas souvenir d'avoir vu de telles attaques contre le monde scientifique en général, contre la planète en particulier et contre la santé des américains (un antivax ministre de la santé :roll:)
Je n'ai pas souvenir d'avoir vu un milliardaire avoir été à la têté d'un DOGE avec les conséquences qu'on a pu mesurer.

Et pour finir, cerise sur le gateau je n'ai pas souvenir d'avoir vu de tels attaques permanentes contre le système électif américain: mettre à la tête des organes de vérification une personne qui a toujours annoncé que l'élection de 2020 avait été volé, sans avoir apporté la moindre preuve.
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Entre ça et les droits de douane retoqués, j'espère que tout l'argent économisé ou gagné de manière illégale n'a pas été dépensé... vu que logiquement, il va falloir rattraper/rembourser!
Maintenant, la cour d'appel de Columbia vient de confirmer l'annulation de 16 milliards de $ de subvention à 15 ONG "climatiques... ça bouchera une partie du trou.
Plus d'un milliard chacune, qd même! Dire que d'aucuns se demandaient d'où certains tenaient leurs financements...
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Et il n'y a personne qui trouve que ça fait beaucoup 2.2 milliards de dollars de subs pour une Université? :keskidit:
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Il faudrait leur donner combien ?

On parle ici du top niveau des universités US.
Il y avait 30631 étudiants à la rentrée 2022 et il y a , ça coûte 53 968 $ par an mais 55 % des étudiants reçoivent une aide financière de l'université.

C'est peut-être un bon investissement pour les USA.
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Tu as une petite idée du succès des universités américaines (en tout cas dans la Ivy League) par rapport aux françaises (on financerait 3 ou 4 universités US du top avec l'intégralité du budget de l'ESR en France).
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"récupère" est un grand mot : en faisant trainer la procédure, Harvard peut encore attendre longtemps.

Entretemps, d'autres procédures peuvent être lancées sur d'autres budgets.
L'étouffement financier de l'institution peut continuer ainsi longtemps tant que le fait du roi est rendu possible par le fonctionnement de l'administration. Il faudrait de profonds changements structurels et de logiciel des personnels.