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L’administration Trump impose son idéologie dans les financements de la recherche

Sans gêne

L’administration Trump impose son idéologie dans les financements de la recherche

Un décret signé par Donald Trump et publié jeudi 7 août impose sa vision au monde scientifique en modifiant la façon dont les financements aux différents projets scientifiques sont attribués aux États-Unis. Le texte implique de prendre davantage en compte l'avis des directions nommées par Trump plutôt que celui des scientifiques qui auront évalué les projets.

Le 11 août 2025 à 15h25

Après avoir déstabilisé le fonctionnement de la recherche de son pays, supprimé des milliers de postes de personnels scientifiques, baissé drastiquement les budgets d'agences scientifiques comme la NASA et censuré le travail de chercheuses et chercheurs sur le climat, le genre et bien d'autres sujets, Donald Trump impose sa vision aux agences scientifiques étasuniennes.

Des récompenses seulement pour « la réalisation des priorités politiques du président »

Les financements de la recherche aux États-Unis vont maintenant dépendre davantage de l'avis des responsables des agences nommé par Donald Trump que de celui des chercheurs. Dans un arrêté publié ce jeudi 7 aout, le président étasunien a décidé d'une évolution importante dans l'attribution des financements pour que les projets qui ne suivent pas ses idées ne soient pas financés.

Ce texte, qui s'appuie sur des accusations de politisations de la recherche par la gauche, demande aux directions des agences étasuniennes de financement de la recherche comme la National Science Foundation (NSF) et le National Institutes of Health (NIH) de ne récompenser que des projets qui « contribuent de manière manifeste à la réalisation des priorités politiques du président ».

Le peer-review des financements outrepassé politiquement

Selon ce texte, les responsables d'agences nommés par Donald Trump et leurs équipes ne devront plus « ratifier de manière administrative ni se conformer systématiquement aux recommandations d'autrui lors de l'examen des appels à projets ou des attributions discrétionnaires, mais [devront] plutôt faire appel à leur jugement indépendant ». Si « autrui » n'est pas spécifié, la revue Science explique que cela permettrait aux directions des agences de passer outre les avis des chercheurs, processus nommé « peer-review » dans le milieu.

Depuis des années, les agences étasuniennes de financement de la recherche (NSF, NIH et les autres) ont mis en place un système qui alloue de l'argent à des projets de recherche sur appels. Les chercheurs remplissent des dossiers et ceux-ci sont évalués par leurs pairs. Ce système a été copié un peu partout dans le monde. L'European Research Council (ERC) et en France, l'ANR, fonctionne de cette façon pour l'attribution de leurs financements.

Jusque-là, les agences étatsuniennes s'appuyaient notamment sur l'évaluation par des chercheurs extérieurs aux projets pour décider lesquels allaient avoir droit à un financement. Comme l'explique Forbes, « bien que les systèmes [d'attribution des financements] et les processus qui en découlent soient loin d'être parfaits, ils ont été mis en place pour que les décisions soient davantage fondées sur la recherche et les priorités scientifiques et qu'elles soient davantage entre les mains de véritables scientifiques plutôt que de politiciens et d'autres personnes ayant des intérêts politiques ou commerciaux. Ils sont également conçus pour aider à prévenir la corruption ».

« Nous avons déjà vu cette administration prendre des mesures pour exercer son autorité qui ont entraîné des retards, des gels et la résiliation de subventions représentant des milliards de dollars », affirme à la revue Science l'ancienne responsable à la NIH, Carrie Wolinetz, aujourd'hui lobbyiste pour Lewis-Burke Associates. « Cela reviendrait à codifier ces mesures d'une manière qui représente une véritable politisation de la science, ce qui serait une très mauvaise idée », ajoute-t-elle.

Une politisation justifiée par des accusations de politisations antérieures

Ce texte, qui donne donc plus de pouvoir à l'administration politique dans l'attribution des financements, s'appuie sur des accusations de politisation du système par les républicains depuis des années. Le texte signé par Donald Trump s'appuie sur un rapport [PDF] du sénateur républicain Ted Cruz de 2024 qu'il qualifie d' « étude » pour accuser la NSF d'avoir financé des études sur la diversité, l'équité et l'inclusion, ainsi que d'autres initiatives que le président s'empresse de qualifier « d'initiatives d'extrême gauche » sans entrer dans les détails.

Il cite également le financement par le NIH du laboratoire de Wuhan qui serait à l'origine de la pandémie de Covid-19, mais aussi celui d'outils de modération des réseaux sociaux par IA comme WiseDex, qualifiés par les Républicains [PDF] d' « outils de censure ».

Dans ce texte, Donald Trump déplore que la NSF ait financé des chercheurs qui n'ont pas les mêmes regards politiques qu'il accuse d'avoir « promu le marxisme, la propagande de la lutte des classes et d'autres idéologies anti-américaines dans leurs classes, sous le couvert d'une recherche rigoureuse et réfléchie ». Rappelons que ces financements sont attribués à des projets de recherche et non à des enseignements.

« Il s'agit là d'une prise de pouvoir considérable par décret présidentiel… », déplore sur Bluesky l'ancien directeur de l'institut des sciences médicales du NIH, Jeremy Berg. « Jamais aucune personne nommée à des fonctions politiques n'a exercé ce genre de pouvoir par le passé », a-t-il ajouté auprès de la revue scientifique Nature.

Une pression politique qui se fait sentir partout dans l'administration étasunienne

La pression de Donald Trump sur les administrations étasuniennes ne se fait pas sentir que sur les agences scientifiques. En effet, début aout, après de très mauvais chiffres de l’emploi, le dirigeant des États-Unis a renvoyé la responsable des statistiques Erika McEntarfer et a affirmé sur son réseau social Truth que « L’économie est en plein essor sous “Trump”  ».

Du côté du renseignement aussi, des anciens membres des services de renseignement, de la diplomatie, de la défense et de la sécurité nationale des États-Unis tirent la sonnette d'alarme contre la politisation et les représailles dans une lettre ouverte publiée ce samedi 9 aout.

Commentaires (17)

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En effet, début aout, après de très mauvais chiffres de l’emploi, le dirigeant des États-Unis a renvoyé la responsable des statistiques Erika McEntarfer et a affirmé sur son réseau social Truth que « L’économie est en plein essor sous “Trump” ».
Magnifique. Prochaine étape : interdiction de la science des statistiques
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ben quoi ? 2+2=22, c'est bien connu...
Quel besoin de faire des statistiques qui seraient foireuses, les maths c'est une histoire d'extrémistes.
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Sors de ce corps JCVD !
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étape suivante: mise en place de la novlangue
I'll Stop Calling This Crew "Orwellian" When They Stop Using 1984 as an Operations Manual
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Quand on voit Trump promettre une baisse du prix des médicaments de 1500% ("grâce à un talent qu´il a" dit-il), on peut déjà affirmer que la science des statistiques est morte là-bas. :fou3:
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Avec autant de news déprimantes sur Trump, je vais finir par me demander sur Next ne les inventent pas de toutes pièces pour faire du buzz :D
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il faut se dire que Trump est élu que depuis 280 jours et qu'il reste encore 450 jours avant sa "réélection/bidouillage" :D ça lui laisse du temps avant de faire d'autre "MAGA".
Et pensons au prochain president qui va devoir "inverser" tout le boulot de Trump....:mdr2:
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Honnêtement, ça me ferait tellement plaisir de voir un démocrate gagner l'élection, se pointer au micro en disant "il a trop foutu le bordel, ce sera toujours de notre faute, on laisse un républicain corriger toutes les conneries" puis provoquer de nouvelles élections.

Parce que le risque est là : à force de jouer le culte de la personnalité, on fini par convaincre les autres qu'on est le meilleur (mais dans quel domaine ...).
Donc si c'est pour réparer mais avoir une majorité dire que tu fais que de la merde parce que tu touches à ce qu'à fait de "bien" le prédécesseur, ça peut être qu'un cadeau empoisonné.
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Il ne peut pas faire de troisième mandat, il pourrait mettre jd vance en Président et trump serait vice-président.
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Il faut se méfier de Trump. Si théorique il ne peut pas faire de 3e mandat, c'est lui aussi qui a affirmé qu'il n'y aurait plus besoin d'élection.

Après, un autre critère à prendre en compte, c'est son âge. Il débuterait son 3e mandat a 82 ans, soit "l'âge trop vieux de Biden" qu'il dénonçait durant la campagne. Mais bon, il n'est plus à une contradiction près....
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En vrai, je préférerais, personnellement...
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La dernière en date :
Trump va remettre les ados au sport, mais sa méthode ravive déjà de mauvais souvenirs
Le « Presidential Fitness Test » faisait la promotion du sport chez les jeunes Américains, il se révélait en réalité surtout être un concours distinguant les plus faibles des plus forts en se basant uniquement sur la performance brute [...] « D’après ce que j’ai pu voir et entendre au fil des ans, le test présidentiel de remise en forme n’a que rarement, voire jamais, profité à la majorité. Bien sûr, un petit groupe d’enfants qui aime la compétition et qui a des aptitudes physiques naturelles a peut-être apprécié ce test. Mais pour la plupart, il était néfaste », explique auprès de la version américaine du HuffPost Bianca Russo, une coach sportive.
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Généré par une IA moi j'parie pfff :D
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N’est-ce pas le propre des dictatures de mettre à leur botte les sciences et ce qu’il ne leur plaît pas ?
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Ailleurs c'est pareil. Le GIEC par exemple rien que le nom on voit déjà que c'est financé par des écologistes.
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C'est pas mieux que le copinage qu'on observe en France concernant les financements ANR...

L’administration Trump impose son idéologie dans les financements de la recherche

  • Des récompenses seulement pour « la réalisation des priorités politiques du président »

  • Le peer-review des financements outrepassé politiquement

  • Une politisation justifiée par des accusations de politisations antérieures

  • Une pression politique qui se fait sentir partout dans l'administration étasunienne

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